Lockheed Martin se retire de l’appel d’offres émis par l’US Navy pour remplacer l’avion d’entraînement T-45 Goshawk

Si l’on s’en tient à ce qu’a affirmé son chef d’état-major, l’amiral Daryl Caudle, cette semaine, l’US Navy dévoilera le nom de l’industriel retenu pour développer et produire son chasseur embarqué de 6e génération [le F/A-X] en août prochain. Le choix se fera entre Northrop Grumman et Boeing, Lockheed Martin ayant été écarté de la compétition en mars 2025, sa proposition n’ayant pas été jugée satisfaisante au regard des exigences de ce programme.

Ce revers en annonçait un autre. En effet, quelques jours plus tard, le président Trump fit savoir que Boeing allait être désigné pour mener à bien le programme NGAD [Next Generation Air Dominance ou F-47] de l’US Air Force, aux dépens de Lockheed Martin.

Aussi, l’appel d’offres émis par l’US Navy pour remplacer ses 200 avions d’entraînement T-45C Goshawk, dans le cadre du programme UJTS [Undergraduate Jet Training System], aurait pu constituer un lot de consolation pour Lockheed Martin. Et cela d’autant plus que le Naval Air Systems Command [NAVAIR], à la manœuvre dans cette affaire, a éliminé plusieurs exigences jusqu’alors considérées comme essentielles.

En effet, grâce aux évolutions technologiques [simulations, aides à l’appontage, etc.], la formation des futurs pilotes de l’aéronavale américaine [et même française puisque la Marine nationale envoie ses aspirants pilotes se former aux États-Unis] peut désormais se limiter à des phases d’approche sans aller jusqu’à apponter ou à faire des «touch and go» sur un pont d’envol. Cette approche permet d’alléger le cahier des charges du successeur du T-45 dans la mesure où un train renforcé et une crosse d’appontage ne sont plus nécessaires.

Seulement, s’étant associé avec Korea Aerospace Industrie [KAI] pour proposer une version adaptée de l’avion d’entraînement T-50 «Golden Eagle», Lockheed Martin a finalement décidé de se retirer de cette compétition.

«Après avoir officiellement informé l’US Navy, Lockheed Martin a décidé, après une analyse approfondie, de ne pas donner suite à l’appel d’offres UJTS. Nous continuerons de nous concentrer sur la fourniture de solutions innovantes et de rechercher des opportunités pour renforcer notre partenariat avec l’US Navy. Nous restons convaincus que le T-50 N est un avion d’entraînement de pointe, doté de capacités exceptionnelles et d’un fort potentiel», a en effet annoncé l’industriel, le 23 avril.

Sollicité par Breaking Defense, ce dernier a précisé que, selon une «évaluation rigoureuse de l’appel d’offres UJTS», son offre ne pouvait «pas être la meilleure» à cause «du niveau requis de contenu américain» ainsi que pour «d’autres raisons» qu’il n’a pas souhaité préciser.

Désormais, il ne reste plus que trois concurrents en lice, à savoir Textron Aviation Defense, qui propose le M-346N en partenariat avec l’italien Leonardo, Sierra Nevada Corps, avec le Freedom Trainer, et Boeing, avec une version adaptée du T-7 Redhawk, le futur avion d’entraînement de l’US Air Force qu’il a développé avec Saab.

Photo : T-45 Goshawk / US Navy

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8 contributions

  1. Magic38 dit :

    Comme quoi malgré les simulateurs de plus en plus poussés, on ne peut pas se passer d’avions d’entraînement. Je doute que Lockheed soit déçu, ils ont déjà le marché le plus juteux des 4 avec le F-35 qui génèrera bien plus de $$$ grâce aux exporations (et les milliers d’exmplaires commandés par les USA). Le F-47 lui on ne sait toujours pas s’il sera exporté et il sera tellement cher que les USA n’en commanderont pas tant que ça. Quant au F/A-XX, le F-35C lui fait de la concurrence même si l’US Navy n’aime pas trop cet avion.

    • G dit :

      C’est surtout une punition pour eux, car ce « petit » programme leur aurait apporté un peu d’air frais.

      On a un peu l’impression qu’ils se retrouvent ostracisés, en attendant d’avoir réglé les gros problèmes du F-35, et aussi par punition tant cet avion concentre les récriminations de ses utilisateurs et jalousies obsessionnelles des autres. Pourtant il semble avoir tenu ses promesses en opérations ces derniers temps, avec de nombreuses sorties de combat et peu de pertes.

      Sur le F-47 qui n’existe pas encore (juste quelques prototypes soigneusement gardés secrets) il est probable que l’USAF cherche à éviter la mésaventure du F-22 et tenir un objectif de commandes ambitieux – surtout que nous ne somme plus à la fin d’une guerre froide avec des budgets en berne, mais à son début…

      Et puis le B-21 semble une réussite de ce point de vue comparé au B-2, on leur souhaite donc un beau succès sur le F-47.

      D’accord avec vous sur le F/A-XX, l’US Navy semble avoir d’autres chats à fouetter et entre la priorité opérationnelle et stratégique aux SNA et munitions, et l’obsession de certains politques pour les CVN, l’équation est complexe.

  2. toufik dit :

    « se limiter à des phases d’approche sans aller jusqu’à apponter ou à faire des «touch and go» sur un pont d’envol. Cette approche permet d’alléger le cahier des charges du successeur du T-45 dans la mesure où un train renforcé et une crosse d’appontage ne sont plus nécessaires. »
    Quel est l’intérêt d’un avion d’entraînement pour pilotes d’aviation embarquée sans ces composantes essentielles ? Ça reporte l’apprentissage de ces opérations sur des chasseurs embarqués « réels »… et chers (et encore, les M-346 et autres coûtent déjà un bras). L’US Navy voudrait-elle se débarrasser au plus vite de ses F-35C ? Ou alors ces appontages vont devenir tellement sécurisés par pilotage automatique
    dopé à l’IA, que la compétence humaine n’y sera plus requise ?

    • NORAD dit :

      @toufik. « L’US Navy voudrait-elle se débarrasser au plus vite de ses F-35C ? Ou alors ces appontages vont devenir tellement sécurisés par pilotage automatique dopé à l’IA, que la compétence humaine n’y sera plus requise ? » L’US Navy n’ a aucune intention de se débarasser de ses F-35C, bien au contraire et elle accélère ses commandes. Quant aux appontages, depuis l’apparition des systèmes d’aide à l’appontage des F/A-18 SH et du F-35, on est déjà dans un monde très automatisé, extrêmement fiable… Les améliorations en cours les rendront automatiques… Il faut savoir que depuis l’apparition de ses systèmes d »aide il y a plusieurs années, les tableaux des scores à l’appontage ont disparu des portes-avions US, et qu’attraper le 2eme brin est devenu presque une banalité.. Le LSO restera tout de même, au moins pour un certain temps.. Faut-il rappeler que la Marine nationale travaille sur un système automatisé pour l’appontage de ses Rafale ?? C’est une évolution logique et normale, on y arrive pour les UCAV, aucune raison de ne pas le faire avec un avion piloté.. Mis à part l’égo de certains, le conformisme des autres avec leurs théories et leurs « mais si.. », aucun obstacle. « Quel est l’intérêt d’un avion d’entraînement pour pilotes d’aviation embarquée sans ces composantes essentielles « . Entraîner l’approche, les procédures etc.. en amont de l’appontage reste nécessaire. De même que tout le reste de la formation initiale d’un pilote de la marine…

      • toufik dit :

        @NORAD, merci pour vos lumières.
        Que l’appontage automatisé soit l’avenir, ça coule de source, mais à quelle échéance …? Accrocher le brin avec un chasseur de 20 t sans avoir pu s’entraîner à le faire avec un petit jet de 6 t, malgré tous les automatismes, c’est quand même chaud, non ?

        • NORAD dit :

          @toufik. La masse est sans importance. La vitesse d’approche, la réactivité du moteur, la finesse des commandes de vol etc.. sont
          bien plus importants. Il est bien plus facile de poser un F-18 ou un F-35 qu’un T-45. De même poser un F-15 est bien plus facile qu’un F-16, sans même parler du T-38 qui est une misère dans ce domaine..

        • Kobayashi Maru dit :

          Je vous rejoins totalement. De plus que l’appontage devienne full automatique, c’est vers cela que l’on tend, comme le souligne NORAD mais je doute fortement que les pilotes ne puissent plus etre capables d’appontement si panne ou autre. Et je serais curieux d’avoir l’avis d’un chien jaune pour les appontages de drone…

  3. prtiot dit :

    Modi de ier un logiciel dont on n’est pas le concepteur, n’est pas simple, car la raison de tel ou tel algorithme reste incompréhensible si on est pas dans la tête du concepteur. Heureusement les commentaires sont apportés au fil de l’eau des instructions ce qui permet de se rappeler le pourquoi de ci ou ça.
    Par contre si les commentaires ont été effacés du code source que le hacker a pu decripté, ce code devient un charabia incompréhensible.
    Je pense que Mr le ministre hollandais qui prétend modifier le programme du F 35 c’est fait bourré le moût grave.