Actualisation de la LPM : Un amendement pose les bases d’une hausse du format des forces françaises à l’horizon 2035

L’actualité de ces derniers mois a confirmé un constat établi depuis maintenant longtemps : le format des forces françaises est insuffisant au regard de leurs activités opérationnelles. Ainsi, pour compenser, l’armée de l’Air & de l’Espace «surutilise» sa flotte de Rafale à hauteur de 15 % tandis que la Marine nationale mise sur l’excellente disponibilité de ses frégates de premier rang [80 %] et sur le concept de double équipage. Quant à l’armée de Terre, son ambition de disposer d’une divison «bonne de guerre», puis de pouvoir déployer un corps d’armée, est susceptible d’être contrariée par des déficits capacitaires, notamment dans les domaines de la frappe dans la profondeur, de la lutte antidrone et la guerre électronique ou de la logistique.

En février 2025, alors ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait estimé qu’au moins trois frégates de premier rang et une trentaine de Rafale supplémentaires ne seraient pas de trop. «Je pense qu’il y a des corrections à apporter [à la Loi de programmation militaire 2024-30, ndlr]. Après, ça impose des choix politiques, parce que, par définition, c’est plus d’argent public. C’est donc aussi faire des choix pour le budget de la Nation», avait-il dit.

Cependant, s’il prévoit d’allouer à la mission Défense 36 milliards d’euros de ressources budgétaires supplémentaires [soit 436 milliards au total, sur la période, sans tenir compte des recettes exceptionnelles], le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 fait l’impasse sur la hausse du format des forces françaises, la priorité allant à la «cohérence» et à la nécessité de combler les déficits capacitaires les plus criants. Du moins pour le moment car ce sujet devrait être abordé lors de l’élaboration d’un nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale [LBDSN] en 2028.

Quoi qu’il en soit, rapporteurs du projet de loi d’actualisation de la LPM, les députés Jean-Louis Thiériot et Yannick Chenevard ont fait adopter un amendement pour que les questions de formats soient au centre du futur LBDSN et, partant, de la prochaine LPM.

«La présente loi constitue une loi de cohérence et d’adaptation de notre modèle capacitaire aux évolutions de la conflictualité, et non pas une loi de format. Elle laisse en suspens les évolutions capacitaires à long terme, dont la nécessité a été posée par les plus hautes autorités de l’État : augmentation du nombre de navires de premier rang en vue d’assurer les contrats opérationnels [trois frégates], augmentation de la trame chasse, création de moyens organiques propres de niveau corps d’armée», souligne cet amendement.

Aussi, «le prochain livre blanc prévu à l’article 8 de la loi n° 2023‑703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense aura vocation à en fixer les contours», stipule ce texte.

Dans l’exposé des motifs, MM. Thiériot et Chenevard expliquent que cet amendement vise «à rappeler explicitement que les évolutions capacitaires de long terme, qu’il s’agisse du renforcement du format naval, de la densification de la trame chasse ou de la constitution de moyens organiques propres de niveau corps d’armée, ont vocation à être définies dans un cadre stratégique global et probablement une nouvelle LPM».

En clair, la question du format des armées ayant régulièrement été renvoyée aux calendes grecques, le prochain LBDSN ne pourra pas, en principe, se dérober.

Lors de l’examen de cet amendement en commission, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a marqué un désaccord au sujet des frégates de la Marine nationale.

«Je suis d’accord sur tout à une exception près : la notion de trois frégates [de plus]. Je n’ai pas l’habitude d’écrire des choses dont je ne suis pas certaine […], sachant que la dernière frégate commandée sera livrée en 2032», a-t-elle dit.

Photo : Marine nationale

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

78 contributions

  1. jean luc dit :

    Pour le moment rien ne change, le format de la défense reste le même, il faudra attendre 2035 . Construire des frégates cela demande 8-10 ans, reste à savoir comment financer ses dépenses, pour il n’y a rien à attendre pour nos soldats, les Russes eux ne vont pas attendre 2035 s’ils veulent attaquer.

    • wagdoox dit :

      Non, on est entre 3 à 4 ans, il s’agit de commander des FDI supplémentaires pas de concevoir une nouvelle frégate.
      La conception des bâtiments devant remplacer les Horizon c’est probablement pour 2032 et l’arrivé dans le service pour environ 2038. Mais ca veut aussi dire qu’on aura arrêter la production des FDI à ce moment là donc augmenter le format sera encore possible entre 2032 et 2035.
      3 FDI, une par an pendant 3 ans.
      Ca me parait plutôt coherent.

    • Frite1belge dit :

      Et bien si, les Russes attendront 2035 pour attaquer, c’est bien le temps qu’il leur faudra pour terminer la guerre en Ukraine.
      Et l’on se demande bien qui ils attaqueront, les Polonais ?
      Des Ukrainiens en pire.
      Les Baltes, pourquoi pas ? Mais avec quelles forces, les Ukrainiens eux n’attendront qu’une seule chose que les troupes Russes partent dans le nord pour d’autres aventures, pour reprendre le terrain perdu.
      Gonfler la menace russe, ça a du bon, parce que cela oblige à remettre de sous dans la défense, mais faudrait pas en abuser non plus, la ficelle va finir par se voir.
      Alors des frégates en plus, pourquoi pas, mais pour motiver le contribuable, il va falloir autre chose, peut être la défense du Groenland ou de Saint Pierre et Miquelon…
      Et puis le Europe ne craint rien grâce aux nouvelles frégates Zumwalt 2 que nous concocte la Kriegsmarine 🙂

    • Huon dit :

      « Construire des frégates cela demande 8-10 ans, »

      8-10 ans, c’est en Allemagne. En France, c’est plutôt 3 ans. Par exemple la frégates Kimon : https://en.wikipedia.org/wiki/Greek_frigate_Kimon

      • Fabien Tremm dit :

        Le projet que vous mentionnez, c’est la FDI. Agir comme si la FDI a démarré son développement il y a 3 ans est absurde. Le projet FDI été évoqué en 2013, et surtout son financement a démarré en 2015.
        A moins que les frégates prévues pour 2035 soient les FDI, oui, 8-10 ans, c’est bien le temps nécessaire, y compris pour la France.

        Et la réalité des besoins? La FDI semble être un très bon navire, mais il est très léger. D’ici 2035, les frégates Horizon vont devoir être remplacées, ou du moins on est dans les temps du remplacement à 5 ans près. Donc la France a le choix entre le volume FDI ou une nouvelle classe.
        La France a jusqu’à maintenant choisi des modèles différents, au lieu d’avoir une quinzaine / vingtaine de FREMM, elle est partie sur Horizon + FREMM ASW + FREMM AAW + FDI. Donc partir du principe que la suite, ce n’est que des FDI?

        • Huon dit :

          « A moins que les frégates prévues pour 2035 soient les FDI. »

          Pour info, moi je lis les messages auxquels je réponds. Et le message auquel je reponds est celui-ci :
          « Construire des frégates cela demande 8-10 ans ».

          Construire. Je répète : construire. Notre ami allemand (comme dirait Camis) ne parle pas de développer ou financer. Il a dit « construire ».

          Donc lisez avant de répondre, vous vous éviterez d’écrire des réponses « absurde » (je me permets de vous citer).

      • Fabien Tremm dit :

        Le projet que vous mentionnez, c’est la FDI. Agir comme si la FDI a démarré son développement il y a 3 ans est absurde. Le projet FDI été évoqué en 2013, et surtout son financement a démarré en 2015.
        A moins que les frégates prévues pour 2035 soient les FDI, oui, 8-10 ans, c’est bien le temps nécessaire, y compris pour la France.
        Et la réalité des besoins? La FDI semble être un très bon navire, mais il est très léger. D’ici 2035, les frégates Horizon vont devoir être remplacées, ou du moins on est dans les temps du remplacement à 5 ans près. Donc la France a le choix entre le volume FDI ou une nouvelle classe.
        La France a jusqu’à maintenant choisi des modèles différents, au lieu d’avoir une quinzaine / vingtaine de FREMM, elle est partie sur Horizon + FREMM ASW + FREMM AAW + FDI. Donc partir du principe que la suite, ce n’est que des FDI?

    • Gallifet dit :

      Il n’y a AUCUNE chance que les Russes attaquent la France – et il n’y a que ça qui devrait nous intéresser, sauf désir maladif de nous mêler des affaires des autres, ou besoin de notre PR d’apparaitre comme quelque chose au sein de l’Europe, au prix de la vie de (nombreux ?) soldats français. Vous me direz qu’ils sont faits pour ça ?

    • Alex dit :

      Les russes ne vont pas attaquer , il faut vraiment arreter BFM
      Ce qui menace vraiment c’est que la France finisse comme la Grece

    • Requin dit :

      « s’il veulent attaquer » qui ?
      Pas l’Europe en tout cas parce que cela déclencherait une guerre nucléaire avec la France et il n’y a pas de gagnants dans une guerre nucléaire. Les Russes le savent très bien et actuellement, on ne peut pas dire que la guerre en Ukraine leur réussit. Ils n’arrivent pas à compenser en hommes et armements ce qu’ils perdent. Alors avant de s’attaquer aux territoires de l’UE trois fois plus peuplés que le leur…
      De plus, depuis 2017, les crédits sont en augmentation. En 2027, il sera le double de celui de 2017. Si cela ne se voit pas, c’est juste parce qu’il y a 10 ans, le stock de munition était quasiment vide et ce n’est plus le cas aujourd’hui même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir.
      Mais je vous en prie, trouvez moi un pays de l’UE mieux armé que la France aujourd’hui ? Même avec plus de 110 Mds pour 2026, l’Allemagne ne fait pas mieux. Plusieurs de ses programmes d’armements sont une catastrophe. Idem avec le RU pas capable de sortir sa Marine quand il en a besoin.
      Du reste, les FDI ne remplacent aucun navire, ni de 1er, ni de 2e rang puisque les FLF vont jouer les prolongations. De fait, la Marine aura bien 4 frégates de 1er rang DE PLUS en 2030 qu’en 2025.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « nos soldats, » Le « nos » est de trop!
      « Pour le moment rien ne change, » Comme vos………….. »commentaires »!
      « Russes eux ne vont pas attendre 2035 s’ils veulent attaquer. » Comment, vous n’avez plus confiance en la Bundeswehr, ou alors début de……..lucidité?

    • C dit :

      et comme toujours les investissements sont réservés au futur président …après mois le deluge…merci président !!notre défense attendra…

    • DP dit :

      @jean luc,
      Avoir des frégates c’est bien, savoir s’en servir c’est mieux ; et jusqu’à preuve du contraire les marins russes sont plutôt des brêles. 😉

  2. AlexS dit :

    Comment peut-il déployer une division, voire une brigade sans APS ni système de défense anti-drones ?

  3. G dit :

    OH YESSS, un nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, dès 2028 !!!

    C’est-à-dire moins de 14 ans après l’invasion de l’Europe par la Russie !!!

    C’est une excellente nouvelle, car ce document public permettra d’introduire un peu de cohérence et d’expliciter auprès des Françai(se)s la stratégie nationale, notre environnement géostratégique, nos objectifs et les menaces auxquelles nous devons nous préparer à faire face, les priorités de notre politique de défense et arbitrages nécessaires entre différentes armées et programmes, etc.

    C’est génial.
    Si j’étais un PANG-hater antipatriotique primaire je dirais que ça commençait à manquer un peu…

    Mais bon, comme dirait Poutine, 2028 c’est demain !

    • rainbowknight dit :

      Méfiance, méfiance, des gilets jaunes (Françai(se)s) ça vous ruine un projet plus vite qu’un plan tiré sur la comète… les promesses sont les tactiques des stratèges politichiens….
      Avant 2028, il faudra voir les changements dès 2027….. parce que la « dette » pourra maudire ces mots et aura ses mots à dire…..

      • G dit :

        Quel rapport avec le schmilblick ? Les gilets jaunes ce sont des pauvres à qui l’on a expliqué depuis le balcon du Palais qu’ils allaient désormais devoir combler le trou de l’ISF en faisant le plein de leur voiture, et qui ont eu la naïveté de croire que la Constitution les autorisait à protester et venir défiler dans les beaux quartiers avec leurs vilaines merguez et leurs inélégantes banderoles…

        Le seul rapport avec la Défense serait à la rigueur les immenses stocks de grenades et LBD que s’est ensuite constitué le pouvoir. Dommage d’ailleurs que l’on ne puisse pas abattre des drones avec, sans quoi on verrait plein de bébés ukrainiens prenommés avec gratitude Emmanuel, Christophe, Didier ou Gérald…

        • rainbowknight dit :

          Même un âne sait qu’en politique il faut durer…. gilets jaunes, bonnets rouges ou plumes dans le … peu importe l’accoutrement. Le « schmilblick » c’est le truc que l’on promet aux crédules et dans les Armées les idiots ne manquent pas également….
          Ce sont les français qui par leurs revendications feront comprendre où sont les priorités, le reste c’est de la littérature pour aveugle ….

  4. Requin dit :

    En réalité, le nombre de navire de 1er rang et 2e rang est déjà en train d’augmenter avec les FDI qui ne remplacent plus les FLF qui sont tous prolongés au delà de 2030.
    En 2029, il y aura 2 FDA, 8 FREMM, 4 FDI et 5 FLF

    • Plusdemunitions dit :

      A l’heure actuelle d’après le dossier d’actualisation il en est ainsi : 2027 +1FDI ,
      2029 +1FDI,
      2031 +1FDI – 1FLF,
      2032 +1FDI -2FLF,
      2034 -1FLF,
      2035 -1FLF
      S’il n’y a pas d’évolution le format 2035 sera de 15 premier rang, ce qui n’a plus été le cas depuis 1997 avec le retrait de l’Aconit. Et 3 second rang en comptant l’arrivée de 3 CH pour remplacer 3 FS. C’est le nombre de navires de premiers rang qui augmente, ce qui est bien, hélas la disparition des seconds rangs est prononcée : 20 navires en 2005, 5 aujourd’hui et 3 en 2035…

      • Requin dit :

        Les FLF n’ont jamais été des navires de 1er rang en dehors des délires de Sarko. Même avec 3 équipés de sonar de coque, cela reste des navires de 2e rang. Et encore, les Gowing que l’on a livré à droite et à gauche sont mieux armés avec des Mica VL
        Sauf renversement de situation, il y aura probablement 3 autres navires de 1er rang en plus des 5 FDI.
        Les FS sont également prolongés comme on pouvait s’y attendre au vu de la qualité de construction
        Pour l’instant on serait sur 9 Patrouilleurs Hauturiers.
        2005, c’était il y a plus de 20 ans donc sans grand intérêt de comparaison en nombre de coques et surtout en armement. On ne va pas comparer les Crotale des F70 avec les Aster des Fremm, même si aujourd’hui il manque des Mistral 3 sur les Fremm et FDI. Le Lance-Roquettes Modulaires améliorera grandement la situation avec un standard de 4 Mistral et plus de 40 roquettes à guidage laser de 68 mm là où même les USA ne mettent qu’un 20taine de roquettes
        Par rapport en 2025, il y a clairement une remontée en puissance à objectif 2030 et 2035

        • Plusdemunitions dit :

          Bah ça dépend. Sur les premiers rangs oui ça remonte je viens de le dire, avec 15 de prévu en 2035 contre 11 aujourd’hui. Sur les seconds rangs ça s’aggrave, je viens de le dire avec 5 aujourd’hui et 3 en 2035. La technologie évolue oui, mais un premier rang de 2000 était à même de subir le feu, comme l’est un premier rang d’aujourd’hui, c’est la définition même d’un navire prêt à combattre.

        • Plusdemunitions dit :

          Je ne pige pas vos propos sur la comparaison avec une F70…

      • Plusdemunitions dit :

        À voir ce qu’il en sera réellement une fois l’actualisation signée. Il est possible d’après les échanges entre la DGA et Naval Group que le format de construction de FDI soit élevé à nouveau à 2/an au lieu de le maintenir à 1/an. Cela en fonction de contrats exports permettrait d’accélérer le planning de livraison de FDI

    • jojo dit :

      FLF frégate de premier rang ? sur le papier, plutôt gros patrouilleur.

    • Les FLF, frégates de second rang dit :

      La Marine nationale est sur le fil de l’eau:
      https://lefauteuildecolbert.blogspot.com/2026/04/marine-nationale-trames-fregates-deux.html

      Il faut voir comment seront équipées les prochaines FDI.
      https://lefauteuildecolbert.blogspot.com/2026/04/fdi-48-vls-saisir-une-opportunite.html

  5. jo666 dit :

    il faut remettre le service militaire. Il y a bien le service militaire adapté. On peut combler le besoin de techniciens, de formation, d’expérience et de réduire la MCO

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « il faut remettre le service militaire.  » Qui va coûter combien ‘que les programmes n’auront pas), ou les loger, quel personnel pour former les conscrits? Ah avc les « experts » 2.0 tout est si……simple!

    • Korrigan dit :

      oui bien sur
      allez faire une journee de defense (jdc) dans le 93 ou le 92 et on en reparle
      experience vecue plusieurs annees

      • Ératosthène dit :

        @Korrigan :
        Pourtant je croyais que réintroduire le service militaire servirait principalement à (tenter de ?) faire entrer les jeunes du 92 & 93 dans le moule ?

  6. Yvon dit :

    La vieille technique qui consiste à reporter à plus tard, faute de crédits, des dépenses pour des achats de matériels dont l’urgence est pourtant avérée, est toujours à l’Å“uvre.
    Tant que la France n’aura pas assainies, dans la durée, ses finances publiques, elle sera condamnée à faire des impasses dans l’équipement de ses armées.

    • wagdoox dit :

      Et comment doit-on assainir les comptes publiques ?
      Il faut taper dans le budget de la défense ou le social ?
      C’est donc un problème de volonté politique, indépendamment de l’état des finances publiques.
      Quand le pays s’endette à 5% par an pendant 3 ans mais n’arrive pas à trouver un budget de défense crédible (par là j’entends qu’il n’y a pas besoin de revoir à la hausse tous les ans, parce que ca montre bien que le budget initial est trop faible) c’est pas un problème de financement mais bien de priorité.

      • dolgan dit :

        Et la priorité aujourd hui c est de permettre aux retraités d épargner.

        C est un choix politique, sacrifier les pauvres travailleurs pour enrichir les riches rentiers.

    • tschok dit :

      Les profanes et non-militaires que nous sommes s’attendent à voir figurer dans le budget de la défense trois grands postes en augmentation :

      – L’achat d’équipement, notamment pour le renouvellement des matériels d’ancienne génération
      – L’augmentation du format des armées, pour créer de la masse, donc créer de nouvelles unités
      – L’épaississement des stocks, en particulier de munitions complexes

      Cela semble logique et cohérent avec le discours politique assez alarmiste tenu par ailleurs.

      Sauf que, patatras! on voit pratiquement de tout dans une LPM, sauf ces trois trucs. Ou alors pas assez. La ressource budgétaire semble dirigée vers d’autres postes que ceux-là.

      Le fait est qu’il faudrait essayer de comprendre pourquoi. A froid, je formulerai deux hypothèses :

      1) L’armée est une grosse administration qui absorbe la ressource budgétaire davantage pour entretenir sa propre structure et se perpétuer elle-même comme un gros machin inefficace et conservateur, plutôt que de la flécher vers des dépenses destinées à accroitre ses capacités opérationnelles réelles.

      S’entretenir soi-même, plutôt que de se donner les moyens d’accomplir la mission, comme un système de castes.

      Ca pourrait être une première explication.

      2) Ou bien, on n’a rien compris : en fait, il y a une flopée de dépenses auxquelles on ne fait pas attention, mais qui sont tout à fait indispensables au maintien et au développement de la capacité opérationnelle. Sauf que ça ne donne ni de l’équipement visible lors du défilé 14 juillet, ni de la masse, ni du stock.

      Ca crée un actif, mais invisible à nos yeux de profanes.

      Exemple : les dépenses d’infrastructures. Les équipements modernes exigent des infrastructures modernes, en général dédiées. Par exemple, si vous achetez du F-35, vous devez acheter aussi la base aérienne qui va avec, ce que les acheteurs du F-35 ont découvert, quand ils ont été confrontés au coût assez élevé desdites infrastructures.

      Malgré tout, on achète de nouveaux matériels, comme les Griffon, les Serval, les MRTT, les A400M, les SNA, les FDI, etc. Si ça se trouve, il y a des dépenses d’infrastructure associées à ces nouveaux matériels. Et nous, ça passe sous notre radar, parce qu’on se focalise sur l’équipement, la masse et les stocks. Pourtant, c’est indispensable à la constitution et au maintien de la capacité opérationnelle.

      Il pourrait y avoir des tas d’autres dépenses de ce genre-là, comme par exemple tout ce qui relève du C2 ou de l’ISR. Ou, de la préparation à la guerre.

      Ce serait une deuxième explication.

      Pourquoi je vous dis ça ? Parce que l’assainissement des finances publiques, c’est pas pour tout de suite. En attendant que ça advienne, on a intérêt à comprendre pourquoi une augmentation du budget des armées ne crée pas immédiatement un résultat mesurable en termes de niveau d’équipement, de masse et de stocks.

      • miaou dit :

        Je partage entièrement votre analyse, mais il me semble nécessaire d’aller plus loin. Disposer du budget pour acquérir des équipements ne suffit pas : il faut surtout la capacité de les produire, de les stocker et de les maintenir opérationnels. Cette réalité industrielle et logistique est souvent occultée dans les débats sur le financement de la défense.

        Même en cas de décision budgétaire rapide, l’industrialisation ne se décrète pas à la petite semaine. Elle dépend de la maturité des chaînes d’approvisionnement, de la disponibilité des sous-traitants, des normes de certification et de la montée en cadence des lignes de production. Ces paramètres s’ajustent sur des cycles longs, indépendants des arbitrages budgétaires annuels.

        Une fois produits, les systèmes nécessitent des infrastructures adaptées et une maintenance rigoureuse. Les matériaux vieillissent : les joints perdent leurs propriétés, les pièces métalliques s’oxydent, les composants électroniques se dégradent, les ergols et les poudres voient leurs caractéristiques évoluer. Pire, certains éléments peuvent altérer des sous-ensembles critiques s’ils ne sont pas régulièrement vérifiés. Cela implique une chaîne d’entretien structurée, des stocks de pièces détachées et une expertise technique pérenne.

        En temps de paix, ces équipements ne génèrent pas de valeur opérationnelle directe, mais leur coût de possession reste substantiel. Le constat s’applique a fortiori aux drones, dont le cycle d’innovation est plus rapide et l’obsolescence plus précoce. Avoir les moyens d’en financer l’acquisition n’est pas synonyme de capacité à les exploiter. Il faut les produire, les entreposer dans des conditions maîtrisées, former des équipes à leur maintenance et anticiper leur renouvellement. Qui veille au respect des cycles de charge ou à l’état des batteries d’un drone tactique maintenu en alerte permanente, sans jamais être engagé ? Cette contrainte n’existe pas en situation de conflit, où l’usage l’emporte sur la préservation.

        Au final, une part significative du budget de la défense est consacrée au maintien en condition opérationnelle des effectifs et du matériel existant. C’est une réalité structurelle : en l’absence de conflit ouvert, la priorité est de préserver la capacité de réaction, pas de renouveler massivement les parcs.

        Cette dynamique impose de repenser la planification de la défense : industrialisation résiliente, maintenance prédictive, gestion des stocks tournants et articulation entre acquisition et capacité de soutien. La souveraineté ne se mesure pas seulement à la taille des budgets d’achat, mais à la pérennité des chaînes qui permettent de tenir l’alerte, en paix comme en crise.

        • vrai_chasseur dit :

          @tschok @miaou
          – Le coût de possession des matériels est le budget induit le plus important Il n’est pas forcément très lisible au niveau d’un exercice programmatique comme une LPM, mais il en contraint bel et bien le format capacitaire.
          Ce sont des coûts obligatoires qui viennent en plus de l’acquisition d’équipements.
          Par ex. sur un second porte-avions, il faudrait rajouter à l’investissement direct, au moins 200 millions par an rien que pour le coût de possession direct (nouvelles infrastructures, nouvel équipage etc) et rajouter le surcroît de capacités correspondant à un environnement aéronaval élargi : chasseurs embarqués supplémentaires, augmentation du nombre de frégates d’escorte etc.
          – Ce que la DGA doit effectivement apprendre à faire, c’est acheter des capacités industrielles de production réservées, pas simplement acheter du matériel et des munitions. Elle a commencé, sous la forme de co-investissement dans des chaines de production de drones légers, par exemple. On ne le répètera jamais assez, la dissuasion véritable c’est 3 volets mis en cohérence ; le nucléaire, le conventionnel (« l’épaulement ») et l’industriel derrière.

      • olivier dit :

        De ma petite expérience avec nos armée, je ne pense que votre hypothèse 1 soit la bonne. On peut éventuellement s’interroger sur les réformes structurelles successives qui ont conduit à de nombreuses impasses (SSA, etc.) et sur l’absence d’une carrière « expertise ». Pour grimper en salaire, il faut grimper en échelon/grade donc profusion de Lcl-Col, Col et Gal; on observe également cette problématique dans l’administration française…

        Votre hypothèse 2 fait effectivement sens notamment pour les équipements lourd (FDI, Rafale, MRTT, A400M, SNA) ou les équipements en masse (les blindés SCORPION), le coût d’acquisition n’est qu’une partie du coût de possession (MCO, munitions, carburant, mise à niveaux) et « ignore » les coûts indirects lié à l’infra. Une FDI de plus signifie avoir l’infra autour (quai, levage, personnel au sol, etc.).

        A cela s’ajoute dans les budgets les salaires (qui n’ont rien de mirobolant mais grimpent mécaniquement), les casernes (dans un état déplorable pour la plupart, ce que je trouve drôle c’est qu’un bailleur privé serait au tribunal et qualifié de marchand de sommeil s’il proposait les mêmes logements), les services pas très sexy mais fondamentaux (SSA, SEO, etc.), etc.

        Ensuite sur le problème de l’effet mesurable: on part d’une situation catastrophique de sous-investissements chroniques qui se corrige petit à petit depuis 2017. La première LPM était un arrêt de l’hémorragie, celle-ci tente de faire des sutures propres mais on est très très loin d’une convalescence… là où on va se prendre un mur, c’est que pour compenser l’absence de masse, on surutilise nos équipements (double équipage FDI, sur-sollicitation des rafales, etc.)… donc pour remplir le contrat opérationnel d’aujourd’hui, on hypothèque demain.

        Le budget pour une armée comme la France tenant compte de la dissuasion c’est dans la gamme des 100mds/an.

  7. lxm dit :

    En 2035, avec la trajectoire actuelle la France sera au moins à 150% dette/pib, notre dette est déjà détenue pour plus de la moitié par des étrangers. Ce qui est impossible. Aucun pays de l’histoire n’a fait atteint ce ratio sans faire faillite avant, même le Japon ou l’Italie ne tiennent que grâce à l’épargne nationale massive représentant presque toute la dette, mais en France l’épargne on la taxe, presque à mort.
    Et en faillite, on coupe tout, en premier les dépenses militaires.
    La grenouille qui cherche à se faire boeuf en fantasmant sur son passé impérial, croyant se réincarner dans l’europe, ce sera fini. Le pays est détruit de l’intérieur à cause de la démagogie de notre classe politique depuis des décennies, autant que s’il avait subi une guerre mondiale sur son sol, avec les pertes d’industries, de capacités d’innovations, et de population native. L’europe sera donnée probablement à l’allemagne comme en 1940 qui en fera son nouveau reich. On a sacrifié la France qui avait tout en 1980, pour l’Allemagne. On a sacrifié la francophonie, on a sacrifié les projets nationaux, on a sacrifié l’ambition d’autonomie énergétique, l’ambition spatiale, pour se contenter de miettes. On aurait pu aller tout seuls sur la Lune y faire notre base avec une seule année de déficit. L’UE interdit tout projet national au nom de la sacro sainte concurrence du privé.
    Y’a rien à applaudir, y’a rien à se féliciter, notre armée de terre est devenue autant puissante que l’armée belge d’il y a une génération.
    Il faut rebâtir notre pays depuis le socle avant de penser projection et influence diplomatique, comme ce qu’ont toujours fait tous les pays, débuter par l’industrie lourde, l’énergie stable et à bas prix, privilégier les maths, la science fondamentale et l’excellence partout, et monter en gamme progressivement après avoir bien maitrisé les niveaux inférieurs, et soutenir la famille et la morale et être impitoyable avec toute criminalité, il nous faut revenir à notre propre monnaie nationale pour financer l’investissement. Avec de la chance on évitera la guerre civile et dans 2 générations, le pays sera sauvé.
    Parce que la France c’est la grandeur, la vraie, ce ne sont pas des mots creux, il faut arrêter de nous rabaisser et d’être fascinés par le chaos, d’être dirigés par des comptables sans imagination.

    • fabrice dit :

      Attention, vous allez être traité de méchant « sioniste » apatride…

    • miaou dit :

      Le dilemme industriel est le suivant : pour accélérer les livraisons, il faut développer des capacités de production à grande échelle. Cela exige une visibilité sur les commandes et la capacité d’accepter des délais de développement. Une grande partie du problème tient à notre déindustrialisation : sans industrie lourde, on reste dans l’artisanat, ce qui est intrinsèquement plus lent et incapable de répondre à une demande de masse.

      Sur le plan financier, l’épargne française permet de financer la dette, et l’inflation réduit mécaniquement son poids nominal. Cependant, l’objectif essentiel est de maintenir le déficit public en valeur absolue en dessous du taux d’inflation. Il faut passer de 5,x % de déficit à 2 %. La démarche est ambitieuse, mais faisable.

      Le véritable problème est politique : les mesures nécessaires pour y parvenir sont impopulaires. En démocratie, l’impopularité se traduit mécaniquement par la défaite électorale. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite : qu’il s’agisse de la majorité ou de l’opposition, tout parti qui assumera la rigueur nécessaire pour assainir les comptes et réindustrialiser le pays ne sera pas réélu. Cette réalité est parfaitement connue de l’ensemble des députés, d’un bord à l’autre de l’Assemblée. Une bonne gestion des comptes est indispensable pour éviter le chaos, mais elle exige un sacrifice politique que peu sont prêts à accepter.

      Pour équilibrer la balance commerciale, il faut réindustrialiser afin de vendre des produits et de réduire notre dépendance. Quitter le pétrole est également une nécessité stratégique.

      Il convient d’arrêter d’acheter des produits et services en dehors de l’Europe ! Cela renforcerait notre souveraineté. Que ce soit les géants américains (GAFA, Microsoft, Tesla, Coca-Cola, etc.) ou les acteurs chinois (Huawei, Alibaba, TikTok, etc.), cette dépendance est un risque. Chaque goutte de pétrole non achetée est un gain pour l’économie française et pour notre démocratie. Enfin, remplacer le pétrole par des véhicules électriques ou le vélo constitue un gain pour la Sécurité sociale et pour la qualité de l’air.

    • jean luc dit :

      Pourquoi avez-vous cette obsession de l’Allemagne ? L’Allemagne ne nous regarde pas, la France n’est pas son modèle.

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « Pourquoi avez-vous cette obsession de l’Allemagne ? Vous, poser cette question, en matière de foutage de g….e vous êtes un cador!
         » L’Allemagne ne nous regarde pas,  » Le « nous » est de trop sinon pourquoi votre constante litanie sur l’Allemagne ceci, l’Allemagne cela? Sinon elle nous regarde quand même car membre de l’U.E. et aussi quand elle s’évertue à nous faire des gosses dans le dos, un exemple le nucléaire ou elle n’a pas cessé de torpiller notre programme électronucléaire

      • G dit :

        Parce que c’est rassurant pour eux de pouvoir accuser l’Allemagne plutôt que leurs 7 ou 8 derniers bulletins de vote.

    • Mouarff dit :

      Je suis entièrement d’accord avec vous, mais une écrasante majorité de nos con-citoyens vous répondra par un seul mot : Facho !
      Je ne vois aucune solution. Il faut attendre le désastre et la chute complète avant de pouvoir espérer rebâtir quelque chose.

    • Frite1belge dit :

      A défaut des États Unis d’Europe, la France avec sa grosse dette ce sera les États Unis de l’Europe.
      Ok, c’est pas drôle, je retourne à Molenbeek. 🙂

      • Pascal, (l'autre) dit :

        Mouais mais la Belgique combien de temps existera t elle encore avec les Flamands qui espèrent secrètement se rattacher aux Pays Bas…………….Molenbeck ça sonne flamand non? Ah oui c’est vrai Molenbeck c’est plutôt en Afrique du Nord!……….(humour!)

        • Huon dit :

          Vous savez Pascal, si on va par là… Dunkerque, Hazebrouck ou Steenvoorde, ça sonne bien flamand aussi. Et je ne connais aucun habitant de ces doux lieux qui se rêve néerlandais.

          • Pascal, (l'autre) dit :

            @Huon « Et je ne connais aucun habitant de ces doux lieux qui se rêve néerlandais. » Je n’ai jamais entendu des habitant des villes que vous citez émettre des idées séparatistes à la différence de l’autre coté de la frontière!

  8. Tintouin dit :

    Convenez que la démarche est tout de même étrange. Il faut faire un amendement pour « obliger » les futurs contributeurs du Livre blanc à venir, à ne pas mettre sous le tapis la question de l’augmentation du format de nos forces armées.
    Alors qu’il me semble que c’est un élément fondamental de la stratégie de défense d’une nation.
    Mais sans doute suis-je ignorant des rouages de nos institutions.
    Je renonce à comprendre, et je vais élever des chèvres dans le Larzac 🙂

    • G dit :

      Avant le format, il y a le « que veut-on accomplir ? », qui doit être mis à plat proprement et discuté avec de nombreux experts (mais pas que) et si possible sans trop d’angles morts.

      Cet exercice fondamental pour espérer éviter le mur, la falaise ou le piano, mais douloureux (et inévitablement gênant pour certains), nous fait cruellement défaut :

      Le problème du coq français n’est pas tant le fait qu’il ait perdu des plumes ou de la chair, mais qu’il court partout, sans sa tête et depuis déjà de trop longues années …

    • rainbowknight dit :

      Je ne saurais expliquer en des mots simples, ponctués par une politesse exquise , toute la  » dégoûtation  » que j’ai pour ces Machiavel…
      Les Armées sont le creuset de la Nation. Dans une France divisée et fracturée par l’impéritie de ses gouvernants, il va être difficile de faire entendre raison à un pays en souffrance quand viendra le temps d’évoquer les finances à donner à sa défense….
      L’avenir se dessine avec moins qu’avant et plus à faire demain…..
      Militaire ? Un rêve mais ça c’était hier….

    • Requin dit :

      Sauf que l’amendement n’oblige à rien du tout. D’une part parce qu’une LPM n’est pas contraignante. Libre aux gouvernement de l’appliquer ou pas. Ensuite on est à 1 an de la Présidentielle et des Législatives, la prochaine majorité fera comme elle l’entend. La cela « oblige » juste à une planification mais sans assurance des crédits derrières.
      Cette annonce est juste un coup de com des députés.

    • Carin dit :

      @Tintouin……
      C’est pourtant assez simple à comprendre…
      Vous voulez faire grossir nos armées de X milliers de paxs. Mais ces gens, il faut les payer, les former, les vêtir, les armer, les blanchirs, les loger, et les nourrir…
      Vous conviendrez que ça coûte très cher.
      Nous sommes en train de changer l’ensemble de nos matériels, qu’ils soient au sol, sur l’eau, sous l’eau, ou dans les airs… alors choisissez, soit les armées ouvrent grandes leurs portes d’accueil, soit on met les bœufs avant d’aller chercher la charrette pleine de gens.
      Il vous faut comprendre que si nos gars déjà présents ne sont pas équipés, cela ne sert à rien d’en faire rentrer plusieurs tombereaux pleins.
      L’armée française c’est 200 000 paxs environ, et pratiquement autant dans la réserve, dont 60 000 sont partis depuis moins de5 ans, donc assez facile à remettre au goût du jour.
      En gros, comme beaucoup de pleureuses sur ce blogue, vous voulez tout, tout de suite, et qu’en plus ça ne vous coûte pas un fifrelin.
      Et comme vous êtes tous frustrés, et bien c’est MACRON le responsable de vos frustrations, y’a pas à chercher plus loin, puisque de toutes façons, vous n’arriveriez pas à chercher plus loin, vos frustrations sont l’extrême limite de vos capacités de réflexion.

      • Tintouin dit :

        Carin égal à lui-même.
        Dans l’invective et l’insulte, qui démarre au quart de tour.
        Et cerise sur le gâteau, hors sujet ! 🙂

  9. Dodo dit :

    Très belle photo, le genre à figurer dans un cadre .

  10. JEAN-MARC BOURGNEUF dit :

    Je crois que l’on oublie juste une chose , la France fait partie d’une alliance et ne compte pas à ma connaissance à agresser un pays tiers . Donc , nous pouvons accepter une carence temporaire dans le dimensionnement de nos armées à la condition que notre faiblesse soit couverte par un autre pays européen . Il faut aussi définir un projet européen suffisamment rassembleur ,pour que les différents peuples composant l’union, acceptent ce projet et se sentent solidaires les uns des autres car, pris individuellement , aucun pays européen ne sera écouté sur la scène internationale !

    • G dit :

      Le premier point est très juste : la France n’a pas vocation à aller s’en prendre massivement à un pays à 3000 km de ses frontières, de ses côtes ou de sa ZEE – et qui donc ne nous aurait a priori pas menacé.

      Contre celui qui taperait le premier, nous avons les SNA pour lui pourrir l’économie, le commerce et quelques infrastructures d’un claquement de doigts.

      Mais contrairement aux États-Unis qui dimensionnent en partie leur outil militaire pour ce faire, nous ne sommes pas (plus) une puissance expansionniste ni agressivement coercitive.

  11. dolgan dit :

    Le prochain livre blanc tiendra surtout compte de l évolution géopolitique.

    La disparition déja actée de la russie comme puissance militaire conventionnelle.

    L affaiblissement de la puissance et influence US.

    La disparition de l UK comme puissance militaire.

    Il sera dur dans ce contexte d argumenter pour des augmentations de format. Il faudrait la montée d un adversaire potentiel. Certains vont sans doute agiter la Chine, mais c est pas très crédible.

    • G dit :

      Tiens c’est étrange moi j’y verrais plutôt la consécration de la Russie comme menace structurante pour les décennies à venir :

      Pas forcément une « puissance militaire conventionnelle » (?), mais juste une grosse pétromonarchie très agressive et dont les gouvernements actuel et sans doute à venir ont juré notre perte et endoctriné sa population en conséquence, et qui cherchera à nous faire mal partout où ce sera possible : cyber, information, santé, infrastructure, terrorisme, piraterie, sabotage (y compris nucléaire pour le cas particulier de la France), contestation permanente sur terre, en mer et dans les airs…

      J’ignore si cette question du format est la bonne manière de poser le problème, il va déjà nous falloir plus d’autonomie stratégique entre les deux oreilles, puis sous les fesses, puis entre les mains. Et ça c’est un problème plus politique que militaire.

      • dolgan dit :

        Il est improbable que la structure gouvernementale actuelle en russie survive. Simplement le maintien de l unité de l empire n est pas une certitude.

        La russie avance à grand pas vers une crise écomomique digne de ce qu elle a connu dans les années 20. Si les ouvriers chinois/indiens ne sont plus payés (ce qui commence à arriver) , le pays ne peut plus fonctionner.

        Elle accelère également sa crise démogaphique .

        Elle va avoir bien d autres probèmes `régler et bien peu d argent à dépenser pour nous emmerder.

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour @dolgan,
      Je ne suis pas totalement d’accord avec vous. La Chine est une menace, tant économique que militaire.
      Il y a encore quelques années en arrière certains sinologues affirmaient que la Chine n’était que capable de copier, et que ses copies étaient de mauvaise qualité. Aujourd’hui force est de constater les erreurs d’appréciation de ces “expert“… La Chine copie ET innove ; la Chine a fait un bon technologique important, la qualité chinoise est aujourd’hui reconnue, et ses capacités militaires sont grandissantes [flotte, missiles, radars, satellites, …]. La Chine n’a jamais caché ses ambitions : passer de “l’atelier du monde“ à une domination technologique globale !
      Si l’Empire du Milieu n’égale pas encore l’Amérique sur le plan militaire, sa production scientifique est en passe d’occuper une position mondiale dominante (Une récente étude de l’université de Californie à San Diego, affirme que la Chine pourrait ravir la place de leader mondial d’ici deux à trois ans…).
      Que se passera-t-il si une crise autour de Taïwan dégénère ? Que se passera-t-il si les frictions actuelles en mer de Chine méridionale s’amplifient ? Que se passera-t-il si la Chine impose sa présence en Polynésie française ?
      Pékin a un programme à long terme concernant le Pacifique et la place stratégique qu’y occupe la Nouvelle-Calédonie l’intéresse fortement. C’est un site crucial pour les routes maritimes et aériennes ainsi que les câbles sous-marins de tous les continents. Par ailleurs, la Chine s’accapare progressivement le marché mondial des dispositifs de stockage de l’énergie électrique, et pour cela elle a besoin de nickel ; et pour ses applications militaires stratégiques (Guidage des missiles et radars) la Chine a besoin de Cobalt ; le territoire français de Nouvelle-Calédonie est riche de ces ressources… Sans parler des ressources d’hydrocarbures inexplorées dans la ZEE ainsi que des ressources halieutiques dont la Chine est friande…
      L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat [Proverbe chinois].

      • dolgan dit :

        Taiwan ne nous concerne pas.

        La polynésie est tres loin de la Chine et ne représente aucun intéret pour elle.

        Faut arreter de faire semblant de croire que la Chine c est le Japon Impérial en 1945.

        Oui la Chine va monter en puissance et les prochaines LPM en tiendront compte. Mais soyons sérieux.

  12. Fralipolipi dit :

    Le sujet de l’augmentation du nombre de frégates de 1er rang par la commande de 3 FDI de plus ne doit pas être pris en compte de manière trop simpliste, car cela dépend de nombreux différents facteurs :
    – la vistesse de retrait des FLF (qui ont été pas mal prolongées), comme cité par @Requin
    – la date d’arrivée et le niveau d’équipement des remplaçantes des FS Floréal (si cela aboutit à des Corvettes aussi bien équipées que les modèles Gowing pour l’export – EAU /prospect Croatie – cela peut rentrer dans l’équation)
    – le niveau capacitaire des futurs drones SUV (certains projets correspondant à des annexes flottantes de frégates)
    Et puis, pour rester très centré sur le sujet bien précis des FDI, cela dépend aussi
    > de la charge de travail à l’Export des arsenaux de NG (Lorient et ailleurs) … car on a déjà vu des commandes arriver et/ou anticipées pour du soutien économique de la BITD (exemple, le 3e BPC).
    > du développement technique et capacitaire futur de ces mêmes FDI.
    Ici, cet article du Fauteuil de Colbert nous incite à considérer notamment les hypothèses de FDI rallongées, avec non plus 32 silos verticaux (comme prévu pour nos FDI 4 et 5), mais potentiellement 48 silos (notamment pour répondre à un besoin export côté Suède, … ou AS),
    ou bien les hypothèses de VLS Sylver améliorés (soit pour du tir à froid de petits missiles, façon Camm-ER, soit pour plus de polyvalence des Sylver A70 (souhaitée par Italie et Grèce), pour pouvoir y loger tout un panel de missiles, et non pas simplement des MDCn … et ici le sujet recoupe celui du développement des futurs missiles (Stratus RS, Stratus LO, mais aussi pourquoi pas les missiles de défense Air-Air à bien plus longue allonge que les Aster30B1NT, aboutissement des projets HYDIS²/Aquila).
    Il y a là aussi un projet d’amélioration du radar Sea Fire.
    Et par cette jumboisation, l’on arriverait aussi à une meilleur autonomie à le mer.
    … Bref, tout ceci pour dire que la FDI, exactement comme pour le Rafale (et les standards F5 + UCAV), peut faire l’objet de choix de financements pour favoriser soit la masse et le nombre, soit les développements technologiques et capacitaires.
    .
    Le développement techno/capacitaire en question, encore hypothétique (comme l’augmentation de la « salve », une donnée très chère au Marquis), peut aussi directement influer sur le nombre de frégates supplémentaires requises.
    .
    Et comme, en parallèle, une partie de ces financements de développement peut être amortie par l’Export, ou pas, on comprend que pesronne ne puissse dire aujourd’hui « il faut et nous pourrons » passer commande de 3 FDI de plus …. dans la mesure où nous ne savons déjà pas totalement ce que la FDI pourra proposer en plus d’ici 5 ans.
    https://lefauteuildecolbert.blogspot.com/2026/04/fdi-48-vls-saisir-une-opportunite.html
    .
    Mot d’ordre : rester innovant, qualitatif sans tomber dans les surcoûts, et gagner des marchés export.
    Ce sera le meilleur moyen de nous assurer les meilleures capacités futures pour notre propre MN.

    • G dit :

      @Frali Tout à fait d’accord sur l’opportunité de prendre appui sur une FDI plutôt bien née, et cette excellente idée d’un insert de coque sans reprise majeure offre bien des perspectives alléchantes. Et alors que le remplacement des Fremm DA (plus de silos) et ASM (plus de silence et dautonomie) se profile et réclame davantage de volume dans la coque…

      Cependant nous ne ferons pas l’économie du problème suivant, à peine évoqué dans l’article que vous citez : entre prolifération de drones et de missiles, et démocratisation des menaces très haut de gamme et du ciblage global, la surface des mers devient irrespirable et nécessite de prévoir toujours plus d’armement… purement défensif.

      Nous allons donc vers une impasse, que seule la voie sous-marine (ou au moins de repli submersible) nous permet d’espérer éviter.

  13. Roland DESPARTE dit :

    A l’heure où la Chine est en passe de devenir la première puissance militaire mondiale il est vital d’avoir le courage politique de faire les bons choix ; investir massivement sur ce qui nous permettra peut-être de conserver notre place sur l’échiquier.
    Il faut être tristement réaliste, la Russie ne sera pas notre principal adversaire dans les années à venir… La Chine progresse plus vite et même très vite (budget, flotte, technologies) ; et les États-Unis -malgré de récents efforts technologiques- demeurent un cran en-dessous, englués dans leur propre système démocratique. Quant à l’Europe, ce n’est que l’Europe, c’est-à-dire actuellement malheureusement pas grand-chose…
    A l’instar de la révolution en cours du secteur automobile [Les chinois ont >10 ans d’avance tech et bientôt notre pays sera inondé de véhicules électriques ayant une autonomie de 1 500km, jetant à terre notre industrie…], en 2040 les forces armées chinoises seront en mesure d’infliger “la punition Chongchon“ aux forces occidentales [La bataille du Chongchon est une lourde défaite américaine lors de la guerre de Corée (1950), l’Armée des volontaires du peuple chinois foutant une cinglante raclée aux forces onusiennes et américaines, les contraignant à évacuer la Corée du Nord…].
    En 2040-2050, ce n’est pas avec quelques pourtant nécessaires bateaux et Rafale supplémentaires que nous serons protégés, ni avec un SCAF ou un MGCS chimériques… L’équilibre dépendra de notre niveau technologique et de nos alliances. Il faut anticiper la guerre spatiale et aérienne à venir ; l’anticipation n’étant pas le point fort de ces gouvernants qui hier ont fermé ou démantelés les programmes et/ou centrales nucléaires de Brennilis, du Bugey, de Chinon, de Chooz, de Creys-Malville, de Fessenheim, de Saint-Laurent… Sans parler de nos raffineries [24 raffineries de pétrole en 1975 à seulement sept aujourd’hui !].
    Il faut développer des armes nouvelles dites “de rupture“ : Armes hypersoniques hypervéloces (Similaires à l’Aquila pour l’interception et au V-MAX2 pour l’attaque), armes à énergie dirigée (Lasers, micro-ondes), du drones low-cost aux armes nucléaires tactiques, pour être en situation de dissuader et si besoin détruire ou neutraliser les moyens de communication de l’adversaire (satellites, relais, algorithmes, …).

  14. albert dit :

    Macron n’a plus que 1 an à faire, il n’a plus vraiment de poids international ou européen. Tout ce qu’il arrivera à faire c’est retarder encore et encore l’échéance d’un programme mort né auquel il s’accroche encore par idéologie dépassée du couple franco allemand.

  15. Mouarff dit :

    Le concept de double équipage est une abomination.

    Non seulement le matériel a besoin de périodes d’entretien lui aussi, et par harmonie divine on peut le faire sereinement pendant le repos de l’équipage, mais quand le technicien de l’équipe 1 fait quelque chose sur un système complexe, celui de l’équipe 2 ne PEUT PAS savoir avec exactitude le pourquoi et le comment, même avec des explications détaillées, il faut l’avoir vécu et avoir fait des mesures en direct. Même sans être ingénieur vous pouvez très bien vous le représenter en imaginant partager votre voiture avec un autre que vous connaissez à peine. Qu’a-t-il fait ? Ce petit bruit dans les virages, c’est depuis quand ? etc… Et le sagouin de l’autre équipe qui n’a pas bien nettoyé son poste ne remonte pas le moral et ne donne pas envie de bien faire…

    • vno dit :

      Vous n’êtes plus commandés dans la marine ? les bons a rien et feignasses officiers comme sous-officiers n’ont plus de compte à rendre ? l’arsenal non plus ? A moins qu’on privilégie encore les bon sportifs totalement inutiles sur un bateaux aux dépends des bons techniciens ? J’étais selon les critères un mauvais sportif n’ayant malgré le double équipage jamais le temps de participer aux activités sportives contrairement a mes binômes qui préferais les avaries pour rester à la maison. Par contre, je devais être le seul sachant équiper le sas de sauvetage et l’utiliser sans rien oublier…sans parler de ma capacité et de mon entrainement sur mes heures de repos à nager en mer pendant cinq heures selon la régle de survie des trois heures, trois jours, trois semaines ! Le concept de double équipage marche trés bien pour la maintenance, ok parfois il ne faut pas prende de gans avec les salopards quels qu’ils soient ! Le concept’ uni comme a bord’ ressemble a une vieille rengaine du parti communiste, a moins que se soit celle de l’amicale de l’anisette du bord ?

  16. Stakan Vada dit :

    Trop peu, trop tard! C’est un classique dans notre histoire militaire. Pour la prochaine guerre, nous serons aux fraises. D’ailleurs nous y sommes déjà. Il suffit de voir comment la guerre en Ukraine a mis en évidence nos carences abyssales en organisation, nos lacunes en armement, en stock de munitions, en tactique en doctrine, etc. Bref notre modèle d’armée est complètement largué. Comme d’hab me direz vous. Mais ce qui nous a toujours sauvé in extremis c’est le leadership grâce aux personnages hors du commun comme Jeanne d’Arc, du Guesclin, Bayard, Napoléon, Castelnau, Leclerc, De Gaulle. Mais aujourd’hui, qui est capable de s’affirmer en vrai chef capable de fédérer? Voilà, voilà,,vous avez trouvé: personne! On est vraiment mal barré…

  17. Arnaud dit :

    Pipo et bla-bla des homes gris. Renvoyer à dans 9 ans c’est se moquer des français.
    Pour financer il suffit de couper des les dépenses inutiles, mais il faut du courage….

  18. Magic38 dit :

    Sans la guerre en Iran, l’actualisaton de la LPM aurait pu se faire au profit de l’augmentation du format souhaitée. Les quelques Rafale et FDI supplémentaires n’auraient pas été de trop. Encore une fois Trump a tout gâché. Car même si le stock de munitions est primordial, en cas de pépin c’est plus facile de produire des munitions et de trouver les fonds nécessaires que de produire des frégates et des Rafale.

  19. vno dit :

    Plutôt que créer de nouveaux postes d’officiers généraux ouvert à la prime de responsabilité de 60000 euros annuels, ne serait ‘il pas possible de demander autant de travail aux officiers généraux que celui qu’ils demandent à certains de leurs officiers subalternes, sous-officiers et corps de troupe ?

    Pour le reste, il y avait autrefois un dicton populaire qui disait :  » il vaut mieux un bon « tiens » que deux tu l’auras ». Les politiques quels que soit leur bord savent parfaitement depuis 1995 que le format n’est pas tenable sauf a pressuriser le petit personnel voir moins petit au bénéfice, non pas de la nation europèenne ( la notre n’éxistant plus par la volonté minoritaire des urnes ), mais exclusivement de leur carrière politique du moment. Leur priorité c’est de financer le logement social africains et leur argent de poche pour leur ré-élection pas les armées !