La 27e Brigade d’Infanterie de Montagne expérimente le concept de «combat décentralisé»

Mise en œuvre par l’US Air Force, la doctrine ACE [Agile Combat Employment] vise à concentrer des forces à un instant t pour obtenir la supériorité aérienne sur une zone donnée et/ou à les disperser pour les soustraire à la menace de l’ennemi. L’armée de l’Air & de l’Espace a adopté une approche similaire avec le concept MORANE [Mise en œuvre réactive de l’arme aérienne].

Ce qui vaut pour les forces aériennes peut-il s’appliquer au combat terrestre ? En tout cas, à l’occasion de l’exercice interarmées Orion 26, la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne [BIM] a expérimenté le concept de «combat décentralisé», dont la philosophie est proche de celle de la doctrine ACE, après avoir tiré les enseignements des retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine, laquelle se caractérise par l’omniprésence de drones et de capteurs divers et variés… et donc par la «transparence du champ de bataille».

En outre, ce concept de «combat décentralisé» met en pratique le «commandement par intention» qui, pour résumer à grands traits, consiste à fixer à un échelon subalterne un objectif tout en lui laissant les coudées franches pour l’atteindre. Enfin, il fait appel à deux notions, à savoir la mobilité légère et la dissimulation.

«Le retour du combat de haute intensité, l’omniprésence de la menace drone, la vitesse des cycles de ciblage et la prolifération des moyens de reconnaissance nous obligent à repenser en profondeur la manière de combattre. Dans ce contexte, la mobilité légère, la dissimulation et le combat décentralisé deviennent les piliers d’une nouvelle réflexion tactique», explique la 27e BIM, via le réseau social LinkedIn.

En clair, pour les chasseurs alpins, il s’agit d’être plus imprévisibles et plus discrets tout en manœuvrant en permanence. Cela suppose de donner une large autonomie d’action aux sections, organisées en «cellules tactiques polyvalentes», dotées chacune de drones, de moyens de communication résilients au brouillage électronique ainsi que de véhicules légers.

«Ces ‘micro-unités interarmes’ s’inséreront sur le terrain de manière fluide, s’y déplaceront rapidement, s’y disperseront pour éviter d’offrir une cible ‘rentable’ à l’ennemi, et convergeront ponctuellement pour générer un effet localisé avant de se désengager aussitôt», détaille la 27e BIM. Et d’ajouter que leur efficacité dépendra de leur capacité à «créer une présence diffuse et déroutante, difficile à cartographier pour l’adversaire». Ce qui n’est pas sans rappeler, toute proportion gardée, le mode opératoire des Corps francs.

D’un point de vue capacitaire, l’expérimentation menée lors d’Orion 26 doit permettre de déterminer les modèles de véhicules les mieux adaptés à ce «combat décentralisé», l’objectif étant que ces «cellules tactiques polyvalentes» puissent manœuvrer «en essaims légers, difficiles à cibler, capables de frapper puis de disparaître».

«Les véhicules légers doivent jouer un rôle clé dans cette expérimentation. Les premiers retours nous orienterons, quant à l’emploi de ces véhicules pouvant s’étendre vers le transport de munitions, la pose de capteurs, la logistique du dernier kilomètre ou encore l’ouverture d’itinéraires», avance la 27e BIM.

Quant au «commandement par intention», il est la condition sine qua non du combat décentralisé dans la mesure où les chefs de groupe ou de section seront les mieux placés pour «saisir les opportunités», «comprendre la situation tactique de référence immédiate» et «décider à leur niveau de l’action à mener».

«L’exercice ORION 26 constitue une occasion déterminante pour éprouver, en conditions réalistes, les fondements de la mobilité légère et du combat décentralisé imaginés par la brigade de montagne. Les enseignements qui en seront tirés permettront d’affiner ces concepts et d’envisager leur intégration progressive, afin de préparer la brigade aux engagements futurs», a conclu la 27e BIM.

Photo : 27e Brigade d’Infanterie de Montagne / via LinkedIn

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74 contributions

  1. Mat49 dit :

    Excellent les RETEX ukrainien commencent à moduler l’organisation et la tactique.

    La section est devenu le lieux de la manœuvre « interarmes » qui est en fait une manœuvre d’infanterie + génie. Compte tenu des menaces sur les batteries l’artillerie au sein de ces sections sera organique avec mortiers, munitions rodeuses et drones à pilotage immersif.

    L’artillerie risque de se concentrer sur les frappes destinées aux arrières ennemis via des armes à longue ou très longue portée et la DSA.

    Le char et l’automitrailleuse dans tous ça? Pourquoi faire? Navré pour elle mais la cavalerie va probablement se concentrer sur des unités légères à base de drones à pilotage immersif destinés à casser un assaut ou couvrir un flanc.

    Tout cela n’est pas mauvais pour la France qui n’aurait pas eu le budget pour poursuivre le renouvellement des miettes de moyens mécanisés qui lui restaient.

    • Aramis dit :

      @Mat49 « Le char et l’automitrailleuse dans tous ça? Pourquoi faire? Navré pour elle mais la cavalerie va probablement se concentrer sur des unités légères à base de drones à pilotage immersif destinés à casser un assaut ou couvrir un flanc. » Vous allez vite en besogne. Combien de mort le char a t il connu?

      • Mat49 dit :

        @Aramis ce cas là c’est différent, c’est toute la guerre moderne qui est transformée.

      • UnKnown dit :

        Combien de combat char contre char en Ukraine en 2025? Réponse: ZERO
        Les deux belligérants n’ont désormais recours à leurs chars que pour intervenir en pompiers ou pour rajouter des bouches de feu dans un assaut (pour lequel ces véhicules n’ont plus qu’un rôle périphérique)

    • Les drones donnent de la masse dit :

      Les sud-coréens sont en train de remplacer leurs mortiers de 81 et 120 MM par des drones…

      • Mat49 dit :

        Non ils gardent les 120mm

      • SIU dit :

        Dans le Système international d’unités (qui a valeur légale en France), le symbole du mètre est m (minuscule) et celui du préfixe « milli » est lui aussi m (minuscule).
        Le symbole du millimètre est donc mm (en minuscules).

        Mortiers de 81 et 120 mm.

    • FouPouDav dit :

      Hum les russes en moto ?t

      • Yannus dit :

        C’est de suite ce que j’ai pensé et vu la tronche du soldat, c’est ce qu’il a du penser aussi.
        plutôt que de nous inspirer des Russes, nous ferions mieux de nous inspirer des Ukrainiens

        • dolgan dit :

          C est tres loin de ce que font les russes.

          L autonomie décisionnelle des bas échelons est quasi inexistante chez les russes et très ancrée dans leur maniere de penser et faire la guerre.

      • Les Russes à moto.

        Ou alors ils sont très souples…

    • Felipe dit :

      pardon , pais considérer que le char est considéré comme obsolète, c’est aller vite en besogne, au risque d’avoir une guerre de retard. je note que les russes n’engagent pas massivement des chars dans le no man’s land dronisé. cela ne vaut pas dire que le char est terminé. ni les russes ni les ukrainiens n’ont décidé d’interrompre les productions.
      plutôt que de parler de « mort du char » parlons de révolution dans l’emploi du char, dont la fonction « tueur de chars a nettement perdu en valeur ajoutée (5% de chars détruits par un autre char depuis 2022). le char redévient une plate-forme d’appui feu mobile, apte au tir direct et indirect (on en revient au dilemme bien français du char d’infanterie versus le char d’exploitation). je note aussi que l’armée russe « empile » les chars, pariant qu’un jour on parviendra à percer la zone de mort ou, tout au moins, on parviendra à aveugler le mur de drones. je note aussi que le nombre effectif de drones pour détruire un char ne se résume pas à un seul coup au but. ce n’est pas le char dans l’absolu qui est est condamné à disparaître, c’est la vision occidentale de l’emploi du char comme « tueur de char » qui doit évoluer. le char doit être armé d’un canon polyvalent, d’une capacité d’observation par drone, d’une capacité de brouillage, d’un système hard-kill, etc. il doit surtout combattre avec une intégration interarmes toujours plus poussée (par exemple, le chef de section, l’observateur d’artillerie et le chef de chars partageant la même situation tactique en temps réel, avec une capacité instantanée à échanger

  2. Togo dit :

    Ça va se bagarrer pour passer les permis MOTO

  3. Czar dit :

    « Cela suppose de donner une large autonomie d’action aux sections, organisées en «cellules tactiques polyvalentes» »

    félicitations, après des décennies de cogitation et un ardent travail de traduction de la pensée su suzerain yankee, l’armée française vient de réinventer la doctrine napoléonienne du « corps », à peine deux siècles après que le corps de l’Empereur a commencé de refroidir.

    (pensée émue aux forêts assassinées pour fixer dans le format a4 ces lumineuses cogitations)

    • Green dit :

      Ha non, le corps d’armée était bien plus gros, une dizaine de milliers d’hommes ou plus soit plusieurs régiments et leur train logistique, ce n’est pas une comparaison pertinente.

      La on parle de l’échelle d’une compagnie ou encore une plus petite unité (section), renforcée d’éléments variés. C’est un mini groupe tactique interarmes de quelques dizaines a peut etre un grosse centaine d’hommes au maximum.

      Ce n’est pas vraiment nouveau comme groupe d’unité, meme concept que GTI mais en plus petit. C’est du coté des missions et des capacités de frappe qu’est la nouveauté. Et puis ce sont les troupes de montagnes, il ne faut pas forcément y voir un nouveau modèle pour l’ensemble de l’armée de terre.

      • Czar dit :

        « Ha non, le corps d’armée était bien plus gros »

        j’espère que tu t’es pas froissé un muscle en enfonçant les portes ouvertes avec autant d’audace, jujugrine

      • Bench dit :

        Que voulez vous Green, Czar a lu dans l’article la phrase suivante « Mise en Å“uvre par l’US Air Force, la doctrine ACE [Agile Combat Employment]… ». ACE, de l’anglais et qui plus est de l’anglais américain. Voilà qui a suffit à lui filer de l’urticaire et qu’il se mette à délirer pour causer de son abhorré « suzerain yankee ». C’est pavlovien chez lui, dès qu’il voit de l’anglais dans un article d’opex360, il démarre sur les chapeaux de roue et part en vrille.

      • Singulier dit :

        Les troupes de montagne.

      • Entrecôte dit :

        Le « coté » des missions, c’est le militaire qui, bien noté par ses chefs, se voit habituellement désigné pour les opérations les plus délicates ou bien c’est le prêtre missionnaire pour qui ses ouailles ont une haute estime ?

        Mais peut-être faudrait-il plutôt rechercher la nouveauté du côté des missions et des capacité de frappe ?

      • A à Aa ah as ha dit :

        Ah non.
        De quelques dizaines à une centaine.

      • Diacritique dit :

        Là on parle, de … à … , peut-être, même, du côté des.

    • Aramis dit :

      Vous ne savez pas ce qu’est une section…

    • Le plat de spaghettis à la fin du mois d’août 2021 dit :

      La fameuse destruction créatrice de Schumpeter.
      https://www.lexpress.fr/campus/lia-signe-la-fin-des-faiseurs-de-powerpoint-selon-les-directeurs-dhec-et-de-luniversite-bocconi-3LUERQEZLBD2HIHKAKT62IARKA/

      Mettez de l’IA partout est le nouveau manteau.

  4. Myshl Mabelle dit :

    Lamentable, pitoyable,
    cette propension à venir nous afficher, nous vendre comme novatrices des « idées »,
    voire « plus mieux » comme novateurs des « concepts »,
    quand ce truc qu’ils essaient de promouvoir en même temps qu’eux-mêmes,
    nos grands penseurs de l’école de guère a de longue date été pensé et appliqué.

    En « politiquement correct » ça se prononce « subsidiarité ».
    En jargon mili-mécano « chacun sa merde ».

    La délégation de l’initiative aux chefs sur le terrain, ceux au contact, ceux qui comptent sur leurs hommes et qui comptent leurs morts, nous connaissons bien en France.
    Dans nos armées par les corps francs, par les parachutistes.
    Par la disgrâce de 1940 qui a vu nos chers voisins victorieux, non pas par leurs armes mécaniques, certes soutenus par la Pervitine, mais aussi voire surtout par les initiatives des commandants du front.

    Leur truc « décentralisé » est la manifestation d’une imbécilité aggravée d’une inculture historique abyssale.

    Je comprend mieux pourquoi De Gaulle ne voulait retourner à l’école de guerre que pour la commander.

    A l’école de guère on invente le passé, c’est plus sûr…
    Bravo les chefs!?

  5. Kardaillac dit :

    Il manque encore les acronymes pour faire sérieux, mais le combat décentralisé à l’initiative du capitaine commandant l’unité élémentaire n’est pas d’aujourd’hui. Les commandos de chasse (Indo, Algérie) suivaient ce plan, la DOT s’articulait sur des sections autonomes.
    Responsabiliser l’échelon subalterne est toujours positif.

  6. Rogger dit :

    bonjour . bon avec de nouveau theatre d’operaton , nous arrivons a la conclusion que nous ne somme pas vraiment bien equiper .. Absence de materiel specifique pour les combats en montagne et par grand froid …Le points le plus urgents reste les vehicules d’infanterie et les blindes leger. ils est incroyable que notre pays sois incapable de construire ce type de vehicule … surtout qu’ils y a des besoin en europe pour ce materiel.. ( petit vehicule blindee classe 8 a 10 tonnes pour emplois pour les TAP et troupe de montagne )

    • dolgan dit :

      Vous êtes de quel pays?

      Heureusement, en France nous n avons pas ces problemes.

      • rainbowknight dit :

        Je crois que malgré son pseudo , ses troupes de montagne montent des yacks pour gravir les dunes désertiques du Sarara….. la France c’est loin, la France c’est beau.

    • Hile, il, île, îles, Ill, Ille, ils, -yle dit :

      Il est incroyable.
      Il y a des moyens.

    • O'Ftalmo dit :

      Aïe !
      Vous aimez donc tant ça, faire saigner les yeux des innocents lecteurs, tortionnaire ?

    • L'Insoutenable légèreté de l'être dit :

      Nous ne sommes pas dans la Somme.
      Nous ne sommes pas en train de faire un somme.
      Nous ne sommes pas en plein calcul d’une somme.
      Nous ne sommes pas en cours de rédaction d’une somme (ni d’un pensum).

      Je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont.

      Nous ne sommes pas vraiment bien équipés.

    • L'Équipée sauvage dit :

      Nous ne sommes pas vraiment bien équipés.

  7. Jean Le Bon dit :

    La guerre en Ukraine a rendue obsolète les gros déploiements de blindés lourds (et la plupart chenillés); place aux moyens très mobiles s’agissant des moyens de transports des combattants comme les motos, quads, fardiers, VLTT, camionnettes tactiques…

    • dolgan dit :

      Pas vraiment.

      Les gros déploiement de blindés lourds étaient déja obsolètes depuis 20ans ou plus à cause de la léthalité de l artillerie. Les drones ne font que renforcer cette tendance historique.

      Les échecs russes ont également montré que le tout léger c est encore moins efficace. Et on a plus d un an de retex, faut arrêter de faire semblant qu on ne sait pas si cela va marcher ou non.

      Ce qui semble marcher, c est ce que font les Ukrainiens. Des petites unités mélant un ou 2 chars et plusieurs apc/ifv et des éléments légers évoluant rapidement.

    • Sentinelle dit :

      C’est vrai les merkava et leur VCI lourds sont des trottinettes

    • Kardaillac dit :

      La guerre d’Ukraine nous montre que sans moyens de rupture des fronts, la ligne ne bouge presque pas. Or la rupture c’est le job de l’ABC.

    • Pluriel dit :

      La guerre en Ukraine a rendu obsolètes les gros déploiements.

  8. dolgan dit :

    Cela ressemble beaucoup au mode d action de guérilla de nos adversaires au Sahel.

    • Aramis dit :

      @dolgan tactiquement non puisque c’est face à une armée régulière.

      • dolgan dit :

        L armée Fr est une armée régulière, l armée malienne aussi …

  9. jean luc dit :

    Un retexte ukrainien, on voit comment les Russes vont vers les premières lignes pour attaquer, cela force les défenseurs à utiliser des moyens pour des objectifs de peu de valeur, c’est ce que pensent les Russes. pour des actions de reconnaissance, coup de mains, de ravitaillement, d’évacuation de blessés , celas peut servir , mais pour attaquer on voit le résultat des russes . ce genre d’équipement est bon lorsque le front est mouvant, afin de s’enfoncer dans les lignes adverses, sur un front figé comme en Ukraine , on resteras dans les fonctions de liaison avec l’arrière , ou de coup de main .mais pas pour percer .
    Il est très utile d’avoir ce genre de matériel pour certaines occasions. Encore faut-il le produire en France, est-ce qu’on produit encore du matériel enduro en France ?

    • Sebastien dit :

      Sherco est une marque de motos tout-terrain française. Et les Yamaha 700 Ténéré sont fabriquées en France. Par exemple.

    • Ceci cela dit :

      Jean-Luc, cela pourrait vous servir de savoir que le pronom démonstratif « cela » ne prend pas de « s ».

      Cela peut servir.

    • Accro dit :

      « Un « retexte » ukrainien »

      Un retour d’expérience ukrainien.
      Un « RET-our » d’« EX-périence » ukrainien.
      Un RETEX ukrainien.

  10. Kvesh dit :

    Le « commandement par intention », ce n’est pas seulement donner un objectif au subordonné. C’est aussi lui donner des instructions de coordination très précises. Sinon, on s’expose à recommencer la bataille de la Marne de 1914, triomphe du « commandement par ordre » français sur le « commandement par intention » allemand. L’instruction de coordination la plus simple (et, partant, la plus efficace), c’est ce qu’on fait les Allemands en 1940 : donner la priorité absolue à une formation (en l’occurrence le détachement d’armée blindé von Kleist), les autres unités devant essentiellement favoriser et exploiter l’action de cette dernière.

    • Kobayashi Maru dit :

      Contrairement à ce qui est ecrit plus haut par des personnes mélangent une division et un bataillon, la bataille dans les Alpes entre l’Italie et l’Empire Allemand. La bataille de Caporretto …des bataillons « K » commandos des Carpates aux Alpes avec un certain Erwin R… ( déjà lui)
      Je suis certain que les troupes de montagne française sont capables, le communiqué du ministère c’est que de la com qui pense avoir re inventé l’eau chaude.

    • Green dit :

      Certes mais l’on parle ici de sections en montagne pas d’armées entières. On est pas sur la recherche d’un effet opératif ou stratégique avec cette approche de combat décentralisé. Plutot comment fonctionner à l’échelle tactique avec un champ de bataille désormais « transparent » et une capacité de frappe plus longue et plus importante sans moyens lourds.

    • C’est ce qu’ont fait les Allemands.
      C’est ce qu’on fait quand on est Allemand.

  11. Escalades,parapentes, skis et motos dit :

    La 27ème BIM va trouver des drones pour son milieu spécifique et d’autres petites choses qui leur ont été demandées…
    https://www.forcesoperations.com/ces-trois-sujets-sur-lesquels-la-27e-brigade-dinfanterie-de-montagne-est-attendue/

    La recherche du léger, souple, manœuvrier à été engagé depuis quelques années :
    http://mars-attaque.blogspot.com/2024/06/etendard-et-la-mobilite-terrestre-de.html

    Avec une profusion de véhicules.
    http://mars-attaque.blogspot.com/2023/11/accelerer-sur-la-realisation-de.html

    Le seul véhicule rustique sans électronique à été fleché vers les paras, n’est pas destiné au renseignement et est peu sexy.
    http://mars-attaque.blogspot.com/2024/06/unac-fardier-vtcfs-remorque-egame-tna-saepng.html

  12. Sempre en Davant dit :

    Expérimenter ? Super !
    Il faut rejouer le Vercors des deux cotés et de plusieurs manières.
    Pour ceux qui l’ingorerait l’usage de paras et de planeurs par les allemands pose bien la dimension « air » dans un combat au sol.

    Pourtant le concept semble entaché d’une erreur de définition.

    La décentralisation passe par la création d’une administration nouvelle dotée de compétences (généralement redondantes)… ça a été la foire, la gabegie, la corruption, ça a ruiné la France… Youpiii : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9centralisation
    L’idée de déconcentration est plus proche de celle de cette expérimentation :https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9concentration
    Cette erreur de vocabulaire entache l’idée de commandement par intention. Sans ressortir les antiques CPO/PMG la discrétion radio ou la rupture de réseau sont les moments où le « en vue de » doit revenir à l’esprit du chef.
    La dépendence aux informations nouvelles permet elle le silence radio?

    L’histoire du maquis du Vercors comporte maints exemples de problèmes logistiques avec même une question sahélienne : où est l’eau ??? Pour combien y en aura-t-il ???
    Les questions sont celles du possible, donc de la logistique, de la discrétion, donc la réduction des « communications, et celles des appuis sur des routes ou l’on compte en heure.

    Logistique , discrétion, reco et appuis particulière, à l’heure du drone avec des possibilités de prépositionnement de tout du commando D2R2 à l’IED, aux ravitos divers… D2R2 pourra t’il passer trois hivers caché? Analyser ce qu’il capte pour n’envoyer que l’important ? N’emmettre que du crypter, comprimé utile? Ou, comme une brave sonette en enfants perdus, ne se faire connaitre que dans un unique assaut ?

    De là a abandonner la compagnie comme unité élémentaire ?!? Il faudra pourtant des jarrets pour trimbaler les anti-drones et l’informatique en plus du reste même si l’on parvient a avoir une logistique volante y compris pour l’énergie…

    Les deux motos de l’illustration sont certainement assez rapide sur les jolies routes et les chemins secs. Mais ce sont des trails hauts et peu chargeables. Dans le contexte envisagé il va falloir les équiper d’un bat de mulet pour trimbaler toutes ces choses nécessaires nouvelles.

    Si les Alpins se piquent d’innovations qu’ils inventent le saucisson prépositionné et le génépi livré par air à même le trou.

    Le poids des livres sur le Vercors pourrait en écraser plus d’un si on les mettait tous dans le même sac. Il y a forces controverses forcément enrichissantes. https://www.promotionvercors.fr/Combats/Page_livre.htm

    Sans contredit, nos Alpins peuvent aimer la course et avoir des lettres. Mais croire qu’ils auront des lettres de courses c’est prendre un parapente pour une misaine. Ils peuvent aimer Surcouf, Jean Bart ou Ronach mais les montagnes ne sont pas du clapot. Les moyens du bord ? Dans le sac à dos.

    Et encore une fois en Alaska ce sont des paras qui sautent par dessus les problèmes logistique…

    Amusez vous bien!

    • Frère brun dit :

      @ Sempre en Davant
      Même les paras trouvent que porter lourd cela a des limites.
      https://lignesdedefense.ouest-france.fr/un-para-us-transporte-une-charge-equivalente-a-55-de-son-propre-poids/

      Le fardier UNAC est moche mais sans électronique, même si ce n’est pas sexy.
      À defaut d’être Instagrammables, les solutions « agricoles » comme vous l’avez conseillé sont à copier our porter lourd plutôt que de jouer à la sur-perfomance sur piste préparée pour les photos de la COM.

      Même les corps font l’objet de ce combat: le dur travail manuel a fait place à la musculation et de la facilité à tous niveaux de la prise de produits dopants pour prendre de la masse, le goût de l’effort survivra-t’il à la société qui est en train d’émerger ?
      https://theconversation.com/armes-autonomes-et-soldats-augmentes-quel-impact-sur-les-valeurs-des-armees-168295

      Dans les troupes alpines, 25% des engagés ne connaissent pas le milieu et doivent tout apprendre.

      Peu de jeunes savent juste dormir dans un sac de couchage avant l’armée, camper même dans une tente ou connu autre chose qu’un milieu urbain artificiel.

      Plus généralement, combien de jeunes trouvent agréable de randonner et de se balader dans la nature au lieu de rester englué sur le lit ou le canapé vissé à leurs écrans ?

      La société change, cela devient difficile de trouver quelqu’un qui creuse un trou à la pioche et chier dans des sacs congélation pendant 15 jours pour ne pas se faire repérer.

    • Dring dit :

      Une sonnette s’écrit avec deux n, quoi que puisse signifier « comme une brave sonnette en enfants perdus ».

  13. JeanS dit :

    les motos?
    au bio éthanol?

  14. Le Suren dit :

    Bon, en gros, on va transformer toute l’armée en petits groupes de commandos.

  15. jo666 dit :

    cette Doctrine est nulle . Pourquoi? les drones avec des charges de 10 kg avec une portée de 50 km ont rendu désué des mortiers de 60 mm ou de 120 mm, surtout pour les mettre dans les JAQUARS sans protection .
    Avant sur les AMX 30 B2, les briques brennus cassaient les obus flèches par les détonnations .
    Pour la décentralisation des autonomies, ça doit être au groupe de combat et non de la section. Les commandos en Ukraine sont autonomes au niveau du groupe de combat via la décentralisation de l’allocation des moyens via une plateforme.
    il faut juste une IA pour informer des déplacements de troupe . Le groupe de combat permet des doctrines de combat aéromobile

    • dolgan dit :

      Faudra informer les Ukrainiens et les russes qui utilisent les mortiers tous les jours que c est désuet.

      Essayez de comprendre les usages et capacités des mortiers VS les drones avant de dire des bêtises. Cela ce chevauche, mais les drones ne remplaceront jamais les mortiers car ils n ont pas les mêmes capacités.

      C est quoi un Jaquars porteur de mortier sans protection? vous sortez cela d ou? Si vous pensiez au griffon mepac, vous êtes loin dans les nuages.

      On parle pas de commandos, mais de section classiques.

      Vous mélangez autonomie opérationnelle et achat de matos, ce qui n a rien a voir. Et en Ukraine, c est surtout au niveau brigade qu il y a une certaine autonomie d achats dans un pool de matos validé au niveau supérieur.

  16. Radar dit :

    En défense, pour faire du combat de retardement, pourquoi pas. Maintenant en offensif, le concept est bancal: un combat décentralisé implique des actions nombreuses mais très limitées en effets sur les échelons adverses. Cela conduit » à un grignotage » de l’adversaire qui, s’il dure dans le temps, tourne à la guerre d’attrition.
    Rappelons que l’armée Française, tout comme l’intégralité des armées de l’OTAN, ne peut pas permettre de s’enfoncer dans ce type de conflit.
    Ce n’est donc absolument pas la bonne direction à prendre et je suis même étonné que l’on laisse ce genre d’idée proliférer.

    L’AdT devrait plutôt plancher sur une doctrine qui cherche la victoire de la plus rapide et décisive possible pllutôt que de mettre à jour la doctrine du général Beaufre.

  17. Auguste dit :

    « Combat décentralisé » c’est pas ce que faisaient les « Corps Francs » et ce que font les FS?.

  18. Bricoleur dit :

     » À la pyramide qui n’en finit pas des régiments, brigades, divisions, corps d’armée et armée, il substitue une organisation modulaire constituée par des milliers d’équipes de quinze hommes armés de missiles antichars, de mines à action horizontale, d’armes automatiques légères et de mortiers, chaque module agissant par embuscade dans un terrain de chasse de 2 à 3 km2 qui lui est affecté. » Extrait d’une recension du livre: « Essai sur la non-bataille » du CDT Brossollet » paru en 1975 …
    Il est étonnant qu’aucun commentateur n’ait mentionné ce document qui a fait beaucoup de bruit à l’époque. A l’évidence, certains officiers de la 27° BIM ont une bonne mémoire, et au vu du RETEX d’Ukraine remettent au goût du jour, avec perspicacité, un concept adapté à notre époque du « ciel ouvert ».

  19. Eole dit :

    On n’attaque pas avec de petites unités décentralisées. De telles unités peuvent permettre d’assumer une défense territoriale en infériorité numérique à condition de pouvoir les alimenter logistiquement. Il s’agit probablement du mode de combat à privilégier en défense opérationnelle du territoire pour la future troisième division. Il reste cependant un corps d’armée à deux divisions françaises, probablement capable d’engerber deux autres divisions européennes comme réserve générale de troisième rideau en Centre Europe. Pour cette mission (très proche des vieux accords Ailleret-Lemnitzer) il faut du manoeuvrant donc plus lourdement équipé capable d’attaquer comme de défendre.

  20. vrai_chasseur dit :

    Le contexte est que la 27e BIM a un mandat du CCF le Commandement du Combat Futur, pour expérimenter le combat décentralisé, dans le cadre de l’exercice Orion 26 où la BIM joue le rôle de la FORAD (force adverse).
    Le RETEX attendu est donc double, l’expérimentation elle-même et le comportement des forces face à ce type d’adversaire.

    • rainbowknight dit :

      Les « abeilles » qui harcèlent l’ours pour protéger la ruche… mais l’ours n’est pas anéanti après qu’il ait détruit la ruche.
      Curieux de savoir comment la logistique s’organisera pour ravitailler et soutenir cette multiplication des « unités au contact »…