Le Bâtiment ravitailleur de forces «Émile Bertin» a été mis à l’eau à Saint-Nazaire

Si, en matière d’armement, certaines coopérations européennes sont «compliquées», ce n’est pas le cas de celle qui a été établie entre la France et l’Italie pour le programme LSS [Logistic Support Ship], géré par l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement [OCCAr] pour le compte de la Direction générale de l’armement [DGA] et la Direzione degli Armamenti Navali [NAVARM].
Notifié en 2019 à Naval Group et aux Chantiers de l’Atlantique par l’OCCAr, le contrat «FLOTLOG» [Flotte Logistique], d’une valeur de 1,7 milliard d’euros, vise à remplacer les Bâtiments de commandement et de ravitaillement [BCR, classe Durance] de la Marine nationale.
Dans le détail, les Chantiers de l’Atlantique assurent la construction des navires tandis que Naval Group est chargé de fournir leur système de combat ainsi que les installations aéronautiques.
Basés sur le pétrolier-ravitailleur A5335 Vulcano conçu par Fincantieri, deux premiers Bâtiments ravitailleurs de forces [BRF], à savoir le Jacques Chevallier et le Jacques Stosskopf, ont été livrés. Le premier a été admis en service en novembre 2024 tandis que le second effectue actuellement son déploiement de longue durée [DLD], étape indispensable avant qu’il puisse être déclaré pleinement opérationnel.
Quant au troisième BRF, l’Émile Bertin, il vient d’être mis à l’eau par les Chantiers de l’Atlantique, vingt mois après la pose de la quille de sa section avant par Fincantieri, au chantier naval Castellammare di Stabla [Italie]. La proue du navire a été transférée à Saint-Nazaire en septembre dernier.
«Le programme FLOTLOG a franchi un jalon majeur avec la mise à flot du BRF Émile Bertin, début avril 2026 et son transfert vers le quai de la prise d’eau amont de Saint-Nazaire en vue d’une livraison à la Marine nationale en 2027», a annoncé le ministère des Armées, via un communiqué diffusé dans la soirée du 17 avril.
«Ce bâtiment est le troisième d’une série de quatre, qui ont été commandés en 2019 auprès du groupement momentané d’entreprises composé des Chantiers de l’Atlantique et de Naval Group», a-t-il rappelé. «Indispensables à l’autonomie stratégique de la Marine nationale, ces ravitailleurs donnent à la France la capacité de conduire des opérations en haute mer et de se déployer loin et longtemps», a-t-il conclu.
17.04.2026. Mise à flot du BRF Émile Bertin à Saint-Nazaire, 3e des 4 BRF du programme Flotlog destinés à @MarineNationale.
Coopération industrielle réussie entre Chantiers de l’Atlantique et Naval Group, sous pilotage contractuel de l’OCCAR, en étroite collaboration avec @DGA. pic.twitter.com/s6BZ8uYVyM— Naval Group (@navalgroup) April 17, 2026
La construction du quatrième BRF, le «Gustave Zédé», n’a pas encore commencé. Contrairement à ce qu’avait pu laisser entendre un communiqué publié par le ministère des Armées en novembre dernier, lequel avait évoqué une livraison en 2029 [ce qui était le plan initial, ndlr], le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 a confirmé qu’il serait remis à la Marine nationale après 2030. En attendant, le BCR Somme, qui devait être désarmé en 2027, a été prolongé pour un an de plus.
Pour rappel, affichant un déplacement de 31 000 tonnes, pour une longueur de 194 mètres et une largeur de 24 mètres, un BRF est doté d’une double coque et de quatre mâts de ravitaillement polyvalents lui permettant de soutenir simultanément deux navires. Pouvant transporter 1 500 tonnes de fret et 13 000 mètres cubes de carburant, il a la capacité de transférer des missiles vers un autre navire en mer. Armé de deux canons RAPIDFire de 40 mm et d’un système de défense aérienne Simbad-RC, il met en œuvre un hélicoptère NH90 Caïman et un drone aérien.
Photo : Naval Group / Chantiers de l’Atlantique





bravo aux chantiers, et vive cette coopération.
elle a permis d’éviter les calculs et planifier ex nihilo pour un bâtiment franco français.
Ce qui aurait été une source de fierté mais des bruits courent que l’achat des plans économise un milliard.
et ça clôture le débat sur « oué,mé la grande l’achète ri1 à l’étrangé… »
alors qu’en réalité, on fait rarement de bonnes affaires en achetant hors de nos entreprises…
pardon,j’ai humilié mon correcteur avec la citation entre guillemets, il s’agissait de la France, évidemment.
toujours moquée, mais difficilement égalée ces derniers temps.
La grande France, ça me va.
c est dommage de ne pas profiter de l effet de série pour livrer le dernier bateau…m enfin y a plus de sous !
Si.
Il y a des sous.
Mais pas pour nos forces armées.
https://myjournal.fr/salaire-delphine-ernotte-france-televisions/
Et elle n’est pas la seule.
@Prof
Ah ! Delphine Ernotte et ses compères seraient la raison de l’état de nos finances ? Un peu de sérieux et de pondération prof, svp ! Je vous invite à regarder du côté des supers profits, de la fortune des milliardaires (qui a augmenté de 81 % depuis 2020 – étude de 2025).
Alors oui il n’y a pas de raison d’ignorer les gens qui se gavent mais tant qu’à le dénoncer faite le correctement.
C’est encore votre blog russe qui vous donne ces idées ?
Bien envoyé.
Mes respects à l’ingénieur Bertin,
particulièrement pour la part qu’il a prise dans l’écrasement de la flotte russe à Tsushima, en 1905.
Une bataille certes lointaine,
mais qui a commencé de creuser la tombe de l’empire russe,
et lancé le Japon dans le siècle.
Votre éloge pourrait laisser croire qu’Émile Bertin (présent au Japon de 1885 à 1890) a participé à la bataille de Tsushima, ce qui est heureusement faux. En 1905, la France et la Russie étaient alliées, et cette alliance nous a été bien utile d’août 1914 (offensive russe en Prusse orientale) à juillet 1916 (offensive Broussilov). D’autre part, en commençant à creuser la tombe de l’Empire russe, la bataille de Tsushima a également commencé à faire le lit de l’Union Soviétique, ce qui s’est avéré plutôt négatif.
oui c’était extrêmement « malin » alors que la russie était alors notre seul allié déclaré et le pivot de notre politique étrangère.
décidément, quand t’es à court de conneries, t’as toujours le brillant réflexe d’emprunter celles des autres
C’est bien connu que l’empire Japonais du 20eme siècle n’a eu que des effets bénéfiques…
Par exemple on peut saluer leurs contributions à la recherche sur les maladies infectieuses.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Unité_731
Plus de 400 000 chinois y ont contribué de leur vie.
Du 20ᵉ siècle.
https://www.academie-francaise.fr/abreviations-des-adjectifs-numeraux
Pour une fois qu’une coopération se passe bien, et en plus pour fournir un matériel qui semble remplir pleinement le cahier des charges initiales, ca fait plaisir.
ce n’est pas un projet coopératif : nous avons acheté un projet italien que nous avons adapté à nos besoins
dès lors, il n’y avait pas de problèmes de gestion, chacun étant dans son rôle et nous dans celui du client.
les problèmes débutent lorsqu’il y a plusieurs producteurs
C’est pas faux.
Les 2 premiers BRF devant rester basés à Toulon, ce BRF E. Bertin sera lui basé à Brest.
Son arrivée va donc permettre de donner un sérieux bonus aux capacités de la MN, côté atlantique.
Dommage que le 4e arrive aussi tard. Surtout que pour les déploiements lointains, c’est 2 BRF qu’il faut pour soutenir le GAN, 1 seul c’est trop limite.
Un quatrième BRF après 2030 ne sera pas de trop pour que la MN puisse « tenir la mer » en permanence et si elle peut disposer enfin d’un ensemble de 18 frégates ( FDA/FREMM&FDI ) en plus des 04 lourds déjà aux effectifs.
et n’oublions pas le croiseur Émile Bertin!
Je croyais qu’on accélérait l’équipement de nos armées « à cause des tensions internationales » ? et là je vois que le Gustave Zédé se prend deux ans dans la vue…
Où sont la cohérence et la crédibilité de ceux qui nous gouvernent ?
@ Gallifet cher moussaillon…….
Pendant le « gap » remarqué par tous et si le besoin s’en faisait sentir, ce futur BRF n°3 « Brestois » pourrait toujours rejoindre le Charles en MEDOR ou ailleurs.