Selon le chef d’état-major de l’armée de l’Air, la «guerre spatiale» a déjà commencé

Lors du dernier salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, en juin 2025, le président Macron avait affirmé qu’il fallait aller «encore plus et plus fort» en matière de stratégie spatiale de défense. Aussi, le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit d’augmenter les investissements dédiés aux capacités spatiales des forces françaises d’environ 50 %, via une enveloppe de 3,9 milliards d’euros.
«L’augmentation des menaces dans l’espace en fait aujourd’hui un domaine de conflictualité à part entière. Pour y faire face, la réactivité et la résilience des capacités spatiales françaises feront l’objet d’une accélération», est-il justifié dans le rapport mis en annexe de ce projet de loi d’actualisation.
Cet effort supplémentaire portera notamment sur les communication spatiales, avec la sécurisation de la constellation en orbite basse OneWeb d’Eutelsat, ce qui est indispensable pour le combat collaboratif, le renseignement, avec notamment une «capacité radar opérationnelle qui sera disponible à l’horizon 2035» basée sur le démonstrateur DESIR, l’alerte avancée, dans le cadre de l’initiative européenne Joint Early Warning European Look-out [JEWEL], et, évidemment, la surveillance et l’action dans l’espace, cette capacité relevant en partie du programme EGIDE [Engin géodérivant d’intervention et de découragement].
«D’ici 2030, une capacité complémentaire de surveillance et de caractérisation en orbite basse complétera le radar de surveillance spatiale [GRAVES puis AURORE, commandé fin 2025]», précise le rapport annexé.
En matière d’action vers l’espace, il est question de développer, avant 2030, une capacité de brouillage depuis le sol, ce qui n’avait pas été prévu jusqu’alors. En outre, une «première capacité de laser» devra être prête d’ici 2035. Celle-ci repose sur les projets BLOOMLASE [aveuglement des satellites] et FLAMHE [neutralisation d’un satellite au moyen d’une arme à énergie dirigée].
S’agissant du volet «action dans l’espace », il n’est plus question de mettre un satellite EGIDE en orbite géostationnaire.
«En substitution du satellite unique EGIDE en orbite géostationnaire, la capacité d’action géostationnaire sera accélérée et fondée sur trois satellites patrouilleurs-guetteurs en orbite avant fin 2030 dont le premier, PALADIN, sera opérationnel dès 2027. Elle sera mise en Å“uvre par un système de commandement des opérations spatiales acquis de manière incrémentale afin que les premiers modules soient opérationnels avant 2030, après une première capacité opérationnelle déclarée en novembre 2025», avance le rapport annexé.
Initialement, le projet YODA [Yeux en Orbite pour un Démonstrateur Agile] devait préparer le programme EGIDE, avec la mise en orbite proche géostationnaire de deux nanosatellites «patrouilleurs». Il devrait se concrétiser en 2028, soit avec trois ou quatre ans de retard.
Quant au satellite du projet PALADIN [Patrouilleur pour prépAration opérationneLle de surveillAnce et D’INspection], il devrait être donc opérationnel dès 2027, soit en même temps que les engins SPLINTER et LISA 1, du programme TOUTATIS [Test en Orbite d’Utilisation de Techniques d’Action contre les Tentatives d’Ingérences Spatiales], dédié à l’orbite basse.
«On a fait le choix d’une approche très incrémentale pour le programme EGIDE pour ensuite monter en gamme», a expliqué le général Jérôme Bellanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 14 avril.
«On a voulu avoir quelque chose rapidement pour pouvoir à la fois former notre personnel à l’action dans l’espace et mener des opérations. Sinon, le programme EGIDE, c’était en 2030, a minima. Ce choix incrémental a donc été fait. Je pense que c’est le bon. Après se posera la question de savoir comment on les envoie sur les orbites géostationnaires», a ajouté le CEMAAE.
La question devra trouver une réponse sans trop tarder… Car il se passe beaucoup de choses en orbite. «L’espace s’est réellement militarisé. On le voit tous les jours», a confié le général Bellanger.
En réalité, l’espace a commencé à se militariser dès le début de la conquête spatiale : la première photographie de la Terre a été prise par un V2 allemand récupéré par l’armée américaine et le satellite Spoutnik a été mis en orbite par un missile balistique intercontinental R-7 Semiork. Aussi, il conviendrait de parler d’arsenalisation, voire de conflictualisation, de l’espace.
«Entre les satellites russes de type «poupée gigogne», les patrouilleurs guetteurs, les brouilleurs ou encore les armes à énergie dirigée qui sont dans l’espace, je peux vous dire que, là -haut, c’est véritablement une guerre spatiale», a dit le CEMAAE.
Et d’ajouter : «On désorbite des satellites qu’on fait voler en patrouille pour aller agacer les satellites de vos compétiteurs. Ça, c’est une réalité».
Le général Bellanger n’a fait que confirmer les révélations faites par l’US Space Force en 2025. En effet, elle avait dit avoir observé cinq «objets spatiaux différents» chinois manœuvrer les uns autour des autres, d’une manière synchronisée. Il s’agissait de trois satellites expérimentaux Shiyan-24C et deux objets spatiaux expérimentaux Shijian-6 05A/B, placés en orbite basse.
«C’est ce que nous appelons des combats aériens. Ils s’entraînent à des tactiques, des techniques et des procédures pour effectuer des opérations spatiales en orbite, d’un satellite à un autre», avait expliqué le général Michael A. Guetlein, le chef adjoint des opérations spatiales américaines.





Oui, oui, paraît que ça a commencé…
Les Russes pourraient déjà en faire les frais…
https://www.ladepeche.fr/2026/04/15/guerre-en-ukraine-deux-fusees-lancees-dans-lespace-pour-contrer-le-missile-russe-oreshnik-13326651.php
Z’ont de la ressource ces Ukrainiens.
@Vortex. On ne peut pas dire que l’article soit d’une grande rigueur historique… « Il précise qu’un tel lancement n’a jamais été expérimenté en Europe et qu’il s’est produit une seule fois aux États-Unis. En avril 1990, une fusée Pegasus avait été lancée depuis un avion bombardier B-52 de la NASA lors d’une mission.  » Tout d’abord ce n’est pas une « seule fois »… Et surtout, la première fois, c’était en 1974 où un missile Minuteman I a été tiré depuis un C-5….
Z’ont des priorités claires, surtout.
On dirait qu’il n’y a chez eux de place que pour 2 sortes de programmes : les vitalement nécessaires, et les stratégiquement prometteurs.
Et surtout pas de ces « grands programmes symboliques » qui évincent tout le reste et dont la justification à tout prix finit par tenir lieu de stratégie.
Chez nous les premiers avant-projets de lanceur militaire aéroporté ont au moins 25 ans.
Mais comme personne ne serait assez fou pour nous priver d’utiliser Kourou comme bon nous semble…
Le Rafale (ou autre, comme notre futur drone) pour plateforme de lancement, il faudrait peut-être si recoller.
Déjà un sabotage à Kourou……
Voir la galère du trou entre l’Ariane 5 et l’Ariane 6.
Kourou n’est pas seulement isolé à tout un océan de distance, il est aussi au centre d’une industrie qui n’a jamais envisagé de devoir reconstituer la moindre capacité orbitale, même embryonnaire, en moins d’un an.
Les militaires n’auront guère d’autre choix que de rebâtir quelque chose de robuste à partir des ATL2, puis des A321.
@G
« Mais comme personne ne serait assez fou pour nous priver d’utiliser Kourou comme bon nous semble… »
Il me semble que c’est dans l’un des scénarios imaginés par la Red Team de la DGA dans un des trois tomes de « Ces guerres qui nous attendent ». 😉
Avec utilisation d’un rail-gun, s’il vous plaît !
https://www.defense.gouv.fr/aid/actualites/parution-du-volume-2-louvrage-ces-guerres-qui-nous-attendent-red-team-defense
https://www.fnac.com/a17515982/La-Red-Team-Ces-guerres-qui-nous-attendent-2030-2060
https://www.amazon.fr/Ces-guerres-qui-nous-attendent/dp/2382841796
Pas besoin d’aller chercher des histoires de railguns ou autres redteams ; toute la chaine de valeur des Mureaux à Kourou (en passant par LE ferry spécialement conçu) n’est qu’une longue succession de fragiles passerelles sans redondance ni raccourci, et les commandants de SNA russes ont probablement au fond de leur coffre une sous-annexe de plan tenant sur une demi-page et intitulée « Plus rien de français dans l’espace avant 2050 ».
On se demande sur quelle planète certains vivent….
Bien sûr que la guerre des étoiles a commencé, on en est à l’épisode VII !
M’enfin !
https://www.youtube.com/watch?v=g02hZuSu9ek
Y’a encore un peu de temps…
@Zaratoustra
Il faut demander cela à @HOLST Gustav, qui connait la musique ! 😉
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Plan%C3%A8tes
Peut-être le morceau « Mars » ?
https://www.youtube.com/watch?v=Jmk5frp6-3Q
A comparer avec la Marche Impériale de Star Wars de John Williams…
https://www.youtube.com/watch?v=vsMWVW4xtwI
Damned ! Je suis démasqué.
Les Allemands prévoient de développer une constellation de 100 satellites militaires 2027-2029 . Vers 2029-30, il y auras il y auras des satellites patrouilleurs avec laser pour éblouir . et surtout 35 milliard d’investissement d’ici 2030
Mais qu’est-ce qu’on s’en branle, ça ne les sauvera pas d’une attaque russe le jour où…
Ah si les Allemands n’étaient pas là !
On pourra voir leurs armées évoluer sur le terrain. Cela ne plaît pas à la France qui fait Iris. un programme concurrent
Avant de voir l’armée allemande évoluer sur le terrain avec tous ces matériels qu’elle a commandé, il faudra d’abord qu’elle embauche du soldat pour les mettre en Å“uvre !
Pour l’instant, c’est mal barré…
Va falloir construire des hangars pour stocker tout ça…
« ou encore les armes à énergie dirigée qui sont dans l’espace »
Quelqu’un sait à quoi le CEMAAE fait allusion ?
aux lasers éblouissants, car si tu utilises un laser pour détruire, tu pourrais détruire tes propres satellites avec les dégâts que tu as provoqués . il y a des satellites éboueurs qui, avec un laser, pourront nettoyer l’espace des débris , et qui pourrons se transformer en tueurs .
« il y a des satellites éboueurs qui, avec un laser »
Et ils sont d’ores et déjà en orbite ?
Oui, oui, gérés par le groupe Nicollin !
Au fait que les lasers sont extrêmement sensibles à la météo, et que plus ils sont placés en altitude, plus ils sont efficaces ?
dans l#espace oui , sans problême
@HOLST Gustav
Et « quelqu’un sait à quoi le Conseil de Sécurité fait allusion ? »
Apparemment, la Russie et la Chine ont voté en avril 2024 contre le projet de résolution interdisant les actions de telles armes depuis l’espace vers la Terre, ou de la Terre vers l’espace…
Voir « Course aux armements dans l’espace : le Conseil de sécurité échoue à adopter un projet de résolution » :
https://news.un.org/fr/story/2024/04/1145066
https://press.un.org/fr/2024/cs15678.doc.htm
Sinon, il y a les 7 tomes de Michael Salla sur les SSP (Secret Space Programs) qui présentent les avancées des uns et des autres en matière de militarisation de l’espace.
Le tome 6 concerne l’US Space Force créée par Trump en 2019 :
https://www.amazon.fr/Space-Force-Star-Trek-Future/dp/B0B14GGY9S
Et il y a le numéro 24 de la publication Ikaris sur la flotte spatiale terrienne (ex-« Solar Warden ») :
https://www.ikaris.fr/fr/content/10-presentation
https://www.ikaris.fr/fr/numeros-version-pdf/74-magazine-n24-version-pdf.html
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Sinon, une recherche via IA donne une liste de technologies potentielles pour les AED:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_%C3%A0_%C3%A9nergie_dirig%C3%A9e
Technologies impliquées:
Les principales technologies d’AED comprennent :
Type d’arme………………..Description
Lasers………………………..Émettent un faisceau lumineux concentré pour détruire des cibles.
Micro-ondes………………..Utilisent des ondes électromagnétiques pour désactiver des appareils électroniques.
Faisceaux de particules…..Émettent des particules chargées pour infliger des dommages
Merci pour (la première partie) de votre réponse.
bah ce ne sont pas les premiers à le faire. Il faut refaire des boites françaises comme aérospatiale .
en cas de conflit mondial, la première ligne à neutraliser est celle des satellites
Oui, ce serait l’hécatombe assez vite là -haut, et beaucoup de choses se joueraient sur la capacité à reconstituer très vite le strict minimum.