Le ministère britannique de la Défense mise sur le nouveau missile «Skyhammer» pour optimiser la lutte antidrone

La généralisation des drones d’attaque [ou munitions téléopérées] comme le Shahed iranien impose de trouver les options les moins onéreuses possibles pour contrer cette menace. Afin de ne pas puiser dans les stocks de missiles air-air forcément coûteux, il est question de permettre aux avions de combat de tirer des roquettes à guidage laser, comme l’ont fait les forces aériennes américaines. L’armée de l’Air & de l’Espace, la force aérienne belge et la Royal Air Force envisagent également cette solution.

Mais il est également fait appel aux hélicoptères d’attaque, aux moyens de guerre électronique, aux armes à énergie dirigée [laser, radiofréquences], à des drones intercepteurs ou bien encore à des missiles sol-air légers.

L’entreprise estonienne Frankenburg Technologies a ainsi développé le missile Mark 1 pour intercepter des drones d’attaque volant à 2 000 mètres d’altitude. Seulement, valant 45 000 euros, son efficacité doit encore s’améliorer, son taux de réussite n’étant que de 56 %. La «start-up» britannique Cambridge Aerospace va-t-elle faire mieux avec son effecteur «SkyHammer» ? On ne devrait pas tarder à le savoir.

En effet, le 10 avril, le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a annoncé la commande d’un nombre indéterminé de «SkyHammer» pour «plusieurs millions de livres sterling». Les livraisons doivent commencer dès le mois de mai, avec l’objectif de renforcer les moyens de lutte antidrone mis en œuvre par le Royaume-Uni au Moyen-Orient.

«Nous appliquons la même approche que celle suivie pour notre soutien à l’Ukraine et accélérons la conclusion de contrats avec les entreprises britanniques les plus innovantes afin de renforcer rapidement notre appui à nos partenaires du Golfe et d’équiper nos propres forces de technologies antidrones», a fait-valoir M. Healey.

Et d’ajouter : «Le soutien apporté par notre gouvernement à Cambridge Aerospace est un parfait exemple de start-up britannique du secteur de la défense […] qui se développe rapidement pour livrer de nouveaux missiles intercepteurs en quelques semaines à nos forces armées et à nos partenaires du Golfe, tout en créant des emplois de qualité et en assurant la sécurité ici au Royaume-Uni».

Fondée en septembre 2024 et rejointe par Grant Shapps, un ancien secrétaire à la Défense, l’entreprise Cambridge Aerospace aura mis moins d’un an pour dévoiler ses solutions de lutte antidrone, à l’occasion de la dernière édition du salon de l’armement DSEI. Et cela après avoir réussi une levée de fonds de 96 millions de livres sterling.

«Face à la multiplication des menaces aériennes qui pèsent sur le Royaume-Uni et ses alliés, il est crucial de pouvoir se défendre efficacement. Le système ‘Skyhammer’ a été conçu précisément dans ce but : fournir une masse importante et abordable pour protéger notre espace aérien. Nous saluons l’engagement du gouvernement à soutenir la défense aérienne britannique par des solutions évolutives et souveraines», a commenté Steven Barrett, le PDG de Cambridge Aerospace.

Le ministère britannique de la Défense [MoD] a seulement précisé que le «Skyhammer» affiche une portée de 30 km et peut voler à la vitesse maximale de 700 km/h. Aucun autre détail technique n’a été fourni par l’entreprise qui, par ailleurs, développe le missile «Starhammer» pour intercepter des cibles plus rapides ainsi qu’une nouvelle technologie de moteur-fusée appelée Nightstar.

Photo : Skyhammer / Cambridge Aerospace / MoD

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9 contributions

  1. Carin dit :

    On avance….
    Ce drone anti-drones, à un support facile à déposer au sol, plutôt qu’une rampe de lancement qu’il faut monter….
    Mais on reste dans le domaine de la protection de zones… toujours pas de réponse instantanée à l’arrivée d’un essaim de drones d’attaque, qui ne passe pas par un drone anti-drones de cette envergure, mais par des mitrailleuses montées sur tourelles sur le toit de véhicules.
    Il est nettement plus simple de poster un véhicule équipé d’une mitrailleuse de fort calibre, et de petit calibre (la plupart des véhicules militaires sont équipés de 2 mitrailleuses de calibre différents), aux abords d’une centrale, ou une usine, ou un poste de distribution EDF, etc… que d’y déposer des gars qui vont mettre en place divers supports supportants un nombre de drones forcément limité, pour avoir une réponse rapide, face à une attaque.
    Un drone anti-drone doit être lancé à la main, les type ST70 que l’armée française utilise, peut très vite être adapté pour autre chose que du renseignement de zone, il vole assez longtemps, il se lance à la main, et peut aller assez haut, et se placer sur la trajectoire d’un drone d’attaque de type Shahed, il n’y a même pas besoin d’une grosse charge explosive, 500 gr d’équivalent TNT, avec explosion de proximité suffirait à le rendre 100% efficace, et ce produit coûte 20 000 euros avec un tas de senseurs qui pourraient êtres supprimés dans le cas d’un drone jetable, et de fait le rendre beaucoup plus abordable.
    Je parle du ST70, (pour exemple), mais il y a nettement moins cher parmis nos constructeurs.

    • A à Aa ah as ha dit :

      Ce drone anti-drones a un support facile à déposer.

    • Relisez-vous SVP dit :

      Facile À.
      2 mitrailleuses de calibreS différents.
      Etc.
      Divers supports supportanT.
      LE type ST70 […] peut.
      500 g […] suffiraiENt.
      ParmI.

    • SIU dit :

      Le Système international d’unités a, on ne le répétera jamais assez, valeur légale en France.

      Or, dans le SIU, le symbole du gramme est g (minuscule), pas « gr ».

      500 g d’équivalent TNT.

  2. Rogger dit :

    bonjour. bon des roquettes guidée ou autre système dois etre d’un prix intéressant et surtout etre efficace un minimum .. ( plus de 56% d’efficacité) .
    Reste qu’il y avez des canon anti-aérienne en service et qu’ils reste toujour efficace en messure de dernier recours …( surtout elle peuvent etre employés en appuis et antichar) … nous devons développer des moyen de protection peux onéreuse…
    importante de le dire…

    • Relisez-vous SVP dit :

      Des roquettes guidéeS (…) doiVENt Être (…) et surtout Être efficaceS.
      Il y avAIT des canonS antiaérienS.
      Ils resteNT toujourS efficaceS.
      En meSure.
      ILS peuvent Être employés en appuI.
      Des moyenS de protection peU onéreuX.
      ImportanT de le dire.

    • Marine dit :

      Il sort d’où, ce « 56% » ? C’est un chiffre au pif, ou bien ça veut dire quelque-chose de concret ?

      • dolgan dit :

        Cela doit correspondre au test de la baguette mark1 commandée en masse par les UK avant de la tester. D ou léger scandale quand la faible efficacité a été constatée.

  3. tschok dit :

    Le truc est assez impressionnant :
    – Tiré d’un tube
    – Intégrable dans un système multicouche
    – Propulsé par un turbojet
    – Charge militaire à fragmentation
    – Guidage radar actif bande X

    Pourquoi c’est impressionnant ? Parce que :
    – Développé en 6 semaines
    – Promesse d’une enveloppe low-cost = 1%-2% du coût d’un missile classique, ou à parité du prix de la cible à détruire, typiquement un Shahed.

    En quoi c’est inhabituel par rapport à d’autres solutions ? Le guidage terminal par radar. Normalement, ce n’est pas une solution low-cost.

    Il va être livré en mai dans le Golfe. A suivre.

    Pour traquer Cambridge Aerospace sur les rézos, ne pas la confondre avec :
    – Cambridge Aerospace Corporation
    – Sky Hammer

    Hommes-clés :
    – Steven Barrett
    – Chris Sylvan (cofondateur)

    Steven Barrett est un prof d’université, c’est la tête pensante. Classique.

    Chris Sylvan a un profile plus atypique, business : https://grokipedia.com/page/chris_sylvan