La DGA lance le partenariat d’innovation ELISA pour doter les armées de drones de défense aérienne

Ces derniers temps, il est fait grand cas des drones de défense aérienne étant donné qu’ils permettraient d’intercepter des munitions téléopérées [MTO], comme le Shahed iranien, pour un coût modique et éviteraient ainsi de puiser dans les stocks de missiles air-air et surface-air comme c’est trop souvent le cas actuellement. Plusieurs entreprises françaises se sont positionnées sur ce créneau, non sans succès d’ailleurs, comme Asterodyne, Harmattan AI ou encore Alta Ares.

Pour la Direction générale de l’armement [DGA], l’enjeu est de trouver le drone de défense aérienne susceptible de répondre aux besoins exprimés par les forces françaises. Besoins qui, au passage, peuvent être différents au regard des milieux [ou des environnements] dans lesquels elles interviennent. D’où le partenariat d’innovation ELISA [pour Équipement léger d’interception de systèmes autonomes] qu’elle vient de lancer, grâce à une enveloppe de 18,7 millions d’euros.

Pour rappel, défini par l’article L. 2172-3 du Code de la commande publique, un partenariat d’innovation se déroule généralement selon trois étapes. La première consiste à attribuer des contrats de recherche et de développement [R&D] aux industriels qui se sont portés candidats. Les solutions les moins performantes sont éliminées. Celles retenues pour la seconde phase, dite de développement, sont de nouveau mises en concurrence. Enfin, celle qui aura affiché les meilleures performances fera ensuite l’objet d’une commande [phase 3]. Pour rappel, en 2023, la DGA a choisi cette procédure pour le programme « FLPT » [Frappe longue portée terrestre], lequel vise à développer une solution souveraine pour la succession du Lance-roquettes unitaire [LRU].

Le partenariat d’innovation ELISA part du constat que les «matériels de défense contre les drones» mis en œuvre par les forces françaises «ne répondent que partiellement aux menaces actuelles et futures, aussi bien en quantité qu’en coût».

Aussi, souligne la DGA, il s’agit, via cette procédure, «de développer et d’industrialiser des drones aériens intercepteurs de nouvelle génération, capables de contrer les menaces actuelles et futures de type drones ou munitions téléopérées autonomes, et pouvant être mis en œuvre sans moyens lourds».

La DGA compte réunir un maximum de huit industriels pour la première phase d’ELISA. Ils auront à proposer des «systèmes de drones intercepteurs de drones, neutralisant leur cible par percussion ou par charge pyrotechnique embarquée». Ces systèmes devront être en mesure de détruire des appareils «de plus de 100 kg, volant à une vitesse maximum de 600 km/h».

Enfin, précise la DGA, la «quantité visée pour la production des drones est de l’ordre de 1 000 unités pour l’ensemble des partenaires et sur la durée du partenariat». Les candidats éventuels ont jusqu’au 7 mai pour se manifester.

À noter que plusieurs types de drones intercepteurs ont déjà fait l’objet d’évaluations au sein des forces françaises. C’est notamment le cas du Destinus Hornet et du GOBI d’Harmattan AI, ces deux modèles étant actuellement entre les mains du 54e Régiment d’Artillerie, l’unité référence de l’armée de Terre en matière de capacités antiaériennes.

Photo : Alta Ares

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32 contributions

  1. Yvon dit :

    Il serait sans doute intéressant d’élargir ce partenariat aux ukrainiens qui disposent en la matière d’un authentique savoir-faire et, qui plus est, « combat proven ».

    • UE dit :

      @Yvon. Il se feront un plaisir de vous vendre leur matériel à la place de vos fournisseurs…
      https://www.defensenews.com/global/europe/2026/04/10/ukrainian-drone-makers-visit-paris-looking-for-co-production-deals/

      • Vortex dit :

        Sauf qu’avec les Ukrainiens, on parle coproduction …
        Gagnant-gagnant en somme.
        A l’image des dronistes français qui se trouvent déjà en Ukraine.
        Il s’agit surtout pour Kiev de sécuriser son approvisionnement en drones.
        C’est pas le tout de fournir un lien mon brave @UE, encore faut-il le lire et le comprendre.
        Oui, je sais, votre francophobie l’emporte… Vous êtes 3 ou 4 comme ça sur ce site.

        • UE dit :

          @Vortex. C’est curieux comme les coproductions peuvent vous satisfaire dès le moment où il ne s’agit pas de certains partenaires… Votre souverainisme absolutiste nous a habitué à autre chose..

          • Vortex dit :

            Si on co-produit avec une usine chez nous, ce qui serait le cas, mon souverainisme est protégé…
            Donc oui, satisfait, puisque ça rapporte à mon pays.
            C’est curieux que la compréhension de choses, pourtant très simples, vous soit totalement inaccessible. Vos limites sûrement ?

  2. Myshl dit :

    Pourquoi un maximum de huit industriels?
    Pour ne pas trop encombrer le bureau du fonctionnaire qui devra bosser?
    Pourquoi que « industriels »?
    Parce qu’il faut obligatoirement être « installé », et surtout « solide » financièrement pour oser espérer susciter l’intérêt des commissaires-comptables de la DGA?
    Pourquoi toujours obéir servilement aux règles de cet infect code de la commande publique?
    Code trop largement vérolé de règles supranationales tueuses de notre souveraineté.

    Le truc doit accueillir des bébé-entreprises, pas que des industriels installés.
    Sans quoi, ce n’est pas une démarche d’innovation, rien de neuf…
    C’est de l’inceste, de l’entre-soi,
    de la consanguinité institutionnelle.

    Si la DGA est infoutue de concrétiser que « innover » c’est faire du neuf,
    alors De Gaulle a bien eu raison de la créer, la DGA,
    mais il nous faut un autre visionnaire pour l’euthanasier.

    La DGA, jadis le jardin des inventeurs, es ouvriers, techniciens et ingénieurs,
    la DGA est devenue une institution pilotée par, asservie aux commissaires-comptables,
    ceux à qui l’UE a donné tout pouvoir d’empêcher… TOUT.

    • Olivier dit :

      Prozaczopixan? Ça peut vous aider…

      Pourquoi limiter à 8? Parce qu’il faut nécessairement avoir des critères de pré-selection, c’est un marché, pas un concours de talents d’une école primaire.

      Solide et établi? Il va falloir cracher des drones, les maintenir, les faire évoluer et potentiellement pouvoir augmenter très rapidement la cadence en cas de besoin… donc oui ça ne se fait pas dans le garage de papa et maman.

      Depuis quand Harmattan ou Alta Ares sont des industriels installés???

      Et cette démarche est justement assez loin de l’esprit des marchés publiques français, on se rapproche plus des méthodes US (mise en compétition par étape avec financements intermédiaires).

      C’est un texte préparé à l’avance et vous cherchiez un post pour le copier/coller? Pourquoi pas, mais la prochaine fois assurez-vous de la cohérence de vos propos par rapport à l’article.

      • dolgan dit :

        Il n est pas question de solide ou d établi. toute entreprise peut candidater.

      • Agora dit :

        Les places sont publiques mais les marchés sont publics.

      • Baratinovitch dit :

        Vous faites beaucoup d’honneur à Mikhaïl en lui répondant de façon si détaillée.

    • HMX dit :

      @Myshl
      Je vous trouve un peu dur. La DGA fait justement preuve d’ouverture et de beaucoup de souplesse sur cette procédure particulière, destinée à promouvoir l’innovation. Toutes les sociétés, start up ou grand groupe, peuvent participer. Il y aura donc potentiellement plusieurs dizaines de prétendants. Une évaluation technico-économique préalable permettra de sélectionner au maximum 8 candidats, parmi les projets les plus crédibles et prometteurs. Ceux-ci se verront attribuer des contrats pour financer leur recherche et développement (phase 1), puis le développement proprement dit (phase 2), avec à la clé une commande en bonne et due forme (phase 3).

      Très franchement, j’applaudis cette approche. C’est comme cela qu’on fera émerger des solutions, potentiellement innovantes (c’est le but affiché), et qu’on soutiendra nos industriels, y compris des industriels émergents. On peut bien sûr trouver que 8 projets financés ce n’est pas assez, que 10 ou 20 ou 50 cela aurait été mieux (et plus cher), mais tout de même, sur ce coup, on peut se permettre de voir le verre à moitié plein.

      Pour ma part, j’ai hâte de connaître les solutions proposées par les 8 candidats qui seront retenus.

      • Baratinovitch dit :

        Da, Mikhaïl est « un peu dur ». C’est dans sa description de poste.

    • Vins dit :

      J’aimerais bien connaître les références sur lesquelles vous vous fondez pour apporter un jugement aussi « ferme ».
      Sinon pas besoin d’ennemi avec vous….

    • Van de Walle dit :

      Charles de Gaulle.
      Alors de Gaulle a bien eu raison.

    • Bureau des pleurs dit :

      Rendez-vous lundi dès 8 h.
      Vous verrez, nous avons touché un nouveau lot de mouchoirs, parfum « bar-tabac du temps où on pouvait fumer », vous nous en direz des nouvelles.

  3. Alfred dit :

    Elisa, Elisa,
    Sauve moi le coup
    Elisa, Elisa,
    Invente moi des drones…

  4. benoit dit :

    Oui j’ai retenu d’une interview d’un spécialiste qu’il faudrait surtout une zone de tests libre où tout soit autorisé brouilleur fibre il faudrait un polygone de tirs et essais permanent sans avoir besoin de 2 ans de requêtes administratives où tout le monde pourrait venir jouer sur simple demande, une zone de non droits, une zone de simulation de la guerre des drones.

    Cette zone devrait permettre les assauts contre matériels et personnels terrestre aérien et marin…

    ce serait plus concret que des salades de cerveaux

  5. h d dit :

    youpi. je « like » tout sauf le couplet UE supranational tout ça. oui il faut que la DGA se « décarcasse ». exemple des mica air air sur tigre et autres roquettes guidées laser 70mm, Thalès de préférence, en plus de la conduite de tir hyper précise canon 20mm, c’est chouette. mais bon des drones anti drones sans attendre ce serait parfait non?

  6. Minou danois dit :

    HS concernant ceci. »Et v’lan passe moi l’éponge 10 avril 2026 à 18:29
    Bizarrement ces fameux hélicoptères deux fois plus puissant, ne sont jamais cités dans la protection du ciel d’Israel. » On peut critiquer les opérations actuelles israéliennes au Liban, sans pour autant dir des âneries… Cela fait près de 10 ans que les Israeliens utilisent leurs AH-64 contre des drones comme le Shaed… Alors vous pouvez toujours faire le fier à bras parce que vous avez déployé 4 Tigre aux EAU il y a quelques jours… Alors que les EAU et le Qatar utilisent eux aussi leurs AH-64 depuis le début de ce conflit et ont un sacré tableau de chasse ( et une perte de AH-64 pour le Qatar, tir beaucoup trop proche semble t’il.. ). Vous n’êtes au final que des suiveurs..

    • Vortex dit :

      Tu as besoin d’etre reconnu mon chaton ?
      De t’affirmer ?

    • Vortex dit :

      Mais j’y pense, petit HS mais restant sur ton sujet mon Minou, à destination d’un autre francophobe, @Charles III, qui répondait à un de mes coms, affirmant que les 2 Wildcat britanniques acheminé à Chypre y étaient le 06/03.
      Les hélicoptères Wilcat ont été aérotransportés à Akrotiri par un C-17 de la RAF, au départ de Yeaovilton, qui a assuré deux aller/retour, le 06/03 pour le premier et le 07/03 pour le second. Le temps d’être reconditionnés, les deux hélicoptères ont été déclarés opérationnels le 12/03, et ont pu commencer leurs opérations.
      Le 12… Nous sommes donc bien plus proches de la mi-mars…
      Amitiés mon copain !
      (PS : avec quelques mots clés, tu devrais arriver à vérifier mes affirmations sur ton moteur de recherches…)

    • Le "T apostrophe" prolifère insidieusement dit :

      Semble-t-il.

      C’est avec deux traits d’union et sans apostrophe qu’on utilise le « t » euphonique.

  7. Minou danois dit :

    HS encore toujours pour le même. « ET v’lan passe moi l’éponge 10 avril 2026 à 18:47.Concernant le canon du Tigre, des contacts très avancés ont eut lieu pour équiper le RAH 66 Comanche, qui aurait pu amener à l’équiper si le programme avait été à son terme. » Encore faux. Arrêtez votre intoxication… Le canon était le XM301 de 20mm développé par General Dynamics.. Général Dynamics avait sélectionné GIAT pour développé et construire la tourelle. Jamais il n’a été question de la tourelle et canon du Tigre..

  8. Carin dit :

    C’est une bonne idée, chaque entreprise sélectionnée (8), va se décarcasser pour sortir une perle, qui devra être légère, mise en œuvre en quelques dizaines de secondes, avec un support d’envol sur véhicule, pour y placer 1/2/3 de ces engins en mode surveillance des approches, pour qu’ils interviennent tout de suite, permettant ainsi aux gars de mettre d’autres drones en l’air, sans pression.
    Je crois très moyen aux drones percuteurs, du fait que la proie risque de chuter au sol, avec sa charge militaire assez destructrice. Je préfère ceux qui les explosent en l’air, les débris sont beaucoup moins dangereux. Surtout que les
    « percuteurs » ne peuvent être employés en ville, ou au dessus d’habitations, pour la raison nommé supra.
    En gros pour les petits drones de reconnaissance, les percuteurs font le boulot, mais pour les munitions rôdeuses ou les gros drones bourrés d’explosif, il faut les dégommer en altitude.

  9. Magic38 dit :

    Tant qu’ils gaspillent pas de l’argent dans des concepts farfelus comme avec Zapata

  10. hdo dit :

    il s’agit de motiver quelques entreprises en France alors que les drones anti-drones d’attaque existent déjà en Ukraine, avec un mini-radar embarqué à 400€..
    le défi est de faire aussi bien et un peu plus cher, en espérant une qualité un peu « plus militaire »