Un prototype du drone de combat collaboratif YFQ-42A «Dark Merlin» s’est écrasé en Californie

Retenu par l’US Air Force au titre du programme CCA [Combat Collaborative Aircraft], General Atomics Aeronautical Systems [GA-ASI] vient de connaître un coup dur après qu’un prototype du drone YFQ-42A «Dark Merlin» s’est écrasé dans le désert de Californie, le 6 avril. Cet accident l’a contraint à suspendre temporairement son programme d’essais en vol par mesure de précaution. Il ne reprendra que «lorsque les conditions seront jugées appropriées”.

Plus précisément, ce prototype a eu une défaillance après avoir décollé de l’aérodrome de Gray Butte, qui, situé près de Palmdale [Californie] appartient à GA-ASI.

Pour le moment, les causes de cet incident restent à préciser. «À ce stade, il serait prématuré de spéculer sur les circonstance», a souligné l’industriel, via un communiqué. «Comme pour tout programme, nous suivons une procédure d’enquête rigoureuse afin de comprendre précisément ce qui s’est passé. Notre priorité actuelle est de recueillir des données et de tirer les leçons de cet événement», a-t-il ajouté.

L’appareil qui s’est écrasé était «l’un des nombreux drones YFQ-42A représentatifs de la production» qui «volent régulièrement» à des fins d’essais, a encore expliqué GA-ASI.

«La sécurité est notre priorité absolue, tant pour nos employés que pour le public. Dans ce cas précis, les procédures et les mesures de sécurité établies ont fonctionné comme prévu et il n’y a eu aucun blessé», a résumé C. Mark Brinkley, un porte-parole de l’entreprise. «Nous allons examiner attentivement les circonstances de l’incident, recueillir toutes les données et laisser l’enquête orienter nos futures décisions», a-t-il insisté.
Dérivé du démonstrateur XQ-67A OBSS, le YFQ-42A «Dark Merlin» a effectué son vol inaugural le 27 août 2025. «Grâce à une ingénierie numérique de pointe basée sur la modélisation, nous avons pu accélérer son développement tout en optimisant ses capacités de supériorité aérienne», explique GA-ASI.

Les caractéristiques du YFQ-42 n’ont pas encore été précisées. Mais elles doivent être proches de celles du YFQ-44A «Fury» qui, conçu par Anduril, est l’autre modèle de drone de combat collaboratif sélectionné par l’US Air Force au titre du programme CCA. Doté d’un turboréacteur Williams FJ44-4M et affichant une masse d’environ 2,3 tonnes, cet appareil peut voler à 15 000 mètres d’altitude en emportant deux missiles air-air AIM-120 AMRAAM.

L’accident de cet YFQ-42A est survenu alors que l’US Air Force pourrait attribuer un contrat de production durant l’été prochain. Outre GA-ASI et Anduril, il pourrait revenir à Northrop Grumman, dont le YFQ-48A a été retenu en décembre dernier.

Photo : YFQ-42A « Dark Merkin » – General Atomics

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16 contributions

  1. jean luc dit :

    ce genre d#accident peut toujours arriver, surtout dans la phase de développement, il faut analyser les causes du problème , cela fait partie du jeu

    • Une civilisation entière va mourir ce soir dit :

      Merci de nous apporter vos lumières… nous sommes tous des ânes bâtés…

      • Pascal, (l'autre) dit :

        Si ce drone avait été de conception allemande jamis il ne se serait crashé voyons! Remerçions Jean Luc de nous instruire pôôvres et minables Français que nous sommes!

  2. Popotier dit :

    Anduril étant cul et chemise avec l’administration américain actuelle, je serais étonné que le contrat leur glisse des mains

    • G dit :

      Peut-être pas au point d’évincer complètement un produit a priori correct, proposé par le spécialiste mondial du domaine -et puis il est encore tôt pour juger des qualités respectives de ces engins ; surtout pour le Fury acquis par Anduril, qui part de loin.

      De plus on se dit que l’un des intérêts de ces programmes de CCA est que l’on peut plus aisément donner leur chance à plusieurs engins, pas totalement équivalents et amenés à trouver au fil du temps leurs cas d’usage respectifs.

      • Philippe dit :

        @G. »De plus on se dit que l’un des intérêts de ces programmes de CCA est que l’on peut plus aisément donner leur chance à plusieurs engins, pas totalement équivalents et amenés à trouver au fil du temps leurs cas d’usage respectifs. ». C’est très probablement le scénario qui se dessine. Achats chez au moins 2 fournisseurs, modularité des charges/système adaptés à certaines missions, evolutivite etc

        • G dit :

          Et la masse. Plusieurs modèles financés, ce sont autant de chaînes d’approvisionnement -si possible indépendantes, avec idéalement moins de goulets d’étranglement ou de composants critiques.

    • Philippe dit :

      @Popotier. Il est possible que plusieurs CCA soient retenus dans la première phase. Rien ne dit que seul un constructeur obtiendra le tout..

    • Fabien Tremm dit :

      Andurill a aussi eu la qualité de développer des offres moins avancées, mais moins chères également.
      Et ce genre de contrat va probablement voir le retour des avions spécialisés. Des drones équipés pour un type de mission ou 2, mais fini le mutlirôle et ses contraintes. Cela permet de retrouver de la simplicité et du volume.

  3. blue screen of the death dit :

    «Nous allons examiner attentivement les circonstances de l’incident, recueillir toutes les données et laisser l’enquête orienter nos futures décisions», a-t-il insisté.

    « et laisser l’enquête orienter nos futures décisions » :
    ça, ça veut exactement dire qu’ils attendent les conclusions de ChatGepetto5 🙂

    je vous propose de reconnaître dans la communication suivante ce qui a été généré par la langue de bois(LDB) et ce qui est de l’apport de l’IA :
    « «La sécurité est notre priorité absolue((LDB), tant pour nos employés que pour le public(IA). Dans ce cas précis, les procédures et les mesures de sécurité établies ont fonctionné comme prévu(LDB) et il n’y a eu aucun blessé(IA)» 😀
    la question qui se pose est de changer ou pas le nom du produit ?
    GFY42A (IA)
    YFQ-42.1A (LBD)

    • config.sys dit :

      En tenant compte de l’évolution incrémentale qui suit la fâcheuse expérience, on pourrait s’attendre à une version GFY2B3 par l’IA. Avec un empennage en polyamide et en retirant trois apex dans la colonne, ça pourrait passer avec 20G dans chaque aileron.

  4. momo dit :

    Il sera toujours intéressant de connaitre les causes du crash mais cela n’a rien d’extraordinaire dans un programme pareil.
    Le point qui compte c’est qu’il n’y ait eu aucun dégât humain ce qui serait extrêmement mal venu, encore bien plus mal qu’avec un engin piloté.
    D’abord vis à vis du public qui pourrait vite douter de la réalité des mesures de sécurisation du fait de l’absence de pilote à bord et en faire très vite une question majeure.
    Et par extension pour tous les programmes similaires en Occident qui verraient monter d’un cran au moins les exigences de sécurité, ce qui serait inévitable dans ces circonstances.
    Jusqu’à présent il n’y a pas eu de problèmes humains du fait de ce type de drones, comme des autres du genre MALE (*), celui qui commencera à en avoir aura beaucoup de mal à s’en sortir.

    (*): la punition des nuisibles par leur dieu GBU étant un solution, pas un problème.

  5. albert dit :

    C’est un proto, il y a toujours un risque quand on cherche les limites ou quand on met au point un appareil nouveau. Perdre un proto ca ne me choque pas plus que ça. C’est triste quand il y a des hommes à bord (comme pour le crash de l’A400M) mais sinon ça fait parti des risques liés au développement.

    • EchoDelta dit :

      Le crash de l’A400M n’aurait jamais du se produire au stade ou en était le programme. C’est une erreur majeure de la programmation et de conception des FADEC des moteurs fait ou « piloté » par MTU.

  6. Rogger dit :

    bon pas simple l’histoire… pour atteindre les réactions d’un pilote humain. ils faut une programmation tres important… le plus difficile dans un Drone de combats reste le développement d’une IA de haut niveau. Que ce soit dans ses aptitudes au combats ou à réglé des problèmes non programmés …
    Personnellement je crois que les efforts sur le sujets reste a faire…

  7. Iouno 1er, Kotus dit :

    Écoutez, c’est très simple. Nous avons les meilleurs drones. Les plus beaux. Ils sont magnifiques. Celui-ci ? C’était un test. Un test très complexe que personne d’autre que moi ne pourrait comprendre. Il ne s’est pas « écrasé », il a simplement décidé d’inspecter le sol californien de très, très près. Très rapidement.

    Les médias disent que c’est un échec. Fake News ! C’était une descente spéciale, très patriotique. Si j’avais piloté ce drone, croyez-moi, il aurait atterri sur une pièce de dix cents. Mais nous allons le réparer, et il sera encore plus grand, encore plus fort. On va construire des drones si performants que même les oiseaux demanderont des autographes.

    C’est une honte ce qu’ils font là-bas, mais ne vous inquiétez pas, on s’en occupe. On gagne toujours à la fin ! »