L’armée de Terre est en quête de 21 systèmes embarqués d’enfouissement de mines antichars

En mars 2024, la Direction générale de l’armement [DGA] avait émis une demande d’informations auprès de l’industrie au titre du programme «contre-mobilité future». Plus précisément, celle-ci portait sur le renouvellement des capacités de minage antichar à pose manuelle, via l’acquisition de «mines antichar à faible empreinte technologique, de mines antichars dites de nouvelle génération combinant plusieurs capteurs et de mines antichars dispersables avec leurs vecteurs associés».
«Face à un adversaire de premier rang doté d’une force blindée et agissant sur un front élargi, la contre-mobilité constitue, à moindre coût, une capacité primordiale pour compléter les appuis feux, équilibrer le rapport de forces et préserver le potentiel de combat des unités amies», avait alors expliqué la DGA.
Pour l’armée de Terre, la contre-mobilité est une priorité.
«Les lignes de tranchées, les champs de mines et les fortifications ont fait leur réapparition lors de la guerre en Ukraine, tout en étant adaptés aux nouvelles menaces et aux technologies modernes. [Aussi,] les opérations de contre-mobilité sont redevenues des enjeux majeurs pour ralentir, canaliser ou fixer l’adversaire, tout en protégeant nos propres forces», avait en effet soutenu le général Bruno Baratz, le chef du Commandement du combat futur [CCF] de l’armée de Terre, dans un numéro de «Soldats de France».
En novembre dernier, un avis de marché portant sur la fourniture de 60 000 mines antichars dotées chacune d’un charge principale minimale de 6 kg équivalent TNT fut publié. Il était également question d’acquérir 40 000 mines antichars «à pression inerte de manipulation maximum».
Le programme «contre-mobilité future» est sur le point de connaître un nouveau développement avec l’acquisition de «kits d’aide à l’enfouissement de mines» [KAEM] et de «prestations associées», via un appel d’offres publié par la DGA le 3 avril.
Dans le détail, un KAEM repose sur un système d’enfouissement de mines comprenant une tarière pour «permettre à l’enginiste de réaliser des fonds de fouilles au profit d’un binôme de pose, pour plusieurs types de sol» et d’un système de stockage et de transport de 100 mines antichars.
Ce module d’aide à l’enfouissement sera mis en œuvre par des «engins d’aménagement du terrain en dotation dans l’armée de Terre» grâce à un dispositif d’adaptation mécanique, hydraulique et/ou électrique.
«Le KAEM doit permettre l’emport d’un stock tampon de mines et leur mise en place dans une grande variété de sols, non modelables par des fouilles manuelles», est-il précisé dans le texte de cet appel d’offres, lequel prévoit l’acquisition de vingt-et-un exemplaires maximum.
Quant aux «prestations associées», elles portent sur «la formation d’expérimentateurs étatiques [a priori, ceux de la Section technique de l’armée de Terre], la primo formation des utilisateurs, la primo formation des maintenanciers, la fourniture de la documentation technique et le soutien.
Les éventuels candidats devront, entre autres, démontrer qu’ils sont en mesure de fournir un «système embarqué d’enfouissement des mines d’une profondeur et d’un diamètres de quarante centimètres» en moins de dix mois. Ils ont jusqu’au 18 mai prochain pour remettre leurs propositions pour ce marché, dont la valeur n’a pas été précisée.
Photo : Pose de mines antichars par des sapeurs – 31e Régiment du Génie/armée de Terre





En 1985 , nous avions des enfuisseurs de mines pour des HPDF2 et 40 ans plus tard , nous sommes en train de revoir ce problème de mobilité pour les forces terrestres. Nous avions également des distributeurs de mines anti chars à partir de camion TRM2000. Ce matériel du génie était très efficace pour l’enfouissement ou la pose de lignes de contre mobilité. Que du temps perdu….
Au risque de radoter, ce genre de mission passablement risquée et exposée doit désormais échoir à des engins robotisés. La valeur ajoutée d’un équipage humain est faible pour ce type de mission, alors que le risque est inutilement élevé. Des engins terrestres poseurs de mines dronisés pourront enfouir des mines jour et nuit (sous réserve de pouvoir les ravitailler) et leur perte éventuelle au combat ne sera pas un drame, car ils seront facilement remplaçables.
La fonction minage et déminage est appelée à évoluer en profondeur dans un avenir proche. L’avenir, ce sont des essaims de drones aériens dédiés à la reconnaissance d’itinéraire et à la cartographie des champs de mines. ces drones utiliseront des capteurs variés : imagerie thermique, multipectrale/hyperspectrale, LIDAR, magnétomètre, radar à pénétration de sol (GPR). Chaque drone embarquera un type de capteur, l’ensemble étant géré par une IA qui pourra ainsi établir en quelques minutes la cartographie d’un champ de mines. Les mines pourront alors être détruites par tout moyen adéquat : lancement simultané de drones kamikazes sur la position des mines, ou dépose d’explosif par drone sur la position des mines, tir d’artillerie, etc…
L’intervention de ces essaims spécialisés va ainsi révolutionner le déminage : là où il aurait fallu des jours entiers pour déminer laborieusement un passage, mètre par mètre, il deviendra possible d’accélérer très sensiblement le tempo des opérations de déminage, le tout sans avoir à exposer des opérateurs humains.
En lieu et place de leurs capteurs spécifiques, on peut également supposer que ces mêmes drones pourraient tout aussi bien être équipés de mines antichars, qu’il déposeraient à des emplacements et selon un schéma prédéfini. Cela existe déjà en Ukraine, mais pas (du moins pas encore..) sous la forme d’essaims coordonnés. Le gain en termes opérationnels serait là aussi très important, avec la possibilité de miner « à la volée » au plus proche de l’ennemi, voire sur ses arrières. Chose impossible avec les techniques de minage « traditionnel ».
Enfin, s’agissant des techniques de minage, on aurait tout intérêt à imaginer des drones mines, ou mines volantes : ces engin seraient conçus pour aller se poser de façon coordonnée sur une zone d’intérêt, par exemple près d’une route, rester en veille pendant une longue durée (plusieurs semaines ?) , décoller pour attaquer en cas de détection d’une cible, et le cas échéant se déplacer par leurs propres moyens sur un autre site si on leur en donne l’instruction. Cela permettrait d’établir des champs de mines mobiles et particulièrement létaux sur les arrières des forces adverses, une zone minée la veille pouvant très bien s’être « déplacée » pendant la nuit, créant des incertitudes importantes…
@SESINI : Sauf erreur de ma part, le génie a utilisé le Minotaur AC F1 de 1990 à 2010, non ? Cela ferait donc 16 ans sans solution et non 40.
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Par ailleurs, la prise de conscience de la dangerosité des mines « oubliées » après les conflits n’a pas dû aider à pérenniser les solutions existantes.
Les russes en Ukraine ne s’embarrassent pas face aux risques (drones, artilleries) de faire des trous…
les mines sont directement balancer au sol depuis l’arrière d’un camion plateau
dans la réalité, face aux dangers, faut s’adapter…
Il n y a que les fous qui prendront les russes comme modèles militaires.
Qui peut le plus peut le moins…
Les mines sont directement balancées.
on va ressortir l’enfouisseur de mine MANETIN!!
Ben oui, la technologie n a pas vraiment évoluée. Cela reste une tranchée à creuser et reboucher. Du matos civil de pose de drain ou autre sera adapté à la pose de mines.
La technologie n’a pas vraiment évolué.
La suite c’est le retour aux mines anti-personnel, tous les moyens sont bons pour freiner l’ennemi.
La description est très, très vague … Bon courage aux industriels ! On comprend cependant qu’il ne s’agit pas de présenter un véhicule adapté (notion de kit adaptable). On cherche du bas prix … L’ enfouisseur MATENIN fonctionnait très bien, il était relativement simple, et emportait 600 mines. Les «engins d’aménagement du terrain en dotation dans l’armée de Terre» sont aujourd’hui bien légers pour emporter un tel kit ( EGAME ..).
Un cahier des charges gouvernemental est autrement plus détaillé qu’un article d’information (ceci dit sans vouloir faire injure à Laurent LAGNEAN… QueJeSalutAuPassage;) ).
Et pourquoi pas des drones « taupes »??
parce qu’on a déjà les chiens augmentés à l’IA du Chat, qui ont proposé de les enterrer avec leurs merdes, en échange d’un bon repas par jour, et d’une petite compagnie de chiennes ,parce que changement d’herbage réjouit les veaux à crocs…
(comme certains ici ils n’ont pas de surmoi !)
« Mais trois nuits par semaine c’est sa peau contre ma peau et je suis avec elle » ouaf ouaf ! 🙂
https://www.youtube.com/watch?v=Ong24ahWXFY
Hé, ho ! Il y a déjà assez des golfeurs pour nous ▪mm▪rd▪r.
Des drones équipés de détecteurs de mine et de quoi les extraire/détruire (j’y connais rien) ?
bonjour. bon les systèmes sont multiples et simple d’emplois. cela vas du véhicule spécifique du génie au simple attelage derrière un camions standard…
les deux système sonr acceptable et complètementaire …
D’ailleurs qui peux le plus , ne dois pas se privé de systèmes simple..
Reste que les mine antichar sont de type différent. a attaque ventrale. de chenilles ou horizontal… Nous devons développer des systèmes a attaque vertical…
Reste que les forces aériennes pourraient être équipée de mine AC pouvant être dispersés depuis un avion cargos type A400M… la chute fournissant l’enfouissement de selle-ci …
Bien sur . nous devons envisager des munitions a coûte financiers réduits…
( Caisse en bois . charge explosifs. Cône de verre et détonateur chimique)
Les systèmes (…) simpleS d’emploI.
Cela vA.
Un camioN.
Les deux sonT acceptableS et complémentaireS.
Qui peuT.
Ne doiT pas se privER.
De systèmes simpleS.
Les mineS anticharS sont de typeS différentS.
À attaque ventrale, de chenilles ou horizontalE.
Systèmes À attaque verticalE.
Les forces aériennes pourraient être équipéES.
De mineS AC pouvant être disperséES.
Un avion cargO.
De Celle-ci.
Bien sÛr.
À coûT financieR réduiT. / À coûtS financiers réduits.
Charge explosiVE.
Le système MATENIN, enfouissait des mines mais ne gardait aucune trace des lieux.
Le nouveau système que l’armée de terre veut, devra cartographier au cm près le lieux d’enfouissement, pour pouvoir déminer sans problème après les hostilités.
Des émetteurs qui se déclencheraient automatiquement à la réception d’une certaine émission ? Il faudrait qu’elle puisse traverser, à coup sûr, des dizaines de cm de terre ? Oui c’est probablement débile, mais bon…
Ca coûte moins cher d’acheter un drone pour taper un blindé.
L’enfouissage mecanique des mines n’a d’interet réel que si le resultat final n’est pas trop aisément repérable. Dans le cas contraire des mines apparentes a dispositif anti relevage feraient tout aussi bien l’affaire.(Ça choque les oreilles, mais c’est la vérité en termes d’efficacité et de rapidité de mise en oeuvre) De toutes façons, il faut déjà que le declencheur, le sol et/ou la vegetation s’y prêtent. On pourrait aussi changer la forme des mines pour reduire le diametre diametre de l’outil de forage, la puissance necessaire et le volume de deblais. Dans les sols meubles, le foncage de mines à corps cylindro ogival et armement retardé serait rapide et relativement discret en terme de resultat final. Quant à le faire par gravite depuis un avion ou un helico…..