La France et le Royaume-Uni lancent une étude sur un missile air-air à longue portée de nouvelle génération

En juillet dernier, lors de la visite d’État effectuée par le président Macron à Londres, la France et le Royaume-Uni firent part de leur intention de lancer une «entente industrielle» en matière de défense, en s’appuyant notamment sur le concept «One MBDA», issu d’un accord intergouvernemental conclu en 2015 pour renforcer, rationaliser et pérenniser leur coopération dans le domaine des missiles.
La déclaration conjointe publiée à cette occasion insista sur la nécessité de lancer la phase de développement du programme FMAN/FMC [Futur missile antinavire/Futur missile de croisière], récemment renommé «Stratus» par MBDA, d’acquérir de nouveaux missiles SCALP/Storm Shadow afin de «renforcer les stocks nationaux» et de mener conjointement un programme portant sur la «prochaine génération de missiles air-air à longue portée» tout en améliorant les «capacités du METEOR».
Depuis, aucune annonce sur une acquisition conjointe de SCALP/Storm Shadow n’a été faite tant par Paris que par Londres. Alors ministre des Armées, l’actuel chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a seulement indiqué que la production de ce type de missile allait reprendre en 2025, «quinze ans après notre dernière commande».
Quant au programme Stratus, lors de la conférence de presse annuelle de son groupe, Éric Béranger, le PDG de MBDA, a assuré que le lancement de sa phase de développement était «imminent».
Pour l’instant, seul le projet de missile air-air à longue portée de type BVRAM [Beyond Visual Range Missile] vient de connaître une avancée.
En effet, le 1er avril, la Defense Equipment & Support [DE&S], une agence du ministère britannique de la Défense [MoD] a fait savoir que le Royaume-Uni et la France ont signé un protocole d’accord en vue de mener une «étude conjointe sur le développement d’un successeur au missile METEOR, l’une des armes air-air à longue portée les plus avancées du monde».
Devant durer douze mois, cette étude s’attachera à évaluer les menaces futures et à développer de nouveaux concepts de missiles «capables de relever les défis de la guerre aérienne dans les décennies à venir». À cette fin, elle examinera les technologies susceptibles d’être utilisées et élaborera une «feuille de route» pour son développement.
En outre, Londres et Paris vont créer un «nouveau bureau conjoint de gestion du portefeuille d’armements complexes» afin de coordonner ce programme de missile BVRAM de nouvelle génération. Il s’agit également de garantir, explique la DE&S, une «meilleure adéquation entre les priorités de défense nationale» et d’ouvrir des «perspectives de coopération avec d’autres pays».
Pour rappel, le METEOR a été développé dans le cadre d’un partenariat entre six pays, à savoir la France, le Royaume-Uni, l’Italie, la Suède, l’Allemagne et l’Espagne.
Le ministère des Armées n’a pas encore commenté la signature de ce protocole d’accord.
Cela étant, Luke Pollard, le ministre britannique délégué aux achats et à l’industrie de défense, a salué une «avancée significative dans la mise en œuvre de nos engagements pris dans le cadre de Lancaster House 2.0» qui «témoigne de la solidité du partenariat de défense franco-britannique». Et d’ajouter : «Nous renforçons les capacités de l’Otan et la sécurité européenne en travaillant avec la France sur la prochaine génération de missiles air-air. C’est exactement le type d’étroite collaboration qui est nécessaire pour dissuader nos adversaires dans cette nouvelle ère de menaces».
Photo : Tir de missile METEOR par un Rafale Marine





En attendant l’avancement de ces études, on se dit (peut-être à tort ?) qu’un allongement à la marge de la portée du Meteor devrait être possible en allongeant le corps de 15 ou 20 cm au niveau du réservoir stato ; cela remettrait-il en question toute sa qualification et son intégration en externe ?
Sinon, il est décidément surprenant que le programme Stratus n’ait pas bénéficié d’un gros, gros coup d’accélérateur depuis 2022 : les carences en missiles antinavire et SEAD étaient déjà patentes.
Vraisemblablement sur Eurofighter.
Le Meteor a été dimensionné pour entrer dans un emport contraint sous fuselage de l’Eurofighter
Vers un NGF Franco-Anglois… ^^
C’est un peu hors sujet mais ce serait bien qu’on en profite aussi pour localiser la production du missile anglais/italien CAMM ER en France pour en embarquer 3 par silo Sylver, ce qui a plus d’intérêt qu’un seul Aster 15. A cause de la rigidité du Sylver, les frégates françaises vont être extrêmement déclassées en nombre de missiles au cours de la prochaine décennie par presque toutes les marines comparables.
Il y a une tendance mondiale à l’augmentation du nombre de missiles dans les navires pendant que nous on reste bloqués à 16, 32 ou 48…..
Le CAMM est moins cher et plus rapide à produire que l’Aster 15 et les deux remplissent le même rôle, dans le contexte actuel de saturation par les drones, c’est vital. Ca n’a plus de sens de continuer avec l’Aster 15, même si sa portée va bientôt être doublée ça reste un missile cher, encombrant. Même si in fine la solution à la lutte anti-drones n’est pas les missiles mais on attendant on a rien de mieux.
Avec le nouveau lanceur Sylver capable d’accueillir 3 CAMM ER par silo, on pourrait doubler le nombre de missiles dans nos frégates tout en gardant 16 Aster 30 B1 NT pour les missiles ballistiques.
Faut se résoudre à acheter étranger quand ça fait sens !! Et encore, MBDA est en partie français donc c’est pas la mort non plus.
De façon générale le lanceur Sylver, autrefois à la pointe, est techniquement à la ramasse aujourd’hui face au Mark 41 et les nouveaux lanceur verticaux chinois, coréens ou turques. Idéalement on mettrait du Sylver A70 partout et on pourrait y mettre un peu tout ce qu’on veut : CAMM, Aster 15/30, MdCN… comme le Mark 41. La rigidité opérationnelle du Sylver nuit à l’exportation de nos frégates.
Les lanceurs turcs, les lanceuses turques, les lancements des Turcs.
La famille CAMM est déjà produite en Italie, Pologne, Royaume Uni, donc je doute qu’une ligne de plus soit intelligente.
Relocaliser plus de Aster produits en France (pour l’Italie et le Royaume Uni) et les CAMM produits sur place serait plus économique et intéressant. Optimiser la production apporte des contrats à tous. Un peu de logique.
Oui mais la France a des impératifs de souveraineté que n’ont pas forcément les autres. Déjà qu’on rechigne en général à acheter aux autres, on n’acceptera pas que notre puissance navale dépende du bon vouloir des autres.
Donc si on doit acheter des missiles étrangers, on fera toujours en sorte d’en produire au moins une partie en France (pas nécessairement tout).
Mais dans tous les cas le Sylver doit évoluer et vite et il nous faut des missiles cold launch à moindre coût qu’on peut panacher dans les lanceurs, CAMM ou pas. Ni VL Mica ni Mistral ne sont adaptés.
La famille CAMM est déjà produite en Italie, Pologne, Royaume Uni, donc je doute qu’une ligne de plus soit intelligente. Relocaliser plus de Aster produits en France (pour l’Italie et le Royaume Uni) et les CAMM produits sur place serait plus économique et intéressant. Optimiser la production apporte des contrats à tous. Un peu de logique.
Il paraît évident, que les autres protagonistes du Meteor vont se joindre à l’amélioration, et l’extension de la portée de ce missile.
Rien d’autre ne peut être modifié, ( peut-être le diamètre), tant ce Meteor frise la perfection.
Quoi qu’il en soit, les 2 nations ne vont pas rester seules bien longtemps.
Il y a des évolutions proposées au Meteor. Indra a développé une nouvelle liaison des données améliorées.
Par contre, un missile air-air à ultra-longue portée pour toucher les AEW&C, les ravitailleurs a un intérêt réel.
Si le but est de créer un concurrent au Meteor, alors la France et le Royaume Uni auront offert une belle voie libre aux AIM-120D / AIM-260. Et des pays qui ont développé le Meteor, seule l’Allemagne semble vouloir créer de réels stocks.
Il y a des évolutions proposées au Meteor. Indra a développé une nouvelle liaison des données améliorées.
Par contre, un missile air-air à ultra-longue portée pour toucher les AEW&C, les ravitailleurs a un intérêt réel. Si le but est de créer un concurrent au Meteor, alors la France et le Royaume Uni auront offert une belle voie libre aux AIM-120D / AIM-260. Et des pays qui ont développé le Meteor, seule l’Allemagne semble vouloir créer de réels stocks.
Super nouvelle, et rassuré de voir que les accords de Lancaster House vivent encore malgré Trinity House.
Je me posais justement la question du successeur du Meteor, puisque entre le Sea-Spear de Rafael, l’AIM-260 qui succède au déjà excellent AIM-120D, le PL-15E qui a surpris tout le monde et le très impressionnant futur PL-17, la compétition est rude et le meteor commence à prendre un coup de vieux.
On voit aussi que le ramjet n’a pas vraiment la côte chez les autres fabricants, pas même chez Vympel (Russie) qui maîtrise la techno (en principe) depuis longtemps. …Si quelqu’un connaît la raison je suis preneur.
Il n’a pas vraiment la cote : il n’est pas bien coté.
Il n’a pas vraiment la côte : faut-il qu’il prévoit un débarquement côtier pour la tenir fermement ?
en France et au Ru, on a déja une expertise sur les migrants à grande portée
Hors sujet et ridicule comme commentaire.
Un peu d’intelligence ne nuit jamais.
Bonne nouvelle.
Il est bienvenu que le Meteor progresse (ou qu’il ait un successeur meilleur encore), car partout on perçoit que des missiles Air-Air à très longue portée sont développés, en Chine, en Russie, aux US.
En Chine, il y a déjà des missiles annoncés comme ayant une allonde de 300km, et il y aurait des projets pour atteindre les 600km.
.
En parallèle, la portée des radars ne cesse de s’allonger.
Donc il est logique que nous fassions évoluer l’excellent Meteor en conséquence, pour qu’il reste au sommet de la pyramide (car sinon, c’est une question d’années pour qu’il commence à en glisser doucement).
..
En tous les cas, dans 10 à 20 ans, il faudra prévoir de faire intervenir nos A330 MRTT, et autres gros avions, que très très loin de la ligne de front …
D’où l’intérêt pour les gros drones ravitailleurs du type MQ-25 Stingray (ou de sa version jumboïsée proposée à l’USAF)
MBDA est de fait une holding, sauf en ce qui concerne la France et la GB où les filiales sont étroitement intégrées.
L’étude entre les deux pays d’un missile BVRAM se situe donc sous une bonne augure.
Souhaitons simplement que le développement suive rapidement la phase d’étude.
Sous un bon augure.
Filiales intégrées? Tout dépend des projets.
L’Italie et le Royaume uni semblent avoir plus de projets en commun.
Très bonne nouvelle. Le METEOR est un excellent missile, mais il est désormais largement dépassé en portée par les dernières productions chinoises (PL 15 et surtout PL17, 400km de portée) ainsi que par le R37M russe qui atteint et dépasse lui aussi les 400km de portée. La Chine travaillerait d’ailleurs sur un PL-XX dont la portée serait « doublée », soit environ 800km.
Il était donc temps de lancer le programme d’un successeur au Meteor. Au vu de ce qui précède, il serait même pertinent de décliner le futur missile en deux versions :
– une version « standard » d’environ 400 cm de longueur (pour rentrer si possible dans les soutes ventrales des chasseurs modernes, notamment F35) dont la portée devra atteindre les 400km, qui constitue visiblement la nouvelle « norme » pour les missiles air-air à longue portée,
– une version « très longue portée » allongée ou agrandie (longueur 600cm environ), avec une portée de l’ordre de 800km, pour rester « dans la course », au meilleur niveau de la concurrence internationale.
idée à creuser : pourquoi pas imaginer une version « cargo », capable de parcourir environ 200 à 300km, puis d’éjecter 4 missiles MICA une fois à la distance souhaitée ? un tel missile cargo aurait ainsi la capacité de saturer les éventuels systèmes de défense des cibles de haute valeur (AWACS), augmentant la probabilité de coup au but, mais aussi la capacité de détruire simultanément plusieurs appareils adverses à très longue distance.
Je comprends pas bien l’intérêt d’un missile de 800 km de porté, même déjà au-delà de 500
La cible potentielle, si informée du tir, à tout le temps pour s’éloigner, se cacher du relief, se mettre à l’abri, voir même se poser puis redécoller
Pour ne pas laisser trop de temps à la cible, il faudrait que le missile file au-delà de mach 5 sur toute la distance…
ce qui est loin d’être évident…
Plutôt compliqué pour certains multiplicateurs de forces de haute valeur, AEW&C et ravitailleurs (auxquels ces armes seront a priori réservées) qui
1) ont du mal à esquiver,
2) sont très rares et
3) dont la simple dérobade est déjà une victoire puisqu’elle laisse démunis les avions de combat adverses.
Pour espérer toucher une cible à ces portées, il faut en effet que celle-ci soit désigné par un capteur autre que celui de l’avion tireur (par exemple un AWACS, un drone, un navire, des satellites, une batterie SAM, etc…). L’information fournie par ce capteur déporté est transmise au missile via une liaison de données, permettant de « rafraîchir » les données de tir pendant le vol. C’est ce qu’on appelle une « kill chain ».
Pendant toute la durée de son vol (qui dure plusieurs minutes) le missile n’a pas besoin d’allumer son autodirecteur puisque c’est la liaison de données qui le guide. C’est seulement dans les toutes dernières secondes du vol qu’il va activer son autodirecteur pour trouver sa cible. Cette dernière a donc de fortes probabilités d’être surprise, et de ne pas pouvoir s’échapper ou manÅ“uvrer, surtout s’il s’agit d’une cible « lente » et peu manoeuvrante, type AWACS ou ravitailleur.
Un genre de Longshot aérobalistique, très bonne idée.
On parle là d’un très gros engin, embarqué à 2 maximum par Rafale ; ou bien 4 par A321MPA, pour « enfoncer la porte », effectuer des raids d’attrition à très longue distance ou disloquer par les flancs le dispositif adverse.
Un missile cargo serait en effet une munition longue et volumineuse, d’environ 1300/1500kg pour une longueur supérieure à 5 mètres : à peu près les dimensions d’un SCALP-EG. Un Rafale pourrait en effet en emporter une paire. Une arme à très haute valeur ajoutée, à condition de disposer d’un moyen de désignation de cible à très longue distance (drone furtif, satellite, radar au sol…).
Un « strike » de 4 Rafale ainsi configuré serait donc capable de tirer 32 MICA (simultanément ou pas) et d’engager des cibles à près de 400km, en restant capable d’engager ensuite le combat à plus courte distance : de quoi « faire le ménage » et causer une sacré pagaille dans un dispositif aérien adverse…
@HMX. « idée à creuser : pourquoi pas imaginer une version « cargo », capable de parcourir environ 200 à 300km, puis d’éjecter 4 missiles MICA une fois à la distance souhaitée ? » Creuser vite alors.. l’idée est déjà prise depuis un moment et les essais devraient débuter tout prochainement.. »https://www.twz.com/news-features/x-68a-longshot-air-to-air-missile-carrying-drone-moves-closer-to-f-15-launch »…
Les fabricants sont astucieux. Ce n’est plus la peine de se remuer les méninges.
Chaque nouveau produit est de nouvelle génération, quel que soit ce qu’on entend par là .
En plus, ils facilitent le travail des futurs ingénieurs & historiens, qui étudieront ou se réfèreront simplement au produit de nouvelle génération…
Surtout, ils sont aimables avec les acheteurs potentiels qui pourraient vouloir acheter un produit neuf ancien, en faisant semblant d’avoir tout en rayon, comme du mirage III ou du Soukhoï Su-2.
vos discours me rappelle les papiers sur les super armes du pacte de varsovie dont on a vu que c’était du flan
Il est plus que certain que les grandes puissances préparent ACTIVEMENT la guerre aérienne « hyper stand-off » ou « ultra-long range » puisque, effectivement, la Chine s’est lancée dans une mise en standard opérationnelle accélérée du PL-17 (Code OTAN Auger) de 375 à 400 km de portée maximale en tir en cloche, envisahe le PL-XX à 700 km+ et que l’Inde emboîte le pas avec le GANDIVA (ex ASTRA 3) donné pour 350 km à haute altitude – voir https://defence.in/threads/astra-mk3-gandiva-bvraam-getting-ready-for-development-trials-with-drdos-gan-based-aesa-seeker.14916/
1 > Maintenant, cette option technique AA 400 km+, qui vient d’une volonté tactique évidente de « frappe première » à distance de sécurité, comme ce qui a conduit à la conception de l’anti-radar NG AARGM-ER, BUTE sur la capacité de DÉSIGNATION des cibles potentielles, surtout face à des appareils furtifs qui restent très très discrets à plus de 50 km de distance sur la plupart des fréquences des radars AWACS, qui ne sont ni VHF, ni UHF.
2 > C’est pour cela que la plupart des nations avancées, en premier lieu bien entendu les USA, envisagent de « shifter » leurs moyens de traque d’avions hostiles de l’AWACS, qui ne peut dépasser les 400 km de rayon radar et moins de 50 sur les ultra-furtifs, qui reste gêné par la courbure du globe, VERS des satellites à télescopes infrarouges (genre successeur des SBIRS) basse-altitude avec détecteurs CCD mosaïque à très haute sensibilité.
3 > D’où probablement l’excès d’enthousiaste de Pete Hegseth sur l’arrêt des commandes de E-7 Wedgetail qui connaissent d’énormes dérives de coût et l’idée saugrenue de les remplacer par des E2-D « terrestres »…..après les rapports de la DARPA sur le sujet.
4 > Maintenant, pour les autres nations moins équipées que les USA, il faudra bien à un moment donné pratiquer ce « saut capacitaire »de mise en place de constellations IR 170 km à rehausse d’orbite permanente si elles veulent rester en mesure de pratiquer la Dominance Supériorité à longue distance. Le seul point positif est que la France maîtrise une partie de la technologie SCRAMJET (AS4NG) et très bien le RAMJET classique qui seront OBLIGATOIREMENT nécessaires pour garantir à ces missiles « hyper stand-off » des distances d’interception de 400 km+, au vu des besoins en impulsion spécifique élevée.
@ONERESQUE
Bien d’accord. Concevoir un « gros missile » air-air ne constitue que la partie émergée de l’iceberg. Le plus important, c’est de développer la « kill chain » qui va avec, pour pouvoir désigner à très longue distance des cibles à ces missiles. Cela passe potentiellement par des drones furtifs type UCAV, qui pourront approcher au plus près de l’adversaire sans être détectés. Mais comme vous l’indiquez, l’étape suivante et l’avenir de l’alerte avancée passe par les constellations de satellites de détection aérienne.
Les USA travaillent activement sur leur future constellation AMTI (Air Moving Target Indication) en orbite basse, destinée à détecter et suivre les aéronefs en vol. Des prototypes sont déjà en orbite, et la constellation doit être mise en service opérationnel en 2030. Les satellites mettront en Å“uvre à la fois des radars SAR (détection du mouvement via effet Doppler), et des capteurs infrarouges persistants (Next-Gen OPIR ou SBIRS). Les données recueillies (radar+ IR) seront fusionnées, analysées et transmises en temps réel par liaison haut débit vers des « shooters » (avions, navires, systèmes au sol…) ou des centres de commandement. L’objectif affiché est un « sensor-to-shooter » direct. Le système envisagé permet une couverture large, persistante et résiliente, contrairement à un seul avion AWACS qui a une portée limitée, et s’avère désormais très vulnérable. La combinaison radar + IR doit permettre de détecter tous les aéronefs, même furtifs. Les chinois ne sont pas en reste, et développent leur propre constellation même s’ils communiquent moins que les USA.
Il faut réaliser ce que cela signifie : avec une constellation suffisamment fournie, les USA et les chinois seront très prochainement (2030/2035) en capacité de détecter, en temps réel, absolument tout ce qui vole sur la planète. Partout, H24/24. Un vieux rêve (ou un cauchemar, c’est selon !) sur le point de se réaliser. Et ils se dotent en parallèle de missiles à très longue portée pour exploiter au mieux cette capacité totalement inédite.
On peut du reste supposer que ces constellations capables de détecter et suivre un avion furtif au milieu du Pacifique seront également en capacité de détecter des cibles terrestres et navales (même si ce ne sera pas leur fonction première), et pourraient également trouver des applications intéressantes en matière de lutte contre les missiles balistiques et hypersoniques. Ce n’est pas juste un saut capacitaire, c’est un changement de paradigme.
Côté européen et français, il est très inquiétant de constater que c’est le silence le plus total, alors qu’on parle d’une capacité réellement révolutionnaire et différenciante. La récente annulation du programme E-7 collectif OTAN, suite à la sortie des USA de ce programme (et pour cause…) pourrait et devrait sonner l’alerte. A quoi bon continuer à acheter des E7 ou des Saab GlobalEye, même accompagnés d’éventuels drones, à l’heure où les USA et la Chine ont déjà franchi l’étape suivante qui surclasse tous les concepts d’AWACS en service ? On perd notre temps et notre argent… Il nous faut une constellation de satellites de détection aérienne, et ce n’est pas dans 10 ans qu’il faudra songer à lancer des études. Le sujet est d’une importance stratégique majeure. Un programme européen serait (pour une fois !) pleinement justifié pour rattraper notre retard et ne pas nous laisser distancer.
Mais qu’est-ce-qui se passerait si la constellation venait à être détruite par un missile ennemi avec en prime impossibilité de renvoyer rapidement de nouveaux satellites sur l’orbite d’origine à cause des nombreux débris de satellites? Les US sans nouvel AWACS se trouveraient à poil face à leurs adversaires en ayant conservés. Comme souvent dans l’histoire de l’armement l’idéal ce serait d’avoir les deux. Ca m’étonne que les US s’en rendent pas compte au point de vouloir sacrifier l’E-7. Mais c’est vrai que c’est plus le même prix non plus…
Eeeehhh oui, absolument et c’est d’autant plus grave que ni les USA, ni la Chine ne pourront se permettre de commencer à dégommer du satellite de constellation sans déclencher l’irréparable : le Syndrome de Kessler, vulgarisé par Clooney dans GRAVITY….. s’assurant ainsi une redoutable impunité mutuelle.
Vu le nombre de radars aéroportés que construisent les chinois, je ne pense pas qu’ils comptent trop sur les satellites… pour eux comme pour les américains.
Une guerre dans l’espace ou un syndrome de Kessler rendant l’orbite basse inutilisable seraient relativement avantageux pour la Chine ou la Russie face aux autres puissances, en premier lieu les États-Unis.
Autre idée pour aider au guidage des armes à très longue portée et/ou créer une kill-chain à longue distance éphémère (mais j’ignore avec mes maigres connaissances si elle est techniquement réaliste) : celle d’un illuminateur radar à usage unique, une sorte de missile dont la charge serait remplacée par un très puissant émetteur à très courte durée de vie et qui serait tiré loin en avant des forces et de la portée de leurs propres radars.
Un peu l’équivalent du flash jetable ou de la fusée éclairante, mais pour une fréquence radar bien précise, et qui permettrait l’espace de quelques secondes de faire l’inventaire des objets en l’air à 300 ou 400 km de distance en l’absence d’awacs – voire encore au delà ?
Ce pourrait être moins cher et plus survivable qu’une constellation de satellites prise pour cible dès t0… sous réserve que ce soit possible bien sûr.
Ce qu’ont « bricolé » les États-Unis avec l’AIM-174 en intégrant tout simplement leur excellent SM-6 sous F/A-18 est une idée absolument géniale.
En très peu de temps, les voilà avec un missile véritablement multidomaine et sans doute hypersonique, capable d’interdiction totale terre/air/mer à 400km…
Dommage que l’architecture de l’Aster ne se prête pas à une telle prouesse.
@HMX. « idée à creuser : pourquoi pas imaginer une version « cargo », capable de parcourir environ 200 à 300km, puis d’éjecter 4 missiles MICA une fois à la distance souhaitée ? » Creuser vite alors.. l’idée est déjà prise depuis un moment et les essais devraient débuter tout prochainement.. »https://www.twz.com/news-features/x-68a-longshot-air-to-air-missile-carrying-drone-moves-closer-to-f-15-launch »…
@NORAD
Merci pour le partage.
Le Longshot se rapproche en effet du concept que j’évoque. J’imagine quelque chose d’approchant, mais à la « sauce MBDA » : motorisation et liaison de données du Stratus RS avec une cellule modifiée pour intégrer, en lieu et place de la charge explosive, une coiffe largable et un système permettant l’éjection et le lancement de 4 MICA. Le système serait exclusivement consommable, pas de récupération possible.
Le Longshot est il me semble consommable lui aussi, il serait « tiré » comme l’AMRAAM qu’il emporte, de manière transparente. L’idée est de doter les missiles existants d’un premier étage pas trop cher et relativement furtif (départ moins détectable à l’infrarouge qu’un AIM-174 par exemple).
Le météor est un excellent missile, dommage qu’il ne soit pas encore en développement pour une version plus moderne . l’Allemagne as fait une nouvelle commande en 2025
Cela va devenir très compliqué pour les avions pilotés, entre les missiles sol air à très longue portée (S400 et 500 russes, SM6 us ..) et les missiles air-air dont la portée dépasse également les 400km. La question de la balance entre avions de combat, très sophistiqués et très coûteux et l’équipement en masse de missiles Sol-sol et sol-air ou drones à longue portée, peut être posée.
Absolument.
Mais plus on met d’argent dans les munitions, moins les avions chargés de les tirer seront sexy…
On peut (et on doit !) faire bien des reproches aux décideurs politiques, mais la sociologie des forces armées n’en est pas exempte.
Quelle part d’artilleurs, de logisticiens, d’anciens du génie ou de la sous-marinade parmi les officiers d’état-major, comparée à celle des ex-pilotes de chasse ?
Il y a un lien ou pas ?, car depuis que la navy s’est fait dechirer par un exocet aux Malouines, le RU est tres cooperatif avec la France question développement de missile…
Pour beaucoup, critiquer c’est leur principale occupation ! C’est des frustrés?
Information complémentaire la portée du METEOR est de + De 200 Km !
Donc vous ne connaissez pas la portée max réel ! Et vous la connaissez pas, sauf les personnes habilitées !
Pourquoi les grandes puissances se préparent-elles à la guerre entre elles, alors qu’il est infiniment plus simple d’aller guerroyer contre un pays africain ou amériquain du sud ?
Encore une coopération foutu d’avance….