La Marine nationale va garder au moins un avion de guet aérien E-2C Hawkeye jusqu’en 2032

Actuellement engagé dans la mission La Fayette 26, dont le programme a été bouleversé par la situation au Proche et Moyen-Orient, le porte-avions Charles de Gaulle entamera son troisième et dernier arrêt technique majeur [ATM] en 2027. Ce qui fait qu’il restera immobilisé pendant au moins dix-mois.
Cette opération lourde, qui permettra au navire amiral de la Marine nationale de rester opérationnel jusqu’en 2038, visera notamment à le doter du radar à quatre panneaux fixes SeaFire de Thales et du système de gestion du combat SETIS 3.0. En principe, il devrait être en mesure d’accueillir le nouvel avion de guet aérien E-2D Advanced Hawkeye, dont trois exemplaires ont été commandés auprès du groupe américain Northrop Grumman pour remplacer les E-2C Hawkeye de la Flottille 4F.
Selon Mer & Marine, l’objectif de la Marine nationale est que ces nouveaux appareils soient opérationnels dès que l’ATM du porte-avions Charles de Gaulle sera achevé. Ce qui suppose que les E-2D Advanced Hawkeye lui soient remis entre 2027 et 2028, comme le prévoit le tableau capacitaire mis en annexe de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30. En conséquence, il est question de retirer les trois E-2C Hawkeye avant 2030.
Pour rappel, pouvant être ravitaillé en vol, contrairement à son prédécesseur, l’E-2D Advanced Hawkeye est équipé d’un radar à balayage mécanique et électronique AN/APY-9 capable de suivre simultanément, à 360°, un grand nombre de pistes, qu’elles soient aériennes ou navale. Il est doté d’un système de mesure de soutien électronique [MSE] AN/ALQ-217, d’un dispositif IFF [identification amis/ennemis] et de la Liaison 16. La version française sera équipée d’un calculateur multifonction de la gamme MLS Gateway, développé par Eviden.
Cela étant, les E-2C Hawkeye pourraient bien rester en service après 2030. En tout cas, c’est ce qu’a suggéré la Marine nationale, ce 1er avril [et ce n’est pas un «poisson d’avril»].
Ainsi, le 11 mars, le «pacha» du Charles de Gaulle, le capitaine de vaisseau Thomas Puga, a «catapulté» l’E-2C Hawkeye FR3, celui-ci devant alors rejoindre l’Atelier industriel de l’aéronautique [AIA] de Cuers-Pierrefeu pour son ultime «grande visite».
«Cette opération de maintenance majeure, qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2027, permettra à l’appareil de prolonger sa carrière opérationnelle, son retrait du service actif n’étant envisagé qu’à l’horizon 2032», a expliqué la Marine nationale. Et d’ajouter : «Cet événement s’inscrit dans une phase de transition importante pour […] l’Aéronautique navale, qui prépare l’arrivée de la nouvelle génération d’avion de guet aérien embarqué, l’E-2D Hawkeye» dont «l’intégration renforcera significativement les capacités du groupe aérien embarqué [GAé]».
Il est probable que les deux E-2C Hawkeye reçus par la 4F en 1998 et en 1999 soient effectivement retirés du service avant 2030. En revanche, le maintien de l’appareil le plus récent [livré en 2004] jusqu’en 2032 permettrait à la Marine nationale de disposer de quatre avions de guet aérien pendant quelque temps.
Photo : Marine nationale





Sans surprise.
Nous n’avons déjà pas assez de Hawkeye avec une flottille de 3 appareils seulement.
A bord du PA Ng FL il est possible d’en embarquer en permanence 3 voire 4 exemplaires (pour tenter de tangenter la capacité de veille aérienne Hawkeye 24/24 7/7).
Si un ou qques E-2C peuvent encore voler, en même temps que les E-2D nouvellement reçus, cela pourrait alors compléter les capacités de veille aérienne,
ou bien, ils pourraient servir à la formation des pilotes de Hawkeye (sans entamer le potentiel des E-2D),
ou bien, une fois délestés de leurs lourds équipements (antenne, consoles, etc), ils pourraient aussi servir pour la logistique, un peu comme un Greyhound plus mince … (juste des hypothèses de ma part).
Tout cela est peu probable.
3 ou 4 E2C posent d’énormes problèmes de place à bord. Autre difficulté, la ressource humaine, tant pour les techniciens que pour les équipages est limitée et très difficile à recruter et à conserver.
Même débarrassé des consoles en tranche tactique, l’espace est pour le moins limité dans un E2C et la porte d’accès est très étroite. En faire un avion cargo serait un non sens opérationnel et économique.
@Insider
Pas du tout d’accord avec vous.
>Sur le PA Ng FL, il y a aura clairement la place pour 3 ou 4 Hawkeye – 17.000m² de pont plat contre 12.000m² sur PA CDG … pistes incluses … et le ratio sera du même ordre en hangar, donc 3 ou 4 Hawkeye passeraient sans problème à bord du futur PA.
>pour le rôle de formation des E-2C, je ne vois pas non plus le problème … et au delà d’éviter de taper dans le potentiel des E-2D, cela pourrait justement aider à améliorer la formation et donc à garnir les équipages plus facilement.
>pour la logistique (qui pourrait être en parallèle du rôle de Formation !.. s’il s’agit d’optimiser …), je n’ai pas parlé d’y faire entrer 1 moteur M88 en entier.
Il y a bien d’autrres pièces, équipements, marchandises, … voire personnes, qui peuvent trouver un intérêt à être véhiculés assez vite et d’assez loin, par un tel Hawkeye allégé, directement à bord du PA …
Le Carrier Onboard Delivery, ce n’est pas QUE pour les gros moteurs d’avions.
Par ailleurs, peut-être qu’une porte d’accès plus large peut-être envisagée ??? (je sais qu’il y a des bcp de contraintes sur un tel avion embarqué, mais ce n’est pas forcément impossible).
Rire !!!!!
Il vous faut un vaste appartement en attique ou un radar volant ?
Pour mémoire : Récemment en MEDOR, le Charles avait à son bord 3 E-2C. Un au hangar et 2 sur le pont.
La transformation d’un ou deux dépouillés de leurs électroniques en transport logistique serait pas stupide
Voir le commentaire d’Insider ci-dessus…
Voilà !
Et puis au fil de l’eau pour être confortable, 02 E-2D en plus de ceux commandés pour l’éventualité d’en avoir 03 simultanément « en mer ».
Vu la pénurie générale et visiblement durable en matière d’AEW&C (en France, aux USA et plus généralement en Europe) et l’âge de nos propres AWACS, peut-être vaudrait-il mieux continuer d’investir dans nos trois E-2C pour les exploiter le plus longtemps possible, en attendant les GlobalEye et autres drones AEW…
Quitte à les baser à terre pour les ménager au maximum bien sûr, ce sera toujours 500 ou 600 kms de côtes qui seront mieux surveillés, à (relativement) peu de frais.
Dans le Système international d’unités (qui a valeur légale en France), les symboles des unités de mesure sont invariables.
Un kilomètre : 1 km ; deux kilomètres : 2 km.
500 ou 600 km de côtes.
Mersi.
Passer à l’E-2D nous fera du bien.
https://opexnews.fr/e2d-hawkeye-ravitaillement-rafale-mrtt-a400m/
à conserver à terre, ils peuvent toujours servir
depuis la france
Oui.
Ce sont 2 avions différents… (il n’y a pas que la rotonde qui change… la motorisation, et même le cockpit).
Je suis pas sûr du tout que les US continuent à fournir les pièces détachées du E2-C, du fait que l’US NAVY passe au E2-D.
Mais si c’est le cas, effectivement cet E2-C pourrait finir ses jours en survolant le territoire en cas de grosse manif type JO, où nos approches maritime.
Encore faut-il avoir le pognon pour entretenir l’animal.
Parce qu’un 4eme E2D sera commandé ultérieurement, et peut-être un 5eme.
Je NE suis pas.
OU nos approches maritimeS.
Un 4E.
Un 5E.
Espérons que d’ici là , la colère de Donald contre nous lui aura passé…..
La dépendance de la France envers les USA en matière de guet aérien n’est guère rassurante au vu de la géopolitique américaine.
Et que dire de la dépendance en matière de catapultes électromagnétiques ?
On verra ; peut-être que c’est Trump qui nous forcera à remplacer 1 Pang par 3 Stobar + des SNA ?
Poutine ne serait pas content du tout, mais bon, c’est *son* président américain après tout…
sur le principe, vous avez raison. Mais d’un autre coté, avez vous pensé à l’investissement énorme, au temps très long qu’il faudrait pour concevoir et fabriquer 4 appareils et 3 (ou 6 catapultes), sachant que nous sommes en plus les seuls à en avoir besoin
Pas très rentable, il vaut mieux acheter sur étagère (même les US le font sur certains matériels)
Investissement de l’ordre de 1 Ã 2 milliards rien que pour la R&D, puis un nouveau milliard au moins pour l’acquisition.
Pour 3 catapultes, un besoin que nous aurions tous les 30 ans… La belle affaire ! Vous avez raison, pas très rentable.
Par contre, d’autres s’intéressent au CATOBAR avec Emals : Inde, Italie, Espagne… Là il y aurait une piste à creuser, car cela représenterait potentiellement une dizaine ou douzaine de catapultes…
Ou bien faire autrement.
Car qu’on les achète ou qu’on les développe, le coût du pack « catapultes+Hawkeye » est gigantesque, et nous interdit plein d’autres choses beaucoup plus utiles. Face à la menace russe, par exemple.
Les catapultes c’est une chose, mais on ne va pas developper un avion equivalent, proposée à la vente. C’est un nom sens, je pourrais comprendre si les usa étaient notre ennemi mais ce n’est pas le cas.
Quelle différence entre les catapultes et les Hawkeye, qui d’ailleurs servent souvent à se justifer mutuellement ?
Soit on en a besoin et on paye ce qu’il faut, soit c’est trop cher et on fait autrement.
Les alternatives ne manquent pas.
Les cellules sont sans doutes rincées mais les radars devraient être transférés sur des Casa!
@Iniko…..
Les radars rotondes ne sont plus les mêmes, et je doute fort que les US continuent les pièces détachées du modèle E2C. En matériels militaires les pièces continuent tant que le constructeur ou le pays du constructeur le veut bien.
Vu la pénurie annoncée d’AWACS en attendant les E-7 voire les constellations magiques (qui risquent de prendre un gros gros retard juste après l’introduction en bourse, pas de bol), il n’est pas impossible que certains E-2C américains tout juste mis à la retraite ne soient finalement débâchés en vitesse…
Nous ne serions alors pas les seuls intéressés par ces pièces de rechange ; mais bon, les Iraniens ont bien réussi à rafistoler leurs Tomcats pendant plusieurs décennies, alors…
Cela coûterait sans doute plus cher que des GlobalEye tout neufs supplémentaires.
À la rigueur les garder, une fois « totalement rincés » après leur redéploiement définitif à terre, comme radars fixes garés quelque part en altitude, sur le Mont Canigou, accrochés sur la Tour Eiffel ou au sommet d’un pylône sur barge ?
Confirmation de ce que j’écrivais en commentaire pour un autre article :
https://www.leparisien.fr/international/iran/guerre-en-iran-teheran-detruit-deux-avions-americains-ec-130h-en-arabie-saoudite-03-04-2026-6J5ESEWYXRDRDDS7YYPOED6PSM.php
Concernant les catapultes, ne pas oublier que, après notre refus de participer a l’expédition coloniale en Irak, l’équipe US a bord de notre porte-avions et chargée de la maintenance a été rappelée aux USA pendant 3 mois.