La Direction générale de l’armement cherche des mini-drones pouvant effectuer des missions logistiques

En janvier, le pôle d’innovation technique de défense IDEA³ du centre de la Direction générale de l’armement dédié aux techniques aérospatiales [DGA TA] a émis un appel à manifestation d’intérêt [AMI] au sujet d’un «drone cargo» censé être en mesure de transporter des munitions, des vivres, des pièces mécaniques et du matériel médical dans la «zone des 25 km autour du front ou lors d’une opération dans la profondeur». Les industriels intéressés avaient jusqu’au 27 mars pour y répondre.

Est-ce en lien avec cet AMI ? Toujours est-il que, le jour où ce dernier est arrivé à échéance, la Direction générale de l’armement a publié un appel d’offres d’une valeur maximale de 250 millions d’euros pour se procurer des micro ou des mini-drones de moins de 150 kilogrammes et ayant une capacité d’emport pouvant aller jusqu’à 20 kilogrammes.

Ces appareils «pourront être destinés à des opérations de reconnaissance à courte portée [inférieure à 50 km], des opérations de largage ou logistiques», précise cet appel d’offres.

Ce dernier indique que les prestations attendues comprennent non seulement la livraison de «systèmes de drones prêts à l’emploi» mais aussi la fourniture de pièces de rechange ainsi que de la documentation «sous format numérique» et des prestations de formation.

En outre, la DGA impose des mesures pour «garantir la qualité» des drones qu’elle entend acquérir. Ainsi, les candidats potentiels devront apporter la preuve qu’ils ont la capacité de fabriquer et de livrer 500 micro-drones [d’une masse inférieure à 2,5 kilogrammes] ou 50 mini-drones [masse comprise entre 2,5 et 150 kilogrammes] en douze mois maximum. Et il est impératif que les contrôleurs de vol et que les cartes électroniques soient conçus et produits au sein de l’Union européenne [ou de l’Espace économique européen].

Cependant, au-delà de leur capacité d’emport, inférieure de 30 kilogrammes par rapport celle mentionnée dans l’AMI précédemment publié par IDEA³, cet appel d’offres ne contient pas de détail sur les caractéristiques techniques et les performances que devront avoir ces drones.

Étant donné qu’il seront susceptibles d’être utilisés pour des missions de ravitaillement, on peut toutefois supposer qu’ils auront des fonctionnalités identiques à celles d’un «drone cargo», comme la capacité de décoller d’un plot logistique et d’y revenir tout en étant résilient au brouillage électronique. Et que les coordonnées de leur point de départ comme celle de leur destination ne soient pas récupérables en cas de perte.

Quoi qu’il en soit, on devrait en savoir davantage sur la capacité recherchée par la DGA au moment de la notification de ce marché à l’industriel retenu. Les candidats intéressés ont jusqu’au 27 avril pour se déclarer.

Un modèle qui pourrait éventuellement correspondre au besoin exprimé par la DGA, sous réserve de modifications, est le Hercules 20 de DroneVolt [voir photo ci-dessus]. Déjà mis en œuvre par la Marine nationale, cet appareil peut soulever une charge utile de 15 kilogrammes tout en étant «extrêmement résistant aux chocs dans différents types de conditions de vol».

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18 contributions

  1. Auguste dit :

    En attendant de trouver un fournisseur,on pourrait en parler aux Ukrainiens,qui sont prêts à nous aider.Les Ukrainiens,aussi bien que les Russes,utilisent déjà ces drones pour larguer des mines.

    • Ils volent et leur chef d'escadrille c'est Trubetzkoy BeZZon dit :

      Cit :[ aussi bien que les Russes,utilisent déjà ces drones pour larguer des mines ]

      La livraison de colis aurait du commencer depuis 2024 en Russie mais la possibilité d’une attaque terroriste retarde la mise en Å“uvre .Les technologies sont prêtes et sont d’ailleurs utilisées sur le front . En attendant …
      Que ce soit dans l’air ou au sol .
      Du 1er au 3 avril le salon de la logistique de Saint-Pétersbourg sera en partie consacré aux drones de livraison et aux systèmes automatisés .

    • jean luc dit :

      bonjour, aucune chance, il faut être français question souveraineté nationale, la France achète par chez les autres, alors les autres achètent pas chez nous

      • Roland DESPARTE dit :

        FAUX !

      • Marine dit :

        Mais quand est-ce que vous essaierez d’être un tant soit peu crédible ?

        La France achète une quantité non-négligeable de matériels militaires à l’étranger. Les PC-21 et PC-24 en Suisse, les E-2C et MQ-9 aux USA, les armes légères d’infanterie en Allemagne/Autriche/Belgique, les véhicules terrestres non-blindés qui viennent d’un peu partout, et j’en passe…

        D’ailleurs, puisque vous êtes prompt aux comparaisons avec l’outre-Rhin, la France achète plus de matériel militaire à l’Allemagne que l’Allemagne n’en achète à la France…

  2. Nexterience dit :

    Nommer les choses, c’est avancer.
    micro-drones =d’une masse inférieure à 2,5 kilogrammes
    mini-drones = masse comprise entre 2,5 et 150 kilogrammes

  3. jean luc dit :

    cela est très intéressant pour les troupes aux contacts, c’est un re-texte d’Ukraine .

  4. B.M. dit :

    Pour cela il suffit de s’adresser aux mafieux du narco-trafic qui savent très bien ravitailler leurs collègues en villégiature « zonzon ». Là il y a du savoir à acquérir.

  5. olivier dit :

    Le drone Hercule est un appareil de levage plutôt que de drone cargo (il tient moins de 10 min à 15kg) par contre il est effectivement très utilisé dans le civil.

    Il ne me semble pas qu’il y ait beaucoup d’appareil dans la gamme mini avec une approche cargo en France, donc soit à l’étranger soit il faudrait développer une capacité nationale.

  6. GotoRaptor dit :

    On pourrait pas avoir un drone modulaire polyvalent sur chaque tranche de poids plutôt qu’une drone truc, drone machin et basta ? Cargo, frappe, detection… Peut-être que je me trompe mais J’ai quand même l’impression qu’on arrose des entreprises dans toutes les directions pour des solutions niches aux moyens de production maigres, ce qui perpetue exactement ce qui allait pas jusqu’à maintenant.

    • G dit :

      Lorsque le problème de niche coûte cher, et que les solutions dédiées sont abordables et peu risquées, cela vaut la peine de les empiler.

      L’efficacité et les programmes généralistes multimissions « bien rangés », c’est bien en temps de paix où l’on veut maintenir le savoir-faire malgré une faible demande en volume.

      Mais à partir du moment où l’on veut au contraire bâtir des compétences, innover et retrouver de la masse, de l’adaptabilité et éviter les impasses, arroser le plus d’entreprises possibles (lorsqu’elles ont une vraie solution à offrir) devient justement très important pour développer un écosystème riche et pas limité à 2 ou 3 « gros ».

    • Sempre en Davant dit :

      Mutadis mutandis plus ça change plus c’est pareil ! MdR! Compliments !