DGA EV : L’École du personnel navigant d’essais et de réception veut louer un hélicoptère américain Bell 206

Relevant du centre «Essais en vol» de la Direction générale de l’armement [DGA EV], l’École du personnel navigant d’essais et de réception [EPNER] a acquis une solide réputation au niveau mondial, avec plus de 2 000 pilotes et ingénieurs d’essais, originaires de vingt-quatre pays, formés depuis sa création, il y a maintenant quatre-vingts ans.

Selon le ministère des Armées, l’EPNER met en œuvre un éventail assez large d’aéronefs qu’elle possède en propre : Alphajet, Mirage 2000B, Pilatus PC-7, TBM940, Xingu, SA 341 Gazelle, AS 550 Fennec, SA 365N Dauphin, SA 330 Puma, H225 Super Puma, etc. Ses moyens peuvent être ponctuellement renforcés par ceux de DGA EV. Par exemple, depuis le retrait de son Falcon 20, elle peut ainsi compter sur un Fokker 100 «banc d’essais» habituellement utilisé pour évaluer les futurs systèmes et autres capteurs en cours de développement.

Mais depuis quelque temps, l’EPNER a de plus en plus recours à la location d’aéronefs. En décembre, un contrat a été notifié à Babcock France pour mettre à sa disposition des avions d’entraînement L-39 Albatros [qui pourront aussi être utilisés par DGA EV]. Et cela afin d’organiser des «sessions d’instruction et d’évaluation» en permettant à ses stagiaires «d’analyser les performances et les qualités de vol» de ce type d’avion dans des «conditions opérationnelles réalistes».

Cela étant, comme le souligne le ministère des Armées, l’une des forces de l’EPNER [et qui concourt à sa renommée] est sa capacité d’adapter ses programmes en permanence pour répondre «aux besoins de la communauté internationale des essais en vol». Ce qui exige parfois d’utiliser des aéronefs particuliers.

L’an passé, pour le compte de l’EPNER, le ministère des Armées a publié deux appels d’offres pour louer deux modèles d’hélicoptères : un Robinson R44 II de conception américaine et un H135 T2+, ce dernier devant être utilisé pour l’étude des «qualités de vol d’un hélicoptère à rotor rigide» et du «moteur à régulation numérique».

Un autre type d’aéronef particulier devrait rejoindre l’EPNER dans les mois à venir. En effet, selon un appel d’offres émis le 21 mars par le ministère des Armées, celle-ci veut louer un «hélicoptère à rotor en balancier».

En clair, elle cherche un hélicoptère dont les pales du rotor sont encastrées sur le moyeu, ce dernier étant articulé à l’arbre de transmission. Ainsi, les pales peuvent changer de pas et tourner en sens inverse l’une de l’autre dans un plan vertical.

Selon l’EPNER, un Bell 206 Jet Ranger, produit par l’américain Bell Textron, ferait parfaitement l’affaire. Du moins, c’est le modèle qu’elle entend louer pour pouvoir effectuer annuellement, au maximum, 20 heures de vol, à partir du 1er septembre 2026, dans le cadre d’un marché renouvelable par tacite reconduction pendant cinq ans.

«Cette location intervient au profit des séances d’instruction et d’évaluation de milieu et de fin de stage. Elles permettent aux stagiaires d’étudier les qualités de vol d’un hélicoptère à rotor à balancier», est-il expliqué dans cet appel d’offres. En outre, un tel appareil est «nécessaire» pour «satisfaire aux exigences réglementaires pour la délivrances des brevets et licences d’essais».

Photo : Alain RiouxFDL 1.2

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26 contributions

  1. Rototor dit :

    Il est évident que pour s’en servir seulement 20 heures par an il serait aberrant de l’acheter.

    • Pommes Pont-Neuf dit :

      Non cr l’acheter chez nous, c’est mieux, ça nous crée des emplois et ça fait vivre notre économie.
      En plus, à la longue, vaut mieux acheter que louer.

  2. Patrico dit :

    A mon avis ils feraient mieux d acheter carrément et plutôt européen soit ici italien avec un AW UH-169D ! une merveille d aérodynamique et un bond technologique et capacitaire conséquent ! avec le déblocage des budgets militaire l école ferait sûrement même des économies.
    Merci Thank you merci à vous et à Tous.

    • A à Aa ah as ha dit :

      Merci Patrico.

    • Pommes Pont-Neuf dit :

      NON !! IL FAUT ACHETER FRANCAIS !
      Si nous voulons rester indépendants et avoir des emplois chez nous, on va acheter français, c’est notre argent, ce sont nos emplois, c’est notre indépendance qui sont en jeu, c’est vital.

      • Simlabeng dit :

        C’est votre argent? Combien de milliards vous envoyez à des banques étrangères pour payer QUE les intérêts sur la dettes nationales? Et combien de milliards vous avez payer de plus lorsque les agences de notations ont abaissés la cote de crédit d’une seule note?

    • Grossous dit :

      Vous avez lu l’article ou vous commentez juste le titre ?

      Car ce passage semble avoir échappé à votre sagacité : « pour pouvoir effectuer annuellement, au maximum, 20 heures de vol ».

      À votre avis, qu’est-ce qui coûte le plus cher : acheter 20 heures de vol d’hélico par an à un prestataire ou acheter un hélico pour ne s’en servir au plus que 20 heures par an ?

      • Simlabeng dit :

        Et je crois qu’il n’a pas lu ou compris le paragraphe indiquant qu’ils veulent un hélicoptère avec un rotor spécifique, le rotor en balancier.

  3. Manolo dit :

    Bizarre d’acheter américain, alors qu’Airbus Helicopter existe.

    L’Espagne ne s’y est pas trompé !
    https://opexnews.fr/espagne-commande-100-helicopteres-airbus-4-milliards/

  4. Roland DESPARTE dit :

    J’ai un peu de mal avec ce désir de voler avec un hélicoptère à rotor à balancier… Moins cher à l’achat et à l’entretien (principal atout), avec de bonnes qualités de vol pour un usage récréatif (maniabilité, simplicité), son pilotage exige un pilote vigilant et bien formé. Ce n’est pas le rotor le plus adapté pour les missions militaires, ainsi que l’a démontré la guerre du Vietnam (nombreux accidents dramatiques avec ce type d’hélicoptère). Il existe un risque majeur de « mast bumping » (cognement du mât) lors des vols à faible facteur de charge (G faible ou négatif, typiquement < 0,5-1 G), comme en turbulence forte, descente rapide, manœuvre agressive, virage serré en faible G ou atterrissage sur pente, le rotor peut basculer excessivement et heurter violemment le mât ! Cela provoque des dommages structurels graves (déformation du mât, fissures) et peut mener à une séparation du rotor (accident catastrophique). Ce phénomène est spécifique aux rotors à balancier.
    https://youtu.be/Nw5Cmjul4dw
    Bon, maintenant je comprends que pour former des pilotes et des instructeurs, la DGA a besoin de faire ressentir les effets et les dangers d’un tel hélicoptère ; forcer les pilotes à développer une meilleure technique et une plus grande vigilance, est idéal pour former de bons pilotes.

  5. GLN dit :

    L’EPNER ne possède pas de flotte d’aeronefs en propre mais partage cette dernière avec DGA EV. Par ailleurs, celle-ci ne suffit pas a répondre aux exigences de l’ATO précisant que les stagiaires doivent voler sur au minimum 10 avions et 08 hélicopteres dans les filières respectives.
    Enfin, la location d’un hélicoptère à rotor à balancier permet de répondre à une autre exigence dy syllabus (et Airbus Helicopter n’en fabrique pas).
    Pour renouveler sa flotte, DGA EV a acheté un H160 (suivi d’un autre début 2027).
    NB: plus de gazelle dans le parc.

  6. Sharpei dit :

    Je découvre qu’il existe plusieurs technologies pour les hélicoptères.Est ce qu’un spécialiste peut nous faire un résumé rapide de ces technologies ? Je vous remercie.

    • Roland DESPARTE dit :

      Je ne suis pas un grand spécialiste mais d’après ce que je sais il y a plusieurs types de rotors très techniques, selon les modes de fixation/articulation/flexibilité des pales.
      Le rotor à balancier / semi-rigide : Utilisé depuis les années 1940-1950. Bipale. Techniquement simple = une seule articulation centrale (peu de pièces) = 2 pales fixées rigidement sur un balancier (une monte quand l’autre descend = balancier). Comportement pendulaire et réactivité immédiate du rotor à balancier = ressenti immédiat des effets. Choix économique pour de nombreux hélicoptères légers en service aujourd’hui [Bell 206 JetRanger, Bell 47, Robinson R22/R44, UH-1 Huey,…]. Ne peut transporter des charges lourdes. Supporte mal les turbulences. Risque élevé de mast bumping = Exige une formation bien spécifique.
      Le rotor articulé : 3 charnières articulées par pale. Complexe et onéreux. Lourd en maintenance (nombreuses pièces) mais très souple et fiable. Stable = absorbe bien les irrégularités, avec une faible transmission au mât. Confort élevé. Moins de risque de mast bumping. Réservé aux appareils moyens/lourds ou missions exigeantes (sauvetage, offshore, police) [AS332 Super Puma, UH-60 Black Hawk, CH-47 Chinook, Mi-8/17, AW139, Airbus H125, Leonardo AW109,…].
      Le rotor rigide : Pas de charnière mais flexibilité du pied de pale. Peu d’entretien. Très maniable, pilotage précis, tolérant au centrage, mais vibrations plus fortes en particulier à basse vitesse. Exige des matériaux composites coûteux et un pilotage très précis [BO 105, Eurocopter EC135 / H135 (versions anciennes), certains prototypes,…]. Note : L’hélicoptère Tigre (EC665) est équipé d’un rotor principal de type hingeless (sans charnières flapping/lead-lag), souvent décrit comme un rotor rigide ou plus précisément un rotor hingeless à flexibilité élastique avec roulements élastomères (FEL – Fibre Elastomer). Avantages pour le Tigre = Réponse extrêmement rapide aux commandes cycliques, grande agilité (possibilité de boucles complètes, vols en négatif g, manÅ“uvres très vives). Les vibrations sont compensées par un système anti-vibrations passif SARIB [Réputation = hélicoptère d’attaque le plus agile au monde dans sa catégorie].
      Le rotor flexible : Moderne. Onéreux (Coût initial élevé des matériaux). Pas de roulements classiques, utilisation de matières flexibles composites + silentblocs élastomères. Flexible, sans articulations. Fiable. Entretien réduit [H145 (versions récentes), EC135/H135 modernes, MD 902, AW109 récents, UH-1Y Venom,…].

  7. Thomas dit :

    Helas beaucoup ne comprennent pas.

    On parle d’une école qui forme des gens dont le métier est de réceptionner et d’évaluer des aéronefs, toutes sortes d’aeronefs. Ces gens peuvent piloter, mais leur cÅ“ur de métier, c’est l’evalution du comportement de l’aéronef et de ses systèmes embarqués.

    Cette école est une pépite au niveau mondial, qui concourt directement au rayonnement et à l’attractivité de la France : il n’y en a pas 35 de ce type dans le monde.

    Donc oui, on espère bien qu’elle va rapidement pouvoir louer cet hélico pour les 20h annuels dont elle a besoin, mais on lui souhaite également de pouvoir louer d’autres types d’appareils afin de continuer à etoffer son catalogue !