KNDS France évoque la possibilité pour le char Leclerc de lancer des munitions rôdeuses Mataris MT-10

Lancée en 2015 avec un contrat de conception notifié à KNDS France [Nexter, à l’époque], la rénovation du char Leclerc [standard XLR] porte notamment sur l’intégration d’un tourelleau téléopérée de 7,62 mm, du Système d’information du combat SCORPION [SICS], de la radio CONTACT et du brouilleur BARAGE pour renforcer sa protection contre les engins explosifs improvisés [EEI]. Ce qui peut paraître insuffisant au regard de l’évolution des menaces…
Cela étant, depuis que la Direction générale de l’armement [DGA] a commandé les premiers chars portés au standard XLR, il a été annoncé que le Leclerc serait équipé du viseur PASEO, aux capacités de détection et d’identification des cibles accrues grâce à la solution d’intelligence artificielle ACE [pour Advanced Cognitive Engine]. Par ailleurs, il pourra tirer le nouvel obus flèche à hautes performances «SHARD», mis au point par KNDS France, et il dispose déjà d’une cage antidrone [ou Cope-Cage]. Mais d’autres améliorations sont attendues [ou espérées].
Ainsi, dans une réponse à une question posée par le député Marc Chavent [UDR], le ministère des Armées a évoqué l’ajout éventuel de «dispositifs de protection hard kill/ soft kill», c’est-à -dire d’un système de protection active [APS]. Ce qui n’était pas initialement prévu pour le standard XLR.
Via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, KNDS France a suggéré une autre évolution : permettre au char Leclerc de lancer la munition téléopérée Mataris MT-10 en lui ajoutant quatre lanceurs à tube de 80 mm. Ce qui lui donnerait, entre autres, une capacité de frappe au-delà de la portée visuelle ainsi qu’une meilleure connaissance de la situation tactique.
Munitions allant de 20 mm à 155 mm, munitions téléopérées, ou encore de systèmes de lutte anti-drones, la conception de solutions offensives nous permet d’en maitriser les mécanismes défensifs. #WeAreKNDS #MTO #CUAV pic.twitter.com/2bWv5hASIB
— KNDS France (@KNDS_France) March 16, 2026
Silencieuse et offrant éventuellement un mode de pilotage immersif [FPV], la MT-10 est dotée d’une ogive explosive incendiaire MW-FRAG de 550 grammes pour neutraliser les véhicules blindés légers, les groupes d’infanterie… et donc les sections antichars. Elle «fournit une vidéo en temps réel jusqu’à l’impact» transmise via une liaison de données résiliente au brouillage, assure KNDS France. D’une endurance de 30 minutes, sa portée est de 10 km.
Aux États-Unis, General Dynamics Land Systems [GDLS] a élaboré un concept similaire pour le M1A2 Abrams, l’idée étant de lui intégrer le système PERCH [Precision Effects & Reconnaissance, Canister-Housed] pour lancer des munitions rôdeuses Switchblade 300 et Switchblade 600.
Quoi qu’il en soit, le projet d’équiper le Leclerc avec des drones aériens est évoqué au moins depuis 2019. À l’époque, il était question de proposer un «char augmenté» grâce aux appareils IXOS XX et XOL LG qui, grâce à leurs capteurs [caméra, optronique, télémètre laser, etc.], étaient censés fournir au seul chef de char des informations «pertinentes» grâce à une tablette et au logiciel Findeagle.
Cela étant, KNDS France propose également de doter le véhicule blindé multirôle léger [VBMR-L] Serval ainsi que le drone terrestre Ultro de la capacité à lancer des MT-10, à l’instar du Gnome NS ukrainien.





Est-ce qu’on pourra lancer ces munitions rodeuses avec une cage anti-drones ?
Bien sûr. A condition de faire correspondre la sortie des tubes de lancement avec des passages aménagés dans la cage de protection contre les drones. Sinon ce sera l’effet Vil Coyote…
Il faut les poser sur la cage….
Plutôt que des cages un laser sur la tourelle ferait mieux le taf, la cage ne tient pas indéfiniment.
En combat asymétrique, peut être, mais en CHI, au rythme d’un tir toutes les 10 sec. (Helma-P), certainement pas.
On pourrait utiliser un Helma-P à 20 kW (en cours de conception) mais va falloir sérieusement miniaturiser pour le mettre dans un char, ou le mettre sur une plate-forme accompagnatrice automatisée.
La cage, c’est moins cher, pas forcément plus lourd et si ça peut permettre au char de fuir, pourquoi pas.
Une cage qui tient moins longtemps qu’un laser, pour l’instant ça se fait aussi avec les Kapla de ma fille.
Les lasers sont certes bien chouettes et prometteurs, mais encore très loin de remplacer cages et canons.
@François01
Tout à fait. On notera que dans les visuels disponibles du Leclerc équipé de sa cope cage, les lanceurs Gallix sont volontairement situés en dehors du périmètre de la cage, leur fonctionnement n’étant donc pas impacté.
Par ailleurs, la cinématique de lancement de la munition rôdeuse Mataris MT10 prévoit un lancement vertical, qui facilite justement cette intégration. On pourrait envisager de positionner ces 4 tubes de 80mm sur la nuque de tourelle, ou sur les flancs de tourelle (donc proches des Gallix).
On pourrait d’ailleurs pousser la réflexion, en imaginant une intégration « permanente » sur l’un des emplacements évoqué ci-dessus. Et compléter cet aménagement permanent par une intégration « temporaire » lorsque le char est équipé d’une cope cage, donc engagé en opération : on pourrait alors envisager de fixer des tubes supplémentaires de 80mm directement sur la cope cage, côté intérieur (permettant ainsi à l’équipage de recharger en restant à l’abri de la cope cage). Des ouvertures de 80mm dans la cope cage seraient évidemment aménagées pour permettre le tir de la MTO.
Cela permettrait au Leclerc d’emporter 4 MTO en permanence, et jusqu’à une douzaine (ou même davantage) lorsqu’il est équipé de sa cope cage.
Un tel aménagement serait d’autant plus intéressant que ces tubes standard de 80mm pourraient également permettre le tir d’autres munitions par la suite.
L’un des emplacements évoqués.
Ça ouvre aussi la voie à des drones anti drone dispersés sur la véhicule là où il reste de la place.
@georges
c’est en effet une des pistes les plus prometteuses pour assurer l’autodéfense de nos blindés (char Leclerc compris) contre les petits drones FPV. les systèmes de protection active (APS) sont en effet coûteux et dimensionnés pour des menaces « haut du spectre », type roquettes ou missiles antichars, voire obus flèches dans un avenir proche. Mais les drones FPV sont une menace beaucoup plus lente et à la trajectoire difficilement prévisible. Surtout, les drones FPV sont davantage susceptibles d’attaquer en grand nombre, simultanément ou successivement, ce qui épuisera rapidement les précieuses munitions d’un système APS qui n’est pas conçu pour cela.
La solution, c’est donc un essaim de mini-drones de protection (au minimum une centaine, si possible davantage). Ces mini-drones de quelques dizaines de grammes, dotés d’une petite IA, voleraient automatiquement en formation autour du véhicule à protéger, en se repérant les uns les autres avec leurs caméras grâce à des petits leds clignotantes positionnées sur chaque drone. On parle ici d’un petit réseau Li-Fi (Light-Fidelity, par analogie avec le bien connu Wi-Fi), avec une portée pratique de plusieurs centaines de mètres, parfait pour l’usage envisagé. Les drones échangeraient les informations entre eux, et avec leur « nid » grâce à ces émissions lumineuses, invisibles à l’oeil nu, impossibles à brouiller ou à pirater, et n’émettant pas sur le plan électro-magnétique donc difficiles à détecter. Une fois l’essaim déployé en formation, les éventuels drones assaillants seraient détectés par la caméra embarquée des drones intercepteurs. Le drone le plus proche de la menace se positionnerait alors automatiquement sur la trajectoire pour l’intercepter. L’interception serait réalisée grâce à la caméras embarquée du drone, et pourrait être effectuée soit par détonation d’une petite charge explosive, soit simplement par l’énergie cinétique du drone venant s’écraser à grande vitesse contre sa cible. Le grand nombre de drones de l’essaim (>100 drones) permettrait de contrer des attaques adverses par saturation, un facteur essentiel permettant la résilience dans les futurs combats de haute intensité.
Concrètement, ce système de drones intercepteurs pourrait être contenu dans une boîte/conteneur fixé sur le toit du véhicule à protéger. Cette boîte ferait office de « nid » pour les drones, qui viendraient à tour de rôle y recharger leur batterie (par induction) permettant de maintenir la formation sur une durée presque illimitée. Outre le « nid », le système complet comporterait un calculateur central et un émetteur/récepteur Li-Fi 360°, ainsi qu’un moyen de détection : basiquement un mât unique sur lequel seraient fixés des capteurs optroniques et acoustiques à 360°, pour permettre la détection des drones assaillants et déclencher l’envol de l’essaim de drones de protection. Ce système aurait l’énorme avantage d’être indépendant, donc de pouvoir être installé en rétrofit sur l’ensemble des véhicules, blindés ou non. Pour pallier à l’inévitable attrition (pannes techniques ou pertes dues à l’ennemi), un lot de drones de rechange pourrait également être embarqué à bord du véhicule à protéger.
Pour revenir au Char Leclerc, celui-ci dispose déjà (surtout avec le XLR) de systèmes d’observation et de détection optroniques 360° très performants. L’intégration pourrait alors se limiter à lui adjoindre, par exemple en nuque de tourelle, le « nid » contenant les drones, ainsi qu’un mât acoustique, et à exploiter une interface pour mettre à profit ses capteurs optroniques existants pour la détection des drones. Mais peut être serait-il plus simple et moins coûteux d’utiliser un mât unique indépendant, incluant capteurs optiques et acoustiques, comme évoqué ci-dessus. Piste à creuser…
On pallie quelque chose, on ne pallie pas « à » quelque chose.
https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/pallier-quelque-chose-ou-pallier-a-quelque-chose/
Pour pallier l’inévitable attrition.
Étymologiquement, « pallier » signifie « couvrir d’un manteau » (de « pallium » : manteau) et son sens premier est « dissimuler une chose fâcheuse ou lui donner une apparence favorable » (Académie).
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P0188
Ainsi, on couvre quelque chose d’un manteau, on ne couvre pas « à » quelque chose d’un manteau.
Des petites leds clignotantes.
« à l’instar du Gnome NS ukrainien. »
« zélensky » est suffisant.
Quand vous serez le millième de l’homme d’État qu’il est, vous pourrez dire ce genre de chose.
@Charlot…..
C’est exactement ce que dit ton proxénète du fin fond de son bureau au Kremlin.
Une honte de plus à accoler à TA France.
Vous êtes un bon @ Czar…….. Et ici, un humble merci à Madame Mado @Elle-même, qui nous avoir parlé de votre timidité ( Cf article de ce 17 mars 26,  » Le projet de doter……. » ).
C’est touchant.
A la petite langue de P.
Il commence bien, mais ensuite après l’allusion à la vénérable Madame Mado, il y a quelque chose qui se passe dans votre contribution.
L’émotion ? Affirmatif, c’est peut être cela.
Espérons qu’on pourra équiper tous les chars Leclerc….parce que tout ceci commence à coûter fort cher.
@Clavier il ne reste que 200 chars de toute facon prevus comme a moderniser. L objectif est uniquement de donner de la charge de travail a KNDS France.
Comme à moderniser.
De travail à KNDS.
Je rappelle qu’ils y a quelques années. les Saoudiens souhaitent acheter des XL et que nous avons refusé le marché avec l’excuse de la chaine d’assemblage etait fermé.. voila la réalité de l’ex entreprise NESTER…
Le Leclerc va avoir une sacrée capacité d’agression , il manque plus que l’Ascalon en 140 , ou en 120 mm.
Certainement…il faudrait juste qu’il soit disponible et qu’il roule… Cherchez l’erreur (du coté SIMMT, EMAT et KNDS/NEXTER).
malheureusement pour installer ce canon . ils faut changer totalement la tourelle actuelle.
Par compte en cas de guerre total, nous pouvons envisager une version du XL a vocation Antichar… Tourelle totalement Teleoperer…
bonjour. l’installation d’un système de protection active est obligatoire… mais nous devons envisager un systèmes évoluer capable de détection les munitions anti char et l’arrivée des Drone kamikaze…
Ensuite si l’installation d’une mitrailleuse extérieure télécommander est impérative ( prévues sur le prototype ils y a 20 ans )
l’emplois du 7.62 mm ne ne semblent pas logique, la coaxiale est un Mit de 12.7mm.
Ensuite le développement d’une munitions 12.7 de type canisteur ( chevrotine ) devrait peut-être donner une chance de survie a une attaque drone …
l’emplois d’une munitions rôdeurs pour avoir un capacité au plus loins me semblent important. mais une des capacités du blindés est la mobilité. attaquer dans une direction et se repliée apres … Si le développement d’une nouvelle munitions de 120 mm Ac est bien venus, ils est important de voir que les blindés sont employés en mission d’appuis direct de l’infanterie. Nous devons développer une munitions explosifs de forte capacité…
@Rogger
Une mitrailleuse téléopéréen c’est mieux que rien , mais ça ne constitue pas une solution adaptée pour lutter contre les drones FPV. En effet, pour tirer, il faut une ligne de visée directe sur la cible (ça ne fonctionne pas si elle évolue cachée derrière des reliefs, des bâtiments ou de la végétation, comme le font les petits drones FPV volant près du sol en phase d’attaque). Par ailleurs, le risque de dégâts collatéraux est maximal : vous imaginez tirer à la 12.7mm en environnement urbain pour tenter de descendre un petit drone qui virevolte à 100 mètres ?… à moins d’être tout seul au milieu du désert, le risque de pertes civiles, ou de tir ami est juste énorme…
La solution contre les drones FPV, ce sont les drones FPV intercepteurs. Pas chers, efficaces, résilients (on peut en embarquer facilement des dizaines sur un véhicule, et ils sont en plus récupérables et réutilisables tant qu’il n’ont pas explosé !), capable de traquer et détruire des drones même cachés derrière des obstacles, risque très modéré de dommages collatéraux. Associés à un système d’alerte utilisant des capteurs basique et eux même peu coûteux (optiques et acoustiques 360°, montés sur un mât dédié sur le véhicule). C’est là dessus qu’il faut bosser, maintenant, pas dans 10 ans…
Au vu du budget de la france libérée, je ne me fais aucune illusion quant à l’installation de ce système sur les XL.
Ca ira comme le reste, au fond du….jardin (on va dire)