Thales lance le système de défense aérienne multicouche et multidomaine «SkyDefender»

Parmi les priorités de l’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 évoquées lors de ses vœux armées, le 15 janvier, le président Macron a cité l’alerte avancée, censée détecter les départs de missiles balistiques hostiles [c’est l’objet du programme franco-allemand JEWEL] et la défense aérienne.

Visiblement, Thales s’est mis en ordre de marche pour répondre à ces besoins avec le système intégré de défense aérienne multicouche et multidomaine «SkyDefender», qu’il a dévoilé ce 11 mars.

En réalité, des radars aux effecteurs pour neutraliser les menaces en passant par les dispositifs de commandement et de contrôle [C2] dopés à l’intelligence artificielle, l’industriel disposait déjà de toutes les «briques» nécessaires pour développer ce qu’il appelle un «dôme intégral» [le mot est à la mode] de défense aérienne.

Ainsi, s’agissant des capacités de courte et de très courte portée [SHORAD] et de lutte antidrone, le SkyDefender reposera sur le système ForceShield [déjà choisi par le Portugal en 2024], lequel comprend un radar de surveillance Ground Master 200, un C2 de type ControlView et des véhicules RapidRanger armés de missiles StarStreak et LMM [Lightweight Multirole Missile].

Sans surprise, pour la défense aérienne à moyenne portée, Thales mise sur le SAMP/T NG, développé en partenariat avec MBDA au sein du consortium franco-italien Eurosam. Pour rappel, la version française de ce système fonctionne avec le radar Ground Fire 300, d’une portée de 350 km et assurant une couverture 360° / 90°, et le missile ASTER 30 B1NT de MBDA, en mesure d’intercepter un missile, même hypersonique, ou un aéronef volant à 25 000 m d’altitude et dans un rayon de 150 kilomètres.

Pour la longue portée, Thales ne propose pas de missile intercepteur mais une «capacité unique» d’alerte avancée combinant les radars SMART-L MM et UHF, censés détecter des menaces potentielles à des distances pouvant aller jusqu’à 5 000 km, avec des satellites dotés de capteurs infrarouges qui, développés par Thales Alenia Space, permettront de détecter «une menace missile et donner la localisation précise du lancement, avant même qu’il n’entre dans les zones couvertes par les radars au sol».

Et l’industriel d’assurer que sa «solution offre une capacité unique de surveillance permanente, de détection précoce et de suivi de trajectoire des menaces à longue distance».

Sur ce point, elle pourrait être encore plus efficace si elle était associée au radar transhorizon Nostradamus, dont le développement a été relancé par le ministère des Armées en septembre dernier. Ce dernier fait partie du projet JEWEL, lequel s’appuie sur le projet ODINS’EYE qui, financé par l’Union européenne et coordonné par l’allemand OHB System AG, vise à développer une capacité spatiale d’alerte avancée.

Quoi qu’il en soit, un «dôme» de défense aérienne n’est efficace que s’il s’appuie sur une chaîne de commandement et de contrôle robuste. Aussi, celui de SkyDefender reposera sur les systèmes Skyview et SkyView Alliance, ce qui permettra d’assurer une «interopérabilité transparente avec les plateformes multidomaines de l’Otan et des alliés», explique Thales.

«Combinant l’expertise de Thales en cybersécurité et en intelligence artificielle avancée, grâce à cortAIx, l’accélérateur d’IA de Thales, SkyDefender permet une supériorité opérationnelle et une défense proactive contre les cyberattaques et les menaces évolutives. Thales est capable de fournir dès aujourd’hui cette protection critique à l’échelle mondiale», assure le groupe français d’électronique de défense.

En outre, développé selon une architecture ouverte et modulaire, SkyDefender pourra «facilement» s’intégrer aux défenses aériennes existantes et être mis à jour en fonction de l’évolution des menaces.

«Thales est fier de contribuer à la souveraineté des nations avec SkyDefender, le dôme aérien et antimissile basé sur nos dernières technologies avancées, allant de la protection contre les drones aux capacités d’alertes précoces», a commenté Hervé Damman, le responsable des Systèmes terrestres et aériens chez l’industriel.

«Avec SkyDefender, Thales fournit un système éprouvé au combat, facile à intégrer et disponible dès aujourd’hui, confirmant notre position en tant que partenaire de confiance à long terme pour les forces armées», a-t-il fait valoir.

Cependant, Thales n’est pas le seul à proposer un système de défense aérienne multicouche et multidomaine en Europe. En effet, en novembre dernier, l’italien Leonardo a dévoilé le concept «Michelangelo», lequel vise à permettre aux radars, missiles et autres dispositifs de commandement et de contrôle européens de communiquer entre eux malgré leur diversité. Le principe est de fusionner les données provenant de multiples capteurs et de recourir à des algorithmes d’IA prédictifs afin d’anticiper les activités hostiles et de coordonner automatiquement les contre-mesures les plus pertinentes.

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38 contributions

  1. henry Domercq dit :

    Très étonnant la société Thalès qui est on ne plus européen! filiales en Uk, Allemagne, Italie, Pays-Bas et j’en passe
    par exemple, en SHORAD le Starstreak vient de UK
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Starstreak

    Bon, je vais embêter un peu Dassault: QUE FAIS TU? c’est chez IG Metal qu’il faut investir et communiquer avec les « Landers » ou politiques locaux. Un bon point avec OHB pour le programme Vortex

    • Misare dit :

      IG métal est une succursale de Airbus défense and Space basé en Allemagne

      • jean luc dit :

        IG METALL, est un grand syndicat allemand de la métallurgie. Ses représentants siègent aux conseils d’administration des grandes sociétés allemandes, ils ont leur mot à dire dans les conseils d’administrations . En Allemagne, voir les syndicats soutenir les patrons n’est pas rare, si des emplois sont en jeu ou des compétences . on se bouffe moins la gueule en Allemagne

    • Roland DESPARTE dit :

      @henry Domercq,
      Votre commentaire souffre de “simplisme“. Ce n’est pas parce qu’une société possède des filiales à l’étranger, se permettant ainsi l’appellation de société multinationale, que ladite société est européenne !
      Thales est une société référencée comme étant une multinationale française avec une empreinte mondiale très développée puisqu’elle opère dans plus de 68 pays sur les cinq continents. Parmi ces filiales étrangères on note : Thales UK (Royaume-Uni, Thales Australia (Australie), Thales Nederland (Pays-Bas), Thales Elektronik Systems GmbH (Allemagne), Thales Japan (Japon), et bien d’autres… Thales emploie environ 85 000 personnes dans le monde, et développe des coopérations actives avec de nombreux pays (joint-ventures, alliances stratégiques et partenariats industriels), comme avec les États-Unis depuis plus de 130 ans, l’Arabie saoudite depuis plus de 50 ans, l’Inde depuis 1953 avec plus de 2 200 salariés… On peut par exemple citer Thales Alenia Space (67 % Thales / 33 % Leonardo, Italie), la JV avec Kongsberg Defence & Aerospace (Norvège), son partenariat avec Raytheon (États-Unis = ThalesRaytheonSystems), l’alliance stratégique avec Samsung Electronics (Corée du Sud), ses coopérations avec Arab International Optronics (AIO-Egypte) , Thales Benha Electronics, Thales Training Academy, et ses étroites relations avec BAE Systems (Royaume-Uni), Toyota et Hitachi Rail (Japon), et même avec Elbit Systems (Israël) en 2026).
      Toutes ces informations sont disponibles sur le site de Thales et les sites boursiers d’information.
      Thales est français, et nous en sommes fiers.
      Thales collabore efficacement avec de nombreux pays, et nous les remercions.

    • Tonton Marcel dit :

      Je ne vois guère ce qui vous autorise à me tutoyer.

  2. Yvon dit :

    Il manque un missile intercepteur longue portée qui pourrait être l’Aquila. Mais à quelle échéance ?

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour @Yvon,
      L’intercepteur endo-atmosphérique (sol et mer) AQUILA ne devrait être opérationnel qu’entre 2030 et 2035 selon les nations participantes [Programme européen avec 4 participants officiels : France (pays leader, via MBDA France et Thales LAS France), Allemagne, Italie, Pays-Bas, et (hors financement) la participation de 14 pays comme : Espagne, Finlande, Suède, Danemark, Roumanie, Hongrie, Croatie, Autriche, Belgique, Estonie,…]
      Il est conçu pour détruire les missiles balistiques manœuvrants, les missiles de croisière hypersoniques, les véhicules hypersoniques planants (HGV). Il complète les systèmes existants (comme l’Aster) et s’intègre au programme européen TWISTER de défense aérienne et antimissile.
      Pas de prototype volant ni de commande ferme pour l’instant ; on attend la sélection finale du concept fin 2026.

      • Yvon dit :

        @Roland DESPARTE
        Bonjour.
        « Entre 2030 et 2035 », cela veut dire 2035 au mieux. C’est dans dix ans !
        On ne peut pas continuer comme ça. Soit on laisse aux industriels la maîtrise des projets, et donc des délais, via des mises en concurrence. Soit on achète américain au mépris de notre indépendance. Au passage, je l’évoque souvent, acheter à General Atomics les catapultes et système d’arrêt du PA NG, pour autant que sa disponibilité à temps partiel le rende encore utile, relève de l’irresponsabilité.
        Bien cordialement.

        • Ah, héros naval dit :

          Vous êtes fatigant, Yvon.
          Un PA est évidemment utile, même s’il n’est pas disponible en permanence.
          La preuve, la France a envoyé le CDG au Proche-Orient.
          C’est précisément parce qu’il est utile qu’il en faudrait deux, voire trois.

  3. rational dit :

    comment prouver l’efficacité d’un tel système de défense céleste ?

    • Mic dit :

      L’expertise de Thalès dans les domaines précisés dans l’article n’est pas démontrée !
      Renseignez-vous !

      • Mic dit :

        « n’est pas à démontrée »

      • rational dit :

        @Mic
        Thalès vend beaucoup d’armement, c’est un fait. Mais ce bouclier anti missile n’a pas encore subi l’épreuve du feu pour démontrer son efficacité. Pour l’instant c’est un bouclier en théorie efficace, jusqu’à ce qu’on découvre la réalité vraie le jour J…

  4. olivier dit :

    bon grosso modo, reprise de l’existant et unification dans Skyview pour avoir un multi-couche, simple et pragmatique.

    Par contre pour la partie SHORAD, GM200 + missiles, il me semble que c’est une solution courte portée mais pas très courte portée (ou alors très courte portée hors de prix), il manque un dernier maillon avec une capacité de détection type rayon de 10 km et du rapidfire (ou équivalent).

  5. Pirlouis dit :

    Tout cela va dans le bon sens mais il manque un missile intercepteur longue portée pour que le dôme de Thalès soit « étanche ». Avec les missiles hyper véloces russes à changement de direction il faut pouvoir les intercepter au plus tôt avant changement de direction et séparation des modules composant les missiles hyper véloces

  6. Carin dit :

    Voilà, encore un plus dans le museau du cloud de combat d’Airbus DE.
    Couplé avec SCORPION, et c’est le champ de bataille quelle que soit la distance d’où provient l’attaque qui sera couvert.
    Plus la peine de discuter du SCAF à 2 avions…
    En plus la plupart des matériels nécessaires à la mise en place de ce système sont déjà en service… et pas qu’en France…
    Je pense que ce système est le cloud de combat OTAN… en mieux qu’espéré par l’OTAN.

    • olivier dit :

      si c’est effectivement réellement multi-domaines (SCORPION, FDI, AWACS, etc.) cela sera un outil puissant (et à part l’AWACS tous les autres systèmes ont des senseurs Thales et pour la plupart des C2 Thales donc ça devrait aller…).

      Après on est très très loin d’un cloud de combat du fait que cette proposition de Thales (ou Leonardo ou l’Iron Dome) sont des systèmes défensifs « mono-mission » donc d’une complexité très inférieur à un cloud de combat offensif. Cela reste une brique pertinente, mais une brique « seulement ». Pas mal de «  » dans mon commentaire car la défense anti-missile est particulièrement complexe et je ne veux pas que mon commentaire soient interprété comme dédaigneux.

      • Carin dit :

        @olivier……
        D’où mon « couplage » avec SCORPION… qui lui est offensif.

        • Le Scorpion se suicide au feu dit :

          Tout comme les américains, il faudra bien se pencher sur la cyberprotection des véhicules blindés légers à roues SCORPION qui ne jurent que par leur aérotransportabilité et surtout  » l’infovalorisation ».
          https://blablachars.blogspot.com/2022/02/larmee-americaine-se-preoccupe-de-la.html

          Car SCORPION n’est que la copie paresseuse de la doctrine militaire américaine dite « RAM », abandonnée sn rase campagne dès sa confrontation avec la réalité de la guerre en Irak en 2003.

          Mais pas de remise en question pour l’armée de terre française qui n’a réussi qu’à faire signer SCORPION avec 10ans de retard sur ce qui était prévu.

          C’était l’époque des dividendes de la paix et des opérations de l’ONU, les OPEX africaines étaient notre fond de commerce et la guerre en Europe, une fadaise de nostalgiques de la Défense Opérationnelle du Territoire ( DOT). ..
          https://soundcloud.com/le-collimateur/douvea-au-scorpion-entretien-avec-le-general-destremau-directeur-de-lihedn

  7. Tourne Bille dit :

    « […] des satellites dotés de capteurs infrarouges […]  » pour détecter les missiles … et peut-être aussi la chaleur des F-35 en vol…?

    • Lothringer dit :

      Ou des meutes drones HALE voire THA (très haute altitude) certains émetteurs et d’autres dotés de radars passifs (pour diminuer leur propre signature radar) volant selon des trajectoires aléatoires ?

  8. Nicolas sambart dit :

    le tout 3st que 1 missile ne vale pas 150 drônes. il faut surtout s’attendre à des attaques saturantes , donc interception avec des munitions simples produitent en abondances et une somme lourde d’effecteurs

  9. Olivier C dit :

    « Pour la longue portée, Thales ne propose pas de missile intercepteur mais une «capacité unique» d’alerte avancée »

    Alerter c’est bien, détruire c’est mieux.

    • G dit :

      Alerter c’est déjà pas mal oui, et de façon robuste (cf les radars ciblés en priorité dans tous les conflits intenses, donc « à redonder »). Détruire à longue portée c’est autrement plus cher, avec des munitions plus lourdes et encombrantes qu’un Aster… cette dernière brique est un assez gros morceau, qui pourra se poser sur le reste une fois qu’il formera un socle solide.

  10. Wagdoox dit :

    Voilà où les européens peuvent aider la dissuasion française. Les défenses anti missiles mais aussi une capacité de frappe sur les lanceurs des missiles avec des missiles a charges conventionnelles avec la porte et la précision qui va bien.

  11. ONERESQUE dit :

    On le répète encore une fois, NOSTRADAMUS est un radar IONOSPHÉRIQUE trans-horizon qui va envoyer vers l’espace ses faisceaux autour de 15 m à 25 m de longueur d’onde. Les ondes sont envoyées avec un angle de site variable et viennent rebondir sur l’ionosphère vers 80 km. Étant défléchies, elles peuvent frapper des cibles jusqu’à 3.000 km A CONDITION que ces cibles; à n’importe quelle altitude croisent le faisceau réfléchi. Cependant, ce ne peut être un radar anti-missiles d’alerte avancée polyvalent et performant car :

    1 > Sa résolution, sa capacité à discriminer des détails des cibles et leur position exacte instantanée doit être de l’ordre de 6 à 10 m, ce qui ne permet pas l’identification des missiles assaillants, ni le pointage direct de désignation à un vecteur intercepteur.

    2 > Ses cônes d’aveuglement sont plus étendus que les grands radars dalles d’alerte UHF américains (anciens BMEWS Pave Paws AN/FPS 120), maintenant SSPARS /-123, -126 jusqu’à AN/FPS-132 sur plus de 7 sites. Ces SSPARs fonctionnent sur des longueurs d’onde de moins de 1 m, vers 60 à 80 cm. Ces dalles peuvent identifier les têtes attaquantes ICBM – MRBM avec une résolution voisine de 20 cm, voire moins. Ceci n’a DONC RIEN à voir avec les capacités d’identification de petits vecteurs de NOSTRADAMUS. Les SSPARs ont des caractéristiques d’identification-résolution qui avaient été choisies dès l’origine pour guider de vieux missiles hypervéloces intercepteurs ABM à très haut G de lancement comme les SPARTAN, SPRINT ou, maintenant le GBI.

    On le voit, il faudrait un tel radar dalle UHF vers 500 à 750 MHz à la France pour être totalement souveraine en alerte anti-missiles efficiente. C’était le projet THALES TLP. Maintenant, comme cela a déjà été souligné dans ce Blog, détecter c’est bien, intercepter c’est VITAL ! Il va falloir attendre l’intercepteur anti-HGBV AQUILA pour les hypersoniques endo-atmosphériques. Par contre, pour les exo, pas d’équivalent à attendre en France du ARROW 3 ou du THAAD, ce qui constituera un manque gravissime vu l’importance écrasante dans le CHI XXIème siècle de la guerre des missiles.

    • LS dit :

      Un radar trans-horizon peut être un radar d’alerte pour des avions et missiles endoatmosphérique, pas pour des missiles balistiques qui sortent de l’atmosphère.
      C’est l’inverse pour un radar à 500 MHz qui détectera tardivement un missile hypersonique endoatmosphérique mais qui sera efficace pour détecter un missile balistique et qui pourra effectivement servir de conduite de tir. Il sera de plus déplaçable contrairement à un trans-horizon.
      Ils sont complémentaires et un radar UHF voire dans le haut VHF serait effectivement utile y compris pour la détection d’avion furtif.
      Pour un effecteur exoatmosphérique, j’ai des doutes sur son utilité si on dispose déja de quelque chose comme l’Aquila qui sera lui adaptée contre des missiles hypersoniques endoatmosphérique en plus des missiles balistiques tactiques (portée ≤ 3000 km). Pour les missiles balistiques stratégiques (>= 5000 km), l’interception exoathmosphérique est intéressante lors de la phase montante de leur trajectoire, donc relativement proche de leur lieu de départ. Je ne vois pas trop l’intérêt d’en déployer sur le sol français. En Espagne, Italie, Grèce, Bulgarie, Roumanie, Pologne, Suède, peut-être, mais en France, non. De plus, je doute que les effecteurs actuels interceptent l’Oreshnik en phase descendante, par exemple, va falloir un peu plus de R&D pour ça.

      • ONERESQUE dit :

        Les problèmes sont complexes effectivement et certains points soulevés sont pertinents. Cependant, vous êtes mal informé sur les procédures d’interception et de détection ABM.

        1 > Les missiles hypersoniques HGBV ou Scramjet ne peuvent pas descendre nettement en-dessous de l’horizon d’un radar SSPARS 500 MHz et les Kinzhal et Tzirkon arrivent sur cible depuis 5 à 10 km d’altitude puisqu’ils sont détectés par les radars AN-MPQ/53 des PATRIOT de Kiev.

        2 > Les ARROW 3 et les THAAD n’interceptent pas DU TOUT en phase ascendante les MRBM balistiques ou manoeuvrants, mais en phase TERMINALE (d’où leur nom d’ailleurs T haad) https://missilethreat.csis.org/system/thaad/ pour les MRBM. Pas plus que le GBI US qui intercepte à mi-chemin les ICBM vers le sommet de leur parabole balistique https://missilethreat.csis.org/defsys/gbi/ A part les armes rêvées de la guerre des étoiles de Reagan, lasers X ou CO2 et ABM en orbite, rien n’intercepte actuellement en phase ascendante des missiles, sauf rare cas de batterie opportuniste.

        3 > Au-delà des angles de faisceau des radars HF – UHF qui masquent effectivement certaines trajectoires comme vous l’avez souligné, le problème des OTH transhorizons comme NOSTRADAMUS réside dans leur très grande longueur d’onde ( de 15 à 50 m ) qui ne permet PAS d’identifier correctement les cibles assaillantes et qui se ferait complètement dépasser par les leurres accompagnateurs et les têtes furtives absorbant partiellement les ondes incidentes.

        4 > Si les THAAD et les ARROW 3 étaient inutiles contre les MRBM classiques ou un peu évolués (avant le FATTAH 2 ), ils n’auraient pas été déployés EN MASSE au Moyen-Orient et n’auraient pas arrêté des centaines de MRBM iraniens. Le fait de ne pas en avoir en France est CRITIQUE pour les CHI futurs qui seront en partie dominés par les échanges de missiles. La BundesRepublik l’a compris puisqu’elle a déjà acheté une batterie ARROW 3 et ne compte pas s’arrêter là…

  12. jean luc dit :

    je me suis posé des questions sur deux projets d’intercepteur en haute atmosphère . les projet HYDIS et HYDEF

    C’est exactement là que réside toute l’ambiguïté et la
    stratégie industrielle de l’Allemagne. Contrairement à la France qui mise tout sur un seul cheval (le projet Aquila/HYDIS² via MBDA), l’Allemagne joue sur les deux tableaux :
    1. Le pied dans HYDEF (Le leader)
    C’est le projet « prioritaire » pour Berlin sur le plan industriel national.

    Rôle : L’Allemagne est le leader via l’entreprise Diehl Defence.
    Objectif : Développer une souveraineté technologique allemande et exporter le système aux pays de l’ESSI (European Sky Shield Initiative).

    2. Le pied dans HYDIS² / Aquila (Le partenaire)
    L’Allemagne participe aussi au projet mené par la France (MBDA).

    Rôle : Elle est partenaire via la filiale allemande de MBDA (MBDA Deutschland).
    Pourquoi ? Berlin veut s’assurer que ses entreprises (comme Hensoldt pour les radars ou Bayern-Chemie pour les moteurs) soient présentes partout. Si le projet français avance plus vite ou est plus performant, l’industrie allemande en profitera aussi.

    Les conséquences de cette double position :

    Tensions avec la France : Paris critique souvent cette position, estimant que l’Allemagne disperse les financements européens (le Fonds Européen de la Défense) au lieu de créer un seul champion unique.
    Sécurité maximale pour Berlin : Si l’un des deux projets échoue techniquement, l’Allemagne aura toujours accès à l’autre. C’est une stratégie de « double assurance ».
    Le choix final : À terme (vers 2030-2035), l’Allemagne devra choisir quel missile elle achète en masse pour ses propres batteries. Il est fort probable qu’elle choisisse le HYDEF de Diehl pour soutenir son champion national, tout en ayant appris des technologies de MBDA.

    En résumé : L’Allemagne finance et travaille sur les deux systèmes d’interception hypersonique (50 km d’altitude / 100 km+ de portée) pour être sûre de dominer le marché européen de la défense antiaérienne, quel que soit le vainqueur technologique.

    La France critique cette position car elle veut que le champion soit son champion national, moi je pense qu’il faut une compétition pour que les projets avancent, si le projet allemand va plus vite tant pis pour la France, si le projet français gagne tant mieux pour l’Allemagne . ‘

  13. Alain Tardieu dit :

    L’Allemagne n’avait-elle pas lancé il y a quelques temps déjà une « initiative européenne » ayant le même objectif et basée sur des missiles allemands, israeliens, et des patriots ?
    Si oui, ça en est où ?

  14. Schwarzwald dit :

    Comme d’hab’, on sait détecter mais pas traiter ou alors à un coup démentiel.
    Pas d’interception à très longue portée, et rien de probant à courte …
    Il faudrait que l’on investisse dans des rapid fire pour les défenses de point … les missiles sont hors de prix et on en construit 3 et demi par an …

  15. jean luc dit :

    @Carin un seul pays en Europe dispose de la technologie pour intercepter les missiles balistiques dans l’espace (100km) : c’est l#Allemagne avec l’Avro3 et bientôt 4. Le gros problème est que le système est en train de se développer, et que les stocks sont minces pour le moment, il est possible que l’Allemagne laisse passer ses missiles vers la France, pour réserver sa riposte pour les Allemands La France refuse de participer au programme ESSI 1. European Sky Shield Initiative (ESSI)
    Lancée par l’Allemagne fin 2022, cette initiative regroupe désormais 24 États européens (en 2025).

    Objectif : Créer un système de défense aérienne intégré au sol, inspiré du modèle israélien « Iron Dome » mais adapté à l’échelle du continent.
    Technologies utilisées : Elle repose sur une approche multicouche combinant des systèmes existants :
    IRIS-T SLM (allemand) pour la courte portée.
    Patriot (américain) pour la moyenne portée. IRIS-T SLX concurent du patriote (allemand)
    Arrow 3 (israélien) pour la défense exo-atmosphérique contre les missiles balistiques.
    Débats : La France a initialement critiqué ce projet, préférant une solution de défense souveraine européenne plutôt que l’achat de technologies américaines ou israéliennes. Pour développer un tel système, il faut 15-20 ans de développement donc 2040-45 .

  16. Pierre dit :

    J’ai lu que Zelensky parlait d’un dome de fer ukrainien.
    Peut-être que le timing de l’annonce de Thalès n’est pas anodin. En plus, avec le conflit au Moyen Orient et manque de fiabilité de l’axe USA-Israël, on peut trouver des clients là-bas.
    Ce serait une opportunité d’avoir un système combat proof rapidement. Ce serait bien de mettre un coup de canif à la Sky Shield Initiative de l’Allemagne qui un projet de vassalisation uniquement au bénéfice de l’Allemagne, des USA et d’Israël.
    On peut peut-être aussi raccrocher les pays méditerranéens à une vraie défense anti-aérienne européenne, une fois le deuil de nos coopérations avec l’Allemagne passé. L’Italie c’est déjà fait avec le SAMP-T. Possiblement, l’Espagne et la Grèce pourraient y voir un intérêt.

  17. Jym dit :

    Les gens s’inquiètent du manque d’intercepteurs de missiles longue portée mais les attaques à distance les plus courantes sont les drones… donc ce système est déjà très bien.