Selon le contre-espionnage militaire, les survols de sites liés à la défense ont «nettement augmenté entre 2024 et 2025»

Hormis le cas du porte-avions Charles de Gaulle lors de son escale à Malmö [Suède], il n’est pratiquement plus question de drones repérés aux abords de sites sensibles. Pour autant, cela ne signifie pas que ce phénomène soit terminé, bien au contraire.

Dans l’édition 2023 de son «Panorama des ingérences contre la sphère de défense», la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense [DRSD] fit savoir qu’elle avait constaté une «tendance à la hausse des survols de drones au-dessus» des sites sensibles en 2022.

«En raison de la facilité d’acquisition du drone de loisir ou professionnel» et des «moyens réduits – tant juridiques que techniques – dans le domaine de la lutte antidrone, la menace est croissante», avait-elle soutenu. En tout cas, «les survols nocturnes sont en forte augmentation depuis 2022, traduisant vraisemblablement un ciblage des emprises ainsi que l’utilisation d’optronique spécialisée», avait-elle précisé.

Puis, dans son rapport publié en 2024, la DRSD est restée discrète sur ce sujet. Sauf pour dire que, au regard du nombre d’appareils en circulation en France [environ 3 millions en 2022], «chaque site peut faire l’objet d’un survol, mal intentionné ou fortuit». Et d’ajouter : «Au regard des menaces qu’il peut engendrer [du simple accident à la captation d’informations sensibles par exemple], chaque survol doit être considéré comme un événement particulier qui doit être pris en compte.

Et, dans son dernier bilan, la DRSD a carrément fait l’impasse sur ce phénomène, les survols de drones ayant été «noyés» dans la catégorie des «atteintes physiques» contre la Base industrielle et technologique de défense [BITD].

Pour autant, dans un entretien publié par l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale [IHEDN], le directeur du renseignement et de la sécurité de la défense, le général Aymeric Bonnemaison, a confié que ses services avaient observé une «recrudescence des incursions de drones au-dessus de sites sensibles en France, avec une hausse significative des signalements depuis le début de l’automne [2025]».

«Les survols concernant des sites d’intérêt défense ont nettement augmenté entre 2024 et 2025», a-t-il insisté. Quant aux appareils impliqués, il s’agit «d’appareils très variés, allant de drones grand public à des systèmes plus élaborés», a-t-il dit, sans donner plus de détails.

Qu’entend le général Bonnemaison par «systèmes plus élaborés» ? En attendant, les «investigations conduites par la DRSD se poursuivent», a-t-il ajouté. Et cela afin de vérifier si ces survols sont le fait de «comportements involontaires d’opérateurs insuffisamment informés» ou s’ils relèvent d’actions malveillantes.

On ignore si la DRSD a réussi à mettre la main sur des drones ayant survolé des emprises sensibles sans autorisation. Comme l’explique son directeur, des capteurs radar ou acoustiques peuvent être mis en œuvre pour les détecter. Le cas échéant, leur identification se fait grâce à des «moyens optiques ou électromagnétiques». Des brouilleurs, des filets ou des lasers sont susceptibles d’être utilisés pour les «neutraliser dans le respect du cadre légal en vigueur».

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19 contributions

  1. Blockhaus dit :

    Combien de drones détruits à ce jour ?

  2. lecoq dit :

    pitoyable :
    – survol interdit = engin abattu

    c’est pareil avec les cambrioleurs

    • Lolop 64 dit :

      Exactement, je dirais même que vis à vis d’un humain fut il mal intentionné, je comprends qu’il faille encadrer un peu la réaction, par contre pour un drone ce devrait être Pan et puis c’est tout. Pitoyable est bien le mot, ce continent se suicide par la vertu.

    • Jack dit :

      « survol interdit = engin abattu » => Bien vu 🙂 ! … ou pas 🙁 : « https://www.bfmtv.com/police-justice/faits-divers/vaucluse-un-drone-d-enedis-abattu-au-fusil-de-chasse-par-un-homme-pensant-etre-espionne_AN-202408150219.html
      .
      « c’est pareil avec les cambrioleurs » => Faire des années de prison pour un vol de tondeuse à gazon ? Euh… Après vous 😉 !

      • redrum dit :

        C’est la génération western : on tire sur tout ce qui bouge, zavaient qu’a pas être là !

    • Metwo c'est twop dit :

      il faut enterrer ces sites stratégiques sous des nouvelles prisons. comme ça, en cas d’attaque, ça fait comme à marseille, four auro-nettoyant

  3. Sempre en Davant dit :

    Et le brouillage des zozopérateurs de ces engins ?

    • ji_louis dit :

      Ce n’est valable que pour les drones de loisir vendus dans le commerce.
      Pour les drones à vol programmé, il n’y a pas de brouillage possible, il faut les abattre « à l’ancienne » si ils ne présentent pas de danger lors de leur chute.

      D’autre part, les images à haute résolution des satellites commerciaux permettent déjà d’avoir une carte précises des implantations « protégées / secret défense / sensibles » (rayer les mentions inutiles), les vols de drones ne sont alors plus que :
      – de la provocation,
      – des la mise à jour de situations,
      – des essais de mise en œuvre ou de preuves de possibilités de mise en œuvre,
      – dans tous les cas, des avertissements à prendre en compte.

      Enfin, le ciblage fait par les ruses et les iraniens montre que la protection contre les drones devrait concerner beaucoup beaucoup plus de cibles potentielles que les seules implantations militaires : Un gros casse-tête pour la sécurité intérieure !

      • Sempre en Davant dit :

        Le 13/09/01 un grand opérateur énergétique recevait une candidature claire et précise lui indiquant qu’une défense de zone se prépare sur l’ensemble du périmètre de la menace qui est fonction de la portée des moyens, …, dont la puissance et la portée …, évolutif, toussa etc.

        Figurez vous qu’aux félicitations les plus vives et aux remerciements pour les informations gracieusement apportées étaient joints les regrets les plus affligés pour l’incapacité à trouver le poste dans la nomenclature de recrutement.
        C’est ballot : il reste du boulot! Même depuis qu’il y a des gendarmes spécialisés.

        Qu’il s’agisse d’un drone couci ou couça, d’un mortier sauce IRA ou pas, d’un lance roquette du Hezb ou du Hamas, d’un RPG canal historique ou Mao Mix : Il faut détecter et neutraliser l’utilisateur(s) au plus tôt.

        Me croirez vous, un ami s’est fait volé quatre véhicules en trois fois, à été cambriolé trois fois alors qu’il dormait dans la maison située juste en face d’une centrale graphite gaz…

        Depuis cela s’est beaucoup construit dans la zone Borloo. Non seulement en habitations, mais aussi une école et un poulailler juste en face : Pourquoi le B de idologique serait éloigné du N de ucléaire du R d’adieux logique et du C rétin qui ferme la marche ??? Aux urnes vive la grivoise bière.

        Le poulailler bio, le retour a l’agriculture polyvalente, c’est super! Mais quand les poulets sont enfermés devant l’école pour cause de grippe aviaire, il y a de quoi en perdre son pangolin : pouvait pas construire à quelques Km? Ah si… Huhuhu, …, fallut penser !

        Quand j’étais môme il n’y avait pas de gendarmes formés par le GIGN ni tout ce qui a changé, sauf l’important dont les grillages des enceintes.
        Il y avait des gendarmes en 4L et ils avaient des projecteurs supérieurs aux TL et « piles ‘,5V ». Au bord du fleuve royal, il te faisait le coup du saute dessus, alors que t’avais a peine vu la terrible lampe branchée sur la voiture (en 6 volts?!?) aux empattements gauche et droit différents. Souvent à 4 gendarmes dedans ! Cet entrainement de Cdo Yogi… Brutal !

        La lutte contre le braconnage des années 70-80 devrait inspirer pour tout ce qui ressort de la sécurité nationale.

        Et une fois encore : les forces de polices s’adressent aux délinquants, les forces armées aux ennemis. Le lieux ne fait rien à l’affaire.
        C’est un énorme casse-tête pour la sécurité globale. Pas seulement un problème de fermeture de caisse de pandores.

  4. jean luc dit :

    il y as des milliers de site sensible en France difficile de les surveiller tous correctement .

  5. Carin dit :

    C’est très précisément là que le bât blesse.
    Le fait de rester dans le cadre du « légal »…
    On le voit sur la photo d’illustration, nos gars sont contraints par la loi, d’utiliser un fusil brouilleur, qui permet tout juste de couper le flux d’images retour vers l’opérateur du drone, alors que dans ce même helico, se trouve une carabine calibre 7,62, qui détruirait le drone, qui en tombant pourrait occasionner des dégâts matériels ou physiques, renvoyant de facto le tireur devant les tribunaux.
    En gros, l’ensemble des pays subissant ces survols de drones, n’ont pour l’instant qu’une seule réponse à ces incursions, (le fusil brouilleur), en attendant l’état de guerre déclarée, ou le calibre 7,62 prendra le relais.
    La recherche continue, on vise un appareil, capable de non seulement brouiller le flux d’images retour vers l’opérateur, mais aussi de prendre le contrôle du drone, pour le guider vers ceux qui seront chargés d’en étudier la provenance, et les capacités.
    S’il n’y a pas perte du drone, il n’y aura jamais de baisse significative de ces survols de zone sensibles ou dangereuses.

  6. Emile dit :

    Ce devrait être la base de la défense national que d’éviter des survols de site sensible par des personnes aux services de nations étrangères, soi-disantes « amies »…c’est très pratiques pour le renseignement. Quand il s’agit de la sécurité nationale, on se fout du droit…!

  7. Elle-même dit :

    A Monsieur Ksar que nous aimerions recevoir.
    J’ai récemment « croisé » Monsieur Emile ( Lefraiseur ) qui m’a fait part de vous récriminations à l’encontre des sujets de la défunte Lili Beth ( Elisabeth 2 ).
    Non non que non !…….. Monsieur, nous ne pouvons tolérer vos propos à propos de la Politique et les choix de Monsieur Winston Churchill, qui lui pourrait vous en apprendre beaucoup en matière de lucidité devant l’épreuve imposée à un peuple .
    A propos de « l’épreuve », l’autre …… En signe d’apaisement et aux conditions ordinaires, vous êtes toujours convié à nous rendre visite ce jeudi soir à nos séances d’initiation réservées à notre très jeune clientèle.
    Vous permettre plus et comme dirait Monsieur Guy (Roux), serait  » gâcher « .
    Madame Mado.

  8. Roland DESPARTE dit :

    Déjà en 2015 des rapports parlementaires soulignaient la nécessité de renforcer la législation et les contrôles concernant la fabrication et la vente des drones civils, car c’est bien de ces drones qu’il s’agit majoritairement concernant la violation des espaces aériens protégés (Cf. Les drones et la sécurité des installations nucléaires, Rapport parlementaire déposé le 29 janvier 2015). Les accusations portées contre la Russie n’étant que le masque de l’incompétence des services de l’État à contrer cette menace, car à ce jour il faut bien admettre qu’aucune preuve d’ingérence d’une puissance étrangère n’a été formellement apportée, ce qui n’a pas empêché Le Monde de titrer « La guerre hybride menée depuis plusieurs années par Moscou se fait plus menaçante avec les survols de drones »…
    Outil de prédilection de mouvements dits écologistes et/ou anticapitalistes, le drone est devenu un vecteur médiatique, ainsi que l’a démontré le chaos du 13 septembre 2019 à l’aéroport d’Heathrow (R-U) où des militants de l’organisation Extinction Rebellion ont neutralisé le trafic aérien en utilisant des drones [Selon un porte-parole de l’organisation, entre 50 et 100 activistes étaient en possession d’un drone]. Greenpeace n’est d’ailleurs pas en reste, ainsi que l’atteste le lancement d’un drone contre la centrale nucléaire du Bugey…
    Pour la communauté des fabricants de drones, le développement du marché des drones civils s’accompagne inéluctablement d’une augmentation de leur utilisation à des fins illicites, et il faut bien différencier les drones militaires et les drones civils « hors la loi ». Des propositions existent. Les antennes utilisées pour les communications en 5G des téléphones portables pourraient servir de radars pour mieux repérer les drones, les suivre, si nécessaire les neutraliser, et identifier les malveillants… Certains députés proposent également d’abaisser à 100 grammes, contre 250 grammes actuellement, le seuil au-delà duquel l’enregistrement est obligatoire [Cf. la miniaturisation des drones ; on trouve dans le commerce de nombreux drones de 249 grammes]. Encore faudrait-il que la Commission européenne valide ces processus d’identification et règlementations pour garantir la capacité des Etats membres à stopper un drone qui s’approcherait d’une zone sensible, interdite de survol, comme une centrale nucléaire ou une base militaire stratégique. Quant aux drones lourds, potentiellement militaires, les protocoles en cours au sein de l’Union européenne ne recommandent toujours pas de les abattre systématiquement.
    Faute de crédits suffisants, le déploiement de “drone anti-drone Rapid Eagle“ avance à la vitesse de la tortue. « Conçu pour détecter, suivre et neutraliser les drones hostiles, sa capacité de réaction rapide et ses systèmes de brouillage et d’interception en font pourtant un outil essentiel pour la sécurité et la défense ».
    Drone anti-drone Rapid Eagle – © Ministère des Armées :
    https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/eurosatory/Rapid-Eagle.pdf