L’US Air Force veut augmenter de 25 % la cadence de production de son futur bombardier stratégique B-21 Raider

En janvier 2024, le Pentagone notifia un contrat à Northrop Grumman afin de lancer la production à « cadence réduite » [LRIP – Low Rate Initial Production] du bombardier stratégique de 6e génération B-21 « Raider », lequel venait d’effectuer son vol inaugural en décollant de l’Air Force Plant 42 [AFP42] de Palmdale [Californie] pour rejoindre la base aérienne d’Edwards. Le nombre d’appareils devant être produits n’avait pas été précisé.

Deux ans plus tard, grâce à un financement de 4,5 milliards de dollars obtenu via la loi de réconciliation budgétaire [encore appelée « One Big Beautiful Bill Act »] promulguée le 4 juillet 2025, l’US Air Force et Northrop Grumman sont convenus d’augmenter de 25 % la cadence de production du B-21 « Raider ». L’annonce a été faite via un communiqué publié le 23 février.

« Le B-21 est fondamental pour notre capacité de frappe à longue portée et pour une dissuasion crédible », a fait valoir Troy Meink, le secrétaire à l’US Air Force. « L’accélération de la production nous permet de fournir plus rapidement une capacité opérationnelle aux commandants de nos forces armées, renforçant ainsi notre aptitude à devancer, dissuader et, si nécessaire, vaincre les menaces émergentes. Il s’agit d’une mise en œuvre rigoureuse, au rythme qu’exige le contexte sécuritaire », a-t-il ajouté.

Selon la même source, le premier B-21 opérationnel devrait rejoindre la base aérienne d’Ellsworth [Dakota du Sud] en 2027.

Cette accélération de la cadence de production du B-21 « témoigne de notre confiance dans la performance du programme et la stabilité de la base industrielle », a souligné le général Dale R. White, directeur des systèmes d’armes majeurs critiques au département américain de la Guerre.

De son côté, la PDG de Northrop Grumman, Kathy Warden, a fait valoir que ce sont les « excellents résultats du programme B-21 » qui permettent « d’accélérer la production de cette capacité révolutionnaire » pour les États-Unis. En outre, elle a mis en avant l’investissement de « plus de 5 milliards de dollars dans l’ingénierie numérique et les infrastructures de production ».

En outre, a expliqué l’industriel, « l’environnement numérique » qu’il a déployé permet «une planification efficace des essais en vol et une analyse en temps réel des données ». Ce qui « accroît leur cadence et leur efficacité » à mesure que la flotte de B-21 s’étoffe.

D’ailleurs, se félicite Northrop Grumman, les performances observées lors des essais de ce nouveau bombardier stratégique «surpassent les attentes issues des modèles numériques ».

Le nombre de B-21 « Raider » commandés par l’US Air Force est classifié, même s’il a pu être avancé qu’il se situerait autour de 100 exemplaires. Ce qui correspond peu ou prou au format des flottes de B-1B « Lancer » et de B-2 « Spirit ». Mais il n’est pas impossible qu’il soit bien plus important.

Au début de ce mois, une étude du Mitchell Institute for Aerospace Studies a estimé que l’US Air Force aurait besoin de 300 chasseurs-bombardiers de nouvelle génération F-47 et de 200 B-21 « Raider » pour, le cas échéant, contrer la Chine.

« Les guerres de Corée et du Vietnam, comme celle d’Ukraine, ont montré que les armées qui ne peuvent ou ne veulent pas frapper les bases ennemies et autres sanctuaires depuis les airs risquent de s’enliser. Et sans une flotte de combat considérablement renforcée, capable de projeter une puissance aérienne à longue portée en force,les États-Unis pourraient se retrouver confrontés à un danger similaire face à la Chine », a justifié Heather Penney, directrice de recherche au Mitchell Institute for Aerospace Studies.

Or, a-t-elle fait observer, la « Chine développe délibérément les capacités et la posture nécessaires pour faire de l’ensemble du Pacifique occidental son sanctuaire. Et l’histoire nous enseigne que laisser un tel sanctuaire à un adversaire lui donne la victoire et nous assure la défaite. »

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71 contributions

  1. Bastan dit :

    Et pendant ce temps, l’Europe s’enlise dans des chamailleries, mais veut mener une politique digne des plus grandes puissances et se passer du parapluie américains. Mais le croient ils eux même?

    • Singulier dit :

      Du parapluie américain.

    • Pluriel dit :

      Mais le croient-ils eux-mêmes.

    • Green dit :

      Surtout pendant ce temps des types se lamentent en boucle sur les réseaux à la moindre occasion.

      « l’Europe » a toujours tort, soit elle n’est pas unie, soit elle est fédéraliste. L’Europe fait beaucoup pleurnicher les geignards.

      • Momo dit :

        Pas l’Europe, non.

        C’est l’UE qui fait souffrir les peuples. Une sorte de dictature qui voit des gens non-élus imposer des décisions contre ceux qui le sont, élus.

        Dernier exemple en date le Mercosur mais depuis 20 ans l’oppression gagne un peu tous les jours.
        Avec de merveilleux résultats humains, économiques et politiques qui ont mis l’UE à la tête des organisations qui conduisent l’humanité sur le chemin qui mène vers la lumière.

        Vive la bien-pensance! Gloire à Bruxelles! En prison les hérétiques! Morts aux opposants!
        (Répéter 3 fois à voix forte, le bras gauche en l’air en regardant dans la direction du Manneken Pis).

        • À bon entendeur, salut dit :

          « Quand l’absurde est outré, l’on lui fait trop d’honneur
          De vouloir par raison combattre son erreur »
          Jean de la Fontaine, « Fables » (« Le dépositaire infidèle »)

        • PLDDLE dit :

          « souffrir les peuples », « dictature », « oppression ».

          Votre absence de retenue est à la hauteur de vos obsessions.

    • Jack dit :

      L’article parle d’une augmentation de la production des B-21 pour remplacer des bombardiers hors-d’age et coûteux en maintenance. Quel rapport avec la politique de l’Europe ?

      • Jumping J. Flash dit :

        Aucun, il doit placer ce mot « Europe », de préférence de manière négative car les prochaines élections approchent…

  2. Yvon dit :

    C’est tout de même savoureux de lire qu’en Corée ou au Vietnam, les américains s’étaient enlisés parce qu’ils n’avaient pas voulu (ou pas pu) frapper les bases où les sanctuaires ennemis. Les B52 étaient à l’époque chaque jour à la manÅ“uvre.
    On peut toujours réécrire l’Histoire, mais la réalité est que les américains, avec les plus hautes technologies de chaque époque, ont été vaincus en Corée, au Vietnam, en Afghanistan, .. .
    La réalité effective du B21 est qu’il offre une victoire au complexe militaro-industriel américain.
    Quant à un éventuel conflit futur, les cartes sont entièrement rebatues avec l’arrivée massive des drones de tout milieu, de l’IA, du cyberspace, … et très bientôt du quantique.

    • sonata dit :

      Alors concernant le Vietnam, de mémoire, Hanoi et Haiphong ont été délibérément épargnées par les bombardements, alors que ces deux villes concentraient l’essentiel des industries du Nord Vietnam. Bien sûr, ça n’explique pas la défaite américaine, mais ça n’a pas aidé non plus.

    • Lex dit :

      Il n’y a pas réécriture de l’histoire.
      En Corée comme au Vietnam, les bases d’approvisionnement étaient en Chine ou en URSS, et les Américains n’ont pas voulu passer la frontière pour ne pas déclencher un conflit nucléaire.
      Mac Arthur qui avait prévu un plan de bombardement nucléaire pour isoler la Corée du Nord (une trentaine de bombes sur la cote chinoise et sur Vladivostok) a été débarqué à ce moment là et remplacé par Ridgway.
      https://www.planete-coree.com/bombardement-nucleaire-de-la-coree/

      Au Vietnam, les avions et les missiles sol-air venaient d’URSS, et la production était intouchable politiquement (risque de guerre mondiale nucléaire).
      Les troupes au sol retranchées dans les forêts étaient indélogeable malgré la débauche de bombardement.
      L’intervention au sol étant très coûteuse en hommes, l’opinion publique a fait le reste pour faire interrompre cette guerre.

      Même chose en Afghanistan, approvisionnement à l’étranger difficile à interrompre pour des raisons politiques (Iran, Pakistan, Arabie Saoudite, contrebande en provenance d’ex-URSS) et troupes au sol difficiles à déloger sans pertes importantes, insoutenables pour l’opinion publique actuelle.

      Et toute la technologie du monde n’ira pas déloger un Afghan résolu au fond de sa grotte, à moins de raser la grotte, le pays et tout ce qu’il y a autour. (mais là on s’approche quand même de « Terminator, le jugement dernier », génocide à grande échelle etc…)

    • Fabien Tremm dit :

      La victoire n’est pas tant dans le B-21, mais surtout dans ce budget de 1500 milliards, tellement élevé que les hauts placés cherchent comment ils pourraient dépenser autant d’argent, ne sachant pas quoi en faire.

    • NewChallenger dit :

      Révisionnisme Eco+

    • Kantaten**** dit :

      Eh oui, Yvon, votre commentaire est frappé au coin du bon sens, une des choses les moins bien partagés du monde. La bataille d’Angleterre, Dresde et autres , c’est quasiment fini.

    • jean luc dit :

      Cette citation, souvent attribuée à
      Général de Gaulle ou plus récemment à Hervé Morin, souligne une vérité historique : la force physique peut contrôler un territoire, mais seule la conviction peut conquérir les esprits.
      Elle s’inscrit dans la lignée de plusieurs grandes pensées sur la puissance du verbe face au fer :

      Napoléon Bonaparte lui-même (pourtant maître des chars de son époque) reconnaissait : « Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit. À la longue, le sabre est toujours battu par l’esprit. »
      Victor Hugo abondait dans ce sens en affirmant qu' »on ne résiste pas à une idée dont l’heure est venue. »

      Pourquoi est-ce pertinent ?

      La résilience : Une idée est immatérielle ; on peut emprisonner celui qui la porte, mais pas la pensée elle-même.
      La légitimité : La violence crée du ressentiment, tandis qu’une idée supérieure crée de l’adhésion.
      L’histoire : De la chute du mur de Berlin aux révolutions pacifiques, les changements durables naissent rarement de la seule force brutale.

      • Van de Walle dit :

        Le Général est mort en 1970.
        Le général de Gaulle est mort en 1970.
        Charles de Gaulle est mort en 1970.

        Attribuée au général de Gaulle.

    • Ari dit :

      Dire qu ils ont été vaincus en Corée est faux,la Corée du Sud existe bien,non
      Par ailleurs au Vietnam,ils ont préféré mettre un terme à la guerre ,trop de coûts ,notamment en interne,mais au niveau des capacités ils pouvaient rayer le Vietnam,comme l afghanistan… En fait ils n étaient pas prêts à gagner à tout prix.

    • Dans le Bayou dit :

      Ils ont été vaincus en Corée ? Cette guerre ressemble beaucoup plus à un match nul.

      • mich dit :

        Ils ont surtout été vaincus politiquement de l’intérieur, et par la finance.

      • tschok dit :

        En fait la guerre de Corée est une victoire américaine, mais qui n’a pas été totale. Les Américains ont dû faire deux concessions importantes :
        – Politique : ils ont été contraints de laisser survivre un régime communiste, qui est devenu depuis une dynastie fouteuse de bordel dans la région
        – Stratégique : ne pas reconquérir le nord du pays, parce qu’en face il y avait deux grandes puissances (Chine et URSS) qui s’y opposaient, en particulier la Chine

        Mais à la base, ils sont parvenus à enrailler le projet d’invasion de la Corée par les forces communistes et ils ont méchamment dérouillé les Nord-Coréens qui, à l’époque, étaient plus riches, plus évolués que les Sud-Coréens.

        Quelques décennies plus tard, le Sud a pris l’ascendant sur le Nord. La victoire américaine, elle est là.

        Au Vietnam, en revanche, ils ont tout perdu : le Nord a bouffé le Sud et le pays tout entier a basculé dans le communisme. Mais, là encore, ils les ont sévèrement dérouillé et le pays a sombré dans un sous-développement relatif dont, aujourd’hui encore, il a du mal à se relever.

    • Oui mais non dit :

      Les Américains n’ont pas bombardé en permanence les centres névralgiques nord-vietnamiens. Si cela avait le cas, il ne serait rien resté d’Hanoï.

      Quant à dire qu’ils ont perdu en Corée, c’est une étonnante présentation de l’histoire…

    • Et ta sÅ“ur ? Elle bat le beurre ! dit :

      Rebattues.

    • JFM dit :

      « On peut toujours réécrire l’Histoire, mais la réalité est que les américains, avec les plus hautes technologies de chaque époque, ont été vaincus en Corée, au Vietnam, en Afghanistan, .. . »
      Politiquement oui…….. mais militairement, C’EST FAUX !

    • Nicolas sambart dit :

      oui mais le retex de l’Ukraine et de la deuxième guerre mondiale mettent en évidence que si vous stoppez les moyens de productions de munitions missiles et des différents effecteur. là vous prenez l’avantage, toujours à la condition d’avoir une solide force terrestre d’attaque. ce n’est pas dans le cas d’une tactique de guérilla que ce matériel est fait. mais si un jour il y aurai en face en cas de tentative d’invasion de Taïwan par la Chine. Soit une attaque frontale de masse. reste à déterminer si ces avions ne seront toujours pas in detectables face à des moyens en plus rapide évolution que l’aviation classique. Car un avion est furtif par le sol mais qu’en sera t il par l’espace avec les liaisons et détections satellitaires accouplé à l’ia dans 3 à 5ans?

    • Pascal, (l'autre) dit :

      @Yvon « les américains s’étaient enlisés parce qu’ils n’avaient pas voulu (ou pas pu) frapper les bases où les sanctuaires ennemis.  » Je vous invite à lire (il doit encore se trouver) l’ouvrage les crêtes de la mortdu Col Jack Broughton pilote de F 105 pendant la guerre du Vietnam et vous comprendrez pourquoi les U.S. ont perdu la guerre (du moins partiellement)
      https://en.wikipedia.org/wiki/Jacksel_M._Broughton
      https://m.media-amazon.com/images/I/81ikUvL+0RL._SL1500_.jpg
      (La petite histoire raconte qu’un peu grande g….. car « fustigeant » les choix militaires e politiques assez souvent ubuesques en matière d’opérations aériennes il a été plus ou moins « saqué » de l’Air Force par un certain Chuck Yeager alors président d’une commission de discipline!
      https://en.wikipedia.org/wiki/Chuck_Yeager

    • Conjonction dit :

      Conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car.
      Ou, pas où.
      Frapper les bases ou les sanctuaires ennemis. Pas « les bases où les sanctuaires ».
      Merci.

  3. Fralipolipi dit :

    Enfin un programme US qui avance dans les temps !!!
    Tant mieux. Car clairement, pour les US, et pour assurer toutes les missions qu’ils s’assignent, comme la protection de Taiwan ou de la Corée du Sud (entre autres exemples), de tels bombardiers sont (ou seraient) totalement indispensables.
    .
    Et comme certains généraux US clament que la Chine pourrait entrer en action militaire dès 2028, il devient capital que ce programme B-21 Raider arrive à l’heure … et même plutôt en avance !
    D’où cette récente remise au pot de 4,5 milliards de $ de la part du Pentagone, pour financer cette accélération de programme de 25%.
    Comme c’est tout sauf gratuit … c’est que cela doit vraiment être perçu comme stratégique.

    • G dit :

      Oui vous avez raison ils misent énormément sur cet avion, davantage perçu comme un croiseur volant que comme le simple successeur des B-2 et B-1. L’avion est effectivement très prometteur, et le programme un beau succès jusqu’ici.

  4. Robmac dit :

    Les Américains auraient bombardé la Corée et le Vietnam ? Non ! Je ne veux pas le croire.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Restez en au macramé ou suivez « silence ça pousse » vous verrez ça ira mieux!

  5. HMX dit :

    Question sans doute iconoclaste, ou prématurée, mais je me demande si les européens n’auraient pas intérêt, dans les années qui viennent, à une envisager une coopération sur un projet de bombardier stratégique. Des réflexions sont déjà en cours sur un avion de transport stratégique (projet SATOC), donc pourquoi pas sur un bombardier ?

    Contrairement aux avions de combat, où chacun se bat pour sauvegarder ses compétences et ses parts de marché, un tel programme, sur un « objet » qui n’existe pas encore en Europe, aurait davantage de chances d’aboutir sans psychodrame, l’enjeu n’étant pas le même.

    Dans le détail, l’Europe pourrait probablement se satisfaire d’un bombardier furtif « low cost » (tout est relatif !), en tout cas beaucoup moins coûteux que le B21 ou a fortiori le B2, sans rechercher nécessairement l’atteinte de performances ultimes, ou de la furtivité la plus aboutie. Et pour réduire encore les coûts, cet avion devrait tout simplement être… un drone, donc sans équipage embarqué.

    Concrètement, on pourrait imaginer une aile volante de 20/30 tonnes à vide, capable d’emporter une charge d’au moins 10-12 tonnes sur 10 000km, des caractéristiques proches du B21, dont il reprendrait la forme générale, mais pas nécessairement les raffinements technologiques les plus coûteux (capacités réseau, matériaux ultra-absorbants radar, moteurs spécifiques…).

    L’échelle n’est bien sûr pas la même, mais les travaux en cours sur le drone « Neuron NG », futur UCAV du Rafale F5, pourraient aider à améliorer à moindre coûts la furtivité d’un tel bombardier : géométrie, masquage des entrées d’air, travail sur la forme des bords d’attaque, furtivité IR, etc… L’engin serait par exemple motorisé avec des turboréacteurs disponibles sur étagère, issus du monde civil et des avions de ligne, avec quelques modifications pour les adapter à l’appareil. L’idée générale serait de conserver tout ce qui est « rentable », ne nécessitant pas de développement trop longs et coûteux, pour réduire la signature d’un tel appareil. En faisant l’impasse sur le reste, en toute connaissance de cause. On appliquerait ainsi la loi de Pareto, selon laquelle « 80% de la valeur globale est produite par 20% des unités les plus importantes ».

    On pourrait ainsi obtenir un « B21 du pauvre », certes moins performant que l’original, mais à un tarif très éloigné et beaucoup plus accessible (100 à 150M€ l’unité ?), mais néanmoins capable de réaliser 80% des missions susceptibles d’être confiées à ce dernier. Et acquérir au passage une précieuse capacité de bombardement stratégique intercontinentale, renforçant ainsi la dissuasion conventionnelle européenne.

    • G dit :

      Developper rapidement et en grande quantité des munitions modernes et à longue portée pour une variante allégée de l’A321 MPA (sans ses équipements ASM) serait faisable plus rapidement, pour moins cher et donnerait un bombardier stratégique abordable, flexible et tout à fait acceptable, promis à un beau succès chez nous et nos alliés.

    • François 01 dit :

      J’ ai eu la même réflexion concernant la coopération européenne. Si tous les membre de l’UE investissaient dans le même avions de chasse, ils auraient assez de budget pour se payer un bombardier stratégique. Ça donnerait du boulot à d’avantage d’avionneurs, les un se chargeraient du chasseur, les autres du bombardier stratégique, plutôt que de s’écharper sur la répartition du travail sur un même projet.
      Mais avec des « si « …
      Il y a quelques années nous avions bien notre bombardier stratégique avec le Mirage IV (la furtivité n’existait pas encore). Dans les avant projets, Dassault avait même proposé une variante plus grande donc avec davantage d’allonge (Mirage IV-B de masse max de 57t contre 32t pour le projet sélectionné)
      En revanche je ne suis pas convaincu par une version drone d’un bombardier stratégique, d’autant que pour la France, il devrait porter l’arme nucléaire.

    • Fralipolipi dit :

      @HMX
      Côté aile volante furtive, faisons déjà notre drone UCAV (nEUROn) polyvalent. On verra après.
      .
      Côté bombardier, pour la France, et si vraiment requis (par exemple pour un coup de feu très lointain), je verrais plutôt un usage secondaire des futurs A321XLR Patmar, avec leur grande soute à munitions + missiles de croisière (of course) … pas de l’AASM (trop court), même pas en future version XLR.
      .
      Sinon, côté européen, il y aurait plutôt un intérêt pour s’entendre soit sur un A200M (bimoteurs), soit (ou aussi) pour du bcp plus loud, du format des C5 Galaxy et An124 … avec hélas un marché bien maigre (donc probabilité très très faible).

      • Singulier dit :

        Un A200M bimoteur.

      • HMX dit :

        @Fralipolipi
        L’A321 MPA est encore en phase d’études et de définition, donc on ne connaît pas encore précisément ses caractéristiques, et notamment sa charge utile. Il semble cependant qu’Airbus ait renoncé à créer une baie interne, pour créer un carénage ventral, sous la partie arrière du fuselage. Quant à en faire un bombardier d’appoint, je reste sceptique : d’abord, cet avion va coûter cher compte tenu de tous les capteurs qu’il emporte. Ensuite, il n’est vraiment pas furtif : mauvais point, à l’heure des missiles air-air à très longue portée… enfin, c’est un avion, un vrai, avec un équipage dedans (par ailleurs nombreux : 10 à 15 personnes pour les missions longue durée !) qu’on aura pas envie d’exposer au risque… Pour décoller d’un point A, suivre une route prédéfinie et aller larguer des missiles à un point B, un drone pourra le faire 95% du temps…

        Le « B21 du pauvre » (il faudrait peut être lui trouver un nom plus accrocheur !) que j’évoque ci-dessus est à mon sens un concept qui pourrait intéresser plusieurs pays européens. L’engin resterait furtif, ou du moins très discret, donc capable de missions de pénétration en zone contestée, avec une bonne capacité d’emport, et un coût limité (pas beaucoup plus cher qu’un chasseur), ce qui permettrait aux pays concernés de se doter d’un format de flotte significatif.

        Dans la même veine, et « encore moins cher », j’évoquais également un concept de « brouette volante » : un avion de transport dronisé, inspiré par exemple du C160 Transall (ou un dérivé dronisé de l’ATR 72) : bimoteur ultra low-cost avec rampe arrière, réutilisant des moteurs et sous-systèmes déjà existants sur d’autres avions, avec une conception axée sur la rusticité. Cet appareil viserait une charge utile de 15-20 tonnes, et un rayon d’action supérieur à 5 000km, pour un prix inférieur à 20M€. Sa mission de base serait évidemment le transport de fret. Mais rien n’empêcherait de développer un kit d’aménagement de la soute (équivalent au kit Rapid Dragon développé par LM sur C130), pour le transformer en bombardier lance-missiles de croisière.

        L’engin n’aurait évidemment aucune prétention à la furtivité (en tout cas pas davantage que l’A321MPA…) mais il pourrait au besoin être employé en nombre, pour créer de la masse (utile notamment au début d’une campagne aérienne quand il faut frapper simultanément un grand nombre de cibles), et la perte de quelques exemplaires en cours de mission ne constituerait pas un drame absolu…

        • G dit :

          L’A321 MPA coûte relativement cher (quoique, comparé à un bombardier moderne), emporte nombre de capteurs et nécessite un équipage important pour des missions de patrouille maritime justement. Pour du bombardement on imagine qu’il serait en partie délesté… sans coûts de développement additionnels autres que la qualification des munitions, ce qui est sans doute son plus grand avantage.

        • G dit :

          « il pourrait au besoin être employé en nombre »… Tout à fait -et en attendant que vienne ce jour-là, ils seraient rentabilisé à faire leur job normal d’avion de patrouille maritime polyvalent à long rayon d’action. Si cela peut décider à acheter un peu plus d’A321 MPA que prévu, pourquoi pas en effet ?

      • G dit :

        Patmar, bombardier, ravitailleur, pc volant, lanceur spatial ou autre, une des clés du succès de cet avion et de ses futures variantes est de prévoir suffisamment de points d’emport extérieurs, dès à présent.

    • tschok dit :

      @HMX,

      Pourquoi pas, mais l’Europe qui voudrait d’un tel bombardier furtif n’existe pas.

      Un bombardier stratégique est le genre d’engin qui intéresse les acteurs stratégiques dotés d’un imperium, c’est-à-dire de la volonté d’influencer leur environnement stratégique, y-compris lointain, au besoin par la force, pour le dominer. C’est justement ce que n’a pas l’Europe, qu’on la considère sous un angle institutionnel, avec l’UE, ou simplement comme un ensemble de pays dans un espace géographique défini, liés ou non par une alliance militaire (Otan).

      En clair, c’est une arme de domination. Qui a des bombardiers stratégiques aujourd’hui dans le monde ? Les puissances impérialistes (Etats-Unis, Chine, Russie).

      Est-il possible de concevoir un bombardier stratégique « non-impérialiste » ? Oui, sans doute. Mais pourquoi faire ? Vous-même, vous êtes obligé de tordre le concept en le dronisant, en lui mettant des moteurs civils et en disant qu’il est low cost. Mais ça ne change rien, finalement, parce que ça reste une arme conçue pour péter la gueule d’un mec à l’autre bout du monde pour lui imposer votre volonté par la force. Si vous vivez dans un espace géographique où personne n’en éprouve le besoin, personne ne le fera, votre bombardier stratégique.

      Faut avoir l’esprit qui va avec, quoi.

      • G dit :

        Tout à fait, c’est comme s’imaginer que nos voisins seraient prêts à envisager de cofinancer une deuxième moitié de groupe aéronaval : Ils n’en ont tout simplement rien à faire, point à la ligne.

      • Diptérosodomite dit :

        Y compris (sans trait d’union).

  6. MAS 36 dit :

    Et pour la submersion des USA par le Fentanyl quel type d’avions ? Les arrières du « front » sont toujours négligés, à tort surtout de nos jours.

  7. Nicolas80 dit :

    Autant racheter des B1 pour avoir une escadre de Bombardiers lourds. Avec le rafale ça peut être du pain béni.

  8. Rogger dit :

    bonjour. bon ils est vrais que de disposer d’une forte force de bombardement sur les arrière de l’ennemi n’est pas un avantage négligeable… surtout si celui si n’as pas la capacité de protéger sont territoire des incursion aériennes ou s’ils nn’as pas assez de profondeur stratégiques…
    Maintenant certain pays envisagent différents moyens de protection..
    ( dispersion des moyens de protection, enfouissement ou zone secrète) .
    Dons tous les cas ce bruit de botte enrichissent les propriétaires des usines d’armement dans le monde entier…