Le troisième Avion léger de surveillance et de renseignement sera déployé en permanence à Djibouti

En 2016, la Direction générale de l’armement [DGA] notifia la commande de deux Avions légers de surveillance et de renseignement [ALSR] au tandem formé par Sabena Technics et Thales afin de compléter les capacités des drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] MQ-9 Reaper de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE]. Et cela alors que la Loi de programmation militaire [LPM] 2014-19 prévoyait l’acquisition de trois appareils.

Jusqu’alors, la capacité dite ISR léger [ISR pour renseignement, surveillance, reconnaissance] reposait sur des avions loués auprès d’un prestataire privé, CAE Aviation en l’occurrence.

Ayant anticipé un besoin accru en matière de capacités ISR, la LPM 2019-25 porta à huit le nombre d’ALSR devant être mis en Å“uvre par l’AAE.

Le programme ayant pris du retard, et alors qu’un troisième exemplaire venait d’être commandé au titre du plan gouvernemental de soutien à la filière aéronautique, les deux premiers ALSR furent livrés au 54e Escadron électronique aéroporté 1/54 « Dunkerque » en 2020 avant d’être déclarés opérationnels, sous le nom de VADOR [pour « Vecteur aéroporté de désignation, d’observation et de reconnaissance »], deux ans plus tard. Ils sont désormais exploités par l’escadron 4/33 Périgord, basé à Cognac.

Seulement, la LPM 2024-30 a ramené la cible des ALSR à trois exemplaires, l’AAE ayant estimé que la location d’avions auprès de prestataires privés n’était finalement « pas une mauvaise solution », en raison de difficultés à « faire progresser les capacités de l’ALSR patrimonial ». D’ailleurs, en décembre dernier, c’est un King Air 350 Extended Range, appartenant à CAE Aviation, qui été utilisé par les forces françaises pour mener des missions de renseignement lors d’une tentative de putsch au Bénin.

Quant au troisième « Vador », il aurait dû être livré à l’AAE en 2023. Il le sera, du moins en théorie, dans le courant de cette année, selon le Projet annuel de performances [PAP] mis en annexe de la Loi de finances 2026. Et cela, suite à un « recalage contractuel ».

A priori, cet appareil ne sera pas affecté à Cognac, comme ses prédécesseurs. Dans son avis budgétaire sur le programme 178 « Préparation et emploi des forces – Air », le député Frank Giletti [RN] avait indiqué que l’AAE étudiait « les modalités d’un déploiement ultérieur d’un avion léger de surveillance et de reconnaissance modernisé » sur la base aérienne [BA] 188 de Djibouti, où sont actuellement affectés trois Mirage 2000-5, deux Mirage 2000D RMV et deux hélicoptères H225M Caracal [en remplacement des Puma].

A priori, cette étude est terminée. En effet, dans le dernier numéro d’Air Actualités, le commandant de la BA 188, le colonel Maximilien Debrenne, a confirmé l’arrivée prochaine d’un ALSR.

« Les évolutions majeures [des infrastructures de la base] sont liées aux moyens aériens, avec l’arrivée des H225M Caracal à la place des Puma, des Mirage 2000D en complément des Mirage 2000-5 et du Rafale en 2027, sans oublier le déploiement permanent d’un avion léger de surveillance et de renseignement », a en effet déclaré le colonel Debrenne.

Outre le renouvellement des aéronefs, la BA 188 verra sa chaîne de détection et ses capacités C2 [commandement et contrôle] être modernisées, avec l’installation d’un radar GM200 et d’un système CT-NG [Contrôle Tactique – Nouvelle Génération].

Pour le moment, les deux VADOR du 4/33 Périgord sont notamment utilisés pour des vols ISR à l’est de l’Europe. En 2024, selon des chiffres du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes [CDAOA], l’AAE a effectué 160 missions de renseignement dans cette région [soit 900 heures de vol]. Missions qui peuvent être effectuées par des ALSR, des drones Reaper, des E-3F AWACS [avec leurs Mesures de soutien électronique] et des Mirage 2000D dotés d’une nacelle ASTAC.

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25 contributions

  1. François 01 dit :

    Je suppose que les Hawkeye et les Atlantic 2 de l’aéronavale peuvent également procéder à des missions de renseignement électronique ?

  2. Kantaten**** dit :

    Vador, victime des skywalkers « drones » à très longue endurance et bien moins chers ? Be shure.

  3. ji_louis dit :

    Information (merci encore monsieur Lagneau ) à mettre en regard de l’agitation dans les pays de la région (houtis du Yémen, agitation érythro-étiopienne, conflit soudais, inquiétudes égypto-tchadiennes, etc).

  4. OSS 117 bis dit :

    Allez allez……..
    Donc ils servent.
    Deux ou trois VADOR en plus et l’ensemble AAE/DRM/DGSE pourra être à l’aise pour effectuer ses discrets et ingrats travaux

  5. AAE en colère dit :

    Comment peut-on comparer les Vador, dont la définition date de 2015, sans VSAT, sans boule optronique performante avec des B350ER de CAE-Aviation équipés de capteurs derniers cris, d’un système de mission optimisé et en cours de mise en place d’une Starlink ?
    Actuellement, les Vador servent essentiellement d’avion d’entraînement pour les pilotes du 4/33…
    A tel point que la DGA réfléchit à lancer un appel d’offre pour entièrement rénover les VADOR…auquel tout le monde espère que CAE-Aviation répondra !!!

    • Roland DESPARTE dit :

      @AAE,
      Tout comme Laurent Lagneau vous évoquez la très discrète société CAE AVIATION basée au Luxembourg.
      Fondée en 1971, cette structure privée est spécialisée dans les services aéronautiques, notamment la surveillance aérienne et la reconnaissance ISR pour laquelle elle a la réputation d’être un leader européen ; les forces armées la qualifie souvent « d’œil dans le ciel » ; et pour ses opérations dites “non commerciales“, travaillant officiellement sous licence européenne EASA-Part SPO (Specialized Operations), l’immatriculation de ses aéronefs n’est pas obligatoirement requise.
      L’entreprise emploie environ 160 personnes, principalement des anciens militaires, et opère une flotte de 26 appareils adaptés pour l’ISR, des Beechcraft King Air, Fairchild Metro et Saab 340B.
      Agissant comme un prestataire privé pour combler des besoins opérationnels, il est notoire que CAE AVIATION entretient des liens étroits avec la DGSE depuis 2010, et officiellement depuis 2023 avec la DRM [La DRM a engagé CAE Aviation pour fournir un appareil et des services ISR en attendant la mise en service du programme Archange ; ainsi un Saab 340 équipé de capteurs AGOMS (Air Ground Operational Management System) est régulièrement utilisé par l’Armée française pour des missions de renseignement] ; citons par exemple les missions réalisées en Afrique et au Moyen-Orient [Tchad, Côte d’Ivoire, Burkina, Togo, Liban, Syrie, …].
      Cependant, d’autres missions sont réalisées [Surveillance aérienne, terrestre et maritime, détection d’incendies de forêt et relevés géophysiques] au bénéfice de l’OTAN, de l’EUFOR (l’European Union Force), ainsi que divers ministères européens et agences internationales. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, certains citent l’Opération Sirli (2016-2019) en Égypte, où une équipe d’anciens militaires français (deux pilotes et quatre techniciens) ont mené avec un avion Merlin III une opération clandestine [initiée par la DRM] au profit des Services [égyptiens] de la Sécurité de l’État ; une “affaire“ révélée en 2021 suite aux bombardements effectués par l’armée de l’air égyptienne à la frontière libyenne.
      A noter que l’entreprise collabore avec des partenaires comme l’allemand HENSOLDT, et ce pour équiper sa flotte de radars de surveillance multimissions avancés ; tel le radar multimodale PrecISR qui intègre plusieurs modes SAR (Synthetic Aperture Radar = Imagerie haute résolution pour la reconnaissance de cibles fixes), ISAR (Inverse de SAR = Imagerie de cibles mobiles, comme des navires), MTI/GMTI/SMTI (Moving Target Indicator = Détection et suivi de cibles mobiles au sol, en mer ou en air). Opérant en bande X avec une architecture AESA GaN, PrecISR offre une surveillance à 360° sur environ 370 km. Pour info, en termes de capacités ISR avancées, Thales propose un équivalent au PrecISR ; le SEARCHMASTER ; mais concernant le Vador, la majorité de ses équipements sont dits “classifiés“.

      • Panda dit :

        Roland DESPARTE : Vous avez bien raison de rappeler les nombreux pays d’Afrique où opèrent ces appareils : c’est même un des signes majeurs de la continuation d’une  » françafrique » qui ne s’est jamais interrompue.
        L’intervention française immédiate et discrète, si discrète, au Bénin lors des « événements » récents, en est une des preuves .
        Tchad, Côte d’Ivoire, Burkina, Togo, Bénin, quelques-uns des prés carrés français en Afrique ..
        L’avantage, c’est la facilité des interventions, qui permettent à nos armées d’avoir un terrain d’exercice valorisant, à peu de frais…

      • Pluriel dit :

        Les forces armées la qualifient.

  6. Anthonyl dit :

    on sait tous que le choix du patrimonial dans ce domaine fut une erreur grandiose… CAE a la capacité de faire évoluer les plateformes plus rapidement …

  7. Dam dit :

    Ils sont blanc plus discret
    Ce n est qu une question de temps pour que nous voyons un des ces King peint en noir ou gris
    Nous aurons alors
    Dark Vador

    • Kobayashi Maru dit :

      DarTh VadER et lord,svp, vous n’avez pas élevé les cochons ensemble même français

  8. JeanS dit :

    Du moment qu’il ne reste pas dans le noir……

  9. Jy suis jaurès je dégage dit :

    base légère, avion léger.
    on est coupables de n’avoir pas amené le tramway et la fibre optique à djigouti!

  10. Mamie Coca dit :

    Le 3e ALSR VADOR a été endommagé dans le hangar de Sabena à Bordeaux lors d’une tempete l’an dernier. Pas sur qu’il soit réparé …
    Et Sans AIS et sans radar maritime, il ne servira pas à grand chose …

    • Srcogneugneu dit :

      Pour laisser tomber quelque chose c’est l’alibi idéal.
      Rappel : Les assurances ne sont pas une invention d’aujourd’hui ni de l’année dernière.
      Enfin du genou comme le ou les porteurs sont récents, des équipements nouveaux, mais dans des limites, cela peut se rajouter.
      Mais on ne peut pas faire des miracles.

  11. Bobby dit :

    Il y a aussi un Casa affecté en permanence à Djibouti.
    Bien que son déploiement sur un autre site OM que Djibouti serait sûrement plus intéressant et plus utile…