Le Service de soutien de la flotte a confié à Naval Group l’entretien des deux premières frégates de défense et d’intervention

La semaine passée, via un récapitulatif de contrats qu’elle a notifiés en 2025, la Direction générale de l’armement [DGA] a confirmé avoir commandé, auprès de Naval Group, une quatrième frégate de défense et d’intervention [FDI] pour le compte de la Marine nationale. Frégate qui ne devrait pas être livrée avant 2031, à moins qu’il en soit décidé autrement à la faveur de l’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30.

Pour rappel, la première frégate de la série, l’Amiral Ronarc’h, vient d’entamer son déploiement de longue durée [DLD] en vue de son admission au service actif. Quant à la seconde, l’Amiral Louzeau, elle sera livrée à la Marine en 2027.

Jusqu’à présent, aucun industriel n’avait été désigné pour assurer leur maintien en condition opérationnelle [MCO]. C’est désormais chose faite, le Service de soutien de la flotte [SSF] l’ayant confié à Naval Group.

S’il peut sembler logique de confier l’entretien d’un navire à l’industriel qui l’a construit, il n’en est rien en réalité car, pour optimiser la disponibilité des navires de la Marine, le SSF met les industriels en concurrence. Ce qui fait que, ces dernières années, il a choisi d’autres prestataires que Naval Group pour le MCO des frégates de type La Fayette [FLF] et celui des deux Frégates de défense aérienne [FDA] de type Horizon. Ce que l’industriel a moyennement apprécié.

En effet, en 2022, Naval Group avait vainement saisi le tribunal administratif pour contester la décision de confier le MCO des deux FDA aux Chantiers de l’Atlantique, en faisant valoir que le SSF avait « rompu la confidentialité […] en divulguant aux candidats des documents et informations lui appartenant qu’il n’était pas autorisé à diffuser ».

Quoi qu’il en soit, selon le communiqué qu’il a diffusé le 11 février, Naval Group va donc assurer le MCO de l’Amiral Ronarc’h et celui de l’Amiral Louzeau pendant quatre ans.

« Naval Group est engagé au quotidien et sur le long terme aux côtés du Service de soutien de la Flotte, qui nous renouvelle à travers ce contrat sa confiance, pour garantir la meilleure disponibilité à la mer des navires et permettre à la Marine nationale d’assurer ses missions opérationnelles sur tous les théâtres d’opérations », s’est félicité Pierre Éric Pommellet, le PDG du constructeur naval.

Selon les termes du contrat attribué par le SSF, Naval Group sera chargé d’assurer « la préparation et la réalisation des arrêts techniques, comprenant les travaux de maintenance préventive, corrective et les évolutions répondant aux besoins opérationnels de la Marine nationale ». En outre, l’industriel s’appuiera sur ses partenaires, en particulier Thales, pour l’entretien de certains équipements intégrés au système de combat des navires.

Faute de disposer d’un nombre suffisant de navires dits de premier rang, la Marine nationale ne peut miser que sur une disponibilité optimale de ses frégates pour tenir ses contrats opérationnels. Ce qui ne va pas sans effort.

« Cet effort, qui a pris de nombreuses années, porte ses fruits aujourd’hui. J’ai la chance d’avoir entre 75 et 80 % de disponibilité en parc. C’est quelque chose qui est très très dur à obtenir objectivement. Ce qui fait que chaque bateau est employé au maximum de ce qu’on est capable de produire en termes de MCO avec nos industriels », avait expliqué l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale, en octobre 2024.

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15 contributions

  1. VinceToto dit :

    C’est combien les dépenses MCO de la Marine nationale en 2025?

  2. Curieux dit :

    Il n’y a aucun commentaire sous cet article ?

    Les marins sont fous sur le site du « Fauteuil de Colbert » ?
    https://lefauteuildecolbert.blogspot.com/2026/01/marine-nationale-distributed-lethality.html

  3. Roland DESPARTE dit :

    Pas beaucoup de commentaires ? Alors je vais risquer un p’tit coup de gueule pour la Royale…
    Malgré les attrayants propos du discours munichois de notre président [cf. 13/02/2026 : notre «boîte à outils» en matière de défense], certains -comme moi- regrette que de cette “boite“ émane comme un parfum de disette. Car force est de constater qu’il manque des “outils“ à notre Force d’Action Navale, et de regretter l’engorgement actuel des aires de prémontage, bassins d’armement et formes de radoub [Avec des implications sur nos capacités d’exportation…]. Ce qui implique d’aborder un point fondamental et crucial pour notre Marine : les réelles capacités de nos entreprises navales.
    Tout d’abord, pour tous les observateurs, deux pays asiatiques dominent le secteur : la Chine et la Corée du Sud, ces derniers offrant des délais de construction de 1 à 6 ans contre 4 à 9 ans en Occident. Bénéficiant d’économies d’échelle, la Chine -qui vise un objectif de 435 navires d’ici 2030- a une capacité de construction navale 232 fois supérieure aux US selon des rapports de l’US Navy ! Ainsi, des programmes comme les destroyers Arleigh Burke subissent des retards de 1 à 3 ans en raison de modifications en cours mais surtout de pénuries de main-d’Å“uvre. Dans la même trame, le porte-avions John F. Kennedy [En construction par le 1er constructeur américain : Huntington Ingalls] est retardé de 18 à 26 mois, sa livraison étant repoussée au plus tôt en 2027, alors que le porte-avions chinois Fujian a été livré en 3 ans (lancé 2022 – livré 2025) ; et la Chine accélère encore en robotisation avec l’objectif d’un porte-avions tous les 20-24 mois d’ici 2035 ! A cet horizon, cela devrait permettre à la Chine d’avoir plus de porte-avions dans la zone Pacifique ; et pour les îlots de notre ZEE cela devrait nous mettre du plomb dans la tête…
    En France, NavalGroup dispose de trois sites principaux pour la construction navale militaire : Cherbourg (sous-marins), Lorient (bâtiments de surface) et Toulon (maintien en condition opérationnelle et support logistique). Et sur les trois sites NavalGroup doit gérer l’allongement des délais provoqués par les goulots d’étranglement découlant tant d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée [surtout des soudeurs et ingénieurs spécialisés] que de la complexité technologique associées à des normes de qualité rigoureuses. Cependant, il faut souligner une autre entrave, celle engendrée par des problèmes purement logistiques : les retards fournisseurs, le manque de lignes de soudage robotisées et d’automatisation des tâches [L’un des points forts de la construction asiatique].
    Et ce qui est valable pour NavalGroup l’est tout autant pour les Chantiers de l’Atlantique et les 400 entreprises de notre BITD navale comme CMN (Constructions Mécaniques de Normandie), Piriou ou Socarenam (Société Calaisienne de réparation navale et mécanique), ceci expliquant un “plan de charge“ étendu aux forceps jusqu’en… 2050 !
    Nos industriels ont-ils été imprévoyants ? Non, ce n’est que la conséquence de budgets contraints depuis 40 ans. À son apogée, vers 1985, notre Marine nationale approchait 450 000-500 000 tonnes, avec environ 150 navires majeurs. Aujourd’hui, si notre Royale dispose d’un tonnage équivalent (487 471 tonnes) sa flotte ne compte plus que 70 navires de combat principaux !
    Et que penser de l’indécision récurrente de nos gouvernants ? Car cette récurrence typiquement européenne apparait surtout résulter d’un manque de vision stratégique depuis 40 ans. Un “bel“ exemple des errements de nos petits hommes gris est celui du PA Charles de Gaulle : une décision prise en Conseil de défense en septembre 1980, une décision formelle de réaliser le PA en février 1985, une construction commencée en novembre 1987, une mise à flot en 1999, et une mise officielle au service actif le 18 mai 2001, soit… 21 ans ! En sera-t-il de même pour notre “PANG orphelin“ dont la première découpe de tôle de coque est prévue en… 2031 !
    Si aujourd’hui le Service de soutien à la flotte [SSF] et le système de double équipage permet un taux de disponibilité de nos navires qui masque nos lacunes actuelles, qu’en sera-t-il demain en cas de conflit ? Faudra-t-il de nouveau saborder notre flotte…

  4. Mataf dit :

    Le rythme opérationnel de la Royale, on en parle ?
    https://mars-attaque.blogspot.com/2026/02/conference-navale-de-paris-2026.html