L’armée allemande n’est pas près de recevoir ses premiers blindés de reconnaissance Boxer CRV

En 2018, le ministère australien de la Défense notifia à Rheinmetall une commande de 211 blindés Boxer CRV [reconnaissance et combat] pour 3,3 milliards d’euros, dans le cadre de son programme LAND 400 Phase 2. Mais, pour obtenir ce contrat, le groupe allemand dut accepter de produire 186 de ces véhicules à Brisbane, « avec de l’acier australien ».

Aussi, en 2023, ses forces terrestres ayant exprimé le besoin de disposer de nouveaux blindés de reconnaissance dans les les plus brefs délais, le ministère allemand de la Défense fit part de son intention de nouer un partenariat avec son homologue australien afin de se procurer des Boxer CRV dans la même configuration que ceux mis en Å“uvre par l’Australian Army.

Pour rappel, le Boxer CRV est équipé d’une tourelle LANCE, munie d’un canon MK30-2/ABM de 30 mm, d’une mitrailleuse de 7,62 x 51 mm et, éventuellement, de missiles antichars Spike [ou MELLS, pour Mehrrollenfähiges leichtes Lenkflugkörpersystem].

En mars 2024, le Bundestag ayant donné son feu vert au programme « Schwerer Waffenträger Infanterie », l’Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr [BAAINBw] notifia un contrat à Rheinmetall Australia en vue de se procurer 123 Boxer CRV pour 2,7 milliards d’euros. Les 19 premiers blindés devaient alors être remis à l’armée allemande en 2025.

Seulement, hormis un prototype, livré en mai 2024, la Bundeswehr n’a encore reçu aucun des Boxer CRV commandés. Et ce qui devait être un processus d’acquisition « rapide » risque fort de prendre beaucoup plus de temps que prévu… car la production en série n’a toujours pas démarré.

C’est en effet ce qu’a suggéré le BAAINBw. Selon le site spécialisé allemand Defence-Network, ce dernier a récemment indiqué que « des tests intensifs sont actuellement menés sur le prototype » du Boxer CRV afin de « garantir le respect des critères de performances requis ». Et d’ajouter : « D’éventuels écarts peuvent ainsi être identifiés et corrigés par une mise à niveau avant la production en série ». Ce qui veut dire que celle-ci n’a pas encore commencé.

Pourtant, rappelle Defence-Network, quand ce prototype fut livré, le chef du département des armements au ministère allemand de la Défense, le vice-amiral Carsten Stawitzki, avait mis la pression sur les industriels pour que les 19 premiers Boxer CVR fussent livrés impérativement en 2025. Ce qui n’a donc pas été le cas.

A priori, ce retard n’est pas le fait des industriels… mais du BAAINBw car il est désormais question de « germaniser » les Boxer CVR, contrairement à ce qui fut convenu lors de la notification du contrat.

« L’acquisition de la version australienne du Boxer constituait une option idéale car elle permettait de se procurer un système éprouvé et fiable, donc rapidement déployable au sein de la Bundeswehr, tout en exploitant des capacités de production hors d’Allemagne », rappelle Defence-Network. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

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77 contributions

  1. Ouf ouf dit :

    Le Made in Deutschland en prend un coup…
    Un certain jean luc va nous faire une jaunisse

    • jean luc dit :

      Lit le 6e commentaire, il est limpide, clair et net. jean luc

    • tschok dit :

      Ben non justement.

      La production est délocalisée en Australie, donc on n’est pas dans le made in Germany, par construction.

      Mais surtout, comme l’explique l’article: « A priori, ce retard n’est pas le fait des industriels… mais du BAAINBw car il est désormais question de « germaniser » les Boxer CVR, contrairement à ce qui fut convenu lors de la notification du contrat ».

      Germanisation du blindé en cours de programme, pas prévue au départ, donc nouvelles normes, donc nouvelles procédures de vérification de la conformité, donc bordel, donc nouveau délais.

      Un programme qui devait être rapide et simple devient long et compliqué parce qu’un crâne d’oeuf quelque part dans un bureau d’une administration a décidé sans prévenir personne de faire un truc pas du tout prévu au départ et qui change tout.

      En fait, ça s’appelle de la technocratie et de la bureaucratie:

      – Un technocrate, c’est quelqu’un qui décide à votre place ce qui est bon pour vous sans aucune concertation, même avec sa propre administration et qui en général ne réfléchit pas vraiment aux conséquences de ses décisions.

      – Un bureaucrate, c’est quelqu’un qui découpe la réalité en tranches de plus en plus fines en leur attribuant un régime normatif spécifique (le mille feuilles administratif): si vous changez quelque chose dans un programme en cours d’exécution, vous changez quelque chose dans l’empilement savamment organisé des tranches, ce qui en général fout un bordel monstre.

      Il semblerait que ce programme d’équipement de l’armée allemande passe par sa phase techno/bureaucratique. Ca arrive souvent et c’est un moment très périlleux. Ca peut vous ruiner un programme, même très bien conçu au départ.

      C’est une pathologie courante qui touche toutes les administrations du monde. Et c’est pas la plus méchante, franchement. Vous avez des administrations qui, par rapport à certains programmes, sont carrément dysfonctionnelles. Regardez l’administration de l’armée française par rapport au logiciel Louvois, par exemple…

      • Ouf ouf dit :

        Oui, j’aurais dû dire la Deutschland administration en prend un coup…

      • Marti dit :

        Je me souviens des commentaires humouristiques Australiens en apprenant que l’Allemagne du petit Caporal faisait construire leur Boxer Down Under. ‘How the times have changed’ 🙂

  2. kl42 dit :

    Pfffffffffffffffffffff
    Pas de frégates, pas d’avions et pas d’engins blindés et ils veulent nous expliquer comment nous devons travailler.
    Bon après vu les acronymes qu’ils utilisent je comprend que personnes ne se comprennent dans ce pays…

  3. Yvon dit :

    Cela rappelle le programme américain des frégates Constellation dérivées de la Freem italienne. Les modifications ont été telles que le programme a été arrêté sans que toutes les frégates soient livrées.
    Les « sur-spécifications » sont au mieux source de surcouts démesurés, au pire tout bonnement un désastre.

    • Yvon dit :

      fremm et non freem

    • Fabien Tremm dit :

      Comparaison absurde, réellement. En quoi les changements allemands sont aussi massifs?
      Et c’est mieux de tester avant de produire, il y a suffisamment de programmes où tout est produit, et il faut ensuite tout remettre à niveau. Les Ajax, les Puma, les Griffon et tant de projets l’ont montré.

  4. Momo dit :

    il est désormais question de « germaniser » les Boxer CVR, contrairement à ce qui fut convenu lors de la notification du contrat.

    C’est légèrement stupéfiant de la part de nos amis allemands. Tout à fait exceptionnel.
    Je vais rassurer de ce pas mon ami chef de programme GCAP pour le cas ou de mauvaises langues lui en parleraient.
    Il y en a par ici.

    • farragut dit :

      @Momo
      Les automobilistes Australiens roulent à gauche, héritage de l’époque britannique. Heureusement, ils utilisent le système métrique (merci la Révolution Française !).
      Les Allemands n’ont plus qu’à remettre le volant du Boxer CRV à gauche, et le tour est joué… 😉

    • Bernard de Paris dit :

      les européens ont tout ce qu’il faut pour produire leurs armements eux-mêmes, quant aux Allemands, vis à vis des français, ont un complexe de supériorité qui se retourne contre eux et retarde de nombreux projets importants ….et je ne parle pas de cette manie incompréhensible de préférer, aujourd’hui encore, du matériel américain à celui des européens. Decidément, l’Europe qui ne veut et ne sait s’entendre, sera toujours un nain politique et militaire, quoiqu’on en dise. Trump n’a pas de soucis à se faire et peut continuer a sourire sournoisement et a changer d’avis tous les jours ou presque, comme il le fait depuis sa réelection.

      • momo dit :

        C’est bien cela. L’Europe au sens UE est un excellent concept qui a très bien marché jusqu’à ce que l’on dépasse les 12.
        Depuis et pour plusieurs raisons bien identifiées le bateau prend l’eau et recule au classement tout en s’enfonçant.
        Le concept ainsi perverti est à remodeler en tirant les leçons du désastre qui vont de ce qui semble presque un détail (Bruxelles la ville) jusqu’à la montée d’un autoritarisme bureaucratique qui toute proportion gardée a des relents des années 1970 dans le bloc de l’est.
        Cela n’a pas duré 20 ans, c’est probablement déjà plus que l’espérance de vie restante de cette UE dégénérée à reconstruire depuis la base.

  5. Roland DESPARTE dit :

    « car il est désormais question de « germaniser » les Boxer CVR »
    Qu’est-ce à dire ?
    Depuis 2022, les 25 premiers Boxer CRV “australiens“ (12 de reconnaissance et 13 multi-rôles) produits en Allemagne (pour le démarrage rapide du programme) sont en service opérationnel au sein de l’Australian Army et apparaissent donner entière satisfaction puisqu’ils ont obtenu l’Initial Operational Capability (IOC) en octobre 2022 [defence.gov.au).
    Sur les 211 commandés dans le cadre du programme LAND 400 Phase 2, les 186 véhicules restants sont produits localement par Rheinmetall Defence Australia à Redbank (Queensland) depuis 2023 et la production est dite “bien avancée“ avec des CRV livrés en service. L’armée australienne précise même que lors de lors de l’exercice « Talisman Sabre » en septembre 2025, les opérateurs du “B Squadron, 2nd/14th Light Horse Regiment“ ont salué les améliorations apportées (meilleure mobilité, protection, puissance de feu avec canon 30 mm à portée étendue, intégration réseau, vision 360°, etc.). La fin des livraisons est prévue cette année pour une réception totale en 2027 (Final Operational Capability – FOC).
    Après la livraison en mai 2024 du prototype appelé “Nachweismuster“ (véhicule de preuve) à la Bundeswehr, il semble donc que la maison mère veuille reprendre la main… C’est étonnant car il ne peut s’agir d’adaptations mineures (comme l’intégration de systèmes de communication allemands ou OTAN, de gestion de combat FüInfoSys Heer ou d’ajustements logiciels/électroniques) car depuis 2022 (et les retards successifs) les experts allemands ont eu largement le loisir d’étudier leur bébé et d’en définir l’architecture.

    • dolgan dit :

      En Allemagne, c est les industriels de la défense qui décident en fonction de leurs intérêts .

      Ce sont les joies d un état trop faible face au parlement.

      • NRJ dit :

        @dolgan
        « En Allemagne, c est les industriels de la défense qui décident en fonction de leurs intérêts ». Tout comme en France. La preuve, Dassault bloque le SCAF en essayant d’escroquer ses partenaires dans le but de forcer les politiques à faire un programme en solo.
        Si c’était les politiques qui décidaient en France, on aurait gentiment rabroué Trappier et on lui aurait expliqué que soit il se mettait au pas, soit on faisait sans Dassault. Mais pour ça il fait un État fort.

        • Yvon dit :

          @NRJ
          Et si on fait sans Dassault, on fait avec qui en France ?

          • NRJ dit :

            @Yvon
            On pourra toujours voir avec Thalès pour qu’ils développent un plus grand nombre de composants de l’avion. Et on pourra négocier avec Airbus DS pour qu’ils mettent des usines et des bureaux d’études en France.
            Après, je n’ai pas beaucoup de doutes sur le fait que Dassault rentrera dans le rang si on lui met un petit coup de pression. Le vrai problème pour les hommes politiques en question, c’est que le Figaro fera des articles assassins. Ce n’est pas pour rien que les industriels achètent des journaux.

        • dolgan dit :

          Les dossiers SCAF et MGCS sont au contraire des exemples de ce que je dit.

          Le gouvernement Allemand est incapable de s engager et de faire respecter ses orientations stratégiques. Ce qui amène aux blocages actuels qui ne sont pas du a DA mais a la partie allemande.

          • NRJ dit :

            @dolgan
            « Ce qui amène aux blocages actuels qui ne sont pas du a DA mais a la partie allemande. » Dassault Aviation essaye d’escroquer les gouvernements et les industriels allemands et espagnols, mais le blocage est dû à la partie allemand. Ben si mais oui bien sûr…

            « Le gouvernement Allemand est incapable de s engager et de faire respecter ses orientations stratégiques ». Pouvez vous étayer votre démonstration ? On ne voit pas le rapport entre les dossiers SCAF et MGCS et votre assertion comme quoi e gouvernement n’a aucun rôle dans la politique de Défense. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas, c’est simplement qu’une telle assertion mérite d’être étayée. Et quoi qu’il en soit, ce n’est certainement pas nous en France qui devrions faire des leçons en la matière.

        • Titeuf dit :

          @NRJ…
          Vous avez oublié les 8 milliards économiser pour les programmes en collaboration….
          C’est important NRJ….. c’est important….
          P’tite baisse…la fatigue ?

        • Alex Delalibre dit :

          « Dassault bloque le SCAF en essayant d’escroquer ses partenaires » – commentaire très curieux. Le retour du casque à pointe sorensen?

          • NRJ dit :

            @Alex
            Je n’ai pas besoin de Sorensen pour m’informer sur les évènements actuels et pour lire les faits.

      • Vortex dit :

        @dolgan
        Exact ! Regardez Airbus DS.
        Le SCAF est bloqué parce qu’ils essayent de piquer les briques technologiques de Dassault, qui lui, fort heureusement, résiste !
        Et maintenant, ils voudraient faire de même avec Saab, qui pose les mêmes lignes rouges que Dassault, ou avec BAe en voulant rejoindre le GCAP, qui lui aussi les a vu venir !
        Airbus DS aidés en cela par le syndicat IG Metal, et ses appuis au Bundestag.
        Si le gouvernement allemand était puissant, il mettrait au pas son industriel, lui faisant remarquer qu’il était déjà en charge de plusieurs piliers du SCAF. Mais il semble que les Allemands veuillent tout, en finançant seulement 33 % du programme.
        Les rêveurs.

    • Fabien Tremm dit :

      Il est où le problème de s’assurer que tout fonctionne avant de produire? Et forcément, les industriels n’aiment pas cela. Mais avec tous les problèmes modernes de production avant que l’équipement soit prêt, c’est le moment de faire cela. Les Puma, Ajax, Griffon produits avant d’être prêts ont démontré suffisamment de problèmes. Remettre à niveau a un coût important.

      Pour la germanisation? C’est juste changer ce que l’Allemagne considère comme n’étant pas à niveau.

      • Roland DESPARTE dit :

        @Fabien,
        Je sais pas moi, mais comme dirait Martine (Aubry) : si y a un flou pour les germains c’est qu’il y a un loup pour les australiens ?

      • Huon dit :

        De quels problèmes parlez-vous concernant le Griffon ?

        • dolgan dit :

          La tension de l allume cigare est limite pour brancher l appareil a croque monsieur.

          C est un défaut majeur similaire au fait de s autodétruire en roulant sur route en blessant le personnel embarqué. Ou de ne pas permettre l emport des soldats dépassant une certaine taille.

    • Fabien Tremm dit :

      Il est où le problème de s’assurer que tout fonctionne avant de produire? Et forcément, les industriels n’aiment pas cela. Mais avec tous les problèmes modernes de production avant que l’équipement soit prêt, c’est le moment de faire cela. Les Puma, Ajax, Griffon produits avant d’être prêts ont démontré suffisamment de problèmes. Remettre à niveau a un coût important.
      Pour la germanisation? C’est juste changer ce que l’Allemagne considère comme n’étant pas à niveau.

    • bonnechancemonpapa dit :

      @Roland DESPARTES : « car il est désormais question de « germaniser » les Boxer CVR ». Déclinaison militaire du Deutchland über alles, le programme séculaire de germanisation universelle. Rien de neuf sous le soleil.

      N’est-ce pas Jean-Luc ?

  6. Tourne Bille dit :

    Il doit y avoir un loup planqué dans les sous-bois.

  7. hdo dit :

    « A priori, ce retard n’est pas le fait des industriels… mais du BAAINBw car il est désormais question de « germaniser » les Boxer CVR »
    Par Germaniser je comprends MADE In GERMANY à la place du Made in Australia par Rheinemetall Australia, donc IMPORTATIONS
    Autrement dit BAAINBw demande que ces boxer RCV soient fabriqués par Rheinemetall Allemagne, donc donner du travail en Allemagne, préserver les emplois le PIB tout ça

  8. VinceToto dit :

    L’Armée allemande a reçu un prototype, PROTOTYPE, de Boxer CRV Block II en mai 2024. https://www.defence.gov.au/defence-activities/projects/combat-reconnaissance-vehicle
    L’Armée allemande a reçu un prototype de Schweren Waffenträgers Infanterie (Boxer CRV Block II adapté et germanisé) vers Mai 2025. Les premiers modèles de série devraient être livré en 2026 (info MAJ du 21 Janv. 2026 de cet article: https://www.bundeswehr.de/de/beschaffung-schwerer-waffentraeger-5935234 )

  9. jean luc dit :

    Ce retard semble effectivement lié à la volonté du
    BAAINBw (l’office fédéral allemand de l’armement) d’introduire des spécifications techniques typiquement allemandes sur le modèle initial.
    Bien que le contrat de mars 2024 prévoyait la livraison de 123 exemplaires du Schwerer Waffenträger Infanterie (sWaTrgInf) basés sur le Boxer CRV australien, les exigences de « germanisation » créent des tensions :

    Modification des standards : Le BAAINBw exigerait l’intégration de systèmes de communication et de gestion de champ de bataille spécifiques à la Bundeswehr, s’éloignant de la configuration « sur étagère » du contrat initial.
    Complexité technique : L’ajout de contre-mesures (système de protection active Iron Fist) et de nouveaux systèmes d’armes (missiles Spike 2) sur la tourelle Lance a déjà soulevé des inquiétudes concernant le poids excessif et la stabilité du véhicule, retardant ainsi l’homologation.
    Responsabilité administrative : Alors que les industriels (Rheinmetall et KNDS) sont prêts pour la production, le processus de certification par le BAAINBw et les changements de spécifications post-notification sont identifiés comme les causes principales du glissement de calendrier.

    décidément, il faut muter tous ces technocrates incompétents, les mettre dans les bataillons à manoeuvrer avec du matériel d’un autre âge, c’est la bureaucratie allemande dans sa splendeur. Je résume la chose : quelle bande d’incompétents. Boris, vire -moi ces incompétents

    Ce changement de cap remet en cause l’avantage d’une acquisition rapide via la chaîne de production australienne MILVEHCOE.

    • tschok dit :

      Alors, attention, dans ce genre de fiasco, vous avez une double phase: technocratique, puis bureaucratique.

      L’amorce technocratique du fiasco: quand un mec, quelque part dans le système, prend une décision sans en discuter avec les autres, sans prévenir personne, sans en mesurer les conséquences réelles, parce que le mec analyse la réalité à travers un tableau de bord, avec plein d’indicateurs de toutes les couleurs qui illuminent sa vie, comme les guirlandes d’un sapin de Noël illuminent les cadeaux des petits n’enfants.

      Et ce mec veut avoir le plus beau sapin de Noël du quartier, et c’est juste ça qui l’intéresse. Avoir le plus joli tableau de bord de son service, à son étage de bureaux, dans sa tour de bureaux.

      Le développement bureaucratique du fiasco: une fois que le technocrate a mis le grain de sable dans la machine, le bureaucrate prend le relais et va amplifier ce qui n’aurait pu être qu’un incident tout à fait anodin et bénin. Mais comment? Le bureaucrate a déjà découpé la réalité en tranches très fines (le mille-feuille administratif) au moment où le technocrate fait sa connerie. Chacune de ces tranches très fines correspond à un paradigme normatif destiné à produire la réalité qui était envisagée au départ. Si vous changez le projet de réalité que vous voulez créer en cours de route, ça modifie nécessairement le mille-feuille, ce qui engendre des conséquences en cascade d’une complexité au moins égale à la conception d’un nouveau projet.

      C’est-à-dire qu’à ce stade, le bureaucrate devrait prendre une décision courageuse: arrêter le projet et tout refaire, en partant de zéro. Mais c’est pas possible, et puis il n’a qu’un rang subalterne, alors il va continuer avec un outil normatif inadapté et c’est ça qui à la longue transforme la décision du technocrate en crash.

      Le plus fort dans l’affaire, c’est que tous ces gens sont en général très compétents. Mais ils sont prisonniers de leur façon d’être au monde. J’ai oublié le mot qui, dans la philosophie allemande, correspond à ce concept.

      Si ça vous dit quelque chose, n’hésitez pas à me le rappeler.

      M’enfin bref, mis à part le fait qu’on devrait tous faire plus de philosophie allemande, je crois que le problème est là.

    • peterr dit :

      Oui, et dire que quand on est fournisseur et qu’on veut changer ne serait-ce qu’une virgule dans leurs specs on est prié d’aller se faire f* il est assez comique que EUX se permettent de demander autant de modifs … et pas des petites. Sacrés teutons

      • peterr dit :

        D’ailleurs même quand on est client faire changer une vis sur un de leur produit relève de la gageur. Expérience personnelle plusieurs fois répétée.

    • VinceToto dit :

      Le Boxer Reco Combat pour bush, pistes sèches australiennes est inadapté pour de la reco sur la majorité de l’Europe. Donc, pour la Bundeswehr c’était prévu dés le départ que ce serait un véhicule appui-feu infanterie pas un véhicule Reco. La germanisation, adaptation était prévue dés le départ: ils ne sont pas complétement dans le genre folle débile contrairement à certain.e.s .

  10. Fabien Tremm dit :

    Peut-être un petit rappel à certains.
    L’Australie a certes commandé le Boxer CRV et commencé à entrer en service il y a un moment (2022).
    Mais les 12 premiers étaient au Block I (12 dans la version avec tourelle), et la suite au Block II. L’Allemagne a commandé le Block II. Le Block II pour l’Allemagne ET l’Australie a commencé ses essais en 2024. Le contrat? mars 2024. Donc oui, si l’Allemagne constate des problèmes sur ce nouveau standard, logique de ne pas valider la production pour ensuite dépenses de l’argent pour renvoyer les Boxer en Australie pour les remettre à niveau.

    Et pour l’arrogance, ils en sont où les Jaguar finalisés pour la France? 20 Jaguar commandés en 2017, ils en sont où au niveau du standard définitif?

    • tschok dit :

      Nan mais nous on avait des problèmes carrément techniques sur le Jaguar. Parce que, l’air de rien, ce blindé léger a la complexité d’un char lourd.

      Là, c’est un problème de gestion administrative en fait: il faut que la maîtrise d’ouvrage reconfigure son mille-feuille normatif pour tester correctement les modifs engendrées par la germanisation du blindé en cours de route, afin de valider ses propres procédures de vérification de conformité, en bout de course.

      J’explique: j’ai la maîtrise d’ouvrage, donc au moment de la livraison, je vérifie que ce qu’on me livre est conforme à ce que j’ai commandé. Là, j’ai commandé un blindé qui est fabriqué en Australie et qui correspond à la commande de l’armée australienne. Donc, je mets au point avec mon industriel de références le cahier des spécifications que je veux voir remplies à la livraison et ça tombe bien, ce cahier existe déjà puisque ce blindé a déjà été vendu. Donc, je n’ai qu’à dupliquer un modèle technico-administratif existant, et roulez jeunesse.

      Là-dessus, il y a un mec qui décide de germaniser le blindé australien et je me rends compte que tout mon modèle technico-administratif est bon à foutre aux chiottes parce qu’il est soudainement question que je fasse la vérification de la conformité d’un blindé que je ne connais pas, parce que c’est plus le blindé prévu au départ.

      Enfin sur le papier, c’est le même. Sauf que c’est plus le même dans le monde réel. Furax, je vais voir l’abruti qui a pris cette décision et il m’explique que c’est pas une vraie germanisation, en fait, et que je peux continuer avec mon protocole de vérif initial. Sauf que c’est moi qui vais signer le papelard de conformité en bout de course, pas cette espèce de tête de con, et je me rends bien compte qu’ils est question de changer plein de trucs, rien qu’en regardant les plans.

      Bref, on s’engueule sévère parce qu’il n’admet même pas qu’il s’agit en réalité d’un nouveau projet. Moralité, chuis sorti de son bureau en me disant, dans ma petite tête, que j’allais dare-dare mettre en place des protocoles de vérif en béton armé, histoire de couvrir mes arrières, parce que j’ai aucunement l’intention d’assumer les conséquences d’une décision stupide prise par un abruti. Et tant pis pour les délais.

      Voilà, c’est un scénario possible.

      Je ne l’invente pas complètement:https://defence-network.com/erster-schwerer-waffentraeger-infanterie-uebergeben/

      Passages choisis:

      « Eine tatsächliche Germanisierung soll allerdings ausdrücklich nicht stattfinden » Attendez, on le germanise, oui ou merde?

       » Angesprochen auf Gerüchte, dass es Probleme gegeben habe, betonte Major Ward: „Von Problemen ist mir nichts bekannt, weder bei Tests noch bei Übungen » Comment ça, il y a des problèmes?

      Et on était en mai 2024, au moment de la livraison du premier exemplaire, pour essai (le major Jessica Ward, c’est la petite dame avec son grand chapeau sur la photo, elle a fait tout ce chemin depuis l’Australie pour dire à quel point elle était satisfaite du Boxer, mais ça suffit pas pour signer un PV de réception en Allemagne pour une commande de 186 Boxer australiens plus ou moins modifiés).

      Et en janvier 2026, ce Boxer australien est toujours en cours de test.

      • VinceToto dit :

        Visiblement vos armées, Ministères, etc., n’ont pas accès aux systèmes de sécurité et d’information Rheinmetall, Bundeswehr, etc. . Je leur avais dit de vous déconnecter, mais là ils y vont un peu fort tout de même.

        • tschok dit :

          Ben vous savez, vous et moi on sait que secret défense + secret des affaires = deux bonnes raisons de pas en connaître, donc on assemble les pièces du puzzle. Je ne fais que des hypothèses et personne n’est obligé de me croire sur parole.

          Il n’y a que des mecs comme vous pour en tirer des certitudes.

          Quoique… ces derniers temps, je vous trouve un peu plus hésitant.

          Au fait, on a assez peu eu l’occasion d’en causer, mais vous restez toujours calé sur ces deux lignes de code?

          – La Russie n’est pas un ennemi de la France
          – Trump est son salut

          Vous en êtes où par rapport à ces deux conneries?

          Si je ne me suis pas complètement vautré en vous lisant, j’ai cru saisir qu’il y avait un petit peu de branle dans le manche.

          Définition du branle dans le manche: petit jour qui se fait entre le manche et sa cognée et qui, avec le temps et les coups, propage des vibrations qui rendent le manche, sa cognée et celui qui les brandit inopérants.

    • Roland DESPARTE dit :

      @Fabien,
      Merci pour le rappel… mais nous ne sommes pas dans le même cas de figure.
      Les premiers Boxers CRV (25 Block 1 car produits en Allemagne) ont été déclarés opérationnels en octobre 2022 et les Block II (car produits localement par Rheinmetall Defence Australia) sont progressivement intégrés depuis 2023 en service opérationnel dans les unités australiennes (Fin des livraisons prévue cette année ; réception totale en 2027 = Final Operational Capability. Aucun correctif majeur apporté aux modèles australiens Block 1 et II [Ils en sont d’ailleurs très satisfaits). Un proto (premier de série ; voir mon précédent post) a effectivement été envoyé en Allemagne en mai 2024 pour subir des tests intensifs, et -surprise- en 2026 il semble qu’il y ait un problème pour l’armée allemande [La production en série est à l’arrêt ; on peut donc supposer que le problème est majeur ?). Nul doute que les ingénieurs allemands vont apporter les correctifs nécessaires et germaniser un véhicule trop “australianisé“.
      Pour les Jaguar (300 commandés), voici l’état des livraisons : 2021 : 20 (présérie) – 2022 : 18 (série) – 2023 : 22 – 2024 : 35 – 2025 : 45, soit 140 fin 2025 [DGA].
      Les 20 premiers exemplaires arrivés à Canjuers (présérie), destinés à la formation des primo-formateurs, étaient équipées d’une tourelle qui s’est immédiatement avérée non stabilisée [Je l’avais d’ailleurs dénoncé sur ce blog]. De ce fait ils n’avaient pas été réceptionnés et certifiés opérationnels par la DGA ! Le problème a été réglé dès 2022 (Pas en 2026 !) avec des mises à jour logicielles et rétrofits 2021. Les Jaguar concernés peuvent désormais tirer en mouvement sur des cibles en mouvement, à la fois avec le canon principal 40CTA et la mitrailleuse téléopérée de 7,62 mm. Cependant, il reste à le certifier pour sa pleine capacité opérationnelle pour le tir de missiles Akeron MP au-delà de la vue directe ; mais cela fait partie de l’évolution normale du standard qui nécessite quelques correctifs en fonction des armes dont on le dote.

    • ragnar17 dit :

      Ben non, tout est formidable en France, tout est catastrophique en Allemagne. Enfin, c’est ce qui dit majoritairement ici.

    • Vortex dit :

      L’arrogance ? L’arrogance de quoi, tocard des alpages !
      Le Jaguar est fait par un industriel français pour les forces françaises.
      Là, le Boxer fait par un industriel germano-australien, est jugé pas assez bon, car pas assez allemand !
      Arrogance tu disais ?
      Allez, essaye de retomber sur tes petites pattes…

    • vrai_chasseur dit :

      Le contexte complet est que l’Australie a effectivement qualifié le Block I, mais a très rapidement souhaité évoluer vers le Block II.
      La différence principale entre les deux est que le Block I n’a ni missile antichar de tourelle ni blindage actif.
      On passera pudiquement sur les goulets d’étranglement logistiques créés par Rheinmetall au niveau du Block I : seules les munitions issues de l »usine suisse de Rheinmetall sont qualifiées, les autres peuvent créer des « bourrages » dans le système de chargement. Il y a aussi les pneus d’origine française, seuls sont qualifiés ceux venant d’une usine bien connue du centre de la France avec laquelle Rheinmetall a un contrat privilégié.
      Le problème que rencontre le BAAINBw sur le Block II, outre l’ajout de logiciels purement allemands qu’il faut requalifier en intégration, est le même que celui rencontrés par les australiens : les ajouts de missiles antichars Spike 2 et du blindage actif Iron Fist alourdissent la tourelle Lance. Ce surpoids haut placé est tel qu’il provoque une instabilité du véhicule en manoeuvre.
      Rheinmetall se défend en arguant que le blindage APS et les missiles antichars ne faisaient pas partie du cahier des charges initial (ce qui est exact), laissant la responsabilité industrielle d’intégration de ces ajouts aux états clients….lesquels pataugent pour qualifier le Block II.
      L’Australie avait d’ailleurs failli classer le projet Land 400 à base de Boxer CRV Block II, dans la liste de ses ‘projets à risque’.

      Le surpoids, ennemi du segment médian.

      • VinceToto dit :

        Non à la grossophobie! Vu le nombre de véhicules inadaptés dans la Bundeswehr et autres, cela fera un de plus au club. Cohérence, cohérence.

    • jean luc dit :

      Il faut être honnête, et pas se voiler la face, l#administration allemande est un problème, mal numérisé, personnel peut former aux nouvelles technologies, obèse , elle freine des deux pieds toute reformes , elle est pointée du doigt par la population, les milieux socio-économiques, et les politiques. Dans les services d’achat de la bundeswerh , il y a de nombreux officiers qui n’ont pas eu de commandements sur le terrain, ils sont devenus des gratte-papier, des ronds de cuir. Boris Pistorius a déjà viré la moitié des officiers. quand on fait un contrat, on fait les spécifications avant de faire le contrat, et pas après, car les industriels sont prêts pour la production, reprogrammer la production demande du temps, et cela coûte des millions d’€ qui seront payés par nous les contribuables.

    • Carin dit :

      @Fabien Tremm….. ils en sont au standard 2, en cours de distribution chez les milis, et il y a même un standard 2+ prêt à être mis en place, quand l’armée le désirera…
      Pour info, le standard 1 n’a pas dépassé le stade des essais, pour cause de mauvaise stabilisation du tube, (en fait pas assez rapide), le standard 2 est arrivé tout de suite, ( changement du module électronique de stabilisation), et le 2+ concernerait un panel de senseurs plus pointus (pour cause d’évolution constante de ces outils).
      Quoi qu’il en soit ce matériel rentre dans les casernes… comme prévu.

    • snips dit :

      Je pense que le problème de fond, qui irrite beaucoup de français, c’est l’impossibilité de collaborer avec les industriels allemands dans le domaine de la défense. Et les français pensent que c’est avant tout l’égoïsme des industriels allemands et leur volonté d’être toujours le seul maitre à bord (je n’ai aucun doute que les allemands ont aussi des critiques contre les français). Par le passé, je tairai les dossiers, un certain industriel allemand n’a pas hésité à dénigré le concurrent français. Donc ca marche dans les 2 sens. Mais pas grave, que le meilleur gagne !

    • VinceToto dit :

      Premières livraisons made-in-Australia prévues en 2026, article Rheinmetall du 10/04/2024: https://www.rheinmetall.com/en/media/news-watch/news/2024/04/2024-04-10-production-contract-for-boxer-heavy-weapon-carrier-vehicles-in-australia
      Premières livraisons prévues en 2026, info MAJ du 21 Janv. 2026, Bundeswehr : https://www.bundeswehr.de/de/beschaffung-schwerer-waffentraeger-5935234

  11. Rogger dit :

    bonjour . bon le Boxer est un bon vehicule fiable mécaniquement et novateur dans cette compossante de caisse interchangeable …
    Mais comme tout les vehicule de ce type . ils a un défaut de conception. les deux essieux arrière ne sont pas directionnel..
    ce qui augmente le rayons de braquage..
    Ensuite. le développement d’un vehicule de reconnaissance sur ce châssis peux etre une bonne idée. mais les modifications devront etre importantes… mise en place d’un vrais inverseurs et augmentation importantes de la puissance de feu…
    Ons ne fait pas de la reconnaissance avec un 30mm ou un 40 mm en centre Europe. ils faut un canon de 105mm minimums.

  12. Carin dit :

    La, il faut demander à @NRJ, si le Boxer est taillé pour l’Ukraine…
    Contrairement au VBCI qu’il a d’autorité déclaré inapte pour ce pays…

    • VinceToto dit :

      Désolé, je ne suis pas @NRJ, mais oui: il a la bonne taille et le prix pour de se prendre un Iskander ou autre en Ukraine à défaut d’avoir la mobilité pour aller au front.

    • jean luc dit :

      La distinction entre le
      Boxer et le VBCI pour le théâtre ukrainien repose sur des choix doctrinaux et capacitaires récents :

      Le Boxer (KNDS Allemagne) : Il est jugé « taillé » pour l’Ukraine grâce à sa conception modulaire unique. KNDS fournit déjà des variantes d’artillerie RCH 155 (canon sur châssis Boxer) à l’Ukraine, un système capable de tirer en roulant, idéal pour contrer les feux de contre-batterie russes. Sa version transport de troupes (RCT30) est également en cours de livraison.
      Le VBCI (KNDS France) : Bien qu’il soit un excellent blindé de combat d’infanterie, il n’a pas été envoyé en Ukraine. Les critiques soulignent souvent une protection et un armement (canon de 25 mm) jugés insuffisants face aux menaces de haute intensité (blindés lourds et drones) par rapport aux standards actuels.
      Arbitrage d’autorité : La France a privilégié l’envoi de matériels jugés plus mobiles ou critiques comme les AMX-10 RC (chars légers) et les canons CAESAR, tout en réservant le VBCI pour ses propres besoins opérationnels ou pour des prospects export comme le Qatar.

      En résumé, le Boxer bénéficie de son évolution vers l’artillerie mobile et de sa masse plus importante, alors que le VBCI est resté sur un créneau de transport de troupes protégé, moins prioritaire dans les demandes ukrainiennes actuelles face aux drones et à l’artillerie. C’est un choix de la France, elle aurait dû envoyer quelques blindés d’infanterie pour avoir des retex, l’Allemagne le fait avec des hauts et des bas, la France le fait mais moins souvent

      • tschok dit :

        « La distinction entre le
        Boxer et le VBCI pour le théâtre ukrainien repose sur des choix doctrinaux et capacitaires récents »

        Pardon?

        La distinction entre les deux reposent sur des choix industriels et de souveraineté nationale, ce sont des choix anciens (plus de 25 ans) et ils sont absolument étrangers à la guerre en Ukraine.

        Là, jean luc, Boche ou pas, vous dites simplement des conneries au sens vous ne posez pas correctement les bases historiques des deux blindés qui, par ailleurs, méritent toute notre attention parce que ce sont l’un et l’autre deux vraies bêtes de guerre.

        • jean luc dit :

          En quoi je dis des conneries ? Le Boxer a évolué dans le temps, celui de 2025 n’a rien à voir avec celui de 2009 . Le boxer comme le VBCI sont à l’origine issus d’un même programme que la France a quitté pour faire seule son VBCI en 1999 . Les nouvelles versions du boxer actuel tiennent compte des retex venant d’Ukraine.
          1. Le Boxer RCT30 (Version roue avec tourelle de 30 mm)
          Cette version, équipée de la tourelle inhabitée du Puma, a franchi des étapes clés fin 2025 :

          Commandes massives : L’Allemagne et les Pays-Bas ont signé un contrat pour 222 véhicules en novembre 2025.
          Livraisons : Les premières unités destinées au Qatar ont été livrées en décembre 2025.
          Déploiement futur : Pour l’armée allemande (Bundeswehr), les livraisons majeures débuteront après 2028, avec une pleine capacité opérationnelle visée pour 2029.

          2. Le Boxer Tracked (Version chenillée)
          Dévoilé pour la première fois en 2022, ce modèle est un démonstrateur technologique qui n’a pas encore de date de mise en service à grande échelle, bien qu’il soit activement promu par KNDS.

          Statut : Toujours en phase de démonstration et d’essais.
          Particularité : Il peut être armé d’un canon de 120 mm, le transformant en véritable char de combat moyen.

      • Carin dit :

        @jean Luc……
        C’est faux.
        Les ukrainiens utilisent des blindés américains montés sur roues, et armés d’une………… 25mm.
        Ils se sont même servit de 2 de ces engins pour mettre hors service un char lourd (T72), et faire prisonnier son équipage (les images ont fait le tour de la planète).
        Certes le 30mm est plus puissant, mais le VBCI est un transport de troupes, et à ce titre, c’est son blindage classé stanag 4 qui est primordial, la 25mm en toiture, sert à éloigner les porteurs de mitrailleuses, et autres 7,62 ou fusils d’assaut ennemis, au delà de la portée de leurs armes, pour permettre à ses gars de quitter le VBCI en sécurité, et leur servir de protection blindée en s’interposant entre ses gars et l’ennemi, le temps de leur débarquement, et de leur mise en place. Ensuite le VBCI quitte les lieux, et repart chercher un autre groupe de combat et recommencer la même manœuvre de débarquement ou embarquement, au plus près de l’ennemi, le tout, sous la protection du 40mm et des 4 missiles du Jaguar, toujours présent dans la doctrine d’emploi débarquement/embarquement des groupes de combat.
        Et j’ai beaucoup simplifié cette doctrine d’emploi, qui est bien plus étoffée.

    • NRJ dit :

      @Carin
      Je n’ai pas de raison que le Boxer soit significativement mieux taillé pour l’Ukraine. Rien que le fait que le véhicule soit à roues le disqualifie pour toute utilisation 4 mois dans l’année.
      Malgré tout, le Boxer a quelques avantages dans la manche, déjà c’est un blindé plus lourd car plus protégé (38 tonnes, contre au mieux 32 pour le VBCI). Ensuite il peut être bien mieux armé avec des missiles et un canon de 30 mm. La version Philoctète du VBCI pourrait se rapprocher, mais elle est encore loin de l’industrialisation.

      • tschok dit :

        @NRJ,

        Le VBCI a été figé dans un bloc de gélatine qui s’appelle l’armée française et ses mauvaises habitudes de se prendre pour la meilleure du monde.

        C’est en principe un problème très simple à gérer: normalement, il suffit de quelques coups de triques.

        Manque de bol pour nous, c’est la totalité de la société française qui s’est mise à croire à cette illusion parce qu’il était plus facile d’y croire que de comprendre le contraire.

        Donc, il n’y a plus personne pour distribuer les coups de trique: ils sont tous très satisfaits d’eux-mêmes. Les Français, comme leur armée, enfin réunis dans une auto-congratulation qui tourne à l’auto-cirage de pompe collectif (sexuellement parlant, ça s’appelle un 69).

        Sauf que: 2022. Guerre en Ukraine. Et là, tout s’écroule. Et depuis, panique dans la basse-cour. Les doutes surgissent de tout côté, le renard est dans le poulailler, il y fout un bordel monstre et on a l’impression que la stratégie devient la course des canards sans têtes: le peuple et son bon sens votent Trump et la démocratie devient un souvenir avant même d’avoir disparu.

        Oh putain.

        Le VBCI est une excellente arme, mais on doit le travailler en regardant ce qu’il y a en face: nos ennemis.

        Si on commence à regarder ce qu’il y a à côté, c’est-à-dire le Boxer, c’est un autre job: on regarde un concurrent, pour vendre plus d’armes que lui. On ne regarde plus un ennemi ni un champ de bataille, mais un marché et un concurrent.

        Je ne vous dis pas que c’est mal, je vous dis qu’on change la mission du blindé et à ce moment-là, il faut se mettre d’accord sur ce qu’on attend des armes qui doivent servir la France, et pas les armes dont l’économie française doit se servir.

        Mais, peut-être qu’après tout je me vautre et que c’est la bonne façon de voir les choses.

        Parce qu’il est vrai qu’il y a péril en la demeure.

        • NRJ dit :

          @Tschok
          A mon avis, si vous pensez qu’il y a matière à faire distinction entre un blindé développé pour le combat et un blindé développé pour la vente, vous vous trompez lourdement.

          Une bonne arme n’est pas forcément un carton commercial, mais une mauvaise arme n’a aucune chance de se vendre, à moins que des paramètres complètement séparés de l’aspect commercial et industriel (ça s’observe avec certaines ventes des USA) entre en jeu.

        • NRJ dit :

          @Tschok
          Apparemment mon précédent com n’est pas passé.

          Si vous pensez qu’il y une distinction entre faire un matériel militaire de qualité pour son armée, et un matériel militaire de qualité pour la vente, vous vous trompez. Un bon produit donne une chance à l’exportation. Par contre un mauvais produit ne sera vendu à moins que des aspects politiques complètement distincts du produit en lui-même soient en jeu.

      • Carin dit :

        @NRJ…..
        Tu dis une bêtise de plus.
        Tu crois que les VAB français, moins bien armés contre la boue (4×4), sont à l’arrêt 4 mois par ans, et que les gars se déplacent à pieds, sur le front?
        Tu crois que l’Ukraine demande plus de VAB, parce que ce pays adore les stocker dans des hangars?
        Tu crois que les AMX10 (6×6), fort demandés par les ukrainiens, sont remisés tout l’hiver?
        En ce qui concerne le VBCI, il est vrai que le contingent envoyé dans un pays frontalier de l’Ukraine, a été mis à l’arrêt pour cause de forte neige, mais ce qui n’est pas dit, mais que les images montrent, c’est que ce contingent n’avait pas reçu les équipements hiver (chaînes), et dès réception de ces équipements, les VBCI, ont repris leur service, et servent toujours depuis, par tout temps, tout endroit, et quel que soit le revêtement, (boue, eau, glace, neige). Tout comme le ferait le blindé de transport de l’article, s’il est équipé hiver.
        Idem pour les CAESAr, il n’y a pas moins de boue ou neige ou verglas à 30/40 km de la ligne de front, pourtant ces matériels se déplacent toute la journée, marquent des poses, pour balancer leurs pruneaux de 155mm, et reprennent leur course pour un autre point de tir, de jour comme de nuit, par tout temps.
        Tu crois que l’Ukraine achèterait des CAESAr sur ses deniers personnels, si ses roues lui interdisaient le champ de bataille 4 mois par ans?

        • NRJ dit :

          @Carin
          « Tu crois que les VAB français, moins bien armés contre la boue (4×4), sont à l’arrêt 4 mois par ans, et que les gars se déplacent à pieds, sur le front? » Je pense surtout que les gars ne se déplacent pas sur le front. Les ukrainiens n’ont aucun intérêt à lancer des offensives.

          « Tu crois que l’Ukraine demande plus de VAB, parce que ce pays adore les stocker dans des hangars? » L’armée ukrainienne demande plus de n’importe quel matériel. Dans un pays en guerre, on n’est généralement pas regardant sur la qualité du matériel, car l’alternative est de prendre des véhicules civils qui sont pires que tout.

          « Tu crois que les AMX10 (6×6), fort demandés par les ukrainiens, sont remisés tout l’hiver? » En hiver, été, automne et printemps. Les ukrainiens n’engagent que très peu de blindés. Et parmi les blindés qu’ils engagent, il n’y a pas d’AMX-10RC car ce serait un cercueil roulant, ils s’en sont rendus compte dès 2023. Aujourd’hui, l’AMX-10RC a un rôle d’artillerie.
          Sinon, même les soldats ukrainiens ont dit que l’AMX-10RC manquait de mobilité dès qu’il y avait de la boue (https://www.opex360.com/2025/01/27/larmee-ukrainienne-a-renforce-la-protection-de-ses-amx-10rc-contre-les-drones-fpv/). Ce n’est pas un hasard.

          « c’est que ce contingent n’avait pas reçu les équipements hiver (chaînes), et dès réception de ces équipements, les VBCI, ont repris leur service, et servent toujours depuis, par tout temps, tout endroit, et quel que soit le revêtement » Curieux de savoir où vous avez entendu ça. Vous connaissez des gars sur place ?

          « Idem pour les CAESAr, il n’y a pas moins de boue ou neige ou verglas à 30/40 km de la ligne de front, » Le CAESAR a les mêmes inconvénients de mobilité que le VBCI. La différence cependant, c’est que le CAESAR est un système d’artillerie. Il peut rester sur les routes s’il y a trop de boues. La place du VBCI est sur le front, donc la boue et la terre retournée, c’est son terrain de jeu. Donc ne comparez pas ces deux matériels car ils ne sont juste pas comparables.

          « Tu crois que l’Ukraine achèterait des CAESAr sur ses deniers personnels, si ses roues lui interdisaient le champ de bataille 4 mois par ans? » Essayez vous vraiment de me vendre le VBCI pour aller l’envoyer sur le front en Ukraine en le comparant à un CAESAR ? Vous savez quand même que c’est deux véhicules différents ?

      • Carin dit :

        @NRJ……
        Même réponse qu’à @jean Luc juste au dessus….
        Le VBCI est un transport de groupe de combat sous blindage, il n’est pas fait pour enfoncer les lignes ennemies… pour ça, il y a le Leclerc, le Jaguar, l’artillerie de précision, les roquettes des helicos de combat, et l’aviation, le rôle du VBCI et d’entrer en premier dans la zone à occuper, suivit de très près par les autres transport (VBMR, et autres), tous chargés d’y déposer des groupes de combat.
        Quant aux roues interdisant l’accès aux zones de contact, sache que tous les jours ce sont des engins montés sur roues qui déposent /recuperent des gars (VAB), ou harcèlent l’ennemi (AMX10-RC) et bizarrement ces matériels sont réclamés par les ukrainiens… toute l’année…. Ils ne sont pas remisés 4 mois par ans…
        Si on envoi pas de VBCI en Ukraine, c’est parce que ce matériel est dans nos armées… idem pour le Boxer, qui est l’outil très futur des armées allemandes…. Ce sont les matériels que ces produits remplacent qui ont des chances de se retrouver sur le front ukrainien, qu’ils soient montés indifféremment sur roues ou sur chenilles.

    • Vortex dit :

      Oh, vous savez, ses déclarations d’autorité, peu de temps après qu’il les ait faites, elles sont désavouées par les faits…
      Alors prière de ne pas s’y fier !

  13. Zweers dit :

    Par ailleurs, la France recevra environ 370 véhicules Scorpion (Griffon, Serval, Jaguar, César) en 2026.

  14. jean luc dit :

    Le boxer est-il taillé pour l’Ukraine?
    Les retours d’expérience (RETEX) sur le blindé Boxer en Ukraine sont
    globalement très positifs, bien que le système soit encore en phase de déploiement progressif.
    Voici les principaux points soulignés par les forces ukrainiennes :

    Capacité révolutionnaire de tir en mouvement : Le retour le plus marquant concerne la variante RCH 155. C’est le premier système capable de tirer tout en roulant, une caractéristique jugée vitale pour échapper aux drones rôdeurs et aux radars de contre-batterie russes.
    Automatisation poussée : Les soldats apprécient la réduction de l’équipage à seulement deux personnes grâce à une tourelle entièrement automatisée. Cela permet une mise en Å“uvre extrêmement rapide (« shoot and scoot »).
    Adaptations en temps réel : Le constructeur KNDS a déjà commencé à affiner le système en fonction des premiers retours du terrain, notamment pour améliorer l’intégration avec le système de commandement ukrainien Kropyva.
    Protection contre les drones : Les variantes équipées de la tourelle RCT30 (canon de 30 mm) reçoivent des éloges pour leur efficacité dans la protection des unités d’artillerie contre les menaces aériennes légères.

    Seul bémol identifié : La complexité mécanique allemande et le coût élevé par unité (environ 12 millions d’euros) imposent une logistique de maintenance très rigoureuse en conditions de combat intensif.
    pour moi, c’est un bon engin, les soldats ukrainiens le disent, maintenant chacun son avis. Dommage que la France n’ait pas envoyé quelques VBCI histoire de voir comment ils se comportent dans un conflit de haute intensité.