Washington autorise la vente de 730 missiles Patriot PAC-3 à l’Arabie saoudite pour 9 milliards de dollars

Entre 2015 et 2021, en raison de son intervention militaire au Yémen, l’Arabie saoudite fut régulièrement visée par des attaques de missiles et de drones attribués aux rebelles houthistes, soutenus par l’Iran. Et il arriva que sa force de défense aérienne fût prise en défaut, comme en 2019, lors des frappes contre les sites pétroliers d’Abqaiq et de Khurais. Aussi, Riyad sollicita de l’aide auprès des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France [avec la très discrète mission « Jaguar »] et la Grèce.

Depuis, le royaume a entrepris de renforcer ses capacités de défense aérienne, avec l’achat du système Cheongung-II [ou KM-SAM Block II] auprès du sud-coréen LIG Nex1 pour 3,2 milliards de dollars et la mise en service progressive de sept batteries THAAD [Terminal High Altitude Area Defense] commandées aux États-Unis en 2017.

Cela étant, entre 2021 et 2024, l’Arabie saoudite n’eut pas toute la latitude nécessaire pour refaire ses stocks de missiles intercepteurs utilisés par le système Patriot, notamment à cause des restrictions sur les ventes d’armes imposées par l’administration du président Biden. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a changé la donne.

Ainsi, en mai dernier, les États-Unis firent savoir qu’ils entendaient proposer à l’Arabie saoudite des contrats d’armement pour une valeur totale de 142 milliards de dollars.

« Les ventes que nous avons l’intention de réaliser se répartissent en cinq grandes catégories, à savoir : le développement des forces aériennes et des capacités spatiales, la défense aérienne et antimissile, la sécurité maritime et côtière, la sécurité des frontières et la modernisation des forces terrestres ainsi que la mise à niveau des systèmes d’information et de communication », avait précisé la Maison Blanche.

Cependant, hormis la vente – potentielle – d’un millier de missiles air-air AIM-120C-8 AMRAAM pour 3,5 milliards de dollars, les contrats annoncés tardent à se concrétiser. Toutefois, la défense aérienne saoudienne devrait pouvoir se procurer un important stock de missiles intercepteurs pour ses batteries Patriot.

En effet, le 29 janvier, chargée des exportations d’équipements militaires américains via le dispositif des Foreign Military Sales [FMS], la Defense Security Cooperation Agency [DSCA] a publié un avis pour recommander au Congrès d’accepter la vente potentielle à l’Arabie saoudite de 730 missiles intercepteurs PAC-3 MSE pour un montant évalué à 9 milliards de dollars.

« Cette vente proposée soutiendra les objectifs de politique étrangère et de sécurité nationale des États-Unis en améliorant la sécurité d’un allié majeur non membre de l’Otan, qui contribue à la stabilité politique et au progrès économique dans la région du Golfe », a justifié la DSCA.

Elle « améliorera la capacité de l’Arabie saoudite à faire face aux menaces actuelles et futures en fournissant des missiles de défense aérienne avancés dans le cadre d’un système intégré de défense aérienne et antimissile [IAMD] modernisé, renforçant ainsi ses capacités de défense aérienne », a ajouté l’agence américaine.

À noter que la publication de cet avis coïncide avec l’accord que le Pentagone a trouvé avec Lockheed Martin pour tripler la production annuelle de missiles PAC-3 MSE en la portant à 2 000 unités par an.

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21 contributions

  1. Nike dit :

    12,3 million / inité et c’est un prix pour un gros volume… C’est LM qui se frotte les mains !
    Heureusement que nous faisons nos propres missiles et qu’on ne dépend pas de Donald et sa clique pour notre défense aérienne.

    • UE dit :

      @Nike. « 12,3 million / unité « . Pffff….. Non , je ne perdrai pas mon temps….

      • PK dit :

        Vous pouvez dire ce que vous voulez, à chaque fois que l’AS tirera un missile, il lui aura bien coûté ce prix unitairement, que ce prix soit lissé ou non dans une infrastructure.

        C’est comme cela que la guerre en Ukraine s’est perdue pour l’occident. En pensant que tirer des missiles à 10 millions d’euros contre des trucs à 20 k€ allait être rentable. C’est juste du suicide (financier, le nerf de la guerre).

        • Marine dit :

          Oui, c’est sûr que de laisser détruire une usine à 300M€ est beaucoup plus rentable que d’utiliser un missile à 12M€ pour la défendre…
          Et puis, pour que l’Ukraine ait perdu la guerre (et non pas l’Occident, parce que ce n’est pas l’Occident qui combat, tout comme ce n’est pas la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran en face), il aurait d’abord fallu que la Russie la gagne. Et comme la « Grande Armée Russe » galère depuis 4 ans à grappiller quelques km² de terrain contre un adversaire largement plus faible tel que l’Ukraine, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une « victoire » !

    • Ouf ouf dit :

      D’abord, ce n’est pas le prix payé par l’Arabie Saoudite, c’est le montant maximum autorisé du contrat
      ensuite cela inclut de la formation, de l’assistance, de la maintenance, etc…

  2. UE dit :

    @Nike. « 12,3 million / unité « . Pffff….. Non , je ne perdrai pas mon temps….

  3. Meuhhhhhhh et nous !!!!!! Que l’on entend dire du côté du DSPE à Berne .
    Ces gars sont vraiment pas aidés par les US………

    • Biel&Cylindre dit :

      Bon, ils sont déjà assez accablés comme cela.
      C’est DDPS qu’il faut écrire.
      Mais pour le reste, oui « Quand ça veut pas, ça veut pas ».

    • Ouf ouf dit :

      Vous parlez du report de livraison pour la Suisse !.?
      En même temps, y’a pas le feu aux lacs…
      Par contre y’a le feu au moyen Orient

  4. Ulysse dit :

    Dans un même temps les US ont signifié aux ukrainiens qu’ils ne disposaient pas de Patriot en nombre suffisant pour répondre à leur demande. j’execrais les anti-americains je le suis devenu

    • Philippe dit :

      @Ulysse. Les Ukrainiens en reçoivent toujours, mais il faut que quelqu’un les paye. Ensuite, l’Arabie Saoudite, si elle passe commande, devra attendre plusieurs années avant de recevoir ces 750 missiles..

    • PK dit :

      « j’execrais les anti-americains je le suis devenu »

      LOL. Comme je dis, tout le monde finit par voir la lumière au contact de la réalité…

      Après, inutile de tomber dans l’excès contraire. Les Américains ne sont pas nos amis, ils ne sont pas non plus nos ennemis. Ça dépend des lieux et des instants. C’est pareil pour les Russes…

      • Corbeau dit :

        En résumé, tu sais jamais si c’est par devant où par derrière… ça dépend de quoi et du moment

        • tschok dit :

          Ben en fait dans une relation du faible au fort, vous pouvez considérer, si vous êtes le faible, que la nature de vos relations avec le fort va dépendre d’éléments qui sont trop complexes pour que vous puissiez les analyser.

          Et dans ce cas, vous conclurez que « ça dépend » et « qu’on sait jamais ». Il y a alors de fortes chances pour que vous trouviez votre relation avec le fort assez peu positive et qu’elle vous paraisse difficile à classer. Genre: « ni ami, ni ennemi ».

          Bon, c’est une première approche, mais c’est quand même assez foutraque.

          Sinon, vous pouvez vous demander s’il n’y aurait pas une logique dans tout cela et commencer à réfléchir de façon plus méthodique en commençant par ce qui vous semble le plus évident. Oui, mais c’est quoi le plus évident?

          Ben c’est ce que vous dites, tous les deux: en fait, vous expliquez que vous ne savez pas à quoi vous en tenir avec les Américains. C’est ça le plus évident dans ce que vous dites.

          Eh bien partons de l’idée que cette incertitude n’est pas du tout le produit du hasard et qu’elle est voulue.

          Bon, mais voulue par qui? Par vous ou par les Américains? Qui a le plus intérêt à créer dans votre esprit cet état d’incertitude? Vous ou eux?

          Je vous laisse réfléchir à cette question.

          Et puisque PK dit que c’est pareil pour les Russes, posons-nous la même question mais en ce qui les concerne, observation étant faite qu’il s’agit du deuxième acteur stratégique qui nous met dans une situation d’incertitude: on ne sait pas s’ils sont dangereux (ennemis) ou pas (amis).

          C’est ennuyeux quand même: nous avons l’air d’être très perméables à la perplexité, d’après ce que je comprends en vous lisant. Il suffit que nous soyons confrontés à un acteur stratégique plus puissant que nous, et tout de suite on ne sait plus trop quoi en penser.

          Vous ne trouvez pas cela un tout petit peu embarrassant?

          D’une façon générale, je crois que les gens considèrent comme prudent le fait de savoir précisément à quoi s’en tenir surtout quand on a affaire à plus fort que soi. Quand on a affaire à moins fort que soi, l’incertitude est a priori moins risquée. Vous ne trouvez pas?

          Donc, que pensez-vous de tout raisonnement qui vous conduit à ne pas savoir quoi penser d’un potentiel adversaire dont vous savez pourtant qu’il est plus fort que vous? Vous pensez que c’est une bonne façon de réfléchir, ou pas une bonne façon de réfléchir?

          Sur ces bonnes paroles, bye bye.

  5. aleksandar dit :

    Livraison en 2030.

    • PK dit :

      La guerre en Ukraine sera finie et les unités de production US devront tourner à plein régime pour se rentabiliser de nouveau 🙂

      • Marine dit :

        Au rythme où ça avance pour la Grande Armée Russe en Ukraine, à grappiller péniblement quelques km² de terrain par mois au prix de dizaines voire de centaines de milliers de pertes humaines (et je ne parle même pas du matériel !), tout ça contre un adversaire largement plus faible, il n’est pas improbable du tout que sa guerre contre l’Ukraine soit finie en 2030 ! Ou alors, vu que les alliés de Poutine tombent comme des mouches en ce moment (Bachar al-Assad en Syrie, Nicolas Maduro au Venezuela, bientôt l’Iran…), ce n’est pas dit qu’il ait encore les moyens de poursuivre sa guerre d’ici 2030…

  6. Myshl Mabelle dit :

    In GOD we trust.
    C’est gravé sue le billet de One.
    Great
    One
    Dollar.
    Amerika first, dollar first.
    Fuck Ukraine…

  7. tof dit :

    Asseoir… my bad !

  8. toufik dit :

    Décidément très étonnant cette cohabitation, pour l’Arabie Saoudite, entre le Pakistan comme protecteur (avec indirectement la BITD chinoise en fort appui) et ces ventes à nouveau intenses de produits de la BITD US.