L’armée norvégienne va acquérir 16 lance-roquettes multiples sud-coréens K239 Chunmoo

En août 2024, chargé des exportations d’équipements militaires américains via le dispositif FMS [Foreign Military Sales], la Defense Security Cooperation Agency [DSCA] donna un avis favorable à la vente potentielle de 16 systèmes d’artillerie de longue portée M142 HIMARS [High Mobility Artillery Rocket System] à la Norvège pour un montant estimé à 580 millions de dollars. Et cela afin de remplacer les M270 MLRS qu’Oslo avait cédés à Kiev.

Cependant, cet avis ne préjugeait pas du choix que ferait l’armée norvégienne, celle-ci ayant aussi fait part de son intérêt pour une autre solution, à savoir le K239 Chunmoo, proposé par le groupe Hanwha Aerospace, auprès duquel elle s’était déjà procuré des obusiers automoteurs chenillés K9 « Thunder ». En outre, l’industriel sud-coréen avait d’ailleurs préparé le terrain en signant un protocole d’accord pour établir une coopération avec Kongsberg Gruppen dans le cadre de ce programme.

Aussi, l’annonce que vient de faire le gouvernement norvégien n’est nullement surprenante. En effet, ce 29 janvier, celui-ci a fait savoir qu’il a signé un contrat d’une valeur de 1,98 milliard de dollars pour l’acquisition de 16 K239 Chunmoo et « d’un grand nombre de missiles de trois portées différentes », dont certains ont la capacité d’atteindre une cible située à 500 km de distance.

Cela étant, le M142 HIMARS n’était pas le seul concurrent du K239 Chunmoo. Dans son communiqué, le ministère norvégien la Défense précise qu’il a évalué, sans en donner le détail, des offres faites par KNDS Deutschland [sans doute l’EuroPuls] et Rheinmetall [le GMARS, développé avec Lockheed Martin ?]. Sollicité, le tandem Boeing/Saab n’a pas remis sa proposition [le Ground Launched Small Diameter Bomb ou GLSDB ?] avant la date limite du dépôt des offres.

Selon les explications données par la défense norvégienne, la proposition de KNDS Deutschland a rapidement été écartée car elle ne répondait pas aux exigences qu’elle avait exprimées. En outre, elle n’a pas donné la raison pour laquelle celle de Rheinmetall a été éliminée.

Quoi qu’il en soit, l’offre de Hanwha a donc été « la seule à répondre aux exigences de l’appel d’offres », notamment en termes de portée. Qui plus est, elle est « plus abordable » et censée être plus rapidement disponible que les autres.

« Des chaînes de production de missiles seront mises en place en Pologne, pays qui achète déjà un nombre important de ces systèmes [et qui dispose aussi de M142 HIMARS, ndlr]. Cela renforcera la sécurité d’approvisionnement de la Norvège et des autres clients européens de ce système », a fait valoir le ministère norvégien de la Défense.

En outre, Hanwha a accepté que les K239 Chunmoo ne soient payés qu’au moment de leur livraison et proposé un « accord de coopération industrielle global avec des entreprises norvégiennes, représentant 120 % de la valeur du contrat. »

Selon les termes de ce dernier, les lanceurs seront livrés entre 2028 et 2029, ce qui permettra aux artilleurs norvégiens de se les approprier. Les munitions suivront en 2030 et 2031. « Cela permettra aux forces armées de commencer la formation du personnel plus tôt et de disposer d’un système opérationnel en quatre ans », a conclu le ministère.

« Il s’agit de l’un des plus importants investissements jamais réalisés par l’armée. Notre choix s’est fondé sur un appel d’offres mené par l’Administration du matériel de défense et sur une recommandation des forces armées. Il en ressort que le fournisseur sud-coréen Hanwha est le seul à répondre à l’ensemble des exigences en matière de performance, de délais de livraison et de coût », a résumé Tore O. Sandvik, le ministre norvégien de la Défense.

Le 26 janvier, lors d’un discours prononcé devant la Société militaire d’Oslo, il avait justifié la nécessité de renforcer les capacités des forces norvégiennes. « L’équipement a un coût. Mais la guerre coûte beaucoup plus cher », avait-il en effet souligné.

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81 contributions

  1. jo666 dit :

    Encore payé par le fonds de défense

    • Lado1 dit :

      La Norvège???

      • Lothringer dit :

        Peut-être que oui.
        La Norvège n’est pas membre de l’UE mais est membre de l’EEE (Espace Économique Européen) et participe à plusieurs programmes européens tels qu’Erasmus.
        Et comme c’est un pays qui nous approvisionne en gaz naturel, hautement stratégique sur le plan économique…
        …Il ne serait donc pas étonnant qu’elle soit éligible aux faux européens.

      • John Ford dit :

        Ben oui, c’est bien connu que les fonds de l’IE sont très mal utilisés

    • Marine dit :

      Perdu ! La Norvège n’est pas dans l’UE, donc ce qu’elle achète elle se le paie toute seule !

      • John Ford dit :

        c’est ce que tu crois …
        et qui paye le gaz Norvégien ?
        c’est avec tout cet argent de l’UE qui vont acheter en Corée les vilains

        • Minou danois dit :

          « et qui paye le gaz Norvégien ? » Et qui continue à payer pour le gaz russe ??

        • Vequiya dit :

          mais c’est quoi ce débat ? La France avait quelque chose à proposer ? non. Et on a des eurosceptiques qui viennent râler parce que la Norvège n’achète pas européen ? allemand ? on est chez les fous.
          Et la France ferait bien de faire la même commande à Hanwha pour rattraper son retard dans ce domaine (sans acheter américain), on va finir par être le seul pays sans lance-roquettes multiples.

        • Marine dit :

          Et les pays de l’UE sont bien contents d’utiliser le gaz qu’ils achètent à la Norvège ! Sinon, dans ce cas, on peut aussi dire que la Chine bénéficie de l’argent de l’UE pour ses propres achats de matériels militaires, puisque les pays européens sont les principaux clients de son industrie… En définitive, la Norvège, pays souverain, fait ce qu’elle veut avec l’argent qu’elle gagne en vendant ce qu’elle produit elle-même, et comme elle n’est pas dans l’UE elle ne bénéficie pas du Fond Européen de Défense et est donc libre d’acheter des armes à qui elle veut même en dehors de l’UE.

    • Trap dit :

      Les obsessions peuvent se soigner, encore fait-il consulter.

      • si seulement... dit :

        Il ne s’agit pas d’obsessions mais de matraquage de propagande mensongère. C’est piloté en central par certains partis nationalistes et c’est présent dans pratiquement tous les espaces de discussion du net (avec aussi la bolloré-sphère).
        Personnellement, je trouve ça ridicule et contre productif mais côté émetteurs, ils ont l’air de trouver ça trop classe comme stratégie…

        • Czar dit :

          la seule propagande que je lise est le fait de baltringues dans ton genre qui nient contre l’évidence que la norvège soit partie prenante des mécanismes de subvention des achats de défense.

          je suppose aussi que tu parles comme ton gourou zézéyant de brainwashing , de sentiment d’insécurité™ (nombre d’homicides doublé depuis 2017) persuadé qu’une petite séance de distraction médiatique avec des lunettes de kéké des années 90 suffira à réenchanter le réel (olivier)faure choure

        • PK dit :

          Ah la comploshpère d’extrême-drouaaate… responsable de tous les mauvais mots et des maux en plus !

          On comprend mieux votre gauchisme congénital !

      • John Ford dit :

        Changer ses obsessions, ce n’est pas les effacer, mais apprendre à ne plus les laisser diriger ta vie. C’est possible, et ça se fait par étapes, avec beaucoup de bienveillance envers toi-même.
        Voici des pistes concrètes et réalistes pour aller vers une vie plus saine :
        * s’informer
        * réfléchir avec son cerveau plutôt qu’en lisant la propagande sur X, tiktok, …
        * si c’est sans espoir, réfléchir quand même à une solution pour éviter de faire des commentaires sur ce site

  2. jean luc dit :

    Les offres d’appel me font rigoler, il suffit de faire un cahier des charges qui colle à l’offre que l’on veut avoir. Tout se décide avant.

    • Ouf ouf dit :

      Ah… on voit tout de suite que le petit jean luc est vexé…
      KNDS Deutschland et Rheinmetall écartés…
      Ancien salarié ou des actions !.?

    • Fabien Tremm dit :

      Si ils considèrent que les USA et Israël ne sont pas dignes de confiance, et qu’en plus ils sont satisfaits des K9, il est où le problème?
      Le Himars et le GMARS bloquent les missiles alternatifs.
      Le PULS a ses avantages, mais Israël est connu pour manipuler l’opinion publique des pays occidentaux, et les espionne massivement. La Corée du Sud? Simples partenaire non stratégique, presque purement commercial. Donc c’est un choix compréhenseible.

    • Momo dit :

      Les offres d’appel, oui, oui, bien sûr.
      Quand c’est pas l’IA c’est la cata. Et même là!

      Le pauvre vieux ne devrait plus nous casser les pieds encore trop longtemps.

  3. ADC dit :

    Bravo Norvège et dans ta gueule monsieur Tromp 😀

    • UE dit :

      @ADC. Et c’était dans la gueule de qui quand ils ont acheté des K-9 ?? Et quand ils achètent des radars TPY-4, des sous-marins U212, des frégates Typ 26, des P-8 et demain des drones US etc…c’est dans la gueule de qui ??

      • Fabien Tremm dit :

        TPY-4, pas d’équivalent en Europe en service.
        Il y a le SMART-L MM/D qui est proposé par Thales Nederland, mais aucun en service.
        P-8, pas d’équivalent en Europe, et la France qui veut en développer traine à le développer.
        U212CD? C’est pas l’Europe?
        Type 26? C’est pas l’Europe également?

        La Norvège n’est pas dans l’UE. Malgré tout, elle est cliente de nombreux pays européen (Allemagne, Suède, Finlande, Italie, Royaume Uni, Espagne, Autriche, Pays-Bas.

        • UE dit :

          @Fabien Tremm. « U212CD? C’est pas l’Europe?
          Type 26? C’est pas l’Europe également? » Pour tout ce que j’évoque, je pars de l’hypothèse qu’ADC est français….

          • Vequiya dit :

            c’est hors sujet. La France ne produit pas de lance-roquettes multiples donc il n’y a pas à critiquer son choix inutilement.

  4. Simon dit :

    a jo666, qu y a t il comme matériel équivalent européen disponible sur le marché?

    • GotoRaptor dit :

      Non, parce que les pays européens sont trop occupés à se poser cette question.

      La Norvège n’a pas besoin de LRU d’urgence, la ruZZie est complètement enlisée en Ukraine, si tu comptes la décennie de guerre qui reste + la reconstruction de leur armée, c’est pas demain la veille.

      Pendant ce temps on a un projet LRU qui a déjà des bases et ils pourraient nous rejoindre pour des prix de groupe.

    • Philippe dit :

      @Simon. Aucun…

  5. R2D2 dit :

    L’Europe c’est vraiment la deuxième maison de l’industrie de la défense coréenne…

    • Fabien Tremm dit :

      Et donc?
      Dans ce cas précis, il n’existe pas d’alternative en Europe, et le seul concept, c’est un carrossier français qui cherche à obtenir des financements étatiques, mais qui ne propose rien de concret.

    • Marine dit :

      Et en même temps, la Norvège n’est pas dans l’UE…

      • Philippe dit :

        @Marine. Il a dit Europe pas UE… Feriez-vous parti de ces gens qui considèrent que l’Europe se limite à l’UE???

        • Marine dit :

          Mouais… Je ne suis pas sûr que R2D2 ne pensait pas à l’UE quand il a écrit son commentaire, mais je vais vous accorder le bénéfice du doute sur ce coup-là… 😉

        • PK dit :

          D’un autre côté, chez les EUropéistes, la confusion est largement entretenue…

    • Fabien Tremm dit :

      Et en plus de ce que je vous ai déjà dit, c’est absolument faux.
      Achats en dehors de l’Europe?
      F-35, P-8 Poseidon, certains jets d’affaire transformés, de rares AEW&C, certains drones qui n’existent pas encore en Europe.
      Quoi d’autre? Des missiles qui n’ont pas d’équivalent en Europe ou qui ne sont pas compatibles avec ce que les pays utilisent historiquement.
      Des lance-roquette?
      Des radars qui n’ont pas forcément d’équivalent en service en Europe (TPY-4).
      De rares véhicules blindés?
      Et des 4×4 civils qui n’ont pas d’équivalent économique en Europe (la France en sait qqch).
      Vous semblez ne pas vous rendre compte de l’éventail de production en Europe, et de la majorité de choix pour l’équipement européen.

    • HMX dit :

      En l’occurrence, nous n’avons rien à opposer de réellement européen en matière de LRM. Le futur Foudre français, avec ses munitions associées en cours de développement, viendra peut être changer la donne sous 3 à 4 ans. En attendant, il faut acheter américain, israélien ou coréen. A ce petit jeu, il semble donc que les coréens soient à la fois les plus rapides à livrer, et les moins chers. Victoire logique.

    • Vequiya dit :

      je préfère largement que les européens achètent aux sud-coréens plutôt qu’à l’administration Trump.

  6. Mica X dit :

    exactement

    • Philippe dit :

      @Mica X. Concernant votre bla-bla sur les soldats américains en environnement arctique et les Finlandais…https://www.twz.com/land/finland-denies-being-asked-to-go-easy-on-u-s-troops-in-arctic-exercise

      • toufik dit :

        @Philippe : ça confirme en revanche la formation des troupes US aux opérations dans le grand froid, et l’intérêt que revêt cette formation pour ces troupes US.
        Pour l’exercice Cold Response 2026 en mars en Norvège, le grand absent sera… le Danemark. Cherchez l’erreur. Et à coté de Cold Response, l’exercice Arctic Endurance organisé (dans l’urgence) en janvier 2026 par le Danemark au Groenland, ostensiblement sans les US, fait pâle figure.

  7. Math dit :

    Il y a un aspect politique à ne pas négliger sur ce dossier. Entre des fournisseurs US, en directe, des fournisseurs allemands dépendants des US ou d’Israël, qui lui même est dépendants de Washington pour sa défense… Il n’y avait en réalité qu’une offre qui ne soit pas très fortement liée à l’Oncle Sam. Et encore..

  8. House dit :

    Le contribuable norvegien est content, il s’appauvrit en envoyant l’argent de ses impôts directement en Corée du sud, qui viendra surement financer les services publics norvegien …
    Sur les 27 pays européens, il y en avait pas un qui pouvait repondre, ou c’est que la petite com etait trop petite…?

    • Fabien Tremm dit :

      Quel système européen existe? Appel d’offre ouvert, et personne n’y répond, donc je vous laisse deviner.

    • NORAD dit :

      @House. La Norvège ne fait pas partie de ces 27 Etats dont vous parlez. Ensuite, la Norvège est riche…. Ses contribuables sont parmi les mieux nantis au monde..

    • Momo dit :

      Ne vous tracassez pas trop pour le contribuable norvégien qui ricane en regardant l’UE qu’il ne rejoindra jamais, pas fou:
      https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-fonds-souverain-de-la-norvege-encore-gagne-plus-de-200-milliards-deuros-en-2025-260129
      Et ce n’est que les intérêts de l’année. 15.1% des 1858 Milliards d’euros de départ.
      En gros les norvégiens touchent par an rien qu’en intérêt les montants que les gouvernants français acceptent de dépenser à perte chaque année depuis plus de 20 ans.

      Ce qui n’empêchent pas les Norvégiens de continuer à massacrer les baleines sur toute la planète et faire du saumon que vous ne mangeriez jamais si vous voyez avec quoi il est nourri et comment il a été génétiquement bricolé.
      Mais la neige recouvre tout d’un joli blanc.
      Jamais assez, jamais…

  9. GotoRaptor dit :

    J’espère pour eux qui peuvent les fabriquer sous licence sur le sol Norvégien, parce que la CdS n’est pas la porte à côté et si il y a un pépin avec la CdN our la Chine les commandes Européennes vont toutes passer à la trappe.

  10. benoit dit :

    Ce problème de roquette longue portée me laisse perplexe.
    Pour des nations qui maîtrise ce type de propulsion depuis plus de 70 ans est ce si difficile à réaliser ?
    Idem pour le ciblage on sait produire des obus avec ciblage final alors pourquoi ne fait on pas des roquettes ou munitions propulsée dans la profondeur et pourquoi doit on les acheter aux US ou aux Coréens ?

    J’avoue que si ces armes sont si stratégiques pourquoi ne sait on pas les faire ?

    On sait faire les booster d’ariane et le M51 mais plus petit c’est trop ?
    On ne sait pas remplacer les équivalents US en Urgence et en fournir aux Ukrainiens alors que visiblement le savoir technique est disponible ?

    Je sais bien qu’il y a un pas entre l’industrie et le monde réel, enfin sur les grosses commissions mais tout de même…

    • Fabien Tremm dit :

      C’est une question de volonté politique.
      Solution réelle?
      L’Italie, la France et la Norvège devraient collaborer pour offrir des motorisations pour divers gammes de missiles.
      L’Allemagne, la France, la Suède devraient proposer les charges explosives.
      L’Italie, la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, la Norvège devraient collaborer pour le guidage.

      Et en fonction de ce qui existe déjà, tous devraient proposer leurs systèmes.

      Et la Pologne devrait produire du 122mm pour tous.

      Exemples de systèmes faciles à produire?
      NSM, Exocet, RBS-15 Mk3 / Mk4, Taurus Neo, Teseo Mk2E.

      Plutôt que de se mettre en concurrence totale, avoir chacun de ces pays mettre en place des consortiums spécifiques pour un type de missiles pour lesquels ils ont le plus de technologies sur étagère serait le plus intelligent.
      Pour le balistique, l’Italie et la France avec l’Italie pourraient collaborer.

    • Roland DESPARTE dit :

      @benoit,
      Ce n’est pas que nous ne sommes pas capables.
      Cela s’explique par un ensemble de facteurs. Tout d’abord notre alignement depuis les années 80 sur le traité “INF“ (Intermediate-Range Nuclear Forces) qui théoriquement interdisait roquettes et missiles sol-sol dont la portée était supérieure à 500 km [Un marché de dupes car ce traité a été violé tant par les russes que les américains]. Ensuite, nos gouvernements otanesque ont jugé qu’il était plus “rentable“ de commander aux USA que de lancer la recherche/production sur de telles armes [Coûts de développement élevés et retours industriels limités] ; c’est ce qu’on a appelé “la délégation des capacités de frappe profonde conventionnelle aux États-Unis“.
      La guerre en Ukraine a changé “les choses“ avec l’adoption du programme européen ELSA (European Long-Range Strike Approach) par la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et à la Suède. Objectif : développer des missiles de croisière sol-sol d’une portée de 1 000 à 2 000 km d’ici 2030. Donc patience… ça arrive ! [ArianeGroup (Airbus + Safran) et MBDA nous prépareraient un sol-sol d’une portée de 500 à 2 000 km… L’Allemagne travaille sur l’adaptation sol-sol du successeur “Taurus Neo“… Le Royaume-Uni développe le projet “Nightfall“ (ogive de 200 kg sur > 500 km), …].
      Et nous avons le même problème pour certaines munitions air-sol, comme la GBU-57 (Massive Ordnance Penetrator – MOP) dont le poids (13 600 kg) interdit tout emport par un Rafale ou un Eurofighter. Si notre pays voulait une capacité similaire, il faudrait développer un vecteur dédié ou acheter d’occasion un B-2 Spirit !

    • HMX dit :

      @benoit
      évidemment que l’on « sait faire ». Des groupes comme MBDA, Thales, Safran ou ArianeGroup n’éprouveront aucune difficulté à concevoir une « bête » roquette de 100 à 150km de portée, et c’est d’ailleurs ce sur quoi ils travaillent en ce moment dans le cadre du programme FLP-T (frappe longue portée terrestre). Premiers essais prévus en 2026, on devrait en entendre parler dans quelques mois.

      Quant à savoir pourquoi on a arrêté la conception de ce genre d’armes, la réponse s’appelle : dividendes de la paix… dans un monde des années 1990-2000 où l’ennemi soviétique avait disparu, à quoi bon entretenir de coûteux parcs de chars ou de LRM ? Tout cela a donc été minutieusement « karchérisé » par la fameuse RGPP sarkozyste. Et encore, on a échappé à l’extinction totale, l’AdT ayant péniblement réussi à conserver 8 (huit !!!) exemplaire du LRU, uniquement afin de maintenir la compétence en vue d’une éventuelle remontée en puissance ultérieure. 20 ans plus tard, l’heure est venue. On sait à nouveau à quoi pourrait servir un LRM…

      • Lomax dit :

        @HMX
        Vous avez parfaitement résumé la situation, et c’est plus ou moins la même chose dans de nombreux domaines. Il y a bien eu une prise de conscience (2017) mais elle est assez tardive. Il fallait réagir dès 2008 (Géorgie) et bien sûr en 2014 (Ukraine déjà) mais bon… Maintenant le processus de remontée en puissance semble bien enclanché, il ne reste à espérer qu’il se poursuivra jusqu’à ce que puissions retrouver des capacités suffisantes adaptées à la situation actuelle. Idem pour la plupart des autres pays d’Europe dont certains doivent repartir de bien plus bas.

  11. Trent dit :

    Ils ont acheté pour dire à d’éventuels assaillants : « Le premier kimchi dans les bottes s’en prend une ! »

    • Momo dit :

      Attention au signalement pour racisme culinaire.
      Déjà la blanquette c’est limite alors…

  12. Roland DESPARTE dit :

    Les contraintes de production des HIMARS sont l’une des raisons principales pour lesquelles la Norvège a opté pour le K239 Chunmoo sud-coréen.
    Selon les données publiques publiées, Lockheed Martin produit actuellement 96 lanceurs HIMARS par an, cela correspond à environ 8 unités par mois. En termes de production, cela implique une file d’attente de plusieurs années pour déjà répondre aux demandes en cours : États-Unis (prioritaire) : contrat de 742 millions $ (mai 2025) pour des HIMARS supplémentaires qui doivent être livrés d’ici le 31 mai 2026 (nombre confidentiel). Australie : 42 commandés + 48 supplémentaires (septembre 2025). Canada : 26 lanceurs commandés (octobre 2025). Pologne : Accord-cadre pour 486 systèmes Homar-A (version polonaise proche du HIMARS), avec premières livraisons prévues en 2026. Bahreïn : 4 systèmes (août 2025). Italie : 21 systèmes et/ou lanceurs. Taïwan : 11 déjà livrés avec des livraisons supplémentaires prévues en 2026 (nombre confidentiel). Etc.
    Par ailleurs, les options européennes (comme EuroPULS) ont été jugées trop chères et également trop longues à développer. Côté français nous n’avons rien à proposer… [L’armée française attend toujours une solution…].
    De surcroît, la Norvège tient à limiter sa dépendance US, y compris pour les munitions, car certaines commandées dans le cadre de ce contrat, ont une portée supérieure à celles des HIMARS (~300-500 km selon les roquettes/missiles). Ainsi, les CTM-X ou la variante export du Hyunmoo/CTM-290 ont une portée annoncée de 500 km, une capacité permettant de couvrir des cibles stratégiques dans l’Arctique sans dépendre des USA… Une partie des missiles commandés étant produite en Pologne, via un consortium Hanwha/WB Electronics qui inclut des composants locaux pour les munitions longues portées.
    Un bon choix pour la Norvège.

    • vrai_chasseur dit :

      @RD
      C’est bien de le rappeler, la capacité industrielle de production fait partie intégrante de la dissuasion dite ‘classique’, surtout en combat de haute intensité.
      Elle est de plus en plus un critère prépondérant des choix de systèmes d’armes.
      Mais ce n’est évidemment pas le seul critère, la maturité technologique est également primordiale.
      Petit aparté illustratif à ce sujet, d’origine polonaise : les sud-coréens sont capables de cadences industrielles élevées, mais la ‘jeunesse’ de leur industrie de défense pose parfois des soucis de disponibilité de matériel. Le moteur DV27K des chars K2 sud-coréens achetés par Varsovie, a été conçu par Doosan Infracore (racheté depuis par Hyundai). Doosan Infracore n’était pas un spécialiste des moteurs de chars mais des ‘petits’ moteurs marins de la classe 600 ch. Pour faire le DV27K à 1500 ch, Doosan s’est inspiré d’un MAN allemand, mais militariser un moteur ne s’improvise pas : changements brusques de régime, grande amplitude des températures, variété des carburants dont certains « rustiques », turbo-compression élevée…les moteurs DV27K des chars K2 polonais résistent mal, se grippent voire cassent carrément, d’autant que la Pologne n’a acheté ni chars d’entrainement ni simulateurs pour la formation, ce qui sur-sollicite son parc de K2.
      Un char c’est bien, un char bien motorisé c’est beaucoup mieux. A bon entendeur.

      Et en dérivée, un chasseur NGF de SCAF c’est bien, un chasseur NGF bien motorisé c’est beaucoup mieux : réflexion pour les seigneurs de chez Airbus Defense & Space, il va falloir chercher un moteur pour le NGF allemand.

      • Vortex dit :

        Justement, les seigneurs d’Airbus DS reviennent à la raison ! Ils admettent-sans le dire, évidemment- qu’ils ne sont pas au niveau !
        Le patron d’Airbus DS juge finalement, qu’il serait « bon » d’avoir deux avions de chasse dans le SCAF !
        Il souhaite maintenant que chacuns, Allemands et Français, fassent son NGF, du moins la cellule, avec capteurs, moteurs et autres, en commun !
        Faut de l’aide quoi, surtout pour le moteur…
        Rappelons que Dassault, lui, a dit :  » La France, elle, peut faire seule ! »
        Et donc …
        Plus de GCAP pour Berlin ?
        Plus de coopération avec Saab ?

        • jean luc dit :

          Pour le moteur, les Allemands y travaillent avec Safran depuis 3 ans déjà, lui avance bien. Dassault a simplement dit qu’il pouvait faire seul l’avion . La France elle va droit dans le mur . Le pays est complètement divisé en raison du gouvernement minoritaire et du manque de budget.

        • jean luc dit :

          Michael Schöllhorn, directeur d’Airbus Defence and Space, a récemment proposé de scinder le projet SCAF, actuellement au point mort, en deux avions de combat distincts qui partageraient toutefois des systèmes communs.

          Contexte : Un différend persistant entre Airbus et Dassault Aviation concernant la répartition des tâches et la propriété intellectuelle bloque le projet.

          Objectif : Cette solution à deux appareils est perçue comme une voie possible pour sortir de l’impasse industrielle et sauver le programme.

          Prochaines étapes : Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé qu’une décision politique finale concernant la poursuite du programme SCAF est attendue dans les prochaines semaines.

          Il est vrai que nous parlons de deux avions NG avec des systèmes communs. Quel système? Certainement le clou ou le nuage. Pour le moteur, tu es en retard, le développement a commencé. Veuillez consulter mon article ci-dessous.

      • jean luc dit :

        pour le moteur du K2, il y a du changement
        L’origine du moteur du char sud-coréenn
        K2 Black Panther dépend de la série de production, car la Corée du Sud a progressivement remplacé les composants allemands par des technologies nationales :

        Première série (100 chars) : Oui, le moteur est allemand. Il s’agit du modèle MTU MB 883 Ka-501. La transmission est également allemande (Renk).
        Séries suivantes (Batch 2 et 3) : Le moteur est sud-coréen, fabriqué par Doosan Infracore (maintenant HD Hyundai) (modèle DV27K). Cependant, ces chars ont longtemps conservé une transmission allemande faute d’une alternative locale fiable à l’époque.
        Dernières évolutions et export : Depuis peu, la Corée du Sud a validé l’utilisation d’un groupe motopropulseur entièrement national (moteur et transmission) pour s’affranchir des restrictions d’exportation allemandes.

        En résumé, si les premiers exemplaires étaient propulsés par l’Allemagne, le K2 est aujourd’hui majoritairement équipé d’un moteur sud-coréen

        l’Allemagne travaille activement sur des moteurs d’avion militaire de nouvelle génération, principalement via l’entreprise
        MTU Aero Engines.
        Voici les points clés de ce développement :

        Le programme SCAF (FCAS) : L’Allemagne collabore avec la France et l’Espagne pour développer le Système de Combat Aérien du Futur, qui comprend un chasseur de 6e génération (NGF).
        Moteur « New Generation Fighter Engine » (NGFE) : Ce moteur est conçu pour équiper le futur avion à l’horizon 2040.
        Partenariat industriel : Le développement est piloté par EUMET (European Military Engine Team), une coentreprise entre l’allemand MTU Aero Engines et le français Safran Aircraft Engines, avec l’espagnol ITP Aero.
        Répartition des rôles : Safran dirige la conception et l’intégration du moteur, tandis que MTU est responsable des compresseurs haute et basse pression, ainsi que des services de maintenance.
        En Allemagne, Safran Aircraft Engines (filiale du groupe français Safran) est principalement présente à travers des coentreprises stratégiques et des sites spécialisés dans les secteurs de l’aérospatiale, de la défense et du spatial.

        Principales coentreprises

        La division moteurs d’avions opère en Allemagne principalement via des partenariats, notamment avec MTU Aero Engines :

        EUMET (Munich) : Coentreprise entre Safran Aircraft Engines et MTU pour le moteur du New Generation Fighter (NGF) dans le cadre du programme de défense européen FCAS.

        Europrop International GmbH (Munich) : Coopération entre Safran, MTU, Rolls-Royce et ITP pour la production du moteur TP400-D6 destiné à l’avion de transport militaire Airbus A400M.

        EURA (European Military Rotorcraft Engine Alliance) : Coentreprise à parts égales avec MTU, créée en juin 2024, pour le développement de moteurs européens destinés à la prochaine génération d’hélicoptères militaires.

        Sites et autres filiales

        Le groupe Safran emploie environ 1 500 personnes sur 12 sites en Allemagne :

        Technologies avancées : Le projet explore des innovations telles que le cycle variable, de nouveaux matériaux et la fabrication additive pour maximiser l’efficacité et la furtivité.

        Bien que des tensions politiques et industrielles surviennent parfois sur la direction du projet global, l’engagement sur le moteur reste un pilier central de la coopération de défense allemande. toujours heureux de te lire .

      • PK dit :

        « Pour faire le DV27K à 1500 ch, Doosan s’est inspiré d’un MAN allemand, mais militariser un moteur ne s’improvise pas : changements brusques de régime, grande amplitude des températures, variété des carburants dont certains « rustiques », turbo-compression élevée…les moteurs DV27K des chars K2 polonais résistent mal, se grippent voire cassent carrément, »

        Les Coréens ont réussi un tour de force de produire un moteur de 1500 chevaux, ce qui n’est pas à la portée de n’importe qui. Ce ne sont pas des amateurs, ni du genre à se reposer sur leurs laurieux. Gageons qu’ils sauront corriger rapidement ces défauts, qui ont tout du défaut de jeunesse.

    • NORAD dit :

      @Roland Despartes. « Selon les données publiques publiées, Lockheed Martin produit actuellement 96 lanceurs HIMARS par an, cela correspond à environ 8 unités par mois. En termes de production, cela implique une file d’attente de plusieurs années pour déjà répondre aux demandes en cours : États-Unis (prioritaire) « . Les commandes de lanceurs pour les forces US ont beaucoup diminuées. Elles étaient de 21 en 2024, 10 en 2025, et de seulement 6 pour 2026 pour l’US Army avec 553 autres unités commandées depuis le début de la production jusqu’à 2023. l’US Army en a 470 actuellement à fin septembre 2025. Il reste donc 120 à lui livrer jusqu’à fin 2028. « pour des HIMARS supplémentaires qui doivent être livrés d’ici le 31 mai 2026 « . Rien de secret : et c’est 83 unités à livrer à l’US Army entre octobre 2025 et fin septembre 2027 dont 56 sur toute l’année 2026 (43 entre mai 2025 et mai 2026)…Les calendriers de livraisons et les commandes sont dans le budget 2026…

  13. lecoq dit :

    au moins ca n’ira pas aux USA … les ricains recallés et les Allemands aussi (faussoyeurs de l’industrie de defense europeene)

    • Fabien Tremm dit :

      Raviveurs?
      Les Leopard 2 produits dans plusieurs pays européens?
      Munitions de calibre moyen, lourd, artillerie produits en Allemagne, dans les pays baltes, en Roumanie, Hongrie?
      Acier français pour les armes légères?
      Protection de l’acier européen?
      A330 MRTT commandés?
      Drones kamikazes développés en Allemagne, recalant les productions sous licence de Rheinmetall?
      Skyranger 30 poussé partout en Europe, et accueillant les missiles voulus par les clients, dont le Mistral 3 pour l’Autriche, le Danemark, et proposé à la Roumanie? Et sur des Pandur Evo, Piranha V, Boxer, KF41 Lynx, Leopard 1, PMMC G5 et maintenant même isolés en mode statique? Proposant des radars Rheinmetall italiens, utilisant des canons produits en Italie, conçu en Suisse, production d’éléments spécialisés en Suisse, assemblage et production partielle en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse et proposé à d’autres clients?
      Radars Hensoldt?
      IRIS-T SLS, SLM, SLX, IRIS-T modernisés pour l’aviation ()?
      Seul pays à commander de gros volumes de Meteor donnant du travail en France, Italie, Espagne, Suède et au Royaume Uni (hé oui, 4e commande passée, combien pour la France?) .
      KF41 Lynx produits en Hongrie, Italie, proposé à la Roumanie et la Pologne (pour les VCI lourds)?
      Boxer produits en Allemagne, Royaume Uni, Pays-Bas?
      Rheinmetall HX, MAN TG produits en Allemagne, Autriche, Royaume Uni?
      Camions Mercedes produits en Allemagne et en France?
      Moteurs Liebherr pour les futurs chars produits et développés en France et/ou en Suisse?
      Renk qui produit en partie en France qui a de gros volumes de production?
      Commande du Patria 6×6 en collaboration avec de nombreux pays, prenant des moteurs Scania?
      Commande de 3000 Mowag Eagle V, et de milliers de Mowag Piranha V, sécurisant la production et maintenance à long terme pour le Danemark et la Roumanie?
      L’Allemagne voulait un hélicoptère lourd européen, c’est entre autres la France qui a stoppé le projet.

      A un moment ou un autre, il faut arrêter avec les mensonges également.

    • jean luc dit :

      Tous les pays européens ont vu leur production nationale augmenter de façon exponentielle, pour toi, si ce n’est pas produit en France, ce n’est pas européen. La France n’est pas seule en Europe. En Allemagne, les entreprises d’armement sont privées, elles n’attendent pas les commandes de l’État pour investir dans leur secteur

    • jean luc dit :

      jamais l’Europe n’a produit autant d’armes depuis 1945 , mais elle doit aussi commander des armes qu’elle ne produit pas ailleurs , L’artillerie longue distance, elle ne fait pas, les missiles 500 km, 2500 km non plus, un système AWRO3 ou 4 ou un équivalent non plus. De nombreux pays suivent l’Allemagne et ont transformé leur économie en économie de guerre .

      • Mère-grand dit :

        @jean luc. « De nombreux pays suivent l’Allemagne et ont transformé leur économie en économie de guerre . » Arrêtez de galvauder le terme « économie de guerre » comme les politiciens et journalistes de tout bord. On est à des années lumières d’une économie de guerre. Et on y sera que si la guerre éclate…