L’armée de Terre continue d’évaluer son nouveau système de communication hybride « HYDRE »

L’un des enseignements tirés du retour d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine est qu’il est absolument nécessaire d’assurer la résilience des chaînes de commandement tactiques… Et donc de disposer de capacités de transmissions redondantes en s’appuyant sur des moyens civils.
En outre, il s’agit aussi de répondre aux enjeux du combat collaboratif, lequel exige un besoin croissant de connectivité, en complétant les capacités existantes, comme la radio CONTACT et les stations terrestres pour les satellites Syracuse 4A et 4B, qui offrent pourtant des débits élevés [jusqu’à 3 Gb/s].
D’où le contrat que la Direction générale de l’armement [DGA] a notifié à Thales, l’an passé, pour installer des « kits d’hybridation » Satcom OneWeb et 5G à bord des blindés de l’armée de Terre.
« Ces kits permettent d’utiliser des moyens de communication commerciaux en les intégrant dans la connectivité d’ensemble du théâtre, en fédérant l’ensemble des moyens de transmissions, depuis le poste de commandement interarmées jusqu’aux véhicules de combat », avait alors expliqué Thales.
Mais l’armée de Terre n’entend pas se satisfaire de cette seule solution. Lors d’une audition parlementaire, en novembre 2024, son chef d’état-major, le général Pierre Schill, avait annoncé qu’elle allait développer le « système de communications sécurisées HYDRE », censé renforcer la connectivité des unités via « l’hybridation des réseaux militaires et commerciaux » tout en offrant une meilleure résistance au brouillage.
Dans son dernier rapport d’activité, l’Agence de l’innovation de défense [AID] fit savoir que ce projet d’innovation, doté de 3 millions d’euros, était « passé à l’échelle » et que des véhicules en avaient été équipés à la fin de l’année 2024.
« HYDRE est un projet visant à doter l’échelon tactique de moyens de connectivité aux réseaux cellulaires. Embarqués dans un véhicule et sécurisés face aux menaces de guerre électronique, ils confèrent un accès aux réseaux civils, complémentaire aux moyens de communication radio et satellitaires », avait-elle expliqué.
Plus précisément, ce système de communication permet de maintenir le contact sur de longues distances en s’appuyant sur les différents types de réseaux rencontrés en chemin. Il a été mis à l’épreuve par une Équipe d’acquisition dans la profondeur [EAP] du 1er Régiment d’Artillerie, lors de l’exercice Diodore 25, en mars 2025.
Probablement que le système HYDRE a fait l’objet d’autres évaluations au cours des différentes manÅ“uvres effectuées par la suite. En tout cas, il a été mis à l’épreuve lors de l’exercice Alligator 25, récemment mené par les sections commandos de la 6e Brigade légère blindée, organisées en sous-groupements commandos amphibies [SGCA], dans la région de Collioure.
Cet exercice, résume l’armée de Terre, a « permis au GCA de s’entraîner dans des conditions réalistes en milieu amphibie par la mise en place d’un sous-groupement commando amphibie [SGCA] à la palme, ainsi que le débarquement sur la plage de plusieurs autres par des moyens spécifiques tels que les embarcation fluviales du génie et la vedette de la compagnie d’instruction nautique du Centre national d’entraînement commando ».
Et il a donc permis d’évaluer le système HYDRE, qui « permet l’emploi de la transmission de données en s’appuyant sur des réseaux 5G civils et des liaisons satellitaires civiles [BGAN], avec un chiffrement intégré garantissant la sécurisation des échanges », a précisé l’armée de Terre. Si elle en a parlé, c’est sans doute parce que l’évaluation a été positive…
Cela étant, dans la même logique, le 28e Régiment de Transmissions et le 92e Régiment d’Infanterie ont mis un point un autre système hybride, appelé GHOST [Gestion d’Hybridation Opérationnelle des Systèmes de Transmissions]. Pouvant être installé sur n’importe quel véhicule, il repose sur la constellation satellitaire OneWeb « afin d’offrir élongation, débit, faible latence et résilience aux unités […] en opérations ».
Photo : Exercice Alligator 25 – armée de Terre





« avec un chiffrement intégré garantissant la sécurisation des échanges »
LOL. Cela voudra dire que celui qui écoute saura que la personne qui se connecte est l’armée, donc une cible… C’est moyen comme redondance, mais très efficace pour se faire dégommer. Les Russes et les Ukrainiennes prennent cher avec ce genre d’attitude chaque jour…
À mon avis, c’est assez moyen comme idée, sauf pour faire de la redondance pour des trucs comme les drones qui, eux, sont sacrifiables.
La dernière niouze « amusante » : les Russes utilisent désormais Starlink pour guider (sans doute en redondance) leurs Géranium… Comme quoi, le truc qui sert l’un sert AUSSI l’autre…
Pour guider leurs géraniums ?
les géraniums sont souverains contre les moustiques
Si les russes avaient eu cela la premiere semaine (juste le back up, pas l ensemble des systemes de communication redondant), ils n auraient pas perdu de manière aussi humiliante.
dernière niews amusante: les russes annoncent contrôler Kupiansk.
Et pourquoi seulement les Ukrainiennes devraient prendre cher ? Les Ukrainiens ne peuvent pas prendre cher avec elles ?
un peu comme le réseau mobile russe utilisé par les Ukr…
OK, l’écouteur (clandestin) sait que la communication est de l’armée (adverse), comment fera t il pour localiser les extrémités de la communication et les cibler ?!!
Maintenant, comment envisager une communication sans interception ? Des câbles ? pigeons voyageurs ?..Ou Sans doute pas de communication du tout !! Que ce soit par satellite ou pas liaison terrestre : radio, câble, sémaphore, laser aérien (!)…Le risque d’interception n’est pas nul, il faut alors s’assurer de la confidentialité des messages et de la localisation des utilisateurs.
Un drone filoguidé porteur d’un message rédigé sur papier avec de l’encre sympathique.
« OK, l’écouteur (clandestin) sait que la communication est de l’armée (adverse), comment fera t il pour localiser les extrémités de la communication et les cibler ?!! »
Vous allez de ne rien y connaître en réseau… surtout en réseau télécom. Il y a tout dans le protocole pour savoir où est la personne qui appelle… On s’en sert aussi pour de bonnes choses, comme géolocaliser un appel de détresse en France par exemple.
« Maintenant, comment envisager une communication sans interception ? »
A priori, ce n’est pas possible. Mais disons que le câble optique limite le risque (pour un engin aérien, car les câbles sous-marins sont « plombés » depuis longtemps.
Le problème n’est pas tant l’interception que ce que peut en faire l’ennemi. Si c’est pour remonter directement à l’émetteur afin qu’il soit détruit, c’est moyen. Si c’est pour écouter la ligne, c’est un autre sujet. Passionnant d’ailleurs…
Le très beau mot de « résilience » galvaudé désormais à toutes les sauces de la « com »…
Rectification : Thales a vendu une usine à gaz pleine de failles à l’armée de terre qui a signé les yeux fermés grâce aux copains de la DGA :-)))
Moyens civils et résistance au brouillage ??? c’est un peu oublier qu’en 1939, les armées n’ont pratiquement communiqué que par les P.T.T en attendant l’heure d’ouverture des bureaux de poste ! Quid aujourd’hui de la maintenance de ses réseaux civils confiés à des sociétés privées moins disantes utilisant du personnel peux qualifié et pas concerné, ne travaillant qu »en heure ouvrable. Coté résilience, il va falloir trouver autre chose, avant de se rendre compte qu’on a accordé des millions de subventions qui sont partis en fumée, mais pas pour tout le monde !
Pour que SCORPION fasse ce pourquoi tant d’argent public a été cramé, il faudrait que SICS fonctionne…
On finira par acheter du Starlink si Oneweb est coulé par nos nombreux amis.
Le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge.