L’armée de Terre a reçu ses premières munitions téléopérées Damoclès

Issues de l’appel à projets Colibri, lancé par l’Agence de l’innovation de défense [AID] en mai 2022, les premières munitions téléopérées [MTO] MX-10 auraient dû être livrées à l’armée de Terre – plus précisément au 35e Régiment d’Infanterie – en juillet 2025. Cette échéance avait encore été confirmée par la Direction générale de l’armement [DGA], celle-ci ayant même assuré que la livraison des 460 unités commandées serait achevée d’ici la fin de l’année 2025.

Mais ce programme a subi un léger retard. En effet, via un communiqué publié le 22 janvier, le ministère des Armées a annoncé que la DGA n’avait remis les premiers exemplaires de la MX-10, désormais appelée Damoclès, au Service interarmées des munitions [SIMu] que le 2 décembre. Et cela, deux semaines après avoir qualifié le premier standard de cette MTO et dix-huit mois après la notification du marché au duo formé par KNDS France et Delair.

« D’ici le mois de juillet 2026, 460 munitions téléopérées Damoclès seront livrées aux forces armées », a assuré le ministère. Et de souligner qu’elles donneront ainsi une « nouvelle capacité d’agression dans la zone de contact ».

Première MTO industrialisée en France et faisant partie de la gamme Mataris proposée par KNDS France, la Damoclès repose sur un drone de type quadricoptère mis au point par Delair.

D’une portée d’au moins 10 km pour une autonomie de 40 minutes et optimisée pour les vols BVLOS [Beyond Visual Line of Sight], cette MTO est résiliente au brouillage électronique. Elle emporte une charge militaire à fragmentation et effets contrôlés de 550 grammes, fournie par KNDS France. Enfin, elle est dotée d’une boule optronique intégrant des caméras électro-optique et infrarouge, ce qui lui permet de transmettre des images en temps réel jusqu’à l’impact.

La Damoclès « est destinée à neutraliser l’infanterie et les véhicules légers, en minimisant les dommages collatéraux. Facile à déployer [en moins de 5 minutes], elle apporte une réponse rapide et efficace dans des environnements opérationnels complexes », précise KNDS France.

La Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit l’acquisition de 1 800 MTO pour le compte de l’armée de Terre. Probablement que cette « cible » sera revue nettement à la hausse lors de son actualisation. Pour autant, il n’est pas question de constituer des stocks étant donné que la technologie de ces systèmes évolue constamment.

Pour le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, il s’agit de faire en sorte que les industriels soient en mesure de développer « des MTO les plus à jour possible, d’avoir un flux de production qui permette l’entraînement et un stock minimum mais surtout de produire beaucoup plus » en cas de besoin. « Le risque à constituer des stocks de telles munitions reviendrait à avoir des munitions obsolètes, tellement l’évolution est rapide dans ce domaine, avait-il expliqué, lors d’une audition parlementaire.

Par ailleurs, via le média social X, le CEMAT a annoncé l’arrivée prochaine dans les régiments des 1 000 drones Sonora que la DGA avait commandés auprès d’Harmattan AI en juillet dernier. « Efficaces, dotés d’IA, économiques et facilement réparables, ils répondent parfaitement au besoin d’équiper chaque groupe de combat pour un usage intensif », a-t-il fait valoir.

Photo : KNDS France

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16 contributions

  1. rainbowknight dit :

    Damoclès ? eh bé ….

  2. jean luc dit :

    pour ma part il faut les envoyer en Ukraine pour voir ce qu’ils valent exactement .c’est teste grandeur nature

    • Galactika dit :

      A mon avis, c’est déjà fait.

    • La Teste-de-Buch dit :

      C’est testé grandeur nature, c’est un test grandeur nature.

    • Vortex dit :

      Ben, justement… Damocles MX-10 fait partie de la gamme MATARIS, avec notamment la MV-25 OSKAR testée en Ukraine. Paraît qu’elle s’est très bien comportée, elle …

  3. Stakan Vada dit :

    Enfin! Pour une fois la doctrine d’emploi semble parfaitement adaptée à la menace: décentraliser les actions de ces MTO aux plus petits échelons du SGTIA pour une meilleure efficacité opérationnelle. C’est très bien !

  4. AirTattoo dit :

    Le problème avec cette annonce de commande, c’est qu’elle n’a pas vraiment de sens. Ce type de drone ne se “stocke” pas : l’enjeu, c’est surtout de garantir une capacité de production en volume quand on en a besoin, avec un modèle qui peut évoluer rapidement.
    On en commande surtout pour l’entraînement, la formation et la montée en compétence, pas pour en empiler des centaines en réserve. Et si on peut en envoyer une partie en Ukraine, tant mieux : l’essaim, ils aiment bien. (et hop !! copié-collé de la new plus haut)

  5. Carin dit :

    Nos amis ukrainiens ont sûrement déjà testé cette MTO…
    Je pense que pour maintenir la chaîne de fabrication ouverte, ce sont eux qui vont en recevoir par dizaines chaque mois, les 1800 commandées, c’est pour que nos gars s’entraînent à son maniement, et à la qualité de ses optiques, ainsi que pour ouvrir la chaîne d’assemblage. Mais nul doute que l’Ukraine en profitera, et j’ajoute que c’est ce pays qui va permettre la recherche développement sur les évolutions de ce produit, et de ses petits frères qui arrivent.
    Et si cette MTO fait des merveilles sur le front, l’Ukraine en commandera par centaines, à chacune de ses évolutions.
    Par contre, la charge explosive va probablement doubler.

  6. Galactika dit :

    Attendez voir, on parle bien de « munitions téléopérées », autrement dit destinées à ne servir qu’une fois n’est-ce pas ?
    Et nous avons un général pour nous vanter qu’elles sont facilement réparables et prévues pour un usage intensif ? Le général a-t-il compris de quoi il parle ou quoi ?

    • Faut tout lui expliquer. Mais a-t-il lu l'article ? dit :

      Il parle d’une autre machine, des drones Sonara.

      Si monsieur Lagneau a pris la peine de faire commencer son dernier paragraphe par « Par ailleurs », c’est bien pour signaler qu’il changeait de sujet :

      « Par ailleurs, via le média social X, le CEMAT a annoncé l’arrivée prochaine dans les régiments des 1 000 drones Sonora que la DGA avait commandés auprès d’Harmattan AI en juillet dernier. »

  7. Guilhom dit :

    mieux vaut avoir du Stock de munitions obsolètes pouvant servir que rien.
    le paradigme est toujours le même.
    pas de dépense inutile sauf qu on en est plus là,

    même obsolète dans 6 mois il faut en avoir sinon on aura jamais rien … car chaque 6 mois cela évolue.
    avec cette manière de penser c’est juste une fuite en avant.

    il faut créer des usines de production de petites tailles a partir d imprimantes 3d réparties en masse sur tout le territoire.

    que l’on puisse décentraliser la production et pouvoir produire en masse malgré des bombardements.

    la solution actuelle est celle d’une production de l ancien temps.

    nous devons innover également dans ces approches.

    l’armée doit pouvoir compter sur une capacité d approvisionnements immédiates et ne pouvant s arrêter malgré les coups aux buts de nos adversaires.

    on doit pouvoir réduire les coûts et réussir a chaque échelle industrielle construire des drones ou des pièces de drones et être autonome.

    chaque commune de France doit avoir un point de création de drones.

    chaque citoyen équipé de machine d impression 3d doit s enregistrer et être un réserviste de la création de drones.

    il faut agir ainsi pour être efficace et réactif pour nos armées.

    les Vagues après vagues de milliers drones seront la norme alors avec 500 drones… sur 6 mois…

  8. Koudlanski Romain dit :

    C’est un bon début .

  9. Pascal dit :

    Je valide le commentaire de Guilhom ci-dessus concernant notre approche dépassée pour la production des futurs drones français. Si la production industrielle ukrainienne pour son armement progresse depuis de nombreux mois, malgré tous les bombardements russes, c’est en raison d’une approche décentralisée entre autres. Aussi, les usines françaises pour l’armement sont peu protégées. On peut se questionner sur la réelle efficacité sécuritaire des sites français sensibles. Il y a là devant nous un réel travail à faire en toute urgence…
    Il serait judicieux d’augmenter des lieux souterrains, répartis sur le territoire, pour certains stockages stratégiques afin que le pays puisse « encaisser » quelques semaines en cas de crise majeure (munitions…).