Un hélicoptère Fennec de l’escadron 1/65 Alpilles a dû se poser en urgence après une « perte de contrôle »

En 2024, le Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État [BEA-É] a ouvert des enquêtes sur treize incidents ayant impliqué des aéronefs du ministère des Armées. Incidents qui, hormis les plus graves, comme la collision de deux Rafale en Meurthe-et-Moselle, n’ont pas nécessairement fait l’objet d’une communication de la part de ce dernier.

Cela étant, le 21 janvier, probablement parce que les conséquences auraient pu être dramatiques, le ministère des Armées a publié un communiqué de quelques lignes après qu’un hélicoptère AS555 Fennec de l’escadron 1/65 Alpilles, en provenance de la base aérienne 115 d’Orange-Caritat, a dû se poser en urgence, sur une « zone inhabitée » située près de l’aérodrome d’Uzès [Gard], suite à une « perte de contrôle lors d’une mission d’entraînement » survenue aux environs de 19 heures.

Une mission de recherche et de sauvetage [SAR – Search and Rescue] a immédiatement été lancée pour localiser l’appareil et récupérer ses occupants. « Les trois membres composant l’équipage sont indemnes. La situation est sous contrôle », a indiqué le ministère, sans toutefois préciser l’état de l’hélicoptère.

Comme il est d’usage en pareil cas, le BEA-É a été sollicité pour établir les circonstances et les causes de cet incident tandis qu’une enquête de commandement et une enquête judiciaire ont été ouvertes.

Pour rappel, le Fennec est un hélicoptère bimoteur léger [classe des 2,6 tonnes] utilisé pour l’entraînement, les évacuations sanitaires [EVASAN], les missions SAR et la mise en Å“uvre des mesures actives de sûreté aérienne [MASA]. Quarante exemplaires sont en dotation au sein de l’armée de l’Air & de l’Espace et dix-huit autres sont exploités par l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] depuis les années 1990.

Jusqu’à présent, le dernier incident ayant impliqué un Fennec remontait au 25 août 2023, en Guyane, lors d’une patrouille serrée de deux appareils de ce type.

Selon le rapport d’enquête du BEA-É, « l’événement » avait été causé par une « perte de portance en courte finale d’un hélicoptère Fennec, au cours d’une présentation en patrouille serrée, ayant provoqué un atterrissage dur de l’équipier. »

Photo : archive / armée de l’Air & de l’Espace

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21 contributions

  1. vno dit :

    Vol de nuit en conditions VFR limites ?

  2. Rototor dit :

    Pas beaucoup de détails, mais tout le monde s’en est sorti, c’est l’essentiel.

  3. themistocles dit :

    Bien fini , tout le monde est intact. Je hais les hélicoptères, au dessus de la terre, ils pardonnent rarement.

    • Schwarzwald dit :

      Il y a beaucoup de facteurs, mais dernièrement il y a eu un H160 qui à amerrit et ça s’est bien passé. Bon … le H160 est biturbine et le Fennec il y a des mono turbines et des bi turbines.

  4. Roland DESPARTE dit :

    On ne peut que se féliciter du posé d’urgence réussi de nuit par l’équipage du Fennec.
    Comme quoi, sans cocorico déplacé, nos pilotes sont valeureux.
    L’entraînement au posé d’urgence est obligatoire lors de la formation des pilotes à l’EALAT de Dax et au Cannet-des-Maures. Les simulateurs sont largement utilisés pour les scénarios d’urgence afin de réduire les risques.
    En unités opérationnelles, l’entraînement est récurrent (autorotations complètes ou partielles), simulateurs FFS/full-flight (réactions hélicoptère, pannes, maintenance), entraînement en conditions réelles (montagne, nuit, combat), les manœuvres étant testées en examen pratique [Autorotation en ligne droite, avec virages (180°/360°), à basse vitesse, en distance, dans des conditions variées (conditions dégradées, orage, vent de travers, etc.)]. A l’international la France est reconnue pour son expertise en vols en autorotation [Source : Base École du 6e RHC].
    La perte de contrôle semble indiquer que l’hélicoptère a un problème dans le maintien de sa portance (panne moteur ?), et le pilote se sert des zones autorotatives des pales qui permettent au flux d’air ascendant de faire tourner le rotor principal afin de maintenir la portance et contrôler au mieux possible la descente.
    Nombre de ces pilotes incorporent ensuite le civil (Sécurité civile, EDF, …) ou poursuivent leur carrière dans la Gendarmerie. Une petite vidéo d’un pilote de la Gendarmerie qui a réalisé à 2 200 m d’altitude, sur un flanc de montagne escarpé, une manÅ“uvre spectaculaire appelée « appui-patin » :
    https://youtu.be/1yyWEnQcj8s

    • François 01 dit :

      Ne pas confondre autorotation et atterrissage d’urgence.
      L’ autorotation n’est pratiquée que sur les hélicoptères mono-turbine.
      Le Fénnec n’est donc pas concerné.
      Au sein des armées françaises, les seuls appareils concernés sont les EC120 de l’école Hélidax et les Gazelles de l’ALAT et les Ecureuil de la gendarmerie.

      • Roland DESPARTE dit :

        @François 01
        Je ne suis pas un spécialiste en la matière. De ce que j’avais lu un atterrissage d’urgence était réalisé grâce à l’autorotation… Pourriez-vous développer ? Merci

        • François 01 dit :

          Les pilotes de biturbine ne s’entrainent pas à l’autorotation car le risque que les deux turbines se retrouvent simultanément à l’arrêt est considéré comme improbable.
          L’autorotation peut être pratiquée uniquement si vous n’avez plus de moteur.
          Si par exemple vous avez une panne de transmission vous devez atterrir en urgence mais vous ne pouvez pas pratiquer l’autorotation.

      • Philippe dit :

        @François 01. Ce n’est pas une question de nombre de turbine, mais le fait d’en avoir au moins 1 fonctionnelle. Même un CH-53 avec 3 turbines peut finir en autorisation…

        • François 01 dit :

          Les pilotes de biturbines ne s’entrainent pas à l’autorotation car le risque que les deux turbines se retrouvent simultanément à l’arrêt est considéré comme improbable. Idem avec trois turbines.

        • Rototor dit :

          Si en plus il faut demander une autorisation avant de faire une autorotation, la manÅ“uvre d’urgence va prendre des plombes !

      • Bestiaire dit :

        Les gazelles et les écureuils gambadent dans les bois.
        Les Gazelle et les Écureuil survolent les bois.

        Quant au fennec, il est plus mignon que le Fennec.
        https://s3.animalia.bio/animals/photos/full/1.25×1/sahra11jpg.webp?id=c066d8276ba3048e1f0fa25b31c3e1fa

    • François 01 dit :

      S’il est vrai que les pilotes de la sécurité civile proviennent souvent de l’armée, ce n’est pas le cas pour la gendarmerie qui sélectionne ses pilotes parmi son propre personnel pour les former en suite (formation commune à l’armée).

    • Tout ce qui monte finit par redescendre dit :

      Le « posé d’urgence » ou le « poser d’urgence » ?

  5. Marensin dit :

    Les militaires de la Gendarmerie volontaires pour servir dans les FAG passent en effet des tests de sélection et rejoignent en cas de succés l’EALAT de Dax pour suivre la formation de pilote d’hélicoptère. Ce qui n’empêche que servent actuellement en Gendarmerie un nombre non négligeable d’anciens militaires de l’ALAT.

  6. Yann dit :

    Ne serait ce pas un problème de maintenance ? Les choses ont bien changé depuis que l’armée de l’air soustraite la maintenance de ses hélicos (…)