Dédié à la lutte anti-sous-marine, le drone aérien britannique Proteus a effectué son premier vol

Utilisé en complément d’un avion de patrouille maritime, un drone aérien est susceptible de procurer des capacités intéressantes en matière de lutte anti-sous-marine, comme, par exemple, celle de détecter un périscope grâce à ses capteurs optroniques. Il peut également être utilisé pour larguer des bouées acoustiques dans une zone donnée. Tel a d’ailleurs été l’objet de la campagne d’essais que l’américain General Atomics vient d’effectuer pour vérifier l’aptitude de son MQ-9B SeaGuardian pour cette tâche.

Ainsi, ces essais, menés en conditions opérationnelles, ont permis de certifier l’utilisation de la nacelle SDS [Sonobuoy Dispensing System], qu’un MQ-9B SeaGuardian peut emporter en quatre exemplaires sous sa voilure. Chacune d’entre elles peut contenir dix bouées acoustiques de type A ou 20 bouées de type G. Ce qui fait que la capacité d’emport de ce drone est largement supérieure à celle d’un hélicoptère MH-60R Sea Hawk, dédié à la lutte ASM.

Cela étant, il serait aussi intéressant d’utiliser un drone aérien pour renforcer les capacités ASM d’une frégate. Ayant été chargé de mener à bien le programme SDAM [Système de drone aérien pour la Marine], Airbus Helicopters a avancé l’idée de doter le VSR-700 de quatre paniers latéraux [deux de chaque côte] pouvant contenir quatre bouées acoustiques SonoFlash [fournies par Thales] et / ou quatre grenades anti-sous-marines proposées par Naval Group. L’ensemble serait associé à un hélicoptère NH90 Caïman équipé du sonar basse fréquence léger à grande immersion « Sonar Flash », d’un détecteur d’anomalies magnétiques [MAD – Magnetic Anomaly Detection] et de torpilles MU90. Seulement, ce projet n’a, pour le moment, pas été retenu par la Marine nationale.

En revanche, la Royal Navy a investi 60 millions de livres sterling pour développer le Proteus, un démonstrateur de drone aérien dédié à la lutte anti-sous-marine, dans le cadre d’un marché notifié à Leonardo UK en 2022.

« Les essais évalueront la capacité du drone à larguer des bouées acoustiques et à alerter un hélicoptère avec équipage si un sous-marin est détecté. Conçues pour fonctionner à un coût moindre par rapport aux aéronefs avec équipage, les capacités dérivées du démonstrateur pourraient également réduire l’exposition du personnel de la Royal Navy aux menaces », avait expliqué le ministère britannique de la Défense [MoD], à l’époque.

Le 16 janvier, soit moins de quatre ans après le lancement de ce programme, le Proteus a effectué son vol inaugural, depuis l’aérodrome de Predannack en Cornouailles.

Lors de ce premier vol, le Proteus, dont la conception repose sur l’hélicoptère AW09 de Leonardo, a été en mesure « d’actionner ses propres commandes de vol indépendamment de tout opérateur humain, mais sous la supervision et le contrôle constants de pilotes d’essai au sol afin de garantir la sécurité », a expliqué la Royal Navy.

Le succès de ce premier vol du Proteus constitue une étape importante dans la transformation de l’aviation navale de la Royal Navy et témoigne de notre engagement indéfectible à investir dans les systèmes autonomes pour former une escadre aérienne hybride. Elle souligne notre volonté […] d’améliorer l’efficacité opérationnelle de la Royal Navy dans un environnement de plus en plus complexe et de maintenir un avantage opérationnel face à l’évolution des menaces maritimes », s’est félicité le contre-amiral Steve Bolton, le directeur adjoint des programmes futurs de la Fleet Air Arm.

Pouvant emporter une charge utile de plus d’une tonne, le Proteus pourra être équipé de différents modules de missions pour la lutte anti-sous-marine, lutte antinavire et la détection aéroportée. Il sera aussi en mesure d’exploiter les informations fournies par un « réseau de navires, d’hélicoptères, de sous-marins et de systèmes de détection alliés », explique la Royal Navy. Il prendra ainsi toute sa place dans le programme « Atlantic Bastion », qui vise à créer une force navale hybride pour « localiser, suivre et, si nécessaire, neutraliser » des adversaires potentiels « avec une efficacité sans précédent sur de vastes étendues océaniques ».

Photo : Royal Navy

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9 contributions

  1. Rototor dit :

    Ça n’apporte pas grand chose au sujet, mais ça lancera peut-être les commentaires : Qu’est-ce qu’il est moche !

    • Yvon dit :

      Vous avez raison. Cela ne fait pas de mal de rire un peu. Il est vraiment moche!

    • Fabien Tremm dit :

      Hé oui, un hélico développé pour le civil, l’AW-09, un hélicoptère conçu pour concurrencer les H125 et Bell 407, dont la mécanique et la structure a été reprise, puis adaptée pour en faire un hélico qui a un tout autre rôle, qui nécessite bien moins de volume, mais dont le volume ne peut pas changer là où la motorisation et des éléments de ce type sont, ça ne donne pas toujours des choses très esthétiques.
      Le Nexter Aravis, le Dingo sont basés sur l’UNMOG, ils ne sont pas bien beaux.
      Le ACTAMT Bastion est bien moche, basé sur le VLRA.
      Le nouveau camion Scania Vampire développé par la France est dégueulasse. Il reprend le châssis excellent des Scania, le bas du véhicule et le positionnement du moteur et tous les éléments mécaniques, et ensuite des découpes grossières sont faires, et la cabine la plus simple au monde est montée dessus.
      Est-ce élégant? Non, pas du tout. Est-ce que ça fonctionne? TOTALEMENT !

      • Rototor dit :

        Vous aurez bien noté que je ne remettais pas en cause les performances techniques de l’engin.

      • Relisez-vous SVP dit :

        EH oui.
        La mécanique et la structure ONT été repriseS, puis adaptéeS.
        L’UnImog.
        L’ACMAT.
        Sont faiTes.

  2. PLOUF dit :

    Manifestement c’est un programme qui lui connait un bon rythme de développement et pour une tonne de charge.
    A présent et pour la MN-DGA penser à étoffer le VSR ne serait-il pas judicieux ?

    • Fabien Tremm dit :

      Partir d’un hélicoptère existant simplifie bien les choses !
      Et cet hélicoptère est très récent, donc il a les commandes de vol électriques, ce qui simplifies largement la transition vers un drone.
      Et le H145 aux USA a démontré les mêmes capacités de transition en peu de temps. Et il vole maintenant de manière autonome avec une IA (Hivemind).

      Mais ce ne sont que des démonstrateurs. A savoir, est il possible de les faire voler, et quelles sont leurs capacités. Pour les militariser ensuite, ce sera une autre histoire, bien plus complexe.