Lockheed Martin va tripler la production de missiles intercepteurs PAC-3 MSE pour les systèmes Patriot

En juillet dernier, la Suisse fut prévenue par les États-Unis que les cinq systèmes de défense aérienne Patriot qu’elle avait commandés en 2022 lui seraient finalement remis plus tard que prévu, la priorité devant alors aller à l’Ukraine. Un an plus tôt, le même argument avait été donné à Berne pour justifier le retard de la livraison des missiles intercepteurs PAC-3 MSE [Missile Segment Enhancement], lesquels avaient fait l’objet d’un autre contrat, d’une valeur de 300 millions de francs suisses.

Pour rappel, évolution du PAC-3, le PAC-3 MSE est un missile intercepteur de type « hit to kill », c’est-à-dire qu’il détruit sa cible par impact. Doté d’un moteur-fusée à double impulsion et d’un radar actif en bande Ka, il affiche une portée plus importante [+ 50 %] que celle de ses prédécesseurs, tout en étant plus manÅ“uvrable.

La demande pour les PAC-3 MSE ayant par ailleurs fortement augmenté depuis le début de la guerre en Ukraine, leur fabricant, Lockheed Martin, s’était engagé à porter sa capacité de production à plus de 600 missiles en 2025, puis à 650 par an.

« Lockheed Martin reconnaît le besoin crucial du PAC-3 MSE tant pour les États-Unis que pour ses partenaires internationaux. Nous collaborons étroitement avec l’armée américaine afin d’accroître notre cadence de production et de répondre à la demande mondiale », avait ainsi affirmé l’industriel, il y a trois mois.

Mais cet effort reste insuffisant, au regard de l’accord-cadre que Lockheed Martin vient de conclure avec le département américain de la Guerre, le 6 janvier.

En effet, selon les termes de ce dernier, Lockheed Martin va tripler la production annuelle de PAC-3 MSE, celle-ci devant atteindre 2 000 unités sur une période de sept ans.

« Cet accord découle directement de l’une des réformes les plus importantes apportées par le département de la Guerre aux acquisitions d’armements américains depuis des décennies. Elle introduit un nouveau modèle garantissant la visibilité de la demande à long terme, ce qui favorise l’investissement industriel, accroît les cadences de production et améliore l’efficacité opérationnelle », explique Lockheed Martin.

Outre le fait qu’il vise à tripler la production de missiles PAC-3 MSE, le groupe d’armement souligne que cet accord-cadre permettra de créer des « milliers d’emplois supplémentaires tout au long de la chaîne d’approvisionnement » et qu’il « renforcera la résilience et la capacité de résistance de la base industrielle et technologique de défense américaine en favorisant les investissements à long terme des fournisseurs, en assurant une prévisibilité de la demande et en garantissant une production soutenue ».

L’annonce de cet accord-cadre a été faite au lendemain d’un discours assez offensif tenu par Pete Hegseth, le chef du Pentagone, lors d’une visite au chantier naval Newport News Shipbuilding, en Virginie.

« Nous accorderons des contrats plus longs, plus importants et plus prévisibles aux entreprises qui respectent les délais et les budgets, qui investissent dans leur personnel, dans le développement de leurs compétences et de leurs capacités, et non à celles qui investissent dans le rachat d’actions, les salaires des PDG ou l’augmentation des dividendes », a expliqué M. Hegseth.

Et de prévenir : « Ceux qui ne peuvent s’adapter, qui sont trop attachés aux vieilles méthodes de travail, nous leur souhaitons bonne chance dans leurs projets futurs, car nous trouverons de nouveaux partenaires qui sauront s’adapter, qui investiront, qui prendront soin de leurs employés, qui agiront rapidement et à grande échelle ».

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15 contributions

  1. HMX dit :

    Il serait intéressant d’avoir des annonces équivalentes côté français et européen.

    La mise en perspective des objectifs de production d’Aster 30 et de PAC 3 MSE est intéressante.

    LM a produit 600 PAC 3 MSE en 2025 (+20%depuis 2024). Il prévoit de tripler ce volume pour approcher les 2 000 unités annuelles.

    MBDA produisait « quelques dizaines » (20 à 100, selon les années) de missiles Aster avant 2022. En 2026, MBDA aura augmenté de plus de 50% cette production, et vise désormais 300 missiles par an en 2028, soit 25 missiles par mois. La progression est donc sensible, mais gagnerait à être encore doublée d’ici à 2030, pour tenir compte de la constitution de stocks par les Etats clients, faire face aux demandes export… et soutenir les ventes du SAMP/T, qui étaient justement handicapées par le faible volume de production annuelle de missiles Aster.

    • NORAD dit :

      @HMX. « MBDA produisait « quelques dizaines » (20 à 100, selon les années) de missiles Aster avant 2022. En 2026, MBDA aura augmenté de plus de 50% cette production, et vise désormais 300 missiles par an en 2028, soit 25 missiles par mois. » Production d’ASTER 15 + ASTER 30, ou uniquement ASTER 30 ??

      • HMX dit :

        Tous missiles Aster confondus, mais en quasi totalité des Aster 30, dont la dernière version B1 NT qui est entrée en production (l’Aster 15 n’est utilisé que par la Marine)

    • Carin dit :

      @HMX……
      Vous n’y êtes pas là.
      MBDA a toujours honoré ses contrats en temps et en heure.
      Le problème, venait du fait que les clients ne commandaient que le remplacement des missiles tirés au titres d’essais ou d’entraînement… l’époque n’était ni au stockage, ni aux tirs fréquents. MBDA a adapté sa production d’ASTER 15/30, ainsi que la taille des locaux d’assemblage, et les commandes des différentes matières à ses fournisseurs, avec ces critères.
      Aujourd’hui les clients ASTER, veulent avoir des stocks de ces missiles, pour hier… c’est toute la chaîne de fournisseurs que MBDA doit activer, pas seulement embaucher des
      « assembleurs », et fournir des locaux plus vastes…
      Ça prends du temps… (environ 5 ans), pour que l’ensemble des acteurs soient prêt.
      A ce jour, la cadence a doublé, et la cible visée est X3 ou 4.
      La France en est à 750 ASTER commandés, l’Italie n’est pas loin de ce chiffre, et les clients étrangers commandent aussi, ce qui donne à MBDA et à tous les acteurs, une visibilité à quelques années, et aucun d’entre eux n’ira au-delà de ces quelques années… il va falloir commander plus, pour garantir auprès des acteurs, une visibilité à plus long termes, pour qu’ils acceptent d’investir dans des locaux plus grands, des machines outils, et du personnel qu’ils devront former à leurs frais.
      Et c’est pareil pour l’ensemble des matériels militaires.
      Ce sont les commandes qui dictent la cadence de production.
      MBDA n’est responsable de rien du tout.

      • HMX dit :

        @Carin
        Evidemment que les cadences de production « artisanales » d’avant 2022 résultaient d’une absence de demande des Etats clients. Ce n’est pas MBDA qu’il fallait blâmer : ils se sont simplement adaptés à une très faible demande, et on peut sans doute les remercier d’avoir maintenu en vie la chaîne de production dans ces conditions.

        Le contexte est aujourd’hui très différent, MBDA ayant reçu des commandes fermes (Italie et France + export) et avec une production qui devrait approcher les 300 missiles / an en 2028.

        On regrette d’ailleurs que malgré les grandes déclarations sur « l’économie de guerre », seule des commandes ponctuelles sont passées : aucune commande ou engagement pluriannuel n’a été passé auprès de cette entreprise pour sécuriser la production sur le long terme. Le carnet de commande est certes rempli jusqu’en 2028/2029 grâce aux commandes passées récemment, mais aucune certitude pour 2030 et au-delà. Or, seul un engagement de long terme (10 ans ?) serait de nature à pousser l’industriel à « pousser les murs » et à dupliquer ou ouvrir de nouvelles chaînes de production, permettant de multiplier par deux ou par trois les objectifs de production actuels.

      • jean luc dit :

        En 2026, l’Allemagne poursuit une militarisation accélérée de ses capacités de production industrielles, un processus qualifié d’« économie de guerre » face aux tensions géopolitiques
        . Cette transition se manifeste par la transformation de sites civils préexistants et la construction rapide de nouvelles infrastructures.
        Reconversion de sites industriels civils
        Plusieurs entreprises allemandes délaissent leurs activités civiles traditionnelles au profit de contrats militaires :

        Secteur Automobile : En raison de la crise du secteur automobile, des géants comme Volkswagen et Continental envisagent d’allouer des capacités de production à la défense. Des PME de la Sarre, produisant auparavant des pièces de carrosserie, ont déjà basculé vers la fabrication d’éléments de blindage pour chars, prévoyant que 80 % de leur chiffre d’affaires sera lié à la défense entre 2026 et 2027.
        Alstom (Görlitz) : Le site ferroviaire d’Alstom à Görlitz, menacé de fermeture, a été racheté par le groupe franco-allemand KNDS pour être reconverti en centre de production de matériel de guerre (blindés et canons).
        Rheinmetall : Le leader européen de l’armement a réorganisé deux de ses usines spécialisées dans les pièces automobiles à Berlin et Neuss pour y produire des munitions et d’autres équipements militaires.

        Expansion et nouvelles infrastructures (2025-2026)
        L’Allemagne mise également sur l’ouverture de sites à haute capacité pour répondre aux besoins de la Bundeswehr et de l’Ukraine :

        Méga-usine d’Unterlüss : Inaugurée fin 2025, cette usine de Rheinmetall en Basse-Saxe est considérée comme la plus grande usine de munitions d’Europe. Sa pleine capacité, attendue pour 2026-2027, prévoit la production de 350 000 obus d’artillerie par an.
        Production laser : En janvier 2026, Rheinmetall et MBDA ont officialisé la création d’une coentreprise pour développer et produire des armes laser de nouvelle génération sur le sol allemand.

        Contexte économique et budgétaire
        Cette transformation est soutenue par un budget militaire allemand qui, en 2026, devrait être presque deux fois supérieur à celui de la France. L’objectif est d’atteindre une base industrielle capable de soutenir des dépenses de défense estimées à 167,8 milliards d’euros d’ici 2029.

        En 2026, l’industrie automobile allemande poursuit une mutation structurelle majeure vers la défense pour pallier la crise du secteur civil
        . Plusieurs sites de production ont été officiellement reconvertis ou sont en cours de transformation :
        Usines de composants (Rheinmetall)
        Le groupe Rheinmetall a transformé ses propres sites de pièces automobiles en « usines hybrides » rattachées à sa division « Armes et Munitions » :

        Berlin : Reconvertie depuis juillet 2025, cette usine qui fabriquait des composants automobiles produit désormais des éléments mécaniques pour le secteur militaire.
        Neuss : Ce site suit le même modèle de reconversion pour répondre à la forte demande de composants pour munitions et systèmes de protection.

        Projets de reconversion de constructeurs (Volkswagen)
        Face à la baisse de rentabilité de ses activités civiles, Volkswagen a ouvert la voie à une production militaire :

        Osnabrück : Ce site est identifié par Rheinmetall comme un candidat idéal pour la production de véhicules de combat (type Lynx ou Fuchs) en raison de ses grues lourdes déjà installées. Des discussions ont été entamées en 2025 pour transformer cette usine automobile en centre de fabrication de blindés.

        Transfert de personnel et sous-traitants

        Continental et Bosch : Bien que ces usines ne soient pas totalement converties en sites d’armement, des accords de transfert massif de personnel qualifié vers Rheinmetall ou Hensoldt ont été mis en place pour éviter les licenciements.
        PME de la Sarre : Des sous-traitants automobiles (comme Thomas FX) ont déjà totalement basculé leur production, passant de la carrosserie civile à la fabrication de pièces en aluminium pour chars d’assaut.

        Autres sites industriels liés

        Görlitz : Bien qu’il s’agisse d’une usine ferroviaire (Alstom) et non automobile, elle illustre la tendance actuelle. Le site a été racheté par KNDS pour produire des coques et composants de chars Leopard 2 à partir de 2026.

        • toufik dit :

          @jean luc : pourriez-vous svp arrêter de blinder (le bon terme serait même « de pourrir ») les pages de commentaires, de rédactions produites par intelligence artificielle ? En attendant que M.Lagneau trouve la parade pour les bloquer…

          • jean luc dit :

            l’IA est devenue incontournable dans de nombreux métier . je vérifie les infos avant de publier . il faut vivre avec son temps . Je suis bien au courant de ce qui se passe en Allemagne . les fait qui sont présenter dans mon texte sont clair ,vrais et précis,je lis les infos de la presse allemande . pour Berlin ,Neuss,Görlintz,Osnäbrük j’etais au courant par la presse .

  2. jean luc dit :

    En 2026, la production de missiles
    Patriot en Allemagne est en phase de montée en puissance industrielle, avec les caractéristiques suivantes :

    Capacité de production : La nouvelle usine située à Schrobenhausen, en Bavière, doit commencer sa production à la fin de l’année 2026. À terme, cette installation prévoit de doubler la capacité mondiale de production du modèle PAC-2 GEM-T.
    Contrat majeur : L’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA) a passé une commande de 1 000 missiles Patriot GEM-T pour une coalition de pays incluant l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne et la Roumanie.
    Acteurs industriels : La production est assurée par COMLOG, une coentreprise entre l’américain Raytheon et l’européen MBDA.
    Calendrier : Bien que l’assemblage débute fin 2026, les premières livraisons issues de cette ligne de production allemande sont officiellement prévues pour le début de l’année 2027.

    En parallèle, Lockheed Martin a signé début 2026 un accord pour porter la production mondiale totale (incluant les États-Unis) à 2 000 unités par an d’ici sept ans.

    cette nouvelle usine est en cour d’achévement en Bavière , elle va permettre d#assurer l’indépendance de l’Europe sur les patriotes et autre matérielle ,
    Celas empêche pas l’Allemagne de faire des programme de développement pour un jours remplacer les patriotes et faire di made in germanie

    • Philippe dit :

      @jean-luc. « En parallèle, Lockheed Martin a signé début 2026 un accord pour porter la production mondiale totale (incluant les États-Unis) à 2 000 unités par an d’ici sept ans. » Cette production de 2000 missiles PAC-3MSE par année sera uniquement celle de LM aux US, et c’est comme cela que cela à été présenté par le CEO et c’est ce que veut le DOW… Elle n’inclue pas la production japonaise actuelle et future, ni une éventuelle production future en Allemagne/Europe…

  3. NORAD dit :

    @HMX. « MBDA produisait « quelques dizaines » (20 à 100, selon les années) de missiles Aster avant 2022. En 2026, MBDA aura augmenté de plus de 50% cette production, et vise désormais 300 missiles par an en 2028, soit 25 missiles par mois. » Production d’ASTER 15 + ASTER 30, ou uniquement ASTER 30 ??

  4. Philippe dit :

    @jean-luc. « En parallèle, Lockheed Martin a signé début 2026 un accord pour porter la production mondiale totale (incluant les États-Unis) à 2 000 unités par an d’ici sept ans. » Cette production de 2000 missiles PAC-3MSE par année sera uniquement celle de LM aux US, et c’est comme cela que cela à été présenté par le CEO et c’est ce que veut le DOW… Elle n’inclue pas la production japonaise actuelle et future, ni une éventuelle production future en Allemagne/Europe…

  5. jean luc dit :

    En 2025, MBDA France a considérablement augmenté sa capacité de production de missiles
    Aster 15 et 30 pour répondre à la demande accrue, notamment liée au conflit en Ukraine et aux besoins de souveraineté européenne.
    Voici les données clés sur les cadences de production :

    Accélération massive : MBDA s’est engagé à livrer cinq fois plus de missiles Aster en 2025 par rapport à ce qui était initialement prévu.
    Réduction des délais : Le temps de fabrication d’un missile a été drastiquement réduit, passant de 42 mois en 2022 à moins de 18 mois d’ici fin 2026.
    Volumes globaux : Une commande record de près de 1 000 missiles (Aster 15 et 30) a été passée conjointement par la France, l’Italie et le Royaume-Uni pour reconstituer leurs stocks.
    Investissements : Pour soutenir cette cadence, MBDA investit 2,4 milliards d’euros sur la période 2025-2029 dans ses outils de production, notamment sur les sites français de Bourges et Selles-Saint-Denis.

    Bien que le chiffre exact de missiles produits par an soit un secret industriel, l’objectif affiché est de maintenir une cadence de « temps de guerre » permettant de doubler la rapidité de production sur l’ensemble de la gamme d’ici la fin de l’année 2026.

  6. Simlabeng dit :

    C’est bien la première fois que je lis des paroles sensés provenant de Hegseth.