La Roumanie confirme son intention de se procurer des hélicoptères H225M Caracal auprès d’Airbus

Les liens entre Airbus Helicopters [Société nationale industrielle aérospatiale, à l’époque] et Aeronautică Română [IAR] remontent aux années 1970, quand la France autorisa la Roumanie, alors membre du Pacte de Varsovie, à assembler des hélicoptères Alouette III [ou IAR-316] et Puma [ou IAR-330] pour ses forces armées.

Cette coopération franco-roumaine s’est ensuite poursuivie, sous la forme d’une coentreprise entre Airbus Helicopters et IAR, pour assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] des IAR-330 Puma et des IAR-330 SOCAT [une version armée du Puma, ndlr] de la force aérienne roumaine [ForÈ›ele Aeriene Române – FAR].

En 2016, cette relation entre les deux industriels s’est même renforcée, avec l’inauguration, à BraÈ™ov, d’une nouvelle usine appelée à produire des hélicoptères H215. Pour Airbus Helicopters, il s’agissait de réduire les coûts pour mettre sur le marché un appareil rustique, fiable et éprouvé à un prix compétitif. Le tout avec le remplacement des IAR-330 de la FAR dans le viseur. Remplacement qui, à force d’avoir été régulièrement renvoyé à des jours meilleurs, est devenu urgent. Le besoin est estimé à environ 90 appareils.

Seulement, en octobre, Radu Miruță, alors ministre de l’Économie [depuis passé à la Défense, ndlr], précisa que l’état-major roumain ne voulait pas de H215M mais des H225M Caracal, plus performants car de conception plus récente. Sauf qu’Airbus Helicopters ne proposait pas de licence pour permettre à l’industrie locale d’assembler ce type d’appareil.

« Ce sont eux [les militaires] qui vont au front, pas nous. Nous ne pouvons pas les forcer à accepter un modèle, même s’il est produit ici. C’est à eux de décider s’ils en ont besoin ou non », avait toutefois affirmé M. Miruță.

En tout cas, le choix des militaires a été entériné par le gouvernement roumain. C’est en effet ce qu’avance le site spécialisé Defense Romania, qui a pu consulter la liste des équipements que Bucarest envisage d’acquérir grâce aux 16,7 milliards d’euros de prêts accordés par la Commission européenne à un taux très avantageux au titre de l’instrument financier SAFE [Security Action for Europe]. Et il est question d’une enveloppe d’un milliard d’euros pour acquérir non seulement des H225M Caracal mais aussi des hélicoptères de transport H175 de 7 tonnes. Le nombre d’appareils à acquérir n’a pas été précisé.

« À ce stade, la grande question qui demeure est de savoir si l’acquisition du H225M se fera avec une production en Roumanie, ou non. Et bien sûr, quel sera le rôle de l’industrie de défense roumaine dans le futur programme d’acquisition, sachant que SAFE a également pour objectif la revitalisation de l’industrie nationale », écrit Defense Romania.

Le prêt d’un milliard d’euros via SAFE ne sera évidemment pas suffisant pour commander les 90 hélicoptères dont les forces roumaines auraient besoin.

Cela étant, le site roumain souligne que l’américain Lockheed Martin se tient en embuscade, avec le Black Hawk. Et cela alors que cet appareil est produit en Pologne, par sa filiale locale PZL Mielec.

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9 contributions

  1. Yvon dit :

    Wait and see !
    Il avait été annoncé l’achat par la Roumanie de corvettes Gowind et de sous-marins Scorpene. Rien n’est venu …
    L’achat de H175 serait intéressant. Il viendrait conforter le récent achat de cet hélicoptère par l’armée espagnole.

    • Debussy dit :

      Dear Susan, Romania waited for Naval Group for four years to sign the contract before canceling it. As for the submarines, no tender was ever launched.

    • Debussy dit :

      Sorry, for some reason Google translates Yvon to Susan.

      • Czar dit :

        et pour quelque autre raison, debussy est chez moi traduit en fameux doubitchous de sofi.., enfin, de bucarest.

  2. Kamelot dit :

    La géostratégie se mêle à la « géoéconomie » et les intérêts nationaux. Airbus Helicopters devra faire la part des choses pour s’implanter en Roumanie.

  3. Fralipolipi dit :

    S’il y a un engagement sur 90 appareils, alors il ne faut pas tourner autour du pot.
    .
    Au Brésil, Hélibras a bien eu droit à sa chaine de montage locale pour une commande de « seulement » 50 appareils.
    Et en Pologne, sauf erreur, il était carrément question de construire une usine neuve spécifiquement pour l’assemblage de 50 appareils (+ qques Tigre, … peut-être). Airbus était d’accord là-dessus avant que tout finisse par foirer.
    .
    Bref, ayant déjà une usine sur place, assemblant déjà le cousin H215M, il apparaitrait impossible qu’Airbus refuse une chaine d’assemblage H225M à la Roumanie pour autant d’appareils,
    quitte à contractualiser un début de fabrication de 10 à 15 appareils à Marignane, comme cela avait été fait pour la commande brésilienne.
    Et ce contrat pourrait aussi être associé une proposition d’entretien des H225M commandés par le voisin hongrois, si ces derniers sont Ok, histoire de donner un peu de consistance à une zone « Caracal » en Europe de l’Est (un peu en contre-poids du concurrent LM PZL BlackHawk en Pologne).
    .
    Bref, croisons les doigts.

  4. FouPouDav dit :

    Il y en a un qui met passè à 30/40/50m (?) au-dessus de la voiture dans le 17 vers Royan… Suivi d’un NH-90 [les deux en gris]
    Allaient-ils vers Rochefort ou Cognac ? En tout ce n’est pas dans le manuel du code de la route que de telles bestioles surgissent au-dessus de votre pare-brise sur une départementale.

    • Simlabeng dit :

      Rochefort, Cognac… Ils étaient sur le party ou quoi!

      P.S. Merde… C’est Roquefort…

    • PK dit :

      « Il y en a un qui met passè »

      C’est un mets délicieux qu’on ne peut savourer qu’en le repassant plusieurs fois, afin d’en extraire le sens et la substantifique moelle.