Rheinmetall et MBDA Deutschland vont créer une coentreprise pour développer des armes laser

Relevant naguère de la science-fiction, les armes à énergie dirigée, comme les laser, sont désormais une réalité. Les forces américaines disposent en effet des systèmes LANCE [Laser Advancements for Next-generation Compact Environments], DE M-SHORAD [Directed Energy Maneuver Short-Range Air Defense] et HELIOS [pour High Energy Laser with Integrated Optical-Dazzler and Surveillance] tandis que, en Israël, l’Iron Beam vient d’être mis en service afin de compléter l’Iron Dome [ou Dôme de fer].

D’autres pays se sont lancés dans cette voie. Lors de la grande parade militaire organisée à Pékin, en septembre dernier, l’Armée populaire de libération [APL] a dévoilé le système LY-1, qu’elle a présenté comme étant le « canon laser le plus puissant du monde », sans toutefois préciser s’il avait déjà été mis en service.

En Europe, le ministère britannique de la Défense a notifié un contrat de 360 millions d’euros pour installer des armes laser DragonFire à bord des destroyers de Type 45 de la Royal Navy.

Et la France n’est pas en reste. Après avoir expérimenté le système Helma-P avec succès pour la lutte antidrone, la Direction générale de l’armement a récemment commandé un « démonstrateur de laser de forte puissance » à un consortium formé par MBDA, Safran Electronics and Defense et CILAS, dans le cadre du programme SYDERAL [Système Laser de Défense de Nouvelle Génération]. L’objectif est de disposer d’une capacité opérationnelle avant 2030.

Enfin, l’Allemagne est aussi dans la course. En 2019, son ministère de la Défense notifia un contrat à Rheinmetall Waffe Munition GmbH et à MBDA Deutschland GmbH pour mettre au point et tester une arme laser à fibre d’une puissance d’au moins 20 kW [avec l’objectif d’atteindre les 100 kW] depuis un navire de la Deutsche Marine.

Ce qui fut fait avec succès pour la première fois en octobre 2022, à bord de la frégate de défense aérienne Sachsen [F124]. Et cela sous l’égide de l’Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr [BAAIBw]. Depuis, après avoir subi plus de 100 autres tests en mer, le démonstrateur a été transféré à l’Office fédéral des technologies et des acquisitions de défense [WTD 91] de la Bundeswehr pour évaluer son apport à la lutte antidrone.

« Même face aux cibles les plus difficiles et dans des conditions environnementales extrêmes, le système a démontré sa capacité à suivre avec précision un point de visée de la taille d’une pièce d’un euro et à y concentrer l’énergie du laser. Cette précision de suivi et d’engagement évite les tirs manqués et garantit ainsi une sécurité maximale », a d’ailleurs fait valoir Rheinmetall, dans un communiqué publié le 5 janvier pour annoncer la création d’une coentreprise avec MBDA Deutschland dans ce domaine.

En effet, les deux entreprises ont fait part de leur intention de mettre en commun leurs activités liées aux armes laser dans le courant du premier semestre 2026. « La nouvelle société s’appuiera sur la coopération établie en 2019, ainsi que sur la mise en Å“uvre réussie d’un démonstrateur laser naval, afin de développer et de fournir des systèmes d’armes laser innovants et performants, initialement pour la marine », ont-elles expliqué.

La Deutsche Marine va d’ailleurs bientôt recevoir un premier système laser qui « complétera ses canons et ses missiles guidés, notamment pour neutraliser des drones et d’autres cibles très agiles à courte et très courte portée ».

« Cette étape démontre comment une coopération industrielle et technologique ciblée en Allemagne peut aboutir à des technologies de pointe. Dès le départ, les deux partenaires se sont concentrés sur leurs atouts respectifs. Cela nous permet de proposer rapidement aux forces armées allemandes un produit aux capacités uniques », a fait valoir Roman Köhne, le directeur de Rheinmetall Waffe Munition GmbH.

Mais, visiblement, cette approche ne vaut que pour l’Allemagne.

« La nationalisation de la technologie a été une priorité dès le début : outre la garantie de la souveraineté nationale et de la sécurité d’approvisionnement en cas de crise, l’un des objectifs est de maintenir, de créer et de développer des emplois en Allemagne sur le long terme », a conclu M. Köhne.

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34 contributions

  1. dolgan dit :

    Pour la France, on a 2 HelmaP shorad terrestre opérationnels.

    Et on va recevoir 3 nouveaux systemes en début d année. Un par armée, ce qui promet des choses intéressantes (que va faire l armée de l air avec? ) .

    • Roland DESPARTE dit :

      Protéger ses bases par exemple…

      • dolgan dit :

        Il peuvent utiliser un systeme en conteneur pour du Shorad LAD et sur véhicule comme l ADT.

        Mais j espere bien voir des essais aéroportés sur hélico ou avion.

    • HMX dit :

      Helma-P est un système léger et compact, mobile, de faible puissance (2 kilowatts), destiné à être installé sur un véhicule ou un trépied. Ce système est efficace contre de petits drones, à une distance n’excédant pas 1 km.

      Ce n’est pas du tout comparable avec les systèmes évoqués dans l’article, qui sont réellement des lasers de puissance, beaucoup plus lourds et plus puissants (20 à 100kW), davantage destinés à intercepter des cibles type missiles, drones de grande taille, avions, etc…

  2. Emile dit :

    « La nationalisation de la technologie a été une priorité dès le début : outre la garantie de la souveraineté nationale et de la sécurité d’approvisionnement en cas de crise, l’un des objectifs est de maintenir, de créer et de développer des emplois en Allemagne sur le long terme », a conclu M. Köhne.
    Ca a le mérite d’être clair, l’Allemagne n’a rien à faire de l’Europe de défense, y compris pour le nouveau char et le scaf…
    Gardons notre propre souveraineté, même si cela nous coute plus cher

    • Ced dit :

      Ça reste à prouver que ça nous coûtera plus cher. Beaucoup de coopérations finissentc par coûter au final plus cher que si c’était fait seul. L’exemple Rafale/Eurofighter le prouve clairement

    • Ben dit :

      et alors ? il n’y a qu’une seule entreprise de défense aux USA ? le point important c’est l’interopérabilité

      • farragut dit :

        @Ben
        « Le point important c’est l’interopérabilité. »
        Certes, mais cela se limite aux :
        – emports (bombes guidées, missiles, pétrole, perche de ravitaillement, leurres, etc.),
        – télécommunications tactiques pour la partie plateforme, et
        – moyens de soutien au sol pour les bases aériennes.
        Pour ce qui est des radars/CME et des moteurs, c’est surtout la mission qui définit le format (taille du radar liée à la section du nez, type mono-réacteur ou biréacteur lié à la distance franchissable).
        L’interopérabilité a de ce fait des limites, et la formation des pilotes ne peut être la même comme sur les gammes des avions civils d’Airbus. L’homme dans le cockpit n’est pas (encore) interchangeable. Par contre, les logiciels de mission peuvent l’être, si l’on adopte l’architecture avionique modulaire, avec des avionneurs systémiers imposant un standard de développement aux fournisseurs de composants logiciels, y compris pour l’IA embarquée avec ou dans pilote humain à bord…

    • Charles III dit :

      @Emile. « Ca a le mérite d’être clair ». Les Français sont tout aussi clairs et font la même chose.

      • GotoRaptor dit :

        On protège nos entreprises oui, on ne cherche pas à vampiriser les autre dans nos projets par contre. On souhaite développer des armes dont on aura l’utilité, pas des emplois. On est aussi sensible à l’ITAR free alors que l’Allemagne a pas encore trop enregistrée ça je pense.

        • Charles III dit :

          @GotoRaptor. « pas des emplois. » Vous pensez faire avaler cela à qui ???

          • Momo dit :

            As-tu compris ce qu’il a écrit?
            Le mot ’emplois’, quelle acception?

            Je crains que tu n’ais atteint tes limites.

      • Czar dit :

        et tu passes autant d’énergie à le leur reprocher qu’à là fermer ta grande gueule quand d’autres sont concernés, léopold III. la nouvelle variante de la « neutralité à la bèlj » des années 30

    • jean luc dit :

      La souveraineté nationale compte beaucoup en Allemagne , celas n’est incompatible avec une coopération européenne quand c’est nécessaire . L’Allemagne participe as de nombreux projet européen de la Défense , mais quand elle peut faire seule pourquoi ne pas le faire . Le problême de la France que c’est qu’elle veut tout faire en France ,alors les autre pays acheté ailleurs, beaucoup de pays produise des léo2 chez eux il y en as environ 2800avec le léoA8 plus 3500 . L’Europe de la défense c’est pas seulement avec la France moi j’ai connaissance de projet de Defense avec les anglais ,les danois, les norvégiens, les Italiens ,Bulgare ,Roumain, Hongrois,Finlandais,Suédois ,etc,etc. Il est vrais que l’Allemagne c’est détourner de la France pour les projet de défense . Un pays qui as pas de budget ,un gouvernement tout les 4 mois,un président en fin de mandat , et le prochain pas sûre qu’il veut parler aux allemands , alors l’Allemagne avance avec d’autre

    • Alternative dit :

      Je crois qu’il faut comprendre « nationalisation de la technologie » dans le sens ITAR free. C’est, il me semble, un excellent changement de point de vue de la part de l’Allemagne… et un point de vue qui a l’air très inspiré de ce qui se fait de ce côté du Rhin.

  3. HMX dit :

    Il sera intéressant d’observer les performances de ces futurs lasers de puissance, dont la fonction sera d’assurer la défense antiaérienne à courte portée (à 10 mètres au-dessus des vagues, l’horizon optique est au maximum situé à 11km, si les conditions sont optimales…). ils ont donc potentiellement vocation à remplacer les missiles à courte portée, et les canons à tir rapide.

    Reste à voir comment se comporteront ces lasers et leur dispositif de pointage face à des cibles évoluant très vite et au ras des vagues (type missiles antinavires sea-skimming, subsoniques ou supersoniques) qui ne laissent qu’un préavis de quelques secondes. La réactivité sera-t-elle au rdv ? la puissance est-elle immédiatement disponible, ou faut-il prévoir « un certain délai » de chargement des condensateurs et/ou de « préchauffage » du système ?…

    Quid également du MCO de ces lasers ? la fiabilité sera-t-elle au rdv, spécialement dans un environnement marin traditionnellement très exigeant ? quelle fréquence de maintenance, et à quels coûts ? Faudra-t-il du personnel ultra qualifié en gants blancs, disponible uniquement à terre aux heures de bureau ? ou les marins pourront-ils eux-mêmes assurer en mer la plupart des interventions nécessaires ?

    Enfin, quid des performances en environnement météo dégradé ? à quel point les performances sont-elles réduites en présence de pluie, neige, brouillard, et par gros temps ?

    • jean luc dit :

      toujours très compétent .

      Le système d’arme laser développé par Rheinmetall et MBDA Allemagne a démontré sa capacité opérationnelle lors d’essais approfondis. Le 5 janvier 2026, les deux entreprises ont annoncé la création d’une coentreprise pour combiner le développement et la production de ces lasers haute performance.

      Performances et capacités

      Les performances du système ont été principalement validées par le démonstrateur d’arme laser (LWD) embarqué sur la frégate Sachsen :

      Précision : Le système peut suivre et engager avec fiabilité des cibles de la taille d’une pièce d’un euro sur de longues distances.

      Domaine d’opérations : Il est spécialisé dans la défense contre les drones (UAV), les essaims d’aéronefs, les vedettes rapides et les cibles agiles à courte et très courte portée.

      Taux de réussite : Au cours d’une phase d’essais d’un an en mer, plus de 100 tirs réels ont été effectués avec succès. Pour la première fois en Europe, l’engagement sur un ciel dégagé (sans obstacle limitant le faisceau) a été démontré.

      Avantages :

      Dommages collatéraux minimes : Grâce à la concentration précise de l’énergie, le risque pour les objets situés derrière la cible est quasi nul.

      Rentabilité : Les lasers constituent une alternative plus abordable aux coûteux missiles sol-air.

      Division technique

      Les deux partenaires apportent des technologies complémentaires :

      MBDA : Responsable de l’acquisition et du suivi de la cible (suivi grossier et fin), de la console de commande et de l’intégration aux systèmes de commandement et de contrôle.

      Rheinmetall : Responsable de la source laser haute énergie, du guidage du faisceau, de l’optique, du refroidissement et de la station d’armement conteneurisée.

      Situation actuelle et perspectives (en 2026)

      2026 : Lancement officiel de la coentreprise au premier trimestre.

      2029 : Date cible pour la livraison d’un système pleinement opérationnel et prêt pour la production à la Marine allemande.

      Perspectives d’avenir : Extension des capacités de défense contre les obus de mortier, les obus d’artillerie et les missiles supersoniques guidés.

    • PK dit :

      « ils ont donc potentiellement vocation à remplacer les missiles à courte portée, et les canons à tir rapide. »

      AMHA, ils n’ont pas du tout cette vocation. Juste à ajouter un atout supplémentaire dans la panoplie de défense. Un laser ne sera jamais saturant, par exemple, comme peut l’être un tir de canon rapide.

  4. GuillaumeAaa dit :

    Le watt a pour symbole W et pas w 😉

      • En fait dit :

        L’article a été modifié et les « kw » non conformes y sont à présent des « kW » parfaitement aux normes : « une arme laser à fibre d’une puissance d’au moins 20 kW [avec l’objectif d’atteindre les 100 kW] »

        • PK dit :

          Laurent Lagneau écoute toujours les bons conseils, sauf sur le séparateur de milliers, qu’il s’évertue à marquer à l’américaine…

          Espérons que la nouvelle année apporte un ultime changement 🙂

  5. jean luc dit :

    Mais, visiblement, cette approche ne vaut que pour l’Allemagne.

    la coopération entre deux firmes allemandes qui sont pas concurrente ne pose pas de problèmes ,c’est une coopération logique Rheinmetal ,c’est les canons,blindé MDBA plutôt les missiles ,les système de guidage donc pas de concurrence . pour le SCAF ou NGF lá on as Dassault D’un coté ,AIRBUS Espagne -Allemagne de L’autre 2 sociétés concurrentes , deux cultures différentes Dassault de culture purement Française avec une organisation vertical ,et de l’autre 2 société de culture européenne avec une organisation décentralise , pour le MGCS NKDSFrance ex Nester NKDS Deutchland ,la première firme publique française qui dépend de l’état á 100% de l’autre un firme privée allemande on as lá deux système de gouvernance qui fonctionne pas ensemble ,la premier gouverné par des fonctionnaires qui rende compte á personne ,de l’autre des administrateurs qui doivent rendre des comptes aux actionaires ,puis il y as eu Thales et Rheinmetal Rheinmetal est concurrent direct de NKDS FRance avec les canon et autre blindés et lá encore privé et publique donc lá aussi deux forme de gouvernance et culture nationale différente . Ses deux coopérations sont le fait de politique Macron -Merkel ,le 1eme représente plus rien ,la2eme est en retraite . la crise politique du gouvernement Scholl qui est tomber, avec la crise permanente en France n’a pas arranger les choses . la décision allemande est pas encore rendu pour le SCAF ,car il attend de voir si il y as un budget 2026 ou pas ,ou si lecornu tombe ou pas .Si il y as de budget ou Lecornu tombe ,il pourras annoncer la fin du projet concernant le NGF en faisant porter l’echect sur Macron et compagnie .
    AU derniére nouvelle les syndicat IGmétal locaux menace de tout faire péter si Dassault reste dans le projet . Boris pistorius lui temporise ,mais il as fixé des limites si il y as pas d’accord seras les anglais, les suédois ou faire avec les Espagnols ou seul nouvelle parues dans la presse allemande en fin d’année

    • Ced dit :

      KNDS France n’est pas une entreprise publique mais une société de droit privé dont l’état est actionnaire

      • jean luc dit :

        pour les étranger celas reste une entreprise publique quelque soit la forme juridique le PDG de KNDS FRANCE est nommer par le conseil des ministres ,celui de KNDS DEUTCHLAND par le conseille d’administration . En France l’état joue un grand rôle dans l’actionnariat des entreprises de la défense ,en Allemagne L’état joue aucun rôle dans les conseils d’administration des entreprise de la défense . Pour le char du futur un accord as été trouver

        • Czar dit :

          « pour les étranger » si les étrangers© sont trop cons pour comprendre la différence entre une entreprise publique et une entreprise de droit privé dont l’actionnaire est l’état, est-ce à nous de nous adapter à leur ignorance crasse ? curieusement les étrangers© n’ont aucun mal à comprendre que l’état allemand est actionnaire d’airbus, étonnant, nicht ?

  6. Fausse_7tic dit :

    Pourquoi employer une unité de puissance (W) au lieu d’une unité d’énergie (J) pour une arme à « Energie dirigée » ? j’ai ma perceuse de 900 W qui a peine à creuser un trou dans le mur en béton vibré alors que ma perceuse perforeuse de 600W fait pénétrer la mèche dans le béton comme dans du beurre grâce aux frappes de 2J.

    • Ouf ouf, conseil en perforations et pénétrations dit :

      C’est la différence entre puissance absorbée 900 W , et puissance efficace au mandrin ? 00 W
      parfois le rendement est très mauvais, et des pertes de 40%, voir plus pas impossible
      et un foret, neuf et de qualité fait aussi toute la différence

  7. farragut dit :

    Désolé pour le mauvais esprit, mais est-ce que le Ministère de l’Intérieur aura accès à ces armes de guerre ?
    La question se pose, car tant qu’à remplacer les LBD40 qui sont considérés comme tel par leur fabricant (suisse), les CRS pourraient désormais, avec ces lasers de puissance portables, viser directement les yeux des manifestants ou des agriculteurs pour les éliminer définitivement sans tirer de projectiles, n’est-ce pas ? 😉

  8. Roland DESPARTE dit :

    Rien de bien nouveau dans ce type de coopération et la volonté allemande de “nationaliser“ la technologie issue des recherches conjointes entre MBDA Germany et Rheinmetall. Tous les États privilégient la souveraineté nationale, la sécurité d’approvisionnement en cas de crise, la création et le développement des emplois nationaux, comme toutes les entreprises préservent leur propriété intellectuelle.
    Cela permet de mettre en valeur l’article 346 du TFUE [Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne ; concernant les biens de défense qui bénéficient d’exemptions priorisant la sécurité nationale sur les règles du marché unique] qui précise que les productions consortiales d’une BITD nationale sont comptabilisées comme “capacité nationale“ si elles impliquent une part locale de travail.
    Ainsi, lorsque MBDA (qui est un Groupe multinational) s’associe par une joint-venture à un autre industriel via une de ses divisions nationales (filiales), les productions issues du consortium sont considérées comme domestiques (ou collaboratives) et pouvant être soumises à des clauses contractuelles protégeant la propriété intellectuelle, restreignant le partage et soumettant toute exportation à un strict contrôle défini par le « régime de Wassenaar » et selon les exigences de sécurité nationale du pays concerné (un dispositif similaire à l’ITAR américain).
    De la même façon, pour exemples, les missiles MBDA produits sur les sites français à la demande de la DGA française [ex. : Les missiles fabriqués à Bourges (Cher) ou à Selles-Saint-Denis (Loir-et-Cher)] sont considérés comme une production domestique (française) contribuant directement à la souveraineté nationale, et pouvant être soumis aux seules exigences françaises en matière d’exportation. Idem pour les missiles (parfois les mêmes) fabriqués par MBDA au Royaume-Uni (Bolton, Bristol, Stevenage), qui ne sont soumis qu’aux seules exigences britanniques en matière d’exportation (cf. le problème de l’export de missiles Meteor vers la Turquie…). Idem encore pour la production de missiles Taurus KEPD 350E [produits par Taurus Systems GmbH, une coentreprise entre MBDA Germany et Saab Dynamics AB/Suède] par les sites locaux de MBDA Germany, ces productions sont intégrées à la BITD allemande car contribuant à la souveraineté nationale allemande et réalisées localement, et ce bien que des composants transfrontaliers soient impliqués [cf. le problème de l’export vers l’Ukraine de missiles Taurus…]. Idem toujours pour les Eurofighter allemands [produits via le consortium « Eurofighter GmbH », qui regroupe Airbus, BAE Systems et Leonardo] qui sont également considérés comme une production domestique intégrée à la BITD allemande, car l’assemblage final se fait à Manching (D), bien qu’utilisant des pièces de tout le consortium (ex. : aile droite par EADS CASA en Espagne)[cf. vente d’Eurofighter à la Turquie…]. Rien de bien nouveau donc…
    Mais cela permet encore de mettre en valeur un autre point…
    Les programmes en coopération offrent plusieurs avantages, tant sur le plan opérationnel que par les effets d’échelle engendrés avec la minimisation des coûts et des risques (notamment dans la phase de R&D), si -et seulement si- les coopérants harmonisent parfaitement dès le départ leurs besoins opérationnels, via des accords gouvernementaux ou intergouvernementaux bien définis s’il s’agit d’un programme interétatique d’importance. Ainsi, la coopération exemplaire qui a débouché sur la mise au point de missiles MBDA très performants tels les Scalp/Storm Shadow et Meteor, et ce tout en respectant le triptyque “coûts délais et performances“ ; coopération exemplaire qui a par ailleurs démontré l’absolue nécessité d’un maître d’œuvre industriel unique en charge de la conduite d’un programme [Suivez mon regard vers le SCAF…].
    Et je pourrais vous parler aussi d’autres coopérations franco-étrangères [Comme celles de Thales et de l’américain Raytheon, de NavalGroup ou de Thales avec le groupe émirien EDGE, de Thales avec l’entreprise danoise Terma, de Dassault avec le Groupe Reliance (coentreprise DRAL), de Safran et d’Airbus (SpaceEnablers) ou de ArianeGroup SAS (F) et ArianeGroup GmbH (D), de Safran avec l’indien HAL (Hindustan Aeronautics Limited), et bien d’autres…] qui se déroulent très bien, contrairement à ce que voudraient faire croire certains intervenants qui vilipendent le soi-disant “esprit franchouillard“ de nos grands patrons d’industrie…

  9. jean luc dit :

    pour moi les franchouillards sont ceux qui sous le prétexte de descendre la France , insulte les autres et les pays qui achète par français, les dirigeant des grands groupes ,eux sont plutôt très ouvert ,mais dés qu’un groupe investi dans une usine á l’étranger ,au lieu de la France ,ils se font insulter d’anti -France ,d’être á la remorque des allemands pour rester polis . quand aux scaf le problême vient d’avoir mis 2 société concurrente sur le projet ,avec un passif concernant Marcel Bloch (Dassault) qui s’est retrouvé déporter á Buchenwald . Les politiques on pas tenus compte de leurs champion , même chose pour leMGCS avec NKDS FRANCE et NKDS DEUTCHLAND Le 1ER fait 1,3 milliard d’€ de chiffre d’affaire , le 2eme 2,5 milliard soit deux fois plus ,celas va finir par peser lourd dans le groupe

    • Roland DESPARTE dit :

      @jean luc,
      Le terme « franchouillard » est lui-même une insulte pour certains qui ne sont d’accord avec vous, de la même façon que de qualifier certains de « nostalgiques du Reich »… Tentons de tous nous respecter.
      SCAF et MGCS ne sont pas des programmes faciles à mettre en place, ne serait-ce qu’en raison d’un manque de précision dans la définition et la distribution des rôles ; mais aussi en raison de la nette évolution des budgets de défense allemands qui ont modifié la position des entreprises allemandes qui éprouvent une sensation nouvelle de puissance (qu’elles n’avaient pas lors de la signature initiale des accords qui donnaient à Dassault la maitrise d’œuvre principale du projet SCAF…) ; mais c’est là un problème avant tout politique qui dépend des gouvernants allemands et français. Dans l’attente d’une éventuelle résolution les entreprises concernées travaillent sur leurs propres projets et c’est très bien comme cela [Cela dit, au passage je ne vois pas ce que vient faire dans cette affaire le fait que Marcel Bloch, décédé en 1986, ait été déporté à Buchenwald ?).
      Pour le MGCS on pourrait également remarquer que côté allemand les gouvernants allemands ne tranchent pas entre les deux candidats allemands : KNDS et Rheinmetall qui sont en opposition frontale, et cela n’est pas fait pour arranger les choses…

    • Czar dit :

      « qui sous le prétexte de descendre la France » in dyslexo veritas