L’armée danoise va se doter de huit systèmes de lancement de mines Skorpion 2

L’année 2025 a été rythmée par les nombreuses commandes passées par l’Agence du matériel et des achats du ministère danois de la Défense [FMI ou DALO], grâce notamment à la décision de Copenhague d’augmenter ses dépenses militaires de plus de 80 % afin de les porter à plus de 9 milliards d’euros.

« Le gouvernement a donné le ton pour le renforcement des forces armées danoises et cela a porté ses fruits. À court terme, nos soldats ont reçu de nombreux équipements neufs cette année et ont pu s’entraîner et participer à des exercices avec le matériel nécessaire », s’est ainsi félicité Troels Lund Poulsen, le ministre danois de la Défense, le 30 décembre. « Plusieurs acquisitions cruciales ont été lancées, allant de la défense aérienne terrestre à de nouveaux avions de chasse [F-35A], en passant par des véhicules de combat d’infanterie [CV-90] », a-t-il rappelé.

Le ministre n’a évidemment cité que les programmes les plus emblématiques… alors que ceux qui ont une visibilité moindre peuvent être tout aussi importants en termes de « cohérence opérationnelle ». C’est par exemple le cas des armes individuelles [la DALO a commandé 26 000 fusils d’assaut Colt C8MMR, ndlr] ou encore celui des jumelles de vision nocturne.

Dans le même registre, les forces danoises ont lancé le renouvellement de leurs camions tout-terrain ainsi que celui de leurs capacités dans le domaine du génie.

Quoi qu’il en soit, entre les 1er et 22 décembre, la DALO a accéléré le mouvement, avec pas moins de treize nouvelles commandes, dont une portant sur des batteries de défense côtière reposant sur le Naval Strike Missile [NSM] et une autre sur un navire dédié à la surveillance des infrastructures sous-marines critiques.

L’une d’elles concerne une capacité bien particulière. En effet, la DALO a notifié un contrat à l’entreprise allemande Dynamit Nobel Defence GmbH pour se procurer huit systèmes poseurs de mines antichars Skorpion 2. En clair, il s’agit pour l’armée danoise de s’approprier une capacité de contre-mobilité. Capacité revenue au premier plan à la faveur de la guerre en Ukraine.

« Le lance-mines représente une capacité entièrement nouvelle dont le Danemark ne disposait pas auparavant. Il constitue un renfort important pour la brigade lourde. Il lui permettra de déployer rapidement des champs de mines antichars afin d’empêcher les percées ennemies lors de ses opérations défensives », a fait valoir le colonel Thomas Øgendahl Knudsen, le commandant de la division terrestre au sein de la DALO.

Pouvant disperser 400 mines AT2+ en 10 minutes, le Skorpion 2 est un système modulaire qui se monte rapidement sur différents types de véhicules, y compris sur les drones terrestres [UGV] comme le THeMIS de Milrem Robotics. Il a d’ailleurs été présenté dans cette configuration lors du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory 2024.

« Les premiers systèmes devraient être livrés en 2026. Avant leur livraison, les instructeurs et les sapeurs seront formés à leur utilisation », a indiqué la DALO, qui n’a pas précisé la plateforme sur laquelle le Skorpion 2 sera intégré.

Il est possible que le THeMIS fasse partie des candidats envisagés, l’armée danoise ayant annoncé, ce 2 janvier, qu’elle venait d’en recevoir quatre exemplaires pour mener une campagne d’évaluation et d’essais dans le courant de cette année.

À noter qu’il s’agit de la seconde commande de Skorpion 2 reçue par Dynamit Nobel Defence en l’espace de quelques semaines, la première ayant été passée par la Lettonie.

« L’acquisition de ce système est une étape stratégique pour le renforcement des capacités de défense de notre pays. Elle constitue un élément essentiel d’un plan plus vaste visant à consolider la sécurité et la défense de notre frontière orientale. Ces investissements garantissent que la Lettonie est prête à défendre son territoire et sa population contre toute menace », avait expliqué Andris SprÅ«ds, le ministre letton de la Défense, au moment de la signature du contrat.

Pour rappel, le renforcement des capacités de contre-mobilité est aussi une priorité de l’armée de Terre.

« Face à un adversaire de premier rang doté d’une force blindée et agissant sur un front élargi, la contre-mobilité constitue, à moindre coût, une capacité primordiale pour compléter les appuis feux, équilibrer le rapport de forces et préserver le potentiel de combat des unités amies », a d’ailleurs récemment fait valoir la Direction générale de l’armement, lors d’un appel d’offres portant sur l’achat de 60 000 mines antichars.

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20 contributions

  1. HMX dit :

    Achat symbolique et révélateur de la remontée en puissance des européens.

    A noter que l’AdT disposait du MINOTAUR, engin disperseur de mines antichars, produit jusque dans les années 1990, et qui a été sorti du service au début des années 2010 (aperçu pour la toute dernière fois au défilé du 14 juillet 2013, sauf erreur !).

    L’étude de marché lancée en 2024 par la DGA pour un programme « contre-mobilité future » devrait logiquement déboucher sur un successeur au MINOTAUR… ou un achat sur étagère. D’autres moyens de minage mécanique rapides devraient être développées dans ce but : munitions cargo notamment (missiles, roquettes de 227mm), ou encore conception de « mines volantes », à savoir des drones dotés d’une mine antichar. L’avantage étant alors que ces drones peuvent potentiellement redécoller et se déplacer, pour se positionner dynamiquement à l’endroit où on a besoin d’eux, ou encore être déployés directement sur les arrières de l’ennemi…

    Puisqu’on parle de mines, il serait également temps de revenir sur un tabou : l’usage de mines antipersonnel. Interdites par le traité d’Ottawa en 1997, signé en pleine euphorie des « dividendes de la paix » (ratification en 1998 par la France…), il serait peut être temps de réouvrir cette question, dans le contexte que nous connaissons et qui a beaucoup changé… Nos adversaires potentiels (ainsi que les USA) ne l’ont évidemment pas ratifié, et font pour leur part un large usage de ces mines. Les ré-autoriser prudemment, bien sûr dans un contexte strictement défensif (pour rassurer les bonnes âmes…) irait dans le sens d’une prise de conscience salutaire. Cela signifierait concrètement pour la France de dénoncer, ou de simplement suspendre, sa participation à ce traité d’interdiction des mines antipersonnel : c’est évidemment possible avec un peu de volonté politique.

    • Sempre en Davant dit :

      Cela montre quand même une sacré trouille de reculer.

      Alors bien sur mobilité et contre mobilité vont de pair mais oui : il serait plus moderne de trouver le moyen de miner loin chez l’ennemi.

      Pourquoi pas avec des mines drones capables de déplacement successifs plus ou moins automatiques comme leur capacités d’attaque. En un sens d’ailleurs la portée du plus léger étant plus grande que celle du plus lourd la puissance de l’effecteur s’adapte aux cibles. Moyens de combat ici, logistique et production là bas.

      Cela pose la question cruciale : comment empêcher qu’on nous fasse ce joli tour là.

      Pour les mines antipersonnel souvenons nous que les nôtres étaient des « détectables à volontés ». Cette petite rondelle de ferraille faisait toute la différence elle permettait l’installation d’une clôture temporaire et les joyeux sapeurs qui nous instruisaient aimaient beaucoup cette garantie d’une douce nuit.
      Ils n’étaient pas gens à laisser quoi que ce soit derrière eux et promenaient de dortoir en dortoir cette assurance.

      Comment distinguer à l’heure du drone, l’arme, le piège déloyal et le moyen terroriste? La facilité de détection en est certainement un élément central. Des drones « mines dérivantes » suivant les forces adverses sont ils illégitimes ?
      En tout cas l’usine du monde » en produit certainement car ils produisent tout… et nous?

      Il faut urgemment repenser la DOT.

      Pour mémoire : la règle de droit est coercitive, car elle est rendue obligatoire et sanctionnée par l’État. Encore faut’il qu’il y en ait un.
      Ce n’est pas vrai entre état : les règles conventionnelles dépendent le la bonne foi des parties. Et du succès des armes.
      Il y a encore moins de Droit quand il n’y a pas d’Etat du tout… C’est sur ce pied là, sur ce degré d’incertitude, sur cette probabilité de conflit avec des non militaires ne cherchant pas une action politique, une réduction de la violence, mais le lucre ou l’assouvissement de haines et de fantasmes eschatologiques qu’il faut se préparer à ces mines, robots, drones protéiformes…

      Un simple exemple du fait de l’horreur de l’incendie à Crans-Montana (je mets une pièces sur un court-circuit chauffant la mousse qui n’aurait pas du être employée là) quelques « mines » au phosphore mettraient à terre la chaîne santé civile et militaire.
      Au « temps longtemps » on disait qu’une brûlure s’éteignait en la plongeant 10 à 15 minutes dans une eau à 10 à 15°… qui est prêt à quoi ? En Indochine c’était une baignoire, pas de lumière et des pinces pour enlever les « braises de métal » des chairs.
      Prévoir casques ani bruit et BAB + des costauds pour tenir les « baigneurs ». L’horreur.

  2. jean luc dit :

    espérons que l’on doit s’en servir ,car les mines sont des armes de salopard , 30-40 ans plus tard elles tuent . https://www.youtube.com/watch?v=EdjJnxrgqJ0

    • C'est quoi que je vous cause en rapport avec dit :

      Espérons que l’on NE DOIVE PAS s’en servir.

    • PK dit :

      « car les mines sont des armes de salopard , »

      Pas confondre mines anti-char et anti-personnel.

      Ceci dit, on n’a pas trouvé mieux pour protéger une zone.

  3. Vortex dit :

    A noter, que la France s’intéresse au système similaire de facture polonaise Baobab-K …

  4. Kellermann dit :

    La signature de la convention d’Ottawa, aussi louable soit elle, a eu l’effet radical d’éteindre en France les capacités industrielles dans le domaine des mines terrestres. Ainsi, plus de mines anti personnel en catalogue, et presque rien en mines antichar. Il est notable que l’industrie allemande soit encore en mesure d’en produire, alors que le système Scorpion a été retiré du service (2011, pour 300 unités en service à l’origine, c’était ça la guerre froide) . Pour ce qui est du MINOTAUR (constructeur Matenin + GIAT, brevets cédés à la CEFA) , un des problèmes afférents de ses mines était leur caractère non discriminant (issues du programme engin blindé du génie) et de l’absence de capacité d’auto destruction, que les suites de la convention d’Ottawa (USA non signataires) ont imposé comme standards en termes de dommages collatéraux. Mieux vaut perdre la guerre innocent et désarmé que la gagner coupable de crimes de guerre et bien armé. Chacun jugera, tel est le produit de ces années de pacifisme à peine déguisé.

  5. jean luc dit :

    En 2026, la situation de l’Allemagne concernant la production de mines est la suivante :

    1. Mines antichars : Production relancée
    L’Allemagne a officiellement relancé la production de mines antichars pour reconstituer ses stocks et répondre à la demande européenne.

    Modèle phare : La mine à action latérale PARM (ou DM22), produite par la société TDW (filiale de MBDA Allemagne).
    Calendrier : Après une interruption de plus de 25 ans, la production de série commence en 2026.
    Innovation : Une version « NextGen » est en développement pour fin 2026, remplaçant les câbles à fibre optique par des capteurs infrarouges, acoustiques et de vibration, avec une capacité de contrôle à distance.

    2. Mines antipersonnel : Interdiction maintenue
    Contrairement à certains de ses voisins (Pologne, pays baltes, Finlande) qui se sont retirés du traité d’Ottawa fin 2025 ou début 2026, l’Allemagne ne produit pas de mines antipersonnel.

    Engagement : L’Allemagne reste partie à la Convention d’Ottawa, qui interdit strictement l’emploi, le stockage, la production et le transfert de ces armes.
    Position officielle : En 2025, le gouvernement allemand a réaffirmé son plein respect des obligations du traité malgré l’évolution du contexte sécuritaire en Europe de l’Est.

  6. Panda dit :

    Arroser largement toutes les frontières d’europe de mines de toutes sortes , qui sont toutes de vraies s…eries et qui continuent à tuer des innocents pendant des décennies, ça va contribuer à rendre ce continent encore un peu plus attractif et performant.

    Seul avantage : ça va permettre de développer en flèche toute une industrie orthopédique et les hôpitaux spécialisés qui lui seront nécessaires , ainsi que des centres de rééducation fonctionnelle pour les  » chanceux » qui auront pu en réchapper avec une ou deux jambes en moins.
    De nouvelles étoiles s’allument sur le drapeau européen.. on va bientôt y manquer de place parce que ça fuse tous les jours !

    • Marine dit :

      Quand quelqu’un vous menace, et que ce même quelqu’un n’a pas signé les mêmes conventions que vous, vous pouvez soit 1- continuer à vous battre avec une main dans le dos, soit 2- délier la main que vous avez vous-même entravée et vous battre à armes égales. Mais bon, à force de lire vos commentaires ici, on sait que vous préféreriez que l’Europe capitule sans même se battre contre ceux qui la menace à l’Est…

      • Robmac dit :

        Je pense qu’il serait plus économique d’exterminer préventivement toute l’humanité : ainsi il n’y aurait plus de guerre ni de destruction écologique, et d’un strict point de vue économique on pourra aisément remplacer cette population biologique par des robots animés par des IA.

        Pourquoi continuer à faire référence à des valeurs du passé avec des armes coûteuses qui se révèlent désuètes dès leur mise en service ?

    • jean luc dit :

      va dire cela aux dictatures ,russe, chinoise ,nord coréenne , ou islamique , alors oui les mines c’est dégueulasse car aprés la guerre elles tuent encore 30-40 ans après .

  7. Rogger dit :

    bonjour. ils est claire que l’accords de Ottawa sur le retrait des mine du champs de batailles est une vaste fumisterie…
    un delire d’intellectuels totalement déconnecté de la réalité…
    Donc nous devons revoir totalement nos capacités. nous devons développer de nouvelles mine anti char a attaque latéral ou dirigé et développer de nouvelles mines anti personnelle ( avec une capacité de neutralisation dans le temps )
    mine a action locale. bondissante et dirigé.
    ces armes devrons surtout être défensive au moyens de dispersion variés et efficaces..
    La guerre s’est tres moche , mais nous ne devons surtout pas nous privé de moyens défensive efficaces…

    • Marine dit :

       » ils est claire que l’accords de Ottawa sur le retrait des mine du champs de batailles est une vaste fumisterie… » … La convention d’Ottawa concerne uniquement les mines antipersonnelles. Ici, il est question de mines antichar.

    • Clair-obscur dit :

      « ils est claire » ? Cette pauvre Claire souffrirait donc à la fois de troubles de l’identité sexuelle et de la personnalité multiple ? Il est clair qu’il faut lui souhaiter d’aller mieux en 2026.

  8. Gamberge dit :

    Question (à qui s’y connaît vraiment) : quelle surface couvre-t-on habituellement avec 400 mines antichars ?

  9. Robmac dit :

    Au fait, à t’on supprimé les mines anti-personnel et anti-char dispersées en Libye pendant la WWII ?