Le Brésil aurait acquis le navire d’assaut amphibie britannique HMS Bulwark à un prix très avantageux

Pour trouver des marges de manÅ“uvre budgétaires afin d’investir dans de nouvelles capacités, le ministère britannique de la Défense [MoD] a pris l’habitude de retirer prématurément du service certains de ses équipements majeurs pour ensuite les revendre à des pays tiers. C’est ce qu’il a récemment fait avec les avions de transport C-130J Hercules de la Royal Air Force, lesquels ont pris la direction de la Turquie.
Selon le même principe, la Royal Navy a dû se séparer de son porte-hélicoptères HMS Ocean en 2018. Rebaptisé PHM Atlântico, ce navire navigue désormais sous le pavillon de la marine brésilienne [Marinha do Brasil], qui l’a acquis pour 85 millions de livres sterling. Soit pour une bouchée de pain [ou une assiette de Feijoada] quand on sait que ce bâtiment avait été mis en service en 1998.
A priori, la Marinha do Brasil vient de réaliser une autre bonne affaire, en rachetant le navire d’assaut amphibie britannique HMS Bulwark.
Pour rappel, en novembre 2024, le ministère britannique de la Défense fit savoir qu’il envisageait de désarmer les HMS Albion et HMS Bulwark plus tôt que prévu afin de les remplacer par six bâtiments prévus au titre du programme MRSS [pour Multi Role Support Ship] à l’horizon 2033/34.
« Aucun des deux [le HMS Albion et le HMS Bulwark], compte tenu de l’état dans lequel ils se trouvent et des décisions prises par le dernier gouvernement, n’était prêt à reprendre la mer. En d’autres termes, ils avaient en pratique été retirés du service, mais les ministres n’étaient pas disposés à l’admettre », avait justifié John Healey, le secrétaire britannique à la Défense.
Une autre raison ayant motivé cette décision tenait au manque de marins pour les faire naviguer, la Royal Navy étant alors aux prises avec de sérieuses difficultés en matière de recrutement et de fidélisation.
Cela étant, le HMS Bulwark a été désarmé alors qu’il avait commencé un programme de modernisation [lequel devait aussi concerner le HMS Albion] devant coûter 72,1 millions de livres sterling entre 2022 et 2025.
L’accord relatif à la cession du HMS Bulwark à la Marinha do Brasil a été signé en septembre dernier, pour un montant non précisé. Pour le moment, le sort du HMS Albion, pressenti pour prendre le même chemin, demeure incertain.
Quoi qu’il en soit, le HMS Bulwark sera remis à neuf avant d’être livré au Brésil.
« Le navire se trouve actuellement à Plymouth, où il fait l’objet d’une rénovation complète, comprenant la modernisation de ses systèmes de commandement et de contrôle, la mise à niveau de ses équipements de communication et une refonte de ses systèmes de propulsion et de production d’énergie. La fin des travaux est prévue pour 2026. Ces travaux prolongeront la durée de vie du navire d’au moins deux décennies, garantissant ainsi sa sécurité opérationnelle et son adéquation aux exigences actuelles de la marine », avait en effet indiqué la Marinha do Brasil, en septembre.
Selon la presse britannique, la Royal Navy aurait dépensé 132,7 millions de livres sterling pour moderniser ses deux navires de la classe Albion depuis 2010. Et, à cette somme, vient donc s’ajouter le coût de la rénovation du HMS Bulwark. D’où la polémique sur la vente de ce dernier au Brésil.
En effet, la Marinha do Brasil aurait déboursé seulement 20 millions de livres sterling pour se procurer ce navire, qui prendra le nom de « NDM Oiapoque » après avoir changé de pavillon.
« La Grande-Bretagne a dépensé 72 millions de livres sterling, provenant des impôts des contribuables, pour rénover un navire de guerre de la Royal Navy avant de le vendre au Brésil à un prix dérisoire », a résumé le quotidien The Telegraph, la semaine passée. Et d’y voir « le signe de défaillances plus généralisées dans les plans de dépenses militaires britanniques ».
Cependant, des sources au sein de la Royal Navy ont contesté ce montant de 20 millions de livres sterling… mais sans pour autant le préciser. « Il est nettement supérieur. Le vendre à 20 millions de livres sterling, ce serait le brader », a confié l’une d’elles au Telegraph.
Reste que le HMS Bulwark a bel et bien été vendu à perte.
« On nous avait dit que le désarmement du Bulwark allait permettre de faire des économies. Or, nous apprenons maintenant qu’il a été vendu à perte et que l’Albion coûte aux contribuables 2 millions de livres sterling par an rien que pour le laisser à quai. Il n’est pas étonnant que les finances du ministère de la Défense accusent un déficit de 2,6 milliards de livres sterling cette année et que le plan d’investissement pour la défense, promis pour l’automne, n’ait toujours pas été mis en Å“uvre », a commenté James Cartlidge, spécialiste des affaires militaires au sein du Parti conservateur, qui siège dans l’opposition.
Responsable du groupe de pression « TaxPayers’ Alliance », Callum McGoldrick a dénoncé les mauvaises pratiques du MoD dans les pages du Telegraph. « Investir 70 millions de livres sterling dans un navire pour ensuite le revendre pour une fraction de ce prix est un scandale » et « cela témoigne d’une gestion financière catastrophique », a-t-il dit.
Et d’ajouter : « Alors que la pression fiscale atteint des niveaux records, les responsables du ministère de la Défense doivent s’expliquer sur le gaspillage des fonds publics pour moderniser des navires qu’ils n’ont aucune intention de conserver ».
De son côté, le MoD a fait valoir que « ni le HMS Albion ni le HMS Bulwark ne devaient prendre la mer avant leur mise hors service prévue en 2033 et 2034 » et que leur cession permettrait d’économiser « 9 millions de livres sterling par an en frais de maintenance ». Quant au prix auquel le futur NDM Oiapoque a été vendu, il a botté en touche. « Pour des raisons commerciales, nous ne communiquons pas les chiffres de vente des navires, et aucune décision définitive n’a été prise concernant la vente du HMS Albion », a-t-il affirmé.
Photo : Hmfcalum – CC BY-SA 3.0





La GB est notre alliée. Au delà de la tristesse de voir la Marine Britannique s’étioler, il nous faut bien constater que c’est une composante importante de la maîtrise du domaine maritime européen qui s’affaiblit.
Et ce n’est pas la France, avec son PA NG, qui sera à même de combler le vide ainsi crée.
Le vide ainsi créé.
3 BPC. Que vient faire le PA NG dans cette histoire?
@dolgan
J’ai évoqué le PA NG qui, bien que d’une utilité discutable (disponibilité partielle dans le temps, vulnérabilité, .. .) va mobiliser des moyens financiers considérables qui auraient peut-être trouvés une meilleure utilisation dans la Marine Nationale.
Bien Cordialement
C est faux.
Et dans le domaine de l amphibie, on a 3 BPC dont chacun est tres supérieur a un Albion.
pour information l’Oiapoque et le fleuve qui délimite la frontière entre l’état de l’Amapa au Brésil et la Guyane Française.
Pour information, en français le nom de ce fleuve est Oyapock.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fleuve_Oyapock
Et si on disait que c’est l’écriture brésilienne. Perso, j’aime bien le que à la fin.
pour ceux qui savent, pour quel usage le brésil aurait il besoin de navires d’assaut amphibie ? envisage t il de reconquérir des îles dans le pacifique ?
@astracity. « pour ceux qui savent, pour quel usage le brésil aurait il besoin de navires d’assaut amphibie ? envisage t il de reconquérir des îles dans le pacifique ? ». Non c’est pour permettre de libérer la Guyane de l’occupation française… Un petit souvenir des Malouines…
L’UE a toujours été très jalouse de nos outre-mers…
La preuve.
Pour conquérir les Falklands…
Cela servira à intervenir sur leur propre littoral là où il y a la majorité des brésiliens et des installations.
Après cela fait des décennies que le Brésil veut monter en puissance sur la scène internationale (par ex. avec l’agrandissement de son réseau d’ambassades, des tentatives d’OPEX). D’avoir un couteau suisse flottant cela peut être utile pour prendre part aux discussions à l’ONU. Par exemple en cas d’instabilité en Amérique latine (côté atlantique) ou en Afrique.
Bref l’acquisition de ce type de navire et dans la continuité de la stratégie brésilienne.
La marine brésilienne compte exploiter la polyvalence du navire pour des opérations lourdes de police contre le narco-trafic, garde-côtes, assistance humanitaire dans « l’Amazone Bleu » (nom donné par la marine brésilienne à l’extension maritime du plateau continental brésilien en Atlantique, qui s’apparente à sa ZEE).
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Usages similaires aux PHA français classe Mistral.
On a vu pire, la Pologne (628 km de frontière avec Russie + Bélarus) achète bien de la défense maritime…
Le Brésil. Le Pacifique.
Si cela n’avaient pas été des irrémédiables bouses, et avec un tremplin, nous aurions pu leur racheter un des deux PA pour seconder le CDG.
Comme souvent, ce n’est certainement pas sur les forums que seront connus les tenants et aboutissants exacts de la gestion par la Royal Navy de ses bâtiments, mais force est de constater qu’à première vue cette gestion comporte des aspects pour le moins étonnants… Le contribuable anglais a de quoi s’interroger, en effet, sur les services en charge de la Marine.
Cela fait seulement depuis 1914 que la GB est notre allié, un allié momentanement allié .
Ne jamais oublier leur perfidie ni Mers El Kebir.
@Un Sapeur. « Ne jamais oublier leur perfidie ni Mers El Kebir. » L’amiral français avait le choix.. Il aurait pu sauver ses navires et ses hommes. Il a fait le choix de rester fidèle à Vichy… Paix aux âmes de ceux qui ont péri dans cette tragédie.
« qui l’a acquis pour 85 millions de livres sterling. Soit pour une bouchée de pain ».
Monsieur Lagneau semble fréquenter la boulangerie la plus chère de la planète.
En comptant une vingtaine de bonnes bouchées dans un baguette, ça nous met la Banette Tradition à 1,7 G£, soit un peu moins de 2 G€.
À ce tarif, elle a intérêt à être sacrément bien cuite.
Pas étonnant qu’il faille autant de pub sur le site pour faire bouillir la marmite !
merci pour votre don futur et consequent qui , a n’en pas douter, fera baisser la part de pub
Et vu qu’une baguette pèse environ 250 grammes, c’est du pain à 8 milliards d’euros le kilo !
effectivement c est l écriture bresilienne. il existe aussi la ville d Oiapoque qui est le long du même fleuve en face de la ville de saint georges de l Oyapock en guyane