Pour la première fois, un navire américain a lancé une munition téléopérée de type LUCAS

Les six frégates de surveillance [classe Floréal] déployées dans les outre-mer par la Marine nationale disposent d’un armement relativement léger, avec seulement un canon de 100 mm, deux autres de 20 mm F2 et de quatre mitrailleuses de 12,7. L’un des moyens pour l’améliorer consisterait à recourir à des munitions téléopérées [MTO ou OWA, pour One Way Attack].
C’est d’ailleurs ce qu’a récemment expérimenté la Marine nationale, depuis la frégate Floréal, en juin dernier. Selon les explications données par le ministère des Armées, la MTO, apparemment de type R2-120 Raijin, a été catapultée par le navire avant d’être télépilotée par son équipage afin d’effectuer une « série de manÅ“uvres autour d’une cible évolutive fictive ».
Lors d’une audition au Sénat, dont le compte rendu vient d’être publié, le chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Nicolas Vaujour, a fait part de son vif intérêt pour les MTO.
« C’est l’armée de Terre qui concentre la masse des munitions téléopérées, mais ce sujet nous intéresse directement. Nous avons testé en mer des drones conçus pour l’armée de Terre : pour ce qui est des drones, en effet, les zones maritimes sont beaucoup plus faciles d’accès que les zones terrestres », a-t-il souligné. Et de citer en particulier le « One-Way Effector » de MBDA. « Ce drone […] pourra emporter une charge importante à plusieurs centaines de kilomètres de portée. C’est une très bonne nouvelle », a-t-il dit.
Quoi qu’il en soit, l’US Navy envisage également de doter ses navires de MTO. En effet, le 17 décembre, elle a fait savoir que le navire de combat littoral [LCS – Littoral Combat Ship] USS Santa Barbara venait de lancer pour la première fois une munition téléopérée de type LUCAS [Low-Cost Uncrewed Combat Attack System] alors qu’il était en mer.
« Ce premier lancement réussi du système LUCAS depuis un navire de guerre constitue une étape importante dans la mise à disposition rapide de capacités sans pilote abordables et efficaces pour les forces armées », a fait valoir le vice-amiral Curt Renshaw, le commandant de la 5e flotte de l’US Navy. « Ce succès témoigne de la puissance de l’innovation et de la collaboration interarmées dans cette région cruciale », a-t-il ajouté.
"Bravo Zulu. U.S. Navy forces in the Middle East are advancing warfighting capability in new ways, bringing more striking power from the sea and setting conditions for using innovation as a deterrent." – Adm. Brad Cooper, CENTCOM Commander https://t.co/TgQ4WLbph3 pic.twitter.com/WUiAVojTht
— U.S. Central Command (@CENTCOM) December 18, 2025
Conçus par l’entreprise SpektreWorks, les LUCAS s’inspirent du Shahed-136 iranien. Robustes, rustiques et bon marché, ces engins peuvent être lancés par différentes plateformes et évoluer en essaim sur de longues distances.
Ce point est crucial car, pris isolément, de tels appareils, à la fois peu manÅ“uvrables et relativement lents, sont susceptibles d’être facilement abattus, y compris par des armes antiaériennes basiques. En revanche, il en va autrement quand ils sont utilisés pour mener une attaque par saturation afin d’épuiser les défenses aériennes adverses et faciliter la tâche à des missiles plus performants.
En clair, une MTO comme le LUCAS ne vise pas à se substituer à d’autres capacités… mais à offrir un complément, voire des options supplémentaires, au « pacha » d’un navire qui en est équipé.





Les Floreal disposaient de deux missiles MM38. Il aurait quand même été intéressant de les remplacer par des MM 40 et d’y ajouter un ou deux systèmes SIMBAD. On obtenait à coût modéré un OPV haut de gamme capable de montrer le pavillon (puisque c’est leur rôle principal) de façon crédible pendant encore dix à quinze ans.
Bonjour Anonyme,
Vous évoquez avec raison un poing qui fait mal ! Je dis poing, car c’est vraiment une question qui frappe l’efficacité de notre Marine étriquée, et qui -à ma connaissance- demeure sans réponse…
En 2015, “ils“ ont effectivement débarqué les rampes des “Exocet“ MM 38… sans les remplacer ; des MM40 (200 km de portée) auraient été les bienvenus sur cette classe de navires.
Et “ils“ ont abandonné les Mistral SIMBAD, trop cher…
Où en est le programme des « European Patrol Corvette », mystère…
Que font-“ils“ ?
Voir l’article de Laurent Lagneau en date du 4 nov 2025 :
https://www.opex360.com/2025/11/04/la-participation-de-la-france-a-la-phase-2-du-projet-de-corvette-europeenne-nest-pas-encore-assuree/
Jeu de mots mis à part, c’est bien entendu un point qui fait mal.
Pfffffffffff……. mais qué ringards ces ricains!!!!!!!! Moi c’était y a plus de 20 ans que pour la première fois et sur un navire français monsieur, j’ai lancé à la flotte un minet d’opérette, un type nommé Lucas.
https://www.youtube.com/shorts/fUfo0-Tmoqo
Juin 2025 le « One Way Effectuor » par MBDA 3m 40kg 500km 400km/h . là ça le fait bien.
juste un petit souci: mise en prod début …………….. 2027! aie aie Sébastien PASSE les commandes!! oui on sait tu n’as pas le budget mais bon il ne fallait pas faire celui de la sécu , de plus avec 30Md€ de déficit.
BON SANG: fais du déficit pour des munitions!!!!!!! 30Md€ de déficit
Et vous êtes fiers?
Ils le peuvent, vous imaginez dans la mer Baltique un officier marinier dire « Lucas check, go… »
My name is LUCAS
I roam above the deck floor
I roam up there from you
No, you haven’t seen me before
If you hear something late at night
Some kind of ka-boom, some kind of fight
Just don’t ask me what it was
Just don’t ask me what it was
Just don’t ask me what it was
Pas mal.
Pour ceux qui voudraient écouter le « Luka » original de Suzanne Vega :
https://www.youtube.com/watch?v=VZt7J0iaUD0
Laurent Lagneau évoque le « One-Way Effector » de MBDA. Quelques précisions…
Le One-Way Effector (OWE), développé sur fonds propres par MBDA, est un drone kamikaze à usage unique, totalement souverain, et d’une portée de 500km.
(Une version lourde, dite “CROSSBOW“, d’une portée de 800km est en cours de développement).
Propulsé à 400km/h par un moteur à réaction, ses 100kg (3m de long et d’envergure) avec son ogive (40kg) dotée d’une charge équivalente à un obus d’artillerie de 155 mm, l’OWE est destiné à saturer les défenses ennemies. Capable de voler en essaim, il devrait être équipé d’un récepteur GNSS compatible GPS/Galileo, complété par une plateforme inertielle pour une précision accrue même en cas de perte du signal satellitaire.
Mais l’innovation principale (selon moi) est son coût et son mode de production. Par sa conception simple et modulaire, l’OWE priorise une production en masse et des coûts réduits. Certains évoquent un partenariat avec un acteur de l’industrie automobile française… (Renault ?) pour la production en 2027 de 1 000 unités par mois (C’est nettement mieux que pour le Mistral 3 qui plafonne à 40 unités par mois…).
Merci pour ces détails.