La Royal Navy commande à MBDA UK des armes laser DragonFire pour 360 millions d’euros

Depuis les attaques lancées depuis le Yémen par les rebelles houthistes contre le trafic maritime en mer Rouge, l’une des priorités des forces navales est de réduire le « coût par tir », que ce soit pour détruire des munitions téléopérées en vol ou des drones de surface chargés d’explosifs. Et pour cause : utiliser un missile surface-air valant plusieurs centaines de milliers d’euros contre un engin produit à un prix dérisoire n’est évidemment pas soutenable sur le long terme.
D’où la quête de solutions innovantes. Et les armes à énergie dirigée, comme le laser, en font partie.
En janvier 2024, le ministère britannique de la Défense [MoD] s’était félicité du succès des essais d’une « arme laser de haute puissance » contre des cibles aériennes. Appelée « DragonFire », elle venait en effet de réussir à abattre des drones « à plusieurs kilomètres de distance » depuis les îles Hébrides [Écosse]. Et de préciser qu’elle avait été suffisamment précise « pour atteindre une pièce d’une livre sterling à un kilomètre ».
Issu d’un programme lancé en 2017 par le Laboratoire des sciences et technologies de la défense [Dstl] et doté de 100 millions de livres sterling, le système DragonFire a été développé par MBDA UK, Leonardo UK et QuinetiQ. Quelques semaines après le succès de sa première campagne d’essais, le MoD fit savoir que la Royal Navy équiperait ses navires de surface en 2027, soit cinq ans plus tôt que prévu. Mais encore fallait-il passer une commande. Ce qui vient d’être fait, après de nouveaux tests.
En effet, ce 20 novembre, le MoD a annoncé la notification à MBDA UK d’un contrat d’une valeur de 316 millions de livres sterling [359 millions d’euros] pour la livraison d’un nombre non précisé de systèmes DragonFire destinés à la Royal Navy.
Selon le MoD, lors de ses derniers essais, le système DragonFire a été en mesure de suivre et d’abattre des drones volant à 650 km/h – soit à une vitesse deux fois plus élevée que celle d’une Formule 1.
« Le système laser coûte seulement 10 livres sterling par tir et il est suffisamment précis pour atteindre une pièce de 1 livre à un kilomètre de distance. C’est une méthode plus économique que les systèmes de missiles traditionnels, dont le coût se chiffre en centaines de milliers de livres par tir », a fait valoir le MoD, qui ne s’est toutefois pas attardé sur les limites d’une telle arme à énergie dirigée, son efficacité pouvant être affectée par plusieurs facteurs, à commencer par les conditions météorologiques.
Quoi qu’il en soit, un premier système DragonFire sera installé à bord d’un « destroyer » de Type 45 d’ici 2027.
Il sera « le premier système laser de haute puissance à entrer en service dans un pays européen et il représente l’un des programmes d’armes à énergie dirigée les plus avancés de l’Otan », s’est enorgueilli le MoD.
« MBDA UK travaillera en partenariat avec QinetiQ et Leonardo UK pour développer cette capacité, qui sera mise en Å“uvre cinq ans plus tôt que prévu et qui fera l’objet d’améliorations continues », a-t-il conclu.
En France, après le succès de l’expérimentation du système Helma-P pour la lutte antidrone [LAD], la Direction générale de l’armement a récemment notifié la commande d’un « démonstrateur de laser de forte puissance » à un consortium formé par MBDA, Safran Electronics and Defense et CILAS, dans le cadre du programme SYDERAL [Système Laser de Défense de Nouvelle Génération]. L’objectif est qu’il soit prêt à équiper les forces armées avant 2030.
Photo : Gouvernement britannique





Très très très intéressant, j’attends avec impatience la version terrestre, pour re-révolutionner le champ de bataille.
Les armes laser sont en effet très prometteuses, notamment parce que le coût du « tir » est très bas et qu’il permet, sur le papier, de faire face à des attaques saturantes. A condition d’être assez puissant et de lui associer des optiques et moyens de détection et de pointage performants, le laser peut également engager des armes comme les ogives de missiles balistiques, ou des planeurs hypersoniques. Mais attention à ne pas en faire une « arme miracle » :
– La propagation du laser est très dépendante des conditions météo. Lorsque ces conditions météo sont mauvaises (pluie, nuages bas, brouillard… conditions habituelles en mer !) ou en présence de nuages de poussière ou de fumées (choses fréquentes sur un champ de bataille !), le laser verra sa portée pratique fortement réduite, jusqu’à le rendre parfois inopérant. Il s’agit là probablement du principal « reproche » qu’on puisse adresser au laser : une arme disponible « par intermittence », « quand il fait beau »…
– Incertitude sur le coût de possession et la fiabilité : le coût du « tir » est certes très bas, mais à quelle fréquence l’appareil doit-il être révisé, et à quel coût ? En considérant l’ensemble du cycle d’acquisition et d’entretien, on peut craindre que ce coût se révèle finalement assez proche, voire supérieur à d’autres types d’armes de défense aérienne à courte portée (canons, missiles ou roquettes par exemple). Par ailleurs, s’il faut 12 ingénieurs basés à terre, au siège social du groupe, travaillant 35h/semaine aux heures de bureau pour assurer la maintenance du système (je caricature, mais à peine…), sera-t-il possible d’assurer un taux de disponibilité proche de 100% une fois en mer ?…
– Gestion de la production d’énergie et du refroidissement : il faut pouvoir produire beaucoup d’énergie pour alimenter un tel laser, en particulier si on envisager des tirs multiples et rapprochés. Ce qui explique qu’on privilégie l’installation sur des navires, où il est plus facile de gérer cette production d’énergie (place à bord notamment). La dissipation de la chaleur produite est également un sujet potentiel : le pic de chaleur produit par un « tir » laser sera caractéristique et aisément détectable par des capteurs IR, même à longue distance, exposant ainsi le navire porteur à des tirs de contre-batterie.
– Enfin, au risque d’enfoncer une porte ouverte, un laser a besoin d’une vue directe sur sa cible pour pouvoir l’atteindre (contrairement à un missile ou une drone, par exemple). Sachant qu’avec de bonnes conditions météo l’horizon optique se situe entre 5 et 10km pour un navire, cela limite d’autant la portée pratique du laser pour atteindre une cible qui se déplacerait au ras des vagues. Si la cible est masquée par la courbure de la terre, qu’elle vole délibérément au milieu d’épais nuages, ou qu’elle se déplace en faisant en sorte d’être masquée par des reliefs, ou par un autre navire, le tir sera impossible. par exemple, un drone qui avancerait en se masquant derrière un cargo sera difficilement atteignable par un laser (alors qu’un missile ou une drone intercepteur pourra plus facilement acquérir ce genre de cible).
On peut donc affirmer que le laser est une arme avec un potentiel très intéressant, notamment pour contrer des attaques saturantes de missiles ou de drones, mais qui doit rester complémentaire d’autres armes de défense aérienne comme :
– les canons à tir rapide (qui peuvent atteindre une cible même quand les conditions météo sont mauvaises).
– les missiles : peuvent atteindre une cible à une distance supérieure à l’horizon optique, et peuvent être tirés même sans disposer d’une visée directe sur la cible. Ils sont particulièrement utiles pour des cibles très rapides et manÅ“uvrantes (missiles supersoniques ou hypersoniques, menace balistique).
– drones intercepteurs : idem, avec l’avantage de pouvoir être lancés préventivement, d’acquérir les cibles à distance du navire par leurs propres moyens de détection, d’être réutilisables en l’absence d’interception, et de coûter globalement moins cher qu’un missile. En revanche les drones seront peu efficaces face à des menaces supersoniques ou hypersoniques, et globalement inutiles faces à des menaces de type missile balistiques.
« une arme disponible « par intermittence », « quand il fait beau »… »
Faux, encore une fois….
Les lasers fonctionnent sous la pluie…
Pour qu ils ne soient plus efficaces, il faut que atteindre des conditions qui rendent aussi les menaces innefficaces.
@Dolgan
« Les lasers fonctionnent sous la pluie… »
bien sûr, ils fonctionnent… mais la seule question pertinente, c’est jusqu’à quelle distance ? quelle portée pratique ? par exemple, s’il y a du brouillard et que cette portée pratique est réduite à 100 mètres ou moins, le laser ne sert plus à grand chose… c’est en cela que j’affirme qu’il s’agit d’une arme « intermittente », car son utilisation va dépendre des conditions météo du moement.
« Pour qu ils ne soient plus efficaces, il faut que atteindre des conditions qui rendent aussi les menaces innefficaces. »
Pas nécessairement. Un missile guidé par radar et/ou IR, ou un drone autonome guidé par GPS/navigation inertielle conçu pour venir s’écraser sur une cible fixe, se moquent qu’il y ait de la pluie ou du brouillard… ils trouveront leur cible malgré les conditions atmosphériques.
« Les lasers fonctionnent sous la pluie… »*
C’est comme les armes à feu, ça fonctionne sous l’eau. À condition d’avoir une cible à deux ou trois mètres (pour celles qui fonctionnent !)
Un seul N Ã Inefficace.
@HMX
Peut-être aussi que dans l’avenir il existera des écrans de fumée conçue spécialement pour arrêter les lasers, très opaque, ou truffée de particules réfléchissantes … quelque chose comme ça.
C’est sûrement pour ne pas aveugler les pilotes des avions de patrouille russes… 🙂
« Être le premier » semble devenir un argument de puissance et de vente. Encore fait-il s’assurer que le système fonctionne et soit résilient en opération avec la volonté de s’en servir…
Au moins un truc qui marche dans la Royal Navy. Je serai méchant, je ferai remarquer qu’actuellement cela revient à faire de la défense portuaire…
.
Parait-il que toute la flotte logistique marine est clouée au port et pas prêt d’en sortir.
Près de (proche de) ou prêt à (disposé à ), mais ni « prêt de » ni « près à  ».
Pas près d’en sortir.
Pas prêt à en sortir.
Nous dirions même plus : je serais méchant, je ferais remarquer qu’actuellement cela retend l’affaire des faux Vinci du père Harte.
Et nous ajouterions : je serais méchant, je ferais remarquer qu’actuellement cela resitue l’affaire des pots de vin faits en retard.
c’est quoi , la formule 1 ?
un hotel pour migrant
la blague n’est pas terrible. Et puis c’est surtout un hôtel pour travailleur en déplacement qui essaie d’économiser son indemnité.
Surtout qu’ils ne sont plus dans les formules 1 aujourd’hui, mais dans des trucs vachement mieux. Faut quand même encourager l’immigration — pardon la migration.
Rien que le logement de ces messieurs coûtent 2 milliards d’euros par an… soit un PAN tous les 5 ans. De quoi financer largement pas mal de dépenses militaires à venir.
En plus, cerise sur le gâteau, cela évitera de financer l’armée de la cinquième colonne… Mais vu que ceux qui édictent les ordres de financement aujourd’hui sont déjà de la cinquième colonne…
C’est une unité de vitesse, comme la piscine olympique pour le volume ou le terrain de football pour la surface.
C’est pour que tu puisse comprendre, tu es trop stupide et le seul truc qui t’intéresse c’est regarder du sport vautré dans ton canapé …
« C’est une unité de vitesse, comme la piscine olympique pour le volume ou le terrain de football pour la surface. »
Les unités sont référencées dans le Système International, qui ne contient rien de ces trucs-là (vitesse en m/s, surface en m² et volume en m³, avec une tolérance pour le litre).
C’est — au mieux — une analogie, voire une comparaison, pour aider les non-scientifiques. Mais manifestement, les non-littéraires sont aussi à la ramasse…
Il faudrait aussi un laser autonome de faible puissance contre les petits drones FPV pour le champ de bataille terrestre.
L’Allemagne développe activement des
systèmes d’armes laser de combat par le biais d’un partenariat entre les entreprises de défense Rheinmetall et MBDA Deutschland. Ces systèmes sont principalement destinés à la défense aérienne, notamment pour la neutralisation de drones et de missiles.
Voici les points clés concernant le laser de combat allemand :
Partenariat Industriel : Rheinmetall et MBDA Deutschland collaborent sur le développement et la production de ces systèmes.
Essais en Mer : La marine allemande (Deutsche Marine) a mené avec succès des essais en mer d’un démonstrateur d’arme laser de haute énergie (jusqu’à 20 kilowatts) à bord de la frégate Sachsen. Ces essais, achevés en septembre 2023, ont permis de cibler et de détruire des drones avec succès.
Essais Terrestres : Après les essais en mer, le système doit être testé à terre dans le centre de tests de la Bundeswehr à Meppen pour d’autres évaluations.
Objectif Principal : L’utilisation principale prévue pour ces armes est la défense rapprochée contre les menaces asymétriques telles que les drones et les roquettes/mortiers, grâce à leur précision extrême et leur rapidité.
Déploiement Futur : L’objectif est de rendre ces systèmes opérationnels d’ici 2029.
Applications : Outre les applications navales, l’armée de terre allemande envisage de développer des lasers terrestres pour protéger ses bases militaires.
pour le moment pas possible ,car le laser as besoin de beaucoup d’énergie , un bateaux oui , installation fixe oui.
il fraudais monter le laser sur une plate forme et traîner la source d#énergie avec , sur un blindés par exemple . celas arriveras un jour ,mais quand ???????????
HelmaP ….
Les lasers de faible puissance s alimentent sur batterie camion et n ont pas les même contraintes que les lasers visant l antimissile.
@casanova
Mauvaise idée à mon avis. Ça demandera un véhicule coûteux et spécifique contre les drones FPV et ce laser sera inutile contre des essaims de drones et en cas de mauvais temps. à voir aussi le temps nécessaire pour abattre un drone avec, car si le drone FPV reste au ras du sol et ne se dévoile qu’au dernier moment, votre laser sera rapidement détruit.
S’il y a une place pour le laser, ce serait à mon avis contre les plus gros drones, même si là aussi une solution très simple pour l’attaquant serait d’ajouter une simple couche thermique.
La puissance permet un tir plus court (en temps) ou plus distant. Sur le champ de bataille ukrainien, les générateurs de puissance sont détectés en infrarouge par les drones à moyenne altitude de par la chaleurs qu’ils dégagent, puis rapidement ciblés par des moyens que les lasers ne peuvent pas contrer (artillerie, missiles).
Les solutions les plus efficaces actuellement contre les FPV, ce sont les filets et le fusil à grosse grenaille.
@casanova. La France dispose du HELMA-P qui doit convenir à cette tâche me semble t’il.
Le laser sera certainement un game changer. La réalité rejoint souvent la fiction.
Un détail m’intéresse: la portée efficace du système et sa dispersion après un kilomètre.
Mais une arme d’avenir à n’en pas douter.
la réponse si dessus c’est pour Casanova
l anglois est en faillite, pour le bien de sa population, je propose de le fusionner a la France, on appellera ca , la Grande France
Si seulement il n’y avait pas eu Jeanne d’Arc, le roi d’Angleterre devenait aussi roi de France et du fait de la démographie (5 fois plus de Français que d’Anglais à l’époque), les Français dominaient le Royaume et son administration, et le Français était langue officielle : il faut savoir que les nobles Anglais parlaient tous notre langue et considéraient l’anglais comme une langue vulgaire bonne pour le bas peuple, langue qu’ils ne parlaient même pas pour nombre d’entre eux. Et je vous laisse imaginer la puissance de ce nouveau Royaume Uni…
De quoi se demander QUI a inspiré Jeanne…
@Galactika
« Si seulement il n’y avait pas eu Jeanne d’Arc »
« Avec des « si » moi j’coupe du bois », comme disait un footballeur.
« le roi d’Angleterre devenait aussi roi de France »
Henry VI se proclamait déjà roi de France lorsque la Pucelle intervient, et était reconnu comme tel par une bonne partie du royaume. Sur des bases légales très discutables, mais pas nulles (traité de Troyes).
Non, on pourrait continuer à l’appeler « Grande Bretagne », tout en le transformant en département français. Il serait tout naturellement rattaché à la région Bretagne ; il pourrait même être numéroté 29B (le Finistère devenant 29A).
Ça joue comme ça ?
On peut pratiquer le « British Bashing », force est de reconnaître que, comme les Russes et les Ukrainiens, ils risquent, innovent, testent. Un Laser a des limites en fonction de la nébulosité? Eh bien ils utiliseront autre chose, du 40 mm, du Satcp…de la 12,7 sur hélico ( belle démo, pour une fois que la com’ reflète le brouillard de la bataille)….Tout, tant que ce n’est pas un marin équipé d’une batte de baseball où de vieilles savates.
Non
Il y a intérêt à équiper convenablement nos navires en lasers lorsqu’on déclarera la guerre à la Russie…..
j’dis ça…. j’dis rien….
C »est innovant certes. Cela réduira de beaucoup le coût d’interception.
Néanmoins, il ne faut pas se faire d’illusion, on parle de 10 000 drônes/jours aujourd’hui en Ukraine. La masse arrivera à saturer ce type d’équipement également dont le coût de possession restera important.
La question du drône en masse n’a pas encore trouvé sa solution.
La source des lasers MBDA + Rheinmettal est Lumibird (FRA). Sait-on quelle est la source des lasers MBDA UK + Royal Navy ?
@Mii. « La source des lasers MBDA + Rheinmettal est Lumibird (FRA). Sait-on quelle est la source des lasers MBDA UK + Royal Navy ? ». Il me semble qu’il s’agit de QinetiQ..