Un drone MQ-20 Avenger a été contrôlé en vol par un avion de supériorité aérienne F-22A Raptor

Selon l’US Air Force, le F-47, c’est-à-dire son futur avion de combat développé dans le cadre du programme NGAD [Next Generation Air Dominance], confié à Boeing, devrait effectuer son vol inaugural en 2028. Et cela alors que les deux modèles de drones de combat collaboratif qu’elle a retenus pour accompagner cet appareil [mais aussi le F-35], à savoir le YFQ-42A de General Atomics et le YFQ-44A d’Anduril, ont déjà entamé leurs essais.

Cela étant, en Chine, l’Armée populaire de libération [APL] ne perd pas de temps. Après avoir fait voler le J-36 et le J-50, deux prototypes d’avions de 6e génération, elle a laissé diffuser, la semaine dernière, une photographie montrant un chasseur-bombardier Chengdu J-20, un J-16D dédié à la guerre électronique et un drone de combat GJ-11 évoluant en patrouille serrée.

Pour autant, l’US Air Force n’est pas en reste. Ainsi, le 17 novembre, General Atomics Aeronautical Systems Inc. [GA-ASI] a révélé qu’un avion de supériorité aérienne F-22A Raptor avait été associé à un drone MQ-20 Avenger au cours d’un essai conduit sous l’égide de Lockheed Martin Skunk Works, au Nevada Test and Training Range [NTTR], le mois dernier.

« Cet essai a permis d’intégrer les liaisons de données tactiques avancées BANSHEE de L3Harris à ses radios logicielles [SDR] Pantera, via les architectures radio ouvertes de Lockheed Martin, le tout étant intégré et partagé depuis un F-22 Raptor », a expliqué GA-ASI.

Plus précisément, deux radios logicielles ont été utilisées : l’une depuis le F-22A Raptor, l’autre par le MQ-20 Avenger. Quant au système BANSHEE, explique L3Harris, il permet une liaison de données sécurisée et fiable » pour les essaims de drones. Et d’ajouter : « Cette liaison est optimisée pour garantir des communications robustes avec les systèmes de contrôle des missiles de croisière et autres plateformes consommables ».

Le drone a ainsi pu être contrôlé par le pilote du F-22A grâce à une tablette appelée PVI [pour Pilot Vehicle Interface] et au module GRACE, lequel fait partie des récentes améliorations apportées à l’avion de Lockheed Martin. Il s’agit d’un système à architecture ouverte qui facilite l’intégration de nouveaux logiciels, en particulier ceux permettant de contrôler des effecteurs connectés.

Ayant des caractéristiques furtives, le MQ-20 Avenger est un drone pouvant voler à la vitesse de 740 km/h et à 15 000 mètres d’altitude, grâce à un réacteur Pratt & Whitney. Conçu à partir du MQ-1 Predator, il affiche une autonomie d’au moins 18 heures. Enfin, il peut emporter, dans sa soute, une charge utile de 1 600 kg [capteurs, missiles, bombes].

 » Nous ne voulons pas attendre le déploiement de la flotte de CCA pour commencer à miser sur la coopération avec le F-22. Nous savons déjà que cet avion jouera un rôle crucial dans les opérations conjointes entre appareils pilotés et non pilotés. Et General Atomics est idéalement placée pour lancer ce projet dès maintenant », a fait valoir C. Mark Brinkley, un porte-parole de l’industriel, auprès de la presse spécialisée américaine.

Cette association entre le F-22A Raptor et le MQ-200 Avenger « fait partie d’une série de démonstrations en vol réalisées grâce à des fonds internes de recherche et développement afin d’explorer ce qu’il est possible de faire en matière de collaboration entre aéronefs habités et non habités », a conclu GA-ASI.

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

23 contributions

  1. Ouf ouf dit :

    La guerre en Ukraine n’aurait pas accélérer le temps, on aurait pu du dire… whaou, c’est top moderne
    mais là… j’ai l’impression que ça a minimum 3 ans de retard

    • Chauffeur, si t'es champion… dit :

      La guerre en Ukraine n’aurait pas accéléré le temps.

    • NORAD dit :

      @Ouf ouf. Ce n’est qu’un test parmi beaucoup d’autres. des essais de combat collaboratif ont déjà eu lieu avec XQ-58+F-22+F-35 en 2020, bien avant le conflit en Ukraine…

    • dolgan dit :

      Ah?

      qui a l équilent ou mieux que le f22?
      qui a l équivalent ou mieux que le MQ20?
      Qui a controlé en vol un équivalent MQ20 par un équivalent F22?

      Ils ont 3 ans d avance a minima, pas l inverse…

  2. Fralipolipi dit :

    Pour une communication (et donc une patrouille) discrète, ce ne serait pas plutôt avec le MADL (directionnel) du F35 que ce drone devrait fonctionner ?
    Comme le F22 en est dépourvu, je suis un peu surpris de ce choix du F22 pour ces essais, plustôt que celui du F35 …
    .
    Après, je suis curieux de savoir si le F-47 aura une version biplace, car il est sans doute préférable d’avoir un NOSA, en plus du pilote, pour optimiser les commandement/coordination avec tous les futurs drones ailiers.
    .
    En tous les cas, pas de biplace côté F22 et F35, et c’est peut-être un souci … On va forcément me dire que c’est l’IA qui fera le job … sauf que personne ne sait encore si l’IA pourra faire le job assez bien et de manière assez fiable.
    Par ailleurs, l’homme dans la boucle n’est peut-être pas juste un luxe mais surtout une nécessité à conserver. Un pilote devant tout faire seul sera forcément « moins regardant » sur pas mal de choses en cas de strike coordonné avec des drones.

    • Nexterience dit :

      On peut donc imaginer un Rafale F5 essentiellement biplace.

      • jean luc dit :

        on peut aussi imaginer un avion télé-piloter á distance

      • Yvon dit :

        @Nexterience
        Le Rafale F5 avec son drone de combat dérivé du Neuron, son cloud, ….n’aura rien à envier aux machines américains. Même s’il arrive un peu plus tard.

      • Fralipolipi dit :

        @Nexterience
        Le standard F5 (qui ne concerne pas que les vols en patrouille avec drones) concernera les monoplace autant que les biplace (heureusement pour les marins).
        Mais on peut penser que pour partir en patrouille avec drones nEUROn & cie, au moins pour l’AAE, les Biplace seront favorisés (au moins 1 par patrouille).
        Mais bon, c’est pas pour demain non plus, … 2035 pour l’UCAV nEUROn.
        .
        J’imagine que Dassault est en train de bien phosphorer sur ce que doit être la cellule de cet UCAV.
        – dédié à la reconnaissance et au bombardement ?
        – ou bien plus polyvalent et capable aussi pour le combat Air-Air ?
        … ce qui a probablement une incidence sur le profil de la cellule du drone (notamment pour la prise en compte des soutes internes dédiées au Air-Air).

    • NORAD dit :

      @Fralipolipi. « Pour une communication (et donc une patrouille) discrète, ce ne serait pas plutôt avec le MADL (directionnel) du F35 que ce drone devrait fonctionner ? » Les US explorent de nombreuses pistes. Certains essais incluent F-22-F-35 et XQ-58 ont déjà eu lieu en utilisant les liaisons de données spécifiques des 2 chasseurs.. En l’occurrence le XQ-58 servait dans ce cas de noeud de communication entre l’IFDL du F-22 et le MADL du F-35, mais cela peut aussi servir à contrôler le drone. Quant au F-47, je doute qu’il ait une version biplace…Dans l’US Air Force, on est plutôt dans la réduction des équipages. On parle de n’embarquer plus qu’un seul pilote sur KC-46 et B-21 par exemple.. A suivre, ce n’est pas pour tout de suite.

  3. toufik dit :

    La démonstration chinoise :
    https://defencesecurityasia.com/en/gj11-sharp-sword-china-stealth-ucav-j20/
    Manifestement les 2 chasseurs habités suivent le GJ-11, vraisemblablement commandé ou au moins sécurisé au delà de l’IA, depuis le sol. On n’en est pas encore à une formation de vol serré où l’UCAV suit l’avion habité, faisant alors peut-être courir plus de risque à celui-ci. Mais c’est tout de même bluffant. Et vu la maîtrise de l’univers des drones volant en formation dans le civil, par la Chine (les feux d’artifice), on peut leur faire confiance pour avancer très vite sur ces sujets.
    « China Deploys GJ-11 “Sharp Sword” Stealth Drones to Tibet — A Game-Changer in Himalayan Airpower »
    @Fralipolipi : oubliez ma complainte sur l’autre fil de discussion sur le SCAF, concernant le nEUROn ; il y a de grandes perspectives pour Dassault pour la poursuite du développement du nEUROn, en dehors du SCAF ; du côté de l’Inde bien sûr, qui ne peut pas rester les bras croisés face à cet avancement de la Chine.
    Les Taïwanais, eux, doivent s’interroger si les US seront à la hauteur du défi.

    • Fralipolipi dit :

      @toukik
      « On n’en est pas encore à une formation de vol serré où l’UCAV suit l’avion habité »
      … De toutes façons, une patrouille avion + drone ailier discret n’aura aucun intérêt à évoluer en formation serrée.
      Il y aura au contraire tout intérêt à faire évoluer le drone UCAV (bien plus discret que l’avion, même si ce dernier est de 5ème gen ou 6ème gen) loin à l’avant, avec tous ses capteurs en éveil.

    • Romeo Hotel dit :

      « face à cet avancement de la Chine. »

      Monsieur Lachine a eu de l’avancement ou la Chine a connu une avancée ?

  4. Kamelot dit :

    À terme, avoir des plateformes habités hyper-furtives ne sera pas nécessaires dans la mesure où elles seront entourées de divers drones plus ou moins sophistiqués. Dans ce cadre le Rafale F5 est une solution pertinente. La transparence de la 3D n’est pas une utopie.
    Au-delà c’est tout le système aérien qu’il faut analyser et éventuellement repenser pour savoir où positionner les hommes. Le seul frein étant la fiabilité et résilience des transmissions de données et les intrusions dans les systèmes numériques.

    • Fralipolipi dit :

      @Kamelot
      « À terme, avoir des plateformes habités hyper-furtives ne sera pas nécessaires dans la mesure où elles seront entourées de divers drones plus ou moins sophistiqués »
      … si l’avant-garde de la patrouille est constituée de drones furtifs – aux capteurs suffisamment performants – alors la discrétion passive maximale de l’avion de combat piloté/habité de cette patrouille sera effectivement moins cruciale.
      .
      Mais on notera qu’avec le NGF (français ou européen) on voudra faire un nouvel avion (piloté/habité) tout aussi polyvalent que le Rafale aujourd’hui. Aussi, une discrétion passive bien affutée lui sera aussi utile dans d’autres cas de figure et de missions que seulement en patrouille avec des drones aux capteurs devant aussi être excellents.
      .
      De toutes façons, on va vouloir faire un nouvel avion piloté/habité après le Rafale, et nous savons déjà qu’il sera plus gros et lourd. La 1ere raison est celle de l’allonge et de l’autonomie de vol … que l’on souhaite les plus longues possibles (et déjà assez bonne avec les seuls réservoirs internes). Rien que cela justifiera d’avoir un nouvel avion.
      Ensuite, autant faire en sorte qu’il soit le plus « discret » que possible (en discrétion radar), sans pour autant devoir sacrifier trop de choses (dont le budget) à ce seul « Graal holywoodien » qu’est la discrétion passive … au regard des évolutions radar et IRST en vis-à-vis, qui vont au moins tout aussi vite.

  5. Amiral Apoual dit :

    Hep là! Papiers s’il vous plait! Vous savez pourquoi on vous arrête?