BAE Systems s’allie à Boeing et à Saab pour proposer l’avion d’entraînement T-7 Red Hawk à la RAF

En décembre 2024, la Royal Air Force [RAF] confirma son intention de retirer du service ses avions d’entraînement BAE Hawk T1/T2 dans les plus brefs délais en raison de leur manque de fiabilité et de leur ancienneté. Et cela alors qu’il était question de les garder au moins jusqu’en 2030.
Pour rappel, les Hawk T1 sont utilisés par les Red Arrows, la patrouille acrobatique de la RAF, tandis que les Hawk T2 servent à la formation des élèves pilotes de chasse britanniques.
Or, ces dernières années, les Hawk T2 ont souvent été cloués au sol en raison de problèmes récurrents au niveau de leur réacteur Adour Mk-951, ce qui a provoqué des retards importants dans la formation des pilotes de la RAF. D’où le partenariat que la RAF a scellé avec l’Aeronautica Militare pour former une partie de ses pilotes à l’International Flight Training School [IFTS], basée à Decimomannu [Sardaigne].
Par ailleurs, outre les considérations techniques, la RAF estime que le Hawk T2 n’est plus adapté pour former les pilotes appelés à prendre les commandes d’un F-35 ou d’un avion de combat de 6e génération, comme celui qui sera issu du Global Combat Air Programme [GCAP].
Pour le moment, le ministère britannique de la Défense [MoD] n’a pas encore émis d’appel d’offres pour trouver un successeur au Hawk T2. Appel d’offres qui ne sera ouvert qu’à des industriels britanniques.
En attendant, Aeralis devrait soumettre la candidature du Dart, un avion d’entraînement modulaire dont la configuration peut être modifiée en fonction des missions. Et il est probable que, grâce à sa filiale britannique [Leonardo UK], l’italien Leonardo soit de la partie avec le M346 Master.
Le groupe BAE Systems semblait hors course, faute d’avoir su développer un nouvel appareil pour préparer la succession du Hawk T2. Cependant, en juillet, il a été rapporté que des discussions étaient en cours avec Boeing et Saab afin de nouer un partenariat autour du T-7 Red Hawk, un avion d’entraînement déjà choisi par l’US Air Force.
À l’époque, BAE Systems avait dit ne pas vouloir « commenter les rumeurs et les spéculations ». Et d’ajouter que « la formation restait un pilier important de sa stratégie dans le domaine aérien ».
Seulement, les rumeurs avaient un fond de vérité. Et pour cause : le 17 novembre, BAE Systems, Saab et Boeing ont signé une lettre d’intention pour proposer à la RAF une solution reposant sur le T-7 Red Hawk.
« Ce système de formation de pointe, intégrant simulations réelles, virtuelles et constructives, représente un bond en avant considérable […]. Sa conception polyvalente lui permet de s’adapter à l’évolution des technologies et des exigences opérationnelles, formant ainsi de nouveaux pilotes aux avions de combat multirôles [chasseur, avion de chasse et bombardier] les plus performants au monde », fait valoir BAE Systems.
Au passage, dans la « simulation constructive », l’opérateur [le pilote] est représenté par un avatar tandis que les systèmes d’armes sont simulés et que l’environnement est virtuel. Elle sert généralement à l’entraînement des postes de commandement.
« Notre nouvelle collaboration avec Boeing et Saab nous permettra de présenter une offre attractive à la Royal Air Force ainsi qu’à nos clients internationaux, en tirant parti des dernières innovations technologiques en matière de systèmes d’entraînement et d’un avion d’entraînement à réaction de pointe », a commenté Simon Barnes, le responsable du secteur aérien chez BAE Systems. « Nous nous engageons à ce que cette solution offre le meilleur résultat possible pour le pays, afin de soutenir la capacité opérationnelle aérienne du Royaume-Uni et de générer des retombées économiques positives », a-t-il conclu.





Cest toujours avec un certain amusement que lon suit ces ballets industriels autour des contrats militaires ! RAF cherche un successeur au Hawk, comme si quitter un vieil ami était si simple. Dun côté, lAeralis avec son Dart modulaire, de lautre, le M346 Master de Leonardo, bien soutenu par sa filiale britannique. BAE, lui, a dû jouer la mauvaise foi jusquà ce quune lettre dintention signée avec Boeing et Saab vienne sauver la mise. Le T-7 Red Hawk, avec ses simulations constructives où lon est virtuellement représenté par un avatar face à des armes simulées… Cest lavenir du pilotage, sans doute ! Mais au fond, nest-ce pas une belle démonstration de lobbying où chaque acteur joue son jeu pour ne pas rester sur la touche ?
Et la France?
Le retour d’expérience des pilotes formés sur PC-21 puis directement sur Rafale semble démontrer qu’on n’a pas besoin de ce type d’avion.
ce n’est pas du tout le retour que j’en ai eu.
vous devez etre suisse pour défendre le PC21.
C’est pourtant la réalité des faits… Mais vous avez certainement des « sources » parmi les grincheux du genre « c’était mieux avant ! ». Et non, je ne suis pas suisse…
« c’est la réalité des faits » … sorti de votre chapeau
Bah… C’est pas trop le sujet de l’article, hein ? Sinon, on peut aussi parler de l’Allemagne, du Pérou, du Toufoulkhan, du…
Oui et la France ?
Uniquement CirrusR22?
Quel est l’appreile envisagé pour son renouvellement ?
En France, on s’est fait avoir en achetant des avions à hélice Pilatus, dans l’espoir que les Helvètes nous renvoient l’ascenseur en commandant des Rafales. On s’est fait jeté au profit des F-35, mais on se coltine ces avions à hélice pour les apprentis pilotes de Rafale.
Je ne comprends pas comment des avions à hélices, fussent ils à turboprops, pourraient remplacer un avion à réaction pour entraîner les pilotes au vol supersonique.
L’ Alphajet, le BAE Hawk T1 et T2, ainsi que le Boeing Saab T-7hawk ne sont pas supersoniques !
Le Leonardo M-346 est légèrement supersonique avec Mach 1.2.
L ‘intérêt des avions école à réaction n’est pas de voler en supersonique.
La France n »a pas fait le choix du PC21 pour vendre le Rafale à la Suisse. La preuve en est qu’elle a racheté un deuxième lot de PC21 après le choix de la Suisse pour le F35 ainsi que récemment un lot de PC7
Il ne faut pas oublier que la version biplace du Rafale a tout ce qu’il faut, et peut également servir à l’entrainement des pilotes.
On s’est fait jeter.
Je suis d’accord, je ne comprend pas que Dassault n’ai pas pris l’initiative possiblement avec Saab et Safran avec qui ils ont travaillé de manière fructueuse sur le nEUROn, de proposer un successeur à l’AlphaJet avec une prise en main proche du Rafale.
Avec un marché potentiel autour du club Rafale et des besoins Européens en la matière.
Boieng a eu une approche plus constructive en laissant á Saab les mains libres pour concevoir un avion « mono-monteur » inspiré du Gripen.
Dassault n´a pas les ressources de Boieng.
Que Dassault n’ait pas.
Je comprends, tu comprends, il comprend.
Je ne comprends pas.
Elle se cherche un budget…
Là tu fais vraiment le mec « complexé » de service quand même !!!
Ça donne pas beaucoup de choix pour remplacer les snowbirds…
Le moment venu, il faudra remplacer les Alpha Jet pour l’entraînement au combat et la patrouille de France.
Le M346 serait un excellent candidat.
Non il n’est pas prévu de remplacer l’Alphajet.
L’intégralité de la formation se fera désormais sur PC7 puis PC21.
Concernant la PAF il vaut mieux la supprimer pour un AAE qui se dit « à l’os »
Est-ce sont rôle de faire du spectacle ?
La PAF, ça permet de faire rêver les gamins et de générer des passions qui se transforment en vocations. Sans ça, on aurait beaucoup moins de candidats au recrutement dans l’AAE (et pas seulement côté pilotes) alors qu’on a déjà du mal à recruter aujourd’hui…
@François 01
Je ne parle pas de la formation des pilotes mais de l’entraînement au combat.
Quant à la PAF, au delà du spectacle, son rôle est aussi de faire perdurer en France un attachement à l’aéronautique, ce qui n’est pas inutile en période de disette budgétaire.
Est-ce son rôle.
Il y a 4 choix possible et idéal pour préparer nos futurs pilotes aux avions à reaction modernes, les T-7, Hurjet, KAI T-50 ou M346. Le choix d’un Turboprop n’a aucune logique et ne va pas dans le sens d’une montée en compétence et formation de qualité.
Le choix du PC21 était purement politique, c’était quand la Suisse cherchait un nouvel avion et que le Rafale avait été annoncé comme favori par les médias locaux. On pensait que cet achat de Pilatus scellerait ce choix mais il n’en fut rien. Maintenant on a cet avion qui n’est pas adapté et qu’on doit continuer à exploiter parce que des politiciens l’ont imposé à une époque. Mais à un moment donné il faut savoir dire stop, on change, il en va de la qualité de formation de nos pilotes.
Quatre choix possibles et idéaux (ou idéals).
Indépendamment de toute autre qualité ou défaut qu’il pourrait avoir, je trouve que cet engin a une allure folle 🙂
Absolument ! Surtout avec cette peinture qui fait « Tigres volants » 😉
En effet faudra bien replacer les Gadgets un de ces quatre, ceux de la PAF comme les autres.
Pour ce qui nous concerne, il faudra choisir entre la peste et le choléra industriel pour, in fine, des besoins assez limités. À ce jour je ne vois pas où nous pourrions
nous inscrire pour avoir un retour direct ou indirect industriel intéressant. SAAB étant suffisamment préempté, un deal sur un programme plus large me semble difficile mais pas impossible (?).
L’opérationnel devra attendre le budget ad hoc pour un besoin qui relève de la formation et de la démonstration scénique avec la PAF. Le facteur coût à l’achat et de possession aura son importance. Un moyen « supersonique » n’est pas forcément utile et la simulation embarquée/connectée permet beaucoup de choses. N’oublions pas la Marine qui dépend toujours de l’US Navy pour la formation de ses pilotes. Quid à terme ?
De plus, en se projetant vers l’avenir les pilotes seront plus des gestionnaires de systèmes que des faucheurs de marguerites sur des trapanelles. L’aspect eu pilotage dynamique reste toutefois et peut être anticipé plus en amont de la formation. Il faudra peut-être envisager, à la marge, le tir canon sur un avion à hélice pour les sensations physiques. De là à vouloir en faire accessoirement un avion COIN ou antidrones je n’irai pas jusque-là , les temps changent avec l’avènement des drones… ^^
pilatus, pilatus. a helices comme chez les belges il n’y a que ça de vrai
par ailleurs on peut se demander,au nom de l entente cordialement et des accords de défense, pourquoi les britanniques préfèrent former leurs pilotes de chasse chez les italiens plutôt qu en France
Matériel plus performant ?prix plus competitifs ?,compétences plus grandes ?douceur de la Sardaigne par rapport a la région de Cognac ?
F35 et EF2000 en commun ? peut-être ?
Matériel plus performant ? L´Alpha Jet ne correspond plus aux besoins…
Pilatus à hélice.
C’est ce qu’il nous faudrait aussi. On a fait une grosse erreur en achetant ces daubes de PC-21, on ne prepare pas des pilotes de combats sur jet avec des avions à hélices. La force aérienne du Mali je veux bien mais franchement pas une force aérienne comme la notre.
Les PC21 avaient été acquis en croyant que ça persuaderait les suisses de nous prendre du Rafale. Bon on a été naif, ne continuons pas dans l’erreur. il nous faut un vrai avion à réaction pour préparer nos futurs pilotes, soit du T7, soit du M346, soit du Hurjet.
@albert
petite précision
Les PC21 ont été choisis par l’AAE surtout parce que cet avion embarque une avionique de dernière génération, comprenant un simulateur de mission avancé. Ce qui permet aux élèves pilotes de mener des missions tactiques air-air et air-sol en vol, comme s’ils étaient aux commandes des systèmes d’un Rafale ou d’un M2000.
Cela simplifie énormément la transition opérationnelle des pilotes de chasse vers ces aéronefs. En sortie de formation PC21, un élève a déjà réalisé des missions sur systèmes Rafale.
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Bref il faut plutôt voir le PC21 comme une sorte de simulateur de Rafale volant, avec un coût à l’heure de vol nettement moins élevé. Et qui vole pas trop mal : 700 km/h, capable « d’envoyer » du -4g à +8g si on le sollicite vraiment.
C’est la partie systèmes et missions qui devient importante dans le cursus de formation d’un pilote de chasse, et ça va l’être de plus en plus. C’est pour cela que le PC21 est conçu.
Merci d’apporter un peu de rigueur dans ce débat récurrent.
Mais il est douteux que vos arguments, pourtant étayés, portent chez les râleurs compulsifs.
Non, la France n’a pas acheté des PC-21 dans le seul espoir de vendre des Rafale à la Suisse… Pour preuve, on leur en a acheté un second lot même après qu’ils ont choisi le F35. Et puis, on forme très bien des pilotes de chasse sur PC-21, avant qu’ils ne passent directement sur Rafale ensuite. L’important, ce ne sont pas les performances de l’avion, mais le système qu’il y a à l’intérieur. Le système de mission embarqué dans le PC-21 est tout à fait adapté à la formation de futurs pilotes de chasseurs modernes tels que le Rafale, au contraire de l’Alphajet dont le cockpit était de la génération des Mirage F1 et autres Jaguar. Et en prime, un turboprop coûte moins cher à l’achat et à l’heure de vol qu’un jet. Bien entendu, les ronchons habituels, nostalgiques du temps jadis, sont tout à fait hermétiques à ces arguments.
Mais bien sur, c’est tellement logique que les autres grandes forces aériennes du monde (USA, Russie, UK, RAF, Lutwaffe, Chine, Japon, etc) utilisent bêtement des jets pour former leurs pilotes.
Faut pas s’étonne si après on envoie nos jeunes pilotes finir leur formations aux USA sur jet.
Merci à vous aussi.
Des pilotes de combat.
Une réflexion existe chez certains constructeurs qui développent un drone loyal wingman, d’en proposer également une version habitée, comme avion d’entrainement. Ou inversement. C’est le cas d’Aeralis en vue du remplacement du Hawk.
https://aeralis.com/the-vision/
Sachant que souvent, les premiers prototypes de loyal wingman sont habités.
https://raids-aviation.fr/2024/09/16/le-drone-de-combat-437-vanguard-loyal-wingman-a-realise-son-premier-vol/
Au delà des économies d’échelle que cela pourrait augurer, ça permettrait aux pilotes futurs (ou déjà formés) de Rafale F5 et NGF, de savoir ce que leur ailier fidèle a dans le ventre en termes de maniabilité.
Et dans cette réflexion il y a la question de la navalisation.
https://www.opex360.com/2025/07/20/le-britannique-aeralis-veut-proposer-a-la-marine-nationale-une-version-navalisee-de-son-avion-dentrainement-dart/
@toufik. « Sachant que souvent, les premiers prototypes de loyal wingman sont habités. » Au contraire l’immense majorité de ces prototypes ne sont pas habités. Et leurs caractéristiques et performances sont très différentes de celles recherchées sur un jet d’entraînement. Ne serait-ce que sur leur structures qui ne sont pas destinées à durer 8000 heures…