Pour le secrétaire à l’US Army, l’industrie de l’armement a « dupé » le Pentagone

S’attaquer à la bureaucratie, réformer les processus d’acquisition pour qu’ils soient plus efficaces et cesser de signer des chèques en blanc aux industriels. Vaste programme ! Fraîchement nommé secrétaire à la Défense, en 2001, Donald Rumsfeld avait fustigé les lourdeurs administratives du Pentagone et dénoncé le gaspillage d’argent public qui en était la conséquence. Mais les circonstances l’empêchèrent de mener à bien les réformes qu’il souhaitait appliquer.
Plus tard, le président Obama enfourcha le même cheval de bataille. « Nous dépensons de l’argent pour des choses dont nous n’avons pas besoin et nous payons plus que nécessaire », avait-il dit, en mars 2009. Et d’assurer que « l’époque où l’on signait des chèques en blanc aux indutriels de la défense allait être révolue ». Depuis, rien n’a changé. Ou si peu.
Ainsi, devant être « léger », le M10 Booker est devenu, au fil de son développement et des procédures diverses et variées, un char de 42 tonnes ne pouvant pas être transporté par un avion C-130J Hercules. D’où la décision d’arrêter les frais. « Le Booker est un excellent exemple de mauvaises pratiques en matière d’acquisition », avait résumé, Dan Driscoll, le secrétaire à l’US Army, en mai dernier.
Quant aux « chèques en blanc », les exemples ne manquent pas. L’an passé, un rapport de l’inspection du Pentagone avait établi que Boeing avait surfacturé certaines pièces destinées à l’entretien des avions de transport C-17 Globemaster III pour environ 1 million de dollars. En effet, le prix demandé par l’industriel pour de simples bouchons de protection contre la poussière et l’humidité était cinquante-cinq fois plus élevé par rapport à ceux pratiqués dans le civil.
Récemment, l’US Army a indiqué qu’un bouton de commande d’écran d’un hélicoptère Black Hawk lui coûtait 47 000 dollars alors qu’il était possible d’en trouver pour seulement 15 dollars.
D’où le commentaire acerbe de M. Driscoll, relayé par l’agence Reuters.
« La base industrielle de défense dans son ensemble, et les maîtres d’œuvre en particulier, ont dupé le peuple américain, le Pentagone et l’armée, en leur faisant croire qu’il leur fallait des solutions militaires spécifiques alors que, en réalité, il existait des solutions équivalentes, voire supérieures. Cette mentalité nous a nui », a-t-il en effet déclaré.
Certes, les industriels ne sont pas les seuls fautifs, le Pentagone ayant lui aussi sa part de responsabilité pour avoir mis en place un système encourageant ses fournisseurs à pratiquer des prix déraisonnables. Mais cela va changer. En outre, a-t-il admis, « l’armée a la réputation d’être un client loin d’être parfait ».
« Auparavant, 90 % de nos achats étaient conçus spécifiquement pour l’armée, et 10 % étaient des produits standard. Ce que nous allons essayer de faire, c’est d’inverser cette tendance en faisant en sorte d’acquérir 90 % de solutions disponibles dans le commerce, les 10 % restants devant être spécifiques aux cas les plus extrêmes », a expliqué M. Driscoll.
« Quand on commence à réfléchir à ce à quoi ressemble un conflit à grande échelle, on ne peut pas déployer des solutions ponctuelles aussi rapidement et facilement que celles déjà disponibles dans le commerce », a-t-il ajouté.
Par exemple, le futur char M1E3 Abrams devrait être doté d’un groupe motopropulseur Caterpillar disponible dans le commerce, ce qui permettra à la fois de réduire les coûts et de faciliter son maintien en condition opérationnelle [MCO].
Cette évolution s’inscrit dans la réforme que le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth entend mener en matière d’acquisition, l’objectif étant de réduire les délais de livraison et les coûts.
« J’aimerais vous parler d’un adversaire qui représente une menace, une menace très sérieuse pour les États-Unis d’Amérique. Cet adversaire est l’un des derniers bastions mondiaux de la planification centralisée. Il s’agit de la bureaucratie du Pentagone », a lancé M. Hegseth, la semaine dernière, en s’adressant aux industriels.
« Notre objectif est de construire, de reconstruire l’arsenal de la liberté » car « nous vivons un moment 1939 – ou, espérons-le, un moment 1981. Un moment d’urgence. Les ennemis se rassemblent, les menaces s’intensifient », a-t-il ajouté.
Aussi, M. Hegseth a l’intention de créer une « Wartime Production Unit » [Unité de production en temps de guerre], chargée d’accélérer les processus d’acquisition. En contrepartie, le Joint Capabilities Integration and Development System [JCIDS], qui « avance à la vitesse de la paperasserie, et non à celle de la guerre », sera dissous.
« Le JCIDS a presque besoin d’une année entière juste pour approuver un seul document. Au moment où celui-ci est tamponné, il est probablement déjà obsolète. Les menaces changent et les besoins des combattants évoluent », a-t-il fait valoir.





Il n’est pas illégitime de se poser la question de savoir qui détient la réalité du pouvoir aux États-Unis. Entre la multitude de services de renseignements et le complexe militaro-industriel, les politiques ont du mal à se faire une place à la hauteur de leur fonction.
Par ailleurs, la démarche de P. Hegseth afin de doper l’efficience des administrations militaires et de réduire les coûts est intéressante. Peut-être y aurait il lieu de s’en inspirer pour doper la DGA ?
Le film « secret défense » est visiblement toujours d’actualité. Pourtant, en s’inspirant des méthodes de Dassault (voir l’analyse de Bruno aviation) les USA ont été capables de produire le F16.
J’ai également vu cette analyse.. c’est quand même un peu l’arbre qui cache la forêt en matière de qui s’inspire de qui.
Je pense que c’est aussi valable pour la France….Dans mon jeune temps nous disions que tout ce qui était vert armée et blanc hôpital coutait beaucoup plus cher…..voilà une économie à prévoir
Le prix n’est pas que le prix de l’objet mais aussi le prix du contrôle.
Et très souvent le prix du contrôle dépasse de loin le prix de l’objet.
Reste à savoir si on est prêt ou pas à se pointer devant un ennemi avec une arme défectueuse/
Ennemi
Je tire
clic
clic ?
Oups dommage …
D’un autre coté le sur-contrôle et le contrôle sur facturé ne sont pas des mythes.
Comme toujours, une question de mesure.
Quand vous voyez les échecs du pistolet M17 et du fusil XM7, je ne sais pas où sont les contrôles ?
Je pense que vous vous trompez.
Le niveau d’exigence est hyper élevé et on fait controverse de tout pour vendre du click.
Prenons le m17, un mort.
Le mort en question s’assoie sur sa chaise dans son bureau dans une enceinte militaire avec un pistolet chargé ( étonnant mais bon mettons ça pourrait être en patrouille) ET munition engagée (C’est pas courant en France en tout cas). Même a 1 chance sur 1 million, si on fait une bêtise souvent le problème arrive (Murphy).
C’est un fait les contrôles ce n’est pas parfait et c’est cher. Mais si on prends l’aviation civile comme exemple, il y a bien moins d’accident (par km volé) aujourd’hui qu’en 70. Et une part importantes de tout çà, c’est les contrôles… pareil chez les militaires.
Faire moins de contrôles c’est accepter plus de risque et donc plus de blessures.
Pour le XM7, c’est différent c’est littéralement métaphysique.
Si on veut un calibre plus puissant la physique est têtue. La munition et l’arme seront plus lourde. Donc on aura moins de munitions.
Si on veut encore gratter en énergie cinétique, on cherche une plus grande vitesse et donc une plus grande usure.
Bref, c’est plus lourd, moins fiable mais ça troue les gilets pare-balles…
C’est vrai que les russes ont des gilets d’air soft chinois et des fantassins alcooliques donc ce n’est peut-être pas nécessaire de changer de calibre.
@Olivier C. Le fusil M7 est en service aujourd’hui et donne toute satisfaction..
Certaines industries qui produisent de la très forte valeur ajoutée avec les niveaux de contrôle qualité parmis les plus exigeants qui existent sur cette planète… se voient proposées des ballets à chiottes au double ou triple de leur valeur… je provoque un peu sur l’exemple mais on est pas si loin de la vérité. L’innovation se paye toujours très cher même si elle n’a rien couté à part le dépôt du brevet (ça existe) et quand l’argent de l’Etat n’est pas loin (investissement, recherche, etc) mieux vaut avoir des acheteurs solides pour faire comprendre aux vautours qui ne sont pas en situation de monopole qu’ils doivent rapidement changer d’approche si ils ne veulent pas disparaître des cahiers de commandes.. et quand il y a monopole et bien là c’est open bar avec parfois des clients qui apprennent le fonctionnement de leurs machines à des techniciens qui viennent pour la maintenance pour un coût colossale et pour entretenir une machine qui ne se démarque pas toujours beaucoup d’un électroménager. A titre d’exemple on commence à peine à voir des acheteurs dans les hôpitaux, null doute que des prix doivent être divisés par deux ou 3.
C’est surtout l’état d’esprit de ceux qui décident des achats dans les ministères qui doit changer. Tout simplement en considérant le budget public et les dépenses dont ils ont la responsabilité, comme leur propre argent personnel.
Iraient-ils dépenser 5, 10, ou 20 fois plus pour un produit à des fins personnelles, sans justification solide et crédible du commerçant, de l’apport en contrepartie d’un tel écart de prix ? Évidemment non.
Je veux bien croire que l’exigence militaire impose des contrôles qui doublent ou triplent le prix.
Mais dans les proportions ici évoquées, c’est de la gabegie exercée avec l’argent public. Il faut sévir sans pitié et considérer les acheteurs comme complices des industriels sans foi ni loi.
Simplification,
L’acheteur en question est responsable de suivre des milliers de règles qu’il décline au prestataire qui les facture.
Si il y a énormément de règle et que le paiement est difficile : pas de concurrence ce qui implique mauvais prix!
Mais attention, chaque règle a une logique! Donc si on l’enlève une personne n’est pas contente.
Un général se plaignait des normes handicapé pour les bâtiments neuf. Mais si demain le dit bâtiment doit être remplis de centaines de blessés? Les Gueules Cassées ça a existé…
Pour en voir des bâtiments, ils ont rarement la même fonction et le meme public sur 70 ans… surtout chez les militaires.
Il y a des mauvais acheteurs, il y a surtout beaucoup de gens qui pensent faire mieux et qui ne font pas mieux.
Bon courage !
EN Allemagne quand les militaires devais commander du matérielle militaire ,ils devaient attendre 10Ans pour l’avoir dans leur magasins , toute commande au dessus de 15 000 devais passer devant le bundestag ,maintenant c’est 25 millions d’euros .
@Khops,
Ça c’est pas très sympa !
Relisez-vous!
C’est maintenant l’assurance que ce n’est pas un bot d’une IA !
1961, Eisenhower lors de son discours d’adieu :
« Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble[1]. »
1961 – 2025 : rien n’a changé
si, aujourd’hui tu pourrais plus faire caca en sorbonne pour arrêter la guerre du vietnam, raymond. pour déverser les hautes cogitations d’une vie de penseur d’exception, t’as les blogues qu’ont remplacé tes gogues improvisés.
Eisenhower était quand même prompt à soumettre ses alliés mais le vers était chez lui, dans l’hubris du Complexe militaro-industriel US.
Les dark black programs sont des aspirateurs de valeurs ajoutées. La veille du 11 septembre 2001 Rumsfeld était incapable de situer 2 300 milliards de dollars dans la compta du Pentagone. Problèmes de compatibilité de logiciels… bla bla bla.
[bouton de commande d’écran d’un hélicoptère Black Hawk lui coûtait 47 000 dollars alors qu’il était possible d’en trouver pour seulement 15 dollars].
Où vont ces financements ? Je reste convaincu qu’il existe une montagne administrative de secret(s) notamment sous l’autorité du département de l’énergie qui possède des pouvoirs supérieurs à l’exécutif.
1947 = Création de la CIA, l’US Air Force (fin de l’US Army Air Force) et du National Security Act.
Tout cela nous ramène au sujet des PAN. Bien plus secret que la bombe pas encore à hydrogène à l’époque.
Guerre froide et intérêts politico-industriels (voire religieux mais j’y crois moins)
Ce que Richard Dolan qualifie de Breakaway Civilization (une civilisation séparatiste, de rupture). 8 Milliards de bénéficiaires n’entre pas dans leur paramètres.
Une partie de l’humanité, une transnationale loin des aspirations des peuples, joue son jeu dans une éxopolitique qui dépasse notre imagination : La présence d’Intelligences non-humaines sur terre, des tech (rf: la physique derrière les effets OZ) qui bouleverseraient la pyramide des pouvoirs, etc…
L’hubris qui va briser l’humanité pour le bénéfice trompeur d’une minorité avide. Le point de bascule est déjà passé. La vérité telle la Caverne de Platon est résumée par le terme Apokálupsis (grec ancien) : Dévoilement et/ou Révélation.
Nous ne sommes pas seuls, ici-bas, déjà manipulés et sous influence de collectifs exogènes en compétition.
Aucun président US n’a le pouvoir de reverser la table.Altered Carbon n’est pas de la SF. Nos âmes sont à vendre.
Alors vous, il va falloir vous présenter Lémurien Officiel et Reptilien officieux.
Moi aussi j’ai travaillé dans la zone 51 mais je ne peux rien vous révéler, sinon ‘ils’ viendront me chercher et je ne pourrai plus écrire sur ce Blog… quelle perte irréparable ce serait, n’est-ce pas ?
Quand un système tentaculaire et très imbriqué s’installe… c’est très difficile après de s’en débarrasser
@robmac. Vous voulez pas le faire canoniser, tant qu’on y est. Il oublie juste que sans ce gigantesque complexe militaro-industriel, il ne serait jamais devenu un héros ni président de la plus grande puissance mondiale… Par contre ses « principes » sont la principale raison qui a empêché Patton d’avancer bien plus rapidement en France, puis en Allemagne.. Ses mêmes principes sont responsables du retard initial des Etats-Unis dans la conquête spatiale… Par contre ses principes ne l’empêchaient nullement de tromper sa femme…
Il était un peu français sur les bords…
Inquisition !
LCS devant filer 45 nœuds (ce qui ne sert à rien) mais presque sans armement.
F35 en trois versions avec le plus de pièces communes : absurdité total compte tenu de la très spécifique version B (la conception de la version B à pourri la version A et inversement)
zumwalt qui tire des obus plus cher que des missiles.
Ford qui a qui a dépassé son budget de 100% avec la r&d des réacteurs.
Constellation copie des Fremms qui double son budget suite à 1000 demandes des marins US.
Je parle même pas des programmes de remplacement des Abrams, Bradley et autre M109…systématiquement annulés depuis 30 ans.
De souvenir le dernier programme majeur des US qui est resté dans les clous est le F18 E/F.
Un des problèmes est quand même que les politiques US et les militaire demandent des cahiers des charges techniquement « ambitieux » pour ne pas dire utopique (et parfoistotalementcontradictoire), sans se soucier des difficultés industrielles très prévisibles.
Avec des industriels qui disent amen pour avoir le contrat…sachant qu’à la fin ils sont toujours payés. Ce qui très hypocrite.
Oui, c’est d’abord un défaut de gouvernance politique.
@LM. « Ford qui a qui a dépassé son budget de 100% avec la r&d des réacteurs. ».. IL y a plus 20 nouvelles technologies sur ce porte-avions.. Quel programme de remplacement de l’Abrams ou du Bradley? Pour le premier c’est le M1-3E et c’est en cours, de même la sélection pour le successeur du Bradley est en cours avec 2 prototypes en compétition..
https://en.wikipedia.org/wiki/Armored_Systems_Modernization
https://en.wikipedia.org/wiki/XM2001_Crusader
https://en.wikipedia.org/wiki/Future_Combat_Systems
https://en.wikipedia.org/wiki/Future_Combat_Systems_Manned_Ground_Vehicles
https://en.wikipedia.org/wiki/XM1203_non-line-of-sight_cannon
https://en.wikipedia.org/wiki/Ground_Combat_Vehicle
https://en.wikipedia.org/wiki/M1299_howitzer
https://en.wikipedia.org/wiki/Next_Generation_Combat_Vehicle
https://en.wikipedia.org/wiki/XM30_Mechanized_Infantry_Combat_Vehicle
Et je dois en oublier…
@LM. Oui, il y a à boire et à manger là-dedans… Il y a de simple études conceptuelles, des prototypes etc.. certains arrêtés à cause de la fin de la guerre froide, certains en raison de baisses budgétaires etc… Il y en a pour tout le monde : politiques, militaires et industriels..
Le Pentagone aurait-il été dupé à l’insu de son plein gré ?
En tout cas on peut douter que M. Hegseth soit particulièrement efficace pour nettoyer les écuries d’Augias… à part virer tous les palefreniers woke ou latinos, bien sûr.
« le futur char M1E3 Abrams devrait être doté d’un groupe motopropulseur Caterpillar disponible dans le commerce » c’est, je crois l’approche qu a présidé à la genèse du griffon, avec une plateforme tirée d’un camion civil
Une plateforme tirée, on appelle ça une remorque.
C’est bien de croire ( en quoi? Je ne sais pas !) , mais si tu consultes le site du constructeur ce n’est pas le cas, non!
merci bintje de ton opinion hautement éclairée « naméchairchsuruntainetthin » qui apporte énormément à la discussion , mais là ils disent le contraire (et citent la source – c’est en globish tu vas avoir une demie-molle) https://youtu.be/MC6-QCGP23o?si=hpfxj5CpfHNVKYUx
Le Titus, oui (issu d’un châssis Tatra), mais pas le Griffon.
Qu’ils commencent à regarder du côté de Lockheed et du F-35, s’ils veulent des coupables
@Olivier C,
Il est vrai que Lockheed Martin est l’exemple à ne pas suivre…
En 1971 Lockheed Corporation a frôlé la faillite suite à des erreurs de conception sur le C-5A Galaxy (un avion de transport militaire lourd, surnommé par ses pilotes : « Fucking Ridiculous Economic Disaster »), ainsi que pour le “Ten eleven“ (L-1011 TriStar, un avion de transport de personnes) dont le fournisseur des moteurs fait faillite (Rolls-Royce). 30 000 personnes ont manqué de se retrouver à la porte… Fort heureusement le Congrès américain a accordé à l’entreprise une garantie de prêt de 250 millions $ et en 1996 le contrat F-35 a été attribué à LM. Dix ans de R&D pour un 1er vol en 2006, et permettre le redressement financier de LM.
Cependant, en 2025 la situation n’est pas brillante car LM doit faire face à de nouvelles difficultés. Tout d’abord continuer de faire face à une avalanche de commandes (on estime à 2 500/3 000 les commandes passées et à venir…), réussir à gérer les surcoûts liés à des variantes (F-35B) ainsi que ceux des imprévus techniques (Chauffe moteur, problèmes structurels, logiciels défaillants, etc.) et des inévitables retards de livraison (pénalités)… Et la presse spécialisée de ressortir les guignols : erreur de gestion, surcoûts aberrants, “amateurisme“ des bureaux d’études, précipitation pour sortir l’avion, corruption et lobbying… Des erreurs que n’ont pas commises les successeurs de Marcel Dassault, en refusant tout compromis lors de la période “vache maigre“ de l’avion (désengagement de l’État sur le nombre de commandes), ainsi que par la suite (succès à l’export) toute augmentation “hors raison“ des lignes de production du Rafale, même si une telle lenteur de production est pénalisante, et même si le succès commercial du F-35 est fort enviable…
@Roland DESPARTES. « Fort heureusement le Congrès américain a accordé à l’entreprise une garantie de prêt de 250 millions $ et en 1996 le contrat F-35 a été attribué à LM.Dix ans de R&D pour un 1er vol en 2006 « . En novembre 1996 Lockheed a reçu un contrat pour le programme JSF, au même titre que Boeing. Il ne s’agissait que de démonstrateurs. En octobre 2000, le premier X-35 volait.. Puis contrat SDD en octobre 2001 pour le F-35. Premier vol en 2006. Entrée opérationnelle initiale du F-35A en 2016. Le démonstrateur Rafale A a volé en 1986, le prototype Rafale C en 1991, l’appareil est entrée en service limité en 2001. Il est devenu « omnirôles » selon les paroles mêmes de ses utilisateurs en 2014. « Cependant, en 2025 la situation n’est pas brillante car LM doit faire face à de nouvelles difficultés. » Les chiffres financiers de LM vous donnent tord. Quant aux problèmes ils seront réglés. Si l’on regarde d’autres programmes précédents à succès, F-15, F-16 ou F-18, on s’aperçoit rapidement qu’ils ont trainés des problèmes de surcoûts, techniques , disponibilité pendant une bonne quinzaine d’années après leur entrée en service, avec les rapports du GAO qui vont avec… Mais eux, ne sont pas nés à l’heure d’internet et des réseaux sociaux… « En 1971 Lockheed Corporation a frôlé la faillite suite à des erreurs de conception sur le C-5A Galaxy (un avion de transport militaire lourd, surnommé par ses pilotes : « Fucking Ridiculous Economic Disaster »), ». Grumann a frôlé la faillite avec le si « merveilleux » F-14 que tout le monde ici aime tant… Le F-16 a été surnommé « Lawn Dart » par ses utilisateurs pendant plus de 10 ans après sa mise en service. Plus de 250 appareils (F-16) des block 0, 5 et 10 de l’USAF sont passés à la case « désert » après moins de 10 ans d’utilisation….
@NORAD
On aime bien taper sur le F-35, faut pas nous en vouloir 😉
Mais le F-35 donne quand même des armes pour se faire battre. Je vois en particulier deux exemples montrant que cet avion a été fait un peu avec les pieds. D’une part le surpoids, atteignant de l’ordre de 1.5 tonnes sur la version B, et 600 kg sur la version A (je vous laisse me corriger si nécessaire). On parle donc d’un poids supérieur de 10% par rapport à ce qui était prévu. C’est quand même loin d’être marginal. Et ensuite, il y a le mauvais dimensionnement de l’électronique avec un refroidissement qui est inférieur de moitié à la prévision.
On peut donc dire qu’il y a eu une certaine incompétence de la part des ingénieurs de Lockheed Martin. Et ces problèmes ne sont pas juste des erreurs de jeunesse dont la seule conséquence a été un ou deux ans de retard et des légers surcoûts. Les conséquences de ces erreurs sont :
1) Moins de composants communs entre les différentes versions des F-35. Et c’est une très bonne explication pourquoi les USA ont un si faible taux de disponibilité. Si les gars avaient dimensionné la logistique pour avoir 80% de composants communs entre les versions (à l’image du Rafale) et qu’ils se retrouvent avec seulement 25% de composants en commun, forcément ça a un impact colossal sur la maintenance de l’avion.
2) Le moteur qui se dégrade de façon accélérée, à tel point qu’il devient plus rentable d’acheter un nouveau moteur à mi-vie que de payer pour la maintenance du moteur sur l’entièreté de ses 8000 heures de vol (sur le Block 3, pour le Block 4, impossible d’estimer la durée de vie, mais la certitude, c’est que ce sera encore bien pire). Et ce problème ne sera pas réglé avant au mieux 2033 (et ça c’est l’estimation actuelle, car le F-35 nous a habitué à toujours plus de retard).
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Donc ces problèmes de conception de l’avion ont aujourd’hui et continueront d’avoir des effets énormes pendant au moins les 20 premières années de vie de l’appareil, car il est devenu opérationnel en 2016 comme vous l’indiquez.
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A ce problème de compétence des ingénieurs, on peut ajouter le problème de compétence du management de Lockheed-Martin, qui a viré ses ingénieurs en 2008 pensant que l’avion était au niveau, et ce avant même que l’avion ait été opérationnel. On comprend alors la difficulté de l’entreprise à régler tous les problèmes logiciels, car c’est la pire situation pour un ingénieur que de devoir régler les problèmes de conception réalisés par un autre ingénieur qui n’est plus là. Et ça explique pourquoi l’appareil est toujours englué dans les problèmes aujourd’hui, à tel point que l’USAF avait refusé un temps les livraisons.
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Maintenant, pour la défense de Lockheed Martin, l’USAF lui a demandé un dindon à 5 pattes. Faire un avion monomoteur, mais qui fait 14 tonnes à vide. Un avion monomoteur mais avec une bonne furtivité infrarouge. Et un avion furtif mais navalisable et avec un moteur vertical. C’était Noël en 2001 apparemment.
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Sur le F-16 « Lawn dart », votre critique ne tient pas, car General Dynamics n’avait pas de responsabilité. A l’époque, les moteurs n’étaient pas fiables (ou pas autant qu’aujourd’hui en tout cas). Donc oui, le F-16 avait des problèmes de fiabilité, mais cela ne venait pas d’une incompétence quelconque des ingénieurs ou du management de General Dynamics. C’est la faiblesse des forces du F-16 qui avaient ce résultat.
Maintenant, je ne savais pas que dans les 10 premières années du programme, 250 F-16 avaient été cloué au sol. Je trouve cela surprenant, car si le premier vol du F-16 a eu lieu en 1974, ses livraisons à l’Europe ont eu lieu pour certaines avant 1980. Et c’est les mêmes appareils qui sont aujourd’hui en cours de remplacement par des F-35. Donc je suis curieux de savoir d’où venait les problèmes du F-16 et pourquoi cela n’a pas affecté les avions européens qui ont volé après pendant 40 ans.
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Mais effectivement, il y a eu des problèmes pour les autres avions américains comme le F-14, un avion particulièrement complexe… comme le F-35.
@nrj. « D’une part le surpoids, atteignant de l’ordre de 1.5 tonnes sur la version B, et 600 kg sur la version A (je vous laisse me corriger si nécessaire). » C’était en 2003… Le F-35B avait une masse à vide d’une tonne supérieure par rapport au cahier des charges. Idem pour le F-35A et C.. Il a fallu un peu plus d’une année pour modifier ce qu’il fallait. Ce qui a permis de réduire la masse à vide du F-35B de 1400kg, celle du F-35A de 1100kg et celle du F-35C de 860 kg au final…Mais avec un surcoût de développement de plus de 6 milliards de $ et un retard sur le programme de 18 mois. « qu’ils se retrouvent avec seulement 25% de composants en commun, ». C’est pour le plus grand écart F-35B – F-35C… Mais malgré tout cela ne dépasse pas 50 à 60% même dans le meilleur cas de comparaison. « 2) Le moteur qui se dégrade de façon accélérée, à tel point qu’il devient plus rentable d’acheter un nouveau moteur à mi-vie que de payer pour la maintenance du moteur sur l’entièreté de ses 8000 heures de vol (sur le Block 3, pour le Block 4, impossible d’estimer la durée de vie, mais la certitude, c’est que ce sera encore bien pire). » Non acheter un moteur neuf ne sera pas avantageux, même le GAO en convient. Pour les US le passage au F135 ECU (coûts des upgrade compris) permettra d’économiser environ 40-45 milliards de dollars selon les estimations donnés par P&W et le GAO… « Et ce problème ne sera pas réglé avant au mieux 2033 (et ça c’est l’estimation actuelle, car le F-35 nous a habitué à toujours plus de retard). » Selon les dernières auditions sur le programme F-35 aux comités des forces armées les premiers moteurs opérationnels devraient être disponibles en 2029. Mais j’ai aussi lu 2032 dans d’autres rapports (un rapport du GAO de début 2024)… J’attends des rapports mis à jour dans les mois qui viennent.. « On comprend alors la difficulté de l’entreprise à régler tous les problèmes logiciels ». Pour ce qui est de la partie logiciel, si LM est le maître d’oeuvre du programme global, c’est BAe US qui est principalement en charge (comme dans pas mal d’autres programmes US). « Sur le F-16 « Lawn dart », votre critique ne tient pas, car General Dynamics n’avait pas de responsabilité. A l’époque, les moteurs n’étaient pas fiables (ou pas autant qu’aujourd’hui en tout cas) ». Ce n’est pas le seul moteur qui en est la principale cause (le PW200 du F-16 avait profité des problèmes bien plus graves du PW100 du F-15), mais des problèmes de conception du système électrique en particulier… « Maintenant, je ne savais pas que dans les 10 premières années du programme, 250 F-16 avaient été cloué au sol. » Les appareils dont je parle n’étaient pas cloués au sol, mais ils ne sont restés en service qu’une dizaine d’année. Les Européens n’ont reçu qu’une poignée de block 1 et 5 qu’ils ont immédiatement passé au standard block 10.. Le F-16 s’est, dès le début, avéré beaucoup trop limité en termes capacitaires, et .. D’où la mise en route du programme MSIP dès le début des années 80. Ce programme dont les coûts on rapidement plus que doublés (et le GAO s’en est bien sûr occupé), ont conduit l’US Air Force à renoncer à moderniser les Block 0,5 et 10 qu’elles possédaient… Et les pays Européens n’ont également pas modernisés leur block 10.. Ils les ont mis en réserve dès le début des années 90, avec l’arrivée des réductions de flottes, comme tous les pays de l’OTAN… « Donc je suis curieux de savoir d’où venait les problèmes du F-16 et pourquoi cela n’a pas affecté les avions européens qui ont volé après pendant 40 ans. » Les avions européens qui ont volés 40 ans sont à l’origine des block 15OCU, passés par le standard MLU.. chèrement. Malgré cela ils n’ont jamais été mis au niveau des block 40/42 ou 50/52 de l’US Air Force. Ils ont conservés l’APG-66 et le moteur PW220, pour ne cités que les principaux. De fait, lorsqu’ils sont utilisés dans des climats chauds, dans des configurations air-sol lourdes, ils sont…sous motorisés… D’ailleurs, aux US, les block 42 (utilisés opérationnellement uniquement par l’ANG) initialement motorisés avec le PW220 ont été remotorisés avec des PW229 pour ces mêmes raisons.. Tout le monde n’a pas forcément les besoins de l’USAF, et donc, comme je vous l’ai déjà dit certaines forces aériennes ne passeront pas leur F-35 au standard Block4/F135ECU/APG-85 avec toutes les capacités demandées par les forces armées US.. Ils n’en ont pas les besoins.. Comme pour le F-16 et d’autres appareils à l’époque et aujourd’hui..
@NRJ. « Et ensuite, il y a le mauvais dimensionnement de l’électronique avec un refroidissement qui est inférieur de moitié à la prévision.
On peut donc dire qu’il y a eu une certaine incompétence de la part des ingénieurs de Lockheed Martin. ». Lockheed a prévenu le JPO et les politiciens de ce problème dés 2013.. P&W a suivi dès 2018. A chaque fois, on leur a refusé leurs demandes de revoir PTMS et moteur (P&W y travaillait déjà) avec le financement qui va avec… Parce que le tambour majeur de ce programme, l’USAF, préparait son arme « fatale », l’AETP qu’elle présentait comme le futur moteur du NGAD… Quant aux compétences, lorsque j’entends un ancien ingénieur de Dassault, François Lemainque, dire qu’ils étaient « couillus » et qu’au final ils ont bel et bien réussi à faire ce qui paraissait impossible, et que oui les problèmes seront réglés, je prends plutôt cela comme une marque de respect envers les ingénieurs US…
et quoi donc le népotisme reste le népotisme.
les sénateurs et représentants US sont plus que responsables de la situation.
Ce n’est pas une surprise et les mécanismes de corruption sont très connus : Les généraux ferment les yeux et achètent beaucoup trop cher leur matériel militaire, et en échange, une fois à la retraite ils sont embauchés à prix d’or comme « consultant » par les entreprises (privées) de défense.
Si un responsable politique US voulait vraiment lutter contre la corruption c’est très simple, il faut interdire aux généraux à la retraite un emploi dans une entreprise dont ils furent les clients, et surveiller leurs compte bancaire. Mais ils ne le veulent pas, les entreprises du complexe militaro-industrielle font vivre beaucoup de monde et sont liées à quelques médias vous comprenez…
@Galactica. « les entreprises du complexe militaro-industrielle font vivre beaucoup de monde et sont liées à quelques médias vous comprenez… » Elles ne sont pas propriétaires de grands médias, elles…Tandis que par ici..
Objectivement je déteste Trump et sa clique mais force est de constater qu’ils ont raison.
@Nike
C’est à peu près le même discours qu’en France avec les critiques des présidents, un par un, des usines à gaz administratives… pour finalement augmenter ces usines à gaz.
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Il y a bien des solutions pour éviter ça en France, mais personne ne veut entendre en parler, car ce serait mal vu (la seule solution est en fait de virer le personnel administratif. C’est pour ça que c’est mal vu). Du coup, les choses restent comme elles sont.
Et pour le Pentagone, c’est similaire. Si demain, Trump et sa clique sanctionnent les incompétences claires, en virant au passage tous les personnels du Joint programme Office liés de près ou de loin au programme F-35 (qui est le pire exemple de gestion par le Pentagone, au-delà de la qualité de l’appareil), alors peut-être qu’ils iront dans la bonne direction. En attendant, tout ce qu’ils disent est du vent.
Même pas peur, les industriels US vont se rattraper sur les exports, comme pour ceux de l’Europe… ^^
À notre niveau la problématique semble être la même entre l’État, la DGA, les industriels et nos Armées friandes d’objets spécifiques, complexes et coûteux. « Avoir le top » a ses sujétions financières, tout comme les matériels de petite production. La difficulté viendra des habitudes et d’un tissu industriel civil qui est réduit à peau de chagrin.
Objectif de 90% de produits issus du secteur civil ? Alors ils vont devoir acheter chinois là, non ?
La BITD USAméricaine est une machine à produire des dividendes,
accessoirement des moyens militaires utiles.
Les américains ont gravé « In God we trust » sur leur billet de One.
Traduire: « Dollar is our god ».
Tous les présidents, de Wilson à Trump, n’ont eu de dieu que l’argent.
Un seul a osé dire la vérité de ce qu’est l’actuel « maître du monde ».
Et c’est Eisenhower dans son discours de fin de mandat.
Quand je vois qu’un 10RC raid de neuf, part directos en 3ème échelon car il ne fonctionne pas correctement, on peut se poser des questions sur l’utilité de la DGA et de la STAT ! 🙁
… même si ce n’est pas la même tambouille….
Il est temps qu’ils se réveillent… Eisenhower l’avait déjà annoncé il y a plus de 60 ans.