Avec le projet NYX, la British Army va doter ses hélicoptères d’attaque de drones tactiques d’ici 2028

Pour l’Aviation légère de l’armée de Terre, la généralisation des drones de différentes sortes sur la ligne de front en Ukraine ne marque pas forcément la fin de l’hélicoptère de reconnaissance et d’attaque mais le début de la « dronisation de l’aérocombat », un concept qui figure dans ses documents de doctrine depuis une quinzaine d’années.

Dans le dernier numéro de TerreMag, son magazine officiel, l’armée de Terre souligne ainsi que « malgré l’essor des systèmes non habités [les drones, ndlr], les hélicoptères demeurent essentiels à la manœuvre aéroterrestre » pour plusieurs raisons, la principale étant sans doute qu’ils sont en mesure de « fonctionner en mode dégradé » en cas de « fortes perturbations électromagnétiques », ce qui garantit la continuité des opérations.

Cette « dronisation » de l’aérocombat se fera en trois étapes. La première, qui fait déjà l’objet d’expérimentations au sein du 3e Régiment d’hélicoptères de combat [RHC], consistera à utiliser des « engins lancés depuis des aéronefs » [ELA], capables de produire des effets cinétiques [frappes] et non cinétiques [brouillage, ciblage, renseignement].

La seconde visera à déployer des « drones tactiques d’aérocombat » [DTA], qui seront conçus comme des « ailiers fidèles » des hélicoptères et pouvant voler de manière autonome ou semi-autonome, grâce à l’apport de l’intelligence artificielle.

Enfin, la dernière prévoit d’utiliser des drones de l’ALAT en coordination avec ceux des autres armes [ou armées].

La British Army suit quasiment la même feuille de route. En août, elle a organisé des « ateliers » pour prendre le pouls des industriels et se faire une idée précise des solutions possibles pour mettre au point des drones aériens susceptibles d’accompagner ses hélicoptères d’attaque AH-64E Guardian [ou Apache] dans le cadre du programme ACP [Autonomous Collaborative Platform].

Ce dernier vient de franchir une nouvelle étape avec la publication d’un appel d’offres au titre du projet NYX.

La British Army « souhaite développer un drone aérien [UAS] destiné à être intégré à l’hélicoptère d’attaque AH-64E Apache en tant que plateforme collaborative autonome », indique cet appel d’offres, diffusé le 4 novembre.

Plus précisément, les industriels intéressés auront à proposer un démonstrateur de drone pouvant fonctionner de « manière hautement autonome » pour qu’il soit « commandé » par l’équipage d’un AH-64E et non « contrôlé ». Cet appareil devra être en mesure d’évoluer dans des espaces aériens contestés pour réaliser des missions de reconnaissance, de ciblage et de frappe. L’ACP « améliorera la létalité et la capacité de survie de la plateforme pilotée, tout en réduisant son empreinte logistique et ses coûts de maintenance », est-il précisé dans le texte de cet appel d’offres.

Enfin, détail important : ce drone aérien devra être conçu selon une architecture ouverte, afin de pouvoir le faire évoluer au gré des besoins opérationnels.

Cet appel d’offres concerne « uniquement les activités de recherche et de développement ». Ainsi, dans un premier temps, quatre industriels, au maximum, seront retenus. Puis, ce n’est qu’à l’issue de l’évaluation des démonstrateurs qu’ils auront proposés qu’un contrat, d’une valeur totale de 100 millions de livres sterling, sera notifié à l’un d’entre eux, l’objectif pour la British Army étant de disposer d’une solution en 2028.

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5 contributions

  1. guy dit :

    Plus le temps passe, plus je regarde le développement et les possibilités que peuvent offrir le drone, plus je m’interroge sur certains équipements comme l’hélicoptère de combat.

    On est sans doute dans une période ou le pays qui saura prendre le tournant et réinventer conceptuellement une nouvelle méthode de guerre pourra prendre un avantage certain sur ses adversaires.

  2. JEAN-MARC BOURGNEUF dit :

    Actuellement, on découvre l’activité et l’importance des drones , il faut donc essayer tout et son contraire dans des expérimentations afin de déblayer les différentes capacités avant de faire un tri . Ensuite des exercices permettront de savoir si l’on avance dans la bonne direction .

  3. Yvon dit :

    Les retex d’Ukraine attestent que l’usage massif de drones et de missiles de tout type vient bouleverser toutes les stratégies et tactiques autour desquelles la pensée militaire suivait son chemin.
    L’hélicoptère de combat entre dans le champ des incertitudes : sa proximité avec les forces ennemies le rend particulièrement vulnérable alors que son action est concurrencée par les drones.

  4. Lionel Terray dit :

    C’est génial !
    On conserve la mobilité opérative de l’hélicoptère avec la souplesse des drones ,
    Bonne chance aux expérimentateurs !
    On a vraiment besoin qu’ils trouvent des solutions