Le Mirage 2000D RMV sert aussi de banc d’essai pour l’intelligence artificielle de combat

Dans un récent entretien accordé au magazine Air Fan, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger a fait valoir que, malgré son ancienneté, le Mirage 2000D n’avait « pas encore dit son dernier mot ». Et d’expliquer que cet appareil allait être dédié à la lutte antidrone.

Quand il a été porté au standard RMV [Rénovation à Mi-Vie], le Mirage 2000D a reçu de nouvelles capacités, avec la possibilité d’emporter une nacelle canon [uniquement pour faire de l’appui au sol], des missiles air-air MICA IR ou encore la nacelle optronique TALIOS. Mais la principale évolution ne réside pas forcément au niveau de l’armement.

Comme l’ont expliqué les colonels Arnaud Dene et Alexandre Ribot, respectivement commandant adjoint du Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] et directeur technique de l’innovation du CEAM, l’intégration d’un nouveau calculateur « ouvert » a permis de « numériser » cet avion de combat des années 1980/90.

Quand « le Mirage 2000D a été modernisé à mi-vie par Dassault Aviation, l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] a demandé à ce qu’un calculateur soit changé, afin qu’il soit ouvert et capable d’agréger des applications numériques en tout genre. Désormais, le CEAM code des applications qui sont utiles et efficaces pour les engagements actuels et qui le seront pour ceux du futur », a résumé le colonel Ribot, lors du dernier point presse du ministère des Armées.

C’est ainsi que, en lien avec l’Escadron de chasse et d’expérimentation 1/30 « Côte d’Argent », l’Escadron des systèmes d’information opérationnels et de cyberdéfense [ESIOC] du CEAM a développé les applications LION [Logiciel intégré opérationnel de navigation], LIANE [Logiciel intégré d’aide à la navigation embarquée] et SINGE [Système intégré de navigation et de gestion des équipements].

Disposer d’un calculateur « ouvert » à bord du Mirage 2000D RMV offre plusieurs avantages. Le premier est qu’il désormais possible de faire évoluer les applications développées par l’ESIOC afin de les adapter en permanence aux besoins opérationnels. Le second est qu’il permet d’intégrer des algorithmes d’intelligence artificielle [IA]. Ce qui fait que, comme l’a souligné le colonel Ribot, cet appareil servira de « banc d’essai » pour l’AAE dans ce domaine.

Cette affaire de calculateur a engendré une prise de conscience au niveau de l’AAE et pourrait avoir des conséquences pour les industriels à l’avenir. En tout cas, c’est qu’a suggéré le général Bellanger, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 22 octobre dernier.

« Prenez le Mirage 2000D, avion des années 1980 avec un système des années 1990. Pourtant, cet appareil […] est en train de devenir un véritable banc d’expérimentation pour l’intelligence artificielle embarquée au CEAM. Nos aviateurs développeurs nous ont fait prendre conscience de l’immense plus-value qu’offre aux armées un système ouvert, que l’on peut facilement mettre à jour selon nos besoins opérationnels », a dit le CEMAAE.

Pour autant, a-t-il continué, « c’est davantage l’exception que la norme ». Et il faudra donc que ça change.

« A400M, SAMP/T, Rafale F4 : tous ces systèmes sont construits sur des systèmes propriétaires, avec des architectures beaucoup trop fermées. Le sujet, c’est donc d’arriver à ouvrir davantage ces modèles d’architecture pour développer et surtout mettre à jour des systèmes de combat. Pour cela, nous avons besoin de pouvoir accéder librement à la donnée générée par nos systèmes d’armes et de pouvoir implémenter rapidement des évolutions logicielles dans ces systèmes, notamment à base d’intelligence artificielle, en fonction de nos besoins opérationnels », a expliqué le général Bellanger.

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’AAE a modifié sa fiche d’expression des besoins pour le standard F5 du Rafale.

« Les États-Unis ont fait ce travail et modifié la Constitution, de sorte que la donnée générée par les systèmes de défense appartienne à l’État. Les industriels sont tenus de respecter une architecture de référence gouvernementale s’ils veulent répondre aux appels d’offres », a ensuite rappelé le CEMAAE.

Et de conclure : « Je pense qu’il y a là un tournant majeur à prendre : il en va réellement de notre interopérabilité et de notre supériorité aérienne ».

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66 contributions

  1. Fabien Tremm dit :

    Il serait bon d’utiliser le Rafale pour faire avancer l’IA en question.
    Le Mirage 2000D est un avion dépassé pour ce rôle. L’IA dans l’aviation combat a besoin de données, celles des capteurs, celles des réseaux de partage de données, celles de la fusion des données. Et à ce niveau, le Mirage 2000D n’est pas le plus intéressant.

    Et pour cela, il faut prendre le Rafale F4 qui a repris la même architecture que le Gripen E.
    Le Gripen E est le premier avion à complétement séparer l’ordinateur de vol de l’ordinateur de gestion des systèmes d’armes. Cela permet de modifier ce dernier sans remettre en question la sécurité et la qualification de vol, et donc d’adapter rapidement les logiciels sans avoir à refaire toutes les vérifications de sécurité.
    Le B-21, le Rafale F4, le F-47 reprennent cela (et probablement tous les avions de chasse qui vont venir). Donc le Rafale F4 devient pour la France la plateforme la plus avancée et le plus logique pour faire avancer ces technologies. Le Rafale F4 peut enfin guider directement le missile tiré par un autre Rafale. Cela décuple les capacités de travail en réseau. Et avec les drones de combat, ce genre de choses va se faire de plus en plus. Le Rafale F4 devient le banc d’essai IA pour la France le plus intéressant, de très loin.
    Le Mirage 2000 avec son rôle très spécifique, et un partage de données limité ne permettra pas de faire avancer l’IA bien loin.

    • darklinux dit :

      Vous êtes en train de faire penser que les ingénieurs de Dassault/Thales/DGA sont des imbéciles heureux , il va de soi que ces mirages 2000 D RMV ne sont pas aux standards auquel ils sont supposés être , comme , il va de soi que la communication envers le grand public , ne dis pas tout .
      le RF4 , n ‘ ai pas censé être un banc d ‘ essai

      • Je dis, tu dis, elle dit.

        La communication ne dit pas tout.

      • Être et avoir dit :

        Tout à votre argumentation, vous perdez de vue la différence entre les verbes « être » et « avoir ».

        Dans « le RF4 , n ‘ ‘ai’ pas censé être un banc d ‘ essai », le verbe « avoir » est employé fort inconsidérément.
        Dans « le RF4 n’est pas censé être un banc d’essai », le verbe « être » est utilisé très adéquatement.

      • rainbowknight dit :

        Charivari à la DGA , Chiva rit ou pas des suites à venir ?

    • Math dit :

      C’est discutable. Pour les architectures, commencer avec un cas simple, c’est pas mal. Ça peut être mieux de faire une preuve du concept avec très peu de données et de montrer un résultat rapide, la boule de neige se construisant sur ce succès. De toute manière, les ingénieurs ne peuvent pas faire tous les cas d’usage simultanément.

    • mich dit :

      Bonjour , vous avez vraiment lu l’article avant d’enfoncer des portes ouvertes avec votre post ? Maintenant si vous avez le niveau pour faire le conseil au CEAM ……….

    • EchoDelta dit :

      Avant de faire le grand saut, on parle d’avoir un avion banc d’essai, pour valider les boucles de développement des logiciel d’apprentissage (IA), et pour cela le 2000 est amplement suffisant. Avant de s’entrainer sur des données complexes et nombreuses il faut d’abord valider les méthodes d’apprentissage. Si on apprend mal, ca sert à rien d’apprendre…

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour Fabien,
      Début 2026, un Rafale sera livré à l’usage exclusif de la DGA afin d’être transformé en avion Banc d’Essais en Vol à des fins d’essais de développement. en attendant, la DGA travaille sur un Mirage. Rien d’inquiétant pour un développement de systèmes.

    • Mèbiençurh dit :

      Bien sûr. Et les types de l’AAE sont tous des crétins des Alpes (et ceux du CEAM en particulier sont aussi des dégénérés consanguins, les pauvres). C’est évident.
      Heureusement que vous êtes là, quand même.

    • Raphaël dit :

      vous faites exprès de ne rien comprendre ? le 2000 sert de banc d’essai, il est inutile de mobiliser des rafales pour cela: nous n’en avons pas assez, et cramer du potentiel d’heures de vol (moteurs, cellules, etc) pour cela n’est pas intéressant.

  2. Czar dit :

    « « Les États-Unis ont fait ce travail et modifié la Constitution, » je doute que les stazunis aient modifié leur constit pour ça : il doit bien y avoir là-bas un code des marchés publics, le dernier des 27 amendements à la constit uhesse date du début des années 90 et et relatif à des questions de rémunération des membres du congrès

    • vrai_chasseur dit :

      En effet il n’y a pas eu modification de la Constitution US pour cela…
      Cependant l’officier mentionne à juste titre un point essentiel, il y a bien eu une démarche du gouvernement américain (remontant à 2016) pour écrire une loi spécifique (la DFARS, pour Defense Federal Acquisition Regulation Supplement) qui vient compléter la FAR la loi générale sur les marchés publics US, avec des exigences propres à la défense.
      Sur les données numériques cette loi DFARS définit 2 grands principes, « l’usage illimité » par le DoD des données et « l’usage pour raison d’état ». Tout contractant doit se soumettre à l’un ou l’autre de ces 2 principes.
      Si cela octroie de facto la propriété des données au DoD sans le dire explicitement, ce qui est a priori un bien pour la défense, l’officier français oublie de dire qu’il y a aussi un revers à cette médaille aux USA : des tensions et de fortes réticences de la part des contractants vis-à-vis du DoD, particulièrement avec les éditeurs logiciels. Ceux-ci estiment qu’il s’agit d’une appropriation pure et simple de leur propriété intellectuelle, qui constitue leur valeur ajoutée compétitive principale.
      Ce difficile équilibre entre propriété intellectuelle commerciale et exigence de défense est une question de fond, qui dépasse les USA et qui va évidemment se poser en France. Certains contractants américains préfèrent carrément renoncer à répondre à des appels d’offres du DoD, le laissant sans solution « de pointe » sur certains projets.

      • Math dit :

        Oui, mais quelle est l’alternative? Continuer à privatiser la defense en ces temps de tension semble se faire au détriment de la sécurité collective. Si les états laissent faire, ils vont continuer à subventionner la rente. Il est probable que le balancier aille dans l’autre sens, vers une nationalisation partielle des activités avec recréation d’arsenaux. Sans budget, les grands acteurs de la défense verront leurs meilleurs talents rejoindre les arsenaux. Ceux-ci auront alors les talents et l’IP et délégueront ou privatiseront des droits à mesure que de nouveaux sujets seront sur la table. Ça a très bien marché ainsi pour la France…

      • Roland DESPARTE dit :

        Bonjour vrai_chasseur,
        C’est pas faux, c’est même très juste, mais j’espère que nous saurons garder raison.

      • PK dit :

        « es tensions et de fortes réticences de la part des contractants vis-à-vis du DoD, particulièrement avec les éditeurs logiciels. Ceux-ci estiment qu’il s’agit d’une appropriation pure et simple de leur propriété intellectuelle, qui constitue leur valeur ajoutée compétitive principale. »

        Parce que c’est une vision simpliste et américaine du logiciel, seul pays au monde où l’on peut déposer un algorithme logiciel, ce qui est une aberration.

        La règle normale du logiciel devrait être celui des « sources ouvertes » , a minima, pour s’assurer que le code n’introduit pas de malveillance. L’idéal serait l’Open Source (au sens de l’OSI), ce qui assure de ne pas avoir à réinventer la roue systématiquement.

        Dans le cas particulier de la défense, le minimum serait, de toute façon, de livrer :

        – les sources
        – la chaine de compilation, ainsi que la source de la chaîne de compilation (en particulier le compilateur) (Kernighan, le créateur du langage C s’était amusé à introduire un virus via le compilateur sur un programme propre, en bidouillant le compilateur).

        Mais bon, on nage de l’ubuesque, la plupart des intervenants n’ont aucune notion de ces trucs-là et du rôle capital que cela joue. Le seul fait que l’armée utilise des trucs comme Windows en dit long sur l’incompétence générale.

        Mais là, on dirait qu’un ou deux gradés a aperçu la lumière, en se rendant qu’un truc opératif et coopératif, c’est vachement bien, car on peut se l’approprier. C’est déjà un bon début.

      • Pirlouis dit :

        Votre apport est très intéressant. Je doute quant à moi que les entreprises américaines ou autres boudent longtemps et s’abstiennent de répondre aux appels d’offre. Je pense que c’est un moyen de pression pour protéger leurs droits. Quel que soit l’état demandeur, ce dernier se doit de définir une architecture commune pour des systèmes d’arme sensés communiquer entre eux. Cela impose forcément une structure régalienne afin d’éviter l’hyper complexité résultant des multiples standards propriétaires. En marketing on aurait définit cela comme un passage du B2B en B2C

        • S&C dit :

          On peut considérer des systèmes d’armes comme étant sensés ou insensés, mais pour parler de ce qu’ils sont supposés faire, on écrira qu’ils sont censés communiquer entre eux.

          Censé : supposé.
          Sensé : rationnel.

      • Philippe dit :

        @vrai_chasseur. Ce sont souvent de petits contractants et éditeurs de logiciels qui sont concernés aux US.. Et le problème ne vient souvent pas de leur propriété intellectuelle, mais bien au contraire des conditions d’accès/sécurité que le DoD impose pour entrer dans des programmes sensibles. Ces petits contractant n’ont pas les structures/infrastructures répondant aux critères de sécurité exigés par le DoD. Le débat porte plutôt aujourd’hui sur la manière d’adapter ces critères afin de donner accès à de petites entreprises dans des programmes sensibles.. Le domaine spatial aux US en est le parfait exemple… Beaucoup voudraient y entrer mais sont bloqués par les exigences de sécurité du DoD. Les débats parlementaires des comités aux forces armées US de la Chambre et du sénat en font largement mention.. Les grands groupes de défense US, qui ont eux les moyens de mettre en place ces structures, ne sont évidemment pas pressés pour que ces conditions changent…

  3. Philippe dit :

    « Rafale F4 : tous ces systèmes sont construits sur des systèmes propriétaires, avec des architectures beaucoup trop fermées. » Meu non, puisqu’on vous explique ici en long et en large que c’est une singularité du F-35 et que le Rafale est le garant , lui , de la Souveraineté des données des Etats qui en achètent… Ce ne peut être que de la médisance…

    • GotoRaptor dit :

      Dassault est français, Lockheed est américain, Concept simple mais qui vous échappe apparemment.

      Le jour où la France veut prendre contrôle de Dassault si il y a un pépin elle pourra le faire. Essaye de faire la même chose avec Lockheed, good luck kid. Dassault est pas un enemi potentiel, ils ont les données et s’en servent pour développer leurs avions, rien de plus.

      Bref votre comparaison ridiculement bancale ne fait qu’établir le fait que vous êtes ignorant et juste là pour cracher.

      • Philippe dit :

        @GotoRaptor. « Le jour où la France veut prendre contrôle de Dassault si il y a un pépin elle pourra le faire. Essaye de faire la même chose avec Lockheed, good luck kid. Dassault est pas un ennemi potentiel, ils ont les données et s’en servent pour développer leurs avions, rien de plus. » Le jour où il y a un pépin..une guerre?? Vous croyez que dans un tel cas de figure Lockheed, aussi puissant soit-il va pouvoir s’opposer au gouvernement US?? C’est vous le kid.. D’ailleurs, et pour ne parler que du F-35.. Lockheed a fait quoi que ce soit pour s’opposer au passage d’ALIS (qu’elle contrôlait intégralement) à ODIN qui est totalement propriété du DoD (DoW) ?? Rien, elle n’a rien fait… De ce fait, les administrateurs de LM disparaissent des bases US..et toutes les données sont maintenant collectées par ODIN, y compris les données sensibles spécifiques et destinées à LM. De même aujourd’hui, avec l’apparition du TR3, base du Block 4, on arrive à un système d’architecture ouverte où le DoD arrive maintenant à faire intervenir des contractants extérieurs.. Ils l’ont fait avec les premiers prototypes de TR3 livrés, ainsi que dans le cadre de la modernisation des F-22 actuelles…Tout ce négocie.. Bien sûr, c’est dès le début du programme que le DoD aurait dû s’imposer, mais on ne va pas refaire la longue histoire du programme. Et ne l’oublions pas, on est aujourd’hui en temps de paix pas en temps de guerre. On a déjà vu par le passé, guerre du Golfe en 1991 par ex., à quelle vitesse des développements qui prendraient des années en temps normal, peuvent être accélérés en quelques semaines/mois en cas de nécessité. Tout « simplement » en simplifiant des procédures de test et d’acceptation d’une folle complexité en temps normal. En cas de pépin, comme vous dites, LM fera le nécessaire avec le DoD.. car cela sera dans son intérêt.

        • GotoRaptor dit :

          > » Le jour où il y a un pépin..une guerre?? Vous croyez que dans un tel cas de figure Lockheed, aussi puissant soit-il va pouvoir s’opposer au gouvernement US??

          Vous ne comprenez pas, le problème du F35 ce sont les données des client Européens qui vont aux US, on s’en bat les *******s du reste.

          • Philippe dit :

            @GotoRaptor. « Vous ne comprenez pas, le problème du F35 ce sont les données des client Européens qui vont aux US ». Faux, tous les clients du F-35 mettent en place des parfeux/filtres qui leurs permettent de conserver pour eux seuls les données sensibles relatives à l’exploitation de leurs appareils…

        • Actualité brûlante dit :

          « La modernisation des F-22 actuelles… »

          La modernisation actuelle.
          Des F-22 actuels.

      • Yeux de biche dit :

        S’il y a.

      • NN dit :

        Un ennemi.

  4. Prof de physique en un peu geek dit :

    J’en conclu qu’il ne faut pas utiliser Windows sur nos systèmes.
    Mais ça, on le savait déjà.

    Sinon, expérience intéressante.

    • david dit :

      Ah, il faudrait en toucher un mot à la DGA.

    • Castel dit :

      Puisque vous abordez le sujet, j’en profite pour signaler que j’utilise en alternance avec Windows, le système d’exploitation de Google, à savoir l’OS « Chrome ». sur un Chromebook.
      Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas de la version PC d’Android, mais dérivé d’un linux déjà existant, à savoir « Gentoo ».
      Bien sûr, les deux systèmes sont compatibles, et il me semblerait intéressant que les militaires s’y intéresse, car il est possible que ce système d’exploitation soit plus sécurisé que Windows.
      Bien sûr, d’un autre côté, on ne peut faire entièrement confiance à Google, mais il me semble que cela vaut la peine d’essayer….

    • Introduction, développement, conclusion dit :

      J’en conclus, tu en conclus, il en conclut.

      J’en ai conclu, tu en as conclu, il en a conclu.

  5. P4 dit :

    Le fait que l’AAE ait modifié la fiche d’expression de besoin du standard F5 du Rafale avec une architecture ouverte et des données propriétés de l’utilisateur et non des industriels impliquera certainement un nouveau point de blocage ou tout du moins de vives négociations vis à vis d’Airbus et des états partenaires du SCAF.

    • Math dit :

      En même temps, le réseau de combat est une composante du combat. Tous les noeuds réseaux doivent pouvoir être mis à jours par les militaires. Dassault ou Thales peuvent avoir accès à des données, ou pas d’ailleurs. Ceux qui opèrent le réseaux de combat sont bien des militaires. Il est donc parfaitement logique que ce soit l’armée qui ai la propriété des données. C’est la base pour pouvoir passer des commandes ou des demandes d’évolutions. Sinon, ce serait l’industrie qui fournirait le devis, le montant du bon de commande et qui répondrait au besoin -> absurde, intenable et illogique. Le bazard du F35 montre très bien à quoi peut mener la confusion des rôles. Oui, l’armée a besoin de grosses « tronches » et la DGA aussi, pas seulement l’industrie. Plutôt bon à savoir.

    • EchoDelta dit :

      Cela ne va pas changer grand chose dans les négos avec Airbus, en revanche cela permettra de mettre en place une vraie architecture plug and play avant l’heure qui risque de devenir tout bonnement le standard du SCAF, puisque Airbus a décidé de ne pas avancer sur le sujet. Donc au mieux cela mettra la pression sur Airbus pour qu’il puisse débloquer la situation et laisser Dassault travailler comme cela était prévu à l’origine.

  6. Math dit :

    Cette vague de modernisation est arrivée il y a 10 ans avec l’ITSM et le SIEM pour tous nos PC. C’est vrai que l’appliquer aux avions de combat ne semble pas spécialement simple, vu qu’une bonne partie des accélérateurs logiciels ne répondent probablement pas aux contraintes de souveraineté. Mais ça donne quand même plus l’impression d’un rattrapage par les militaires des architectures civiles qu’une percée fondamentale. Après, une salle serveur se déplace rarement à Mach 2…

  7. Senpre en Davant dit :

    On s’éloigne de la casio fx82…

    D’une manière troublante la remise en cause du droit de propriété et du droit d’un auteur sur son oeuvre sont,Vishnou me pardonne, les n-ième avatars d’une tendance qui se généralise à tous les aspects de la vie.

    On pourrait commencer par la nécessaire « architecture de référence gouvernementale » c’est tout à la foi nécessaire et absurde. Le gouvernement sait bien que les ponts sont fait de pierre donc la Tour Eiffel n’existe pas. Un problème pour l’innovation.

    En revanche celui qui a acheté un arbre doit-il demander la permission d’en consommer les fruits ?
    Les ventes se transforment en rente éternelle mais sans la contrepartie d’une garantie. Je vous l’ai définitivement vendu mais vous devez éternellement me payer si vous voulez en faire usage… Donner et retenir ne vaut surtout quand ce n’est pas gratuit.

    Au bout du compte le problème est celui du refus des classes de niveau et de la sélection. Il faudrait un nombre considérables de bons esprits bien formés pour en avoir assez dans LES industries, dans LES armées, dans LES sciences fondamentales etc.

    Au lieu de cela nous avons des systèmes de cooptations qui sont le frein principal au progrès : On ne coopte jamais ce qui vous dépasse… Comme Philippe Morillon le rappel dans Paroles de soldat : lettres à un jeune officier.

  8. farragut dit :

    « Architecture ouverte », c’est surtout la stratégie de l’Avionique Modulaire lancée par les USA lors de la conception des calculateurs du F-22 dans les années 90 (au siècle dernier, avec Ada !).
    Au lieu de répartir les risques industriels en sous-traitant les fonctions opérationnelles aux partenaires compétents (architecture distribuée, une fonction, un boitier, un développement logiciel avec le langage du cru -LTR2 par exemple- compris par le développeur local, et intégration via une norme d’échange sur un bus numérique -Temps Réel déterministe, donc pas Ethernet- unique), on oblige les partenaires concepteurs de ces fonctions, et les développeurs de logiciels à intégrer tous leurs logiciels sur un (ou plusieurs) calculateur(s) modulaire(s), charge à l’avionneur de changer de (c’est à dire, ajouter un) métier et à devenir spécificateur de système d’exploitation distribué « normalisé » unique.
    Ce type de stratégie heurte de front les indépendances de chaque équipementier, et augmente aussi les risques de dérives de coûts et de délais dus à la « normalisation » du langage (genre french Ada pour le F-22) et des environnements de développement de logiciel.
    Il faut une DGA « forte » pour prendre le risque d’imposer cette stratégie aux sociétés impliquées (et aider à la normalisation), mais le gain est la meilleure intégration des évolutions de fonctions et des logiciels associés.
    Autant tester cette stratégie avec un programme « ancien », mais avec une cellule robuste telle que celle du Mirage 2000D. C’est ce qui était « prévu » initialement avec l’initiative « Copilote électronique », en 1990…
    Mais il est compréhensible qu’il faille remplacer les termes par quelque chose de plus « moderne » ou « start-up nation »-al, avec « IA » intégrée (au moins dans le nom du programme).
    Pour ce qui est de l’architecture « ouverte », cela peut marcher en environnement européen avec les Suédois de SAAB (pour le nEUROn), mais peut-être un peu moins avec nos « partenaires-mais-néanmoins-ennemis » allemands sur le NGF ou sur le SCAF…
    A moins d’adopter les normes DIN ! 😉

    • jean luc dit :

      SAAB ne travailleras pas avec Dassault , qui veut tout et rien partager , avec la crise politique ,la crise financière qui pointe son nez , je sait oú va la France ? droit dans le mur , dans 2 ans au plus tard , un président RN ou ultra gauche des pro poutine

      • Math dit :

        Spéculation sur l’orientation politique du RN et de LFI. Vous n’en savez rien.

      • Relisez-vous SVP dit :

        SAAB ne travaillerA pas.
        Et NE rien partager.
        Je saiS oÙ va.
        Des pro-Poutine.

    • EchoDelta dit :

      Une architecture ouverte c’est d’abord des bus de donnés ou les composants se connectent en mode plug and play : je suis pas la, la fonction n’est pas assurée mais cela ne perturbe pas l’avion, je suis là : j’apporte ma contribution et c’est un plus pour l’avion. Ça permet en outre de fonctionner bien mieux en mode dégradé.
      ADA était une bonne idée du 20e siècle mais aujourd’hui plus du tout adapté aux capacité de calcul actuelle qui ne nécessite une couche d’abstraction toujours plus haute.

    • Bring dit :

      Les entreprises voulait faire 30%/Dassault- 30%/Airbus sauf que comme Airbus sont en Allemagne et en Espagne sa reste la même entreprise donc 60%/pour Airbus donc pas équitable, SCAF est un pale copie des USA NGAD, neuron une copie de X47, pas plus, reste des questions, la mise au point n’est pas si simple pour les copieurs,

  9. Robmac dit :

    Il faut de l’intelligence pour s’entretuer et détruire ?
    Et pour rechercher la paix, éduquer et assurer le développement il faut être stupide ?

    • Math dit :

      Parles-en à tes copines. L’angle d’attaque est différent mais ton but reste le même.

    • Czar dit :

      quelle paix, quel pet, roboratif morbac ? la paix d’allah-le-miséricordieux-sauf-pour-les-micriônts ? La pax americana ? la paix robespierriste des frères la truelle ? la paix transhumaniste des émules siliconvalleysiens du professeur voronoff ? le problème des imbéciles de ta trempe – outre le pognon de dingue qu’aura coûté à la Nation ton droizaki à déblatérer de confortables fadaises sucrées, c’est que tu n’es pas assez intelligent pour envisager après pourtant une vie entière que derrière les concepts creux que tu lances à la face du monde comme des vérités premières et éternelles, « pet divlôpmônt, iducôtiôn universelle » chaque groupe constitué, sinon chaque individu, porte sa définition très précise et très exclusive de ce que doit être l’ordre du monde. Alors, pour éviter que des groupes par trop allogènes nous exportent la leur, il existe ce petit truc appelé « armée » ou « monopole légal de la violence » que tu fais profession ici de répugner de tout ton être floral, sommet d’ évolution et probablement pré-bouddhique, mais autour duquel tu ne cesses de tourner, comme une pucelle qui attend de se faire exploser la pastille.

    • mich dit :

      « Il faut de l’intelligence pour s’entretuer et détruire ? » , non il suffit d ‘être humain , militaire ou non ! il faut voir le bon coté des choses @raymond75 sans certains de nos cotés sombres nous serions encore des primates parmi les autres !

  10. hdo dit :

    Mirage 2000 D RMV dédié à la lutte antidrone: on suppose avec des roquettes 70 mm guidées par l’avion ? pas au canon apparemment.

    Au sujet du nouveau « calculateur » ouvert proposé avec la RMV:
    « Les détails techniques complets du calculateur (marque, architecture, processeur, etc) ne sont pas tous publiquement diffusés, pour des raisons de sécurité / classification. »
    Mais on peut supposer qu’il a été conçu de façon modulaire et avec des standards du jour. ce qui permet au CEAM des Landes de s’éclater en développant de nouveaux logiciels comme mentionné (navigation), ce qui suppose des interfaces avec les équipements anciens ou récents, ce qui permet de récupérer les fameuses « données » si précieuses à l’IA. j’aimerais bien savoir si ces données peuvent provenir du vieux radar RDI par ex.

    Question: le Mirage 2000D est un bombardier avec bombes guidées 12km de rayon d’action
    quelqu’un sait pourquoi les bombes planantes 70km AASM ne sont pas au programme? bizarre que UKr l’ait fait aisément sur SUKOI

    • hdo dit :

      vieux radar Antilope V pour suivi de terrain et intrusion en dessous des radars 200pieds 60m 600nds 1100kmh comme sur le 2000 N dont le2000 D est dérivé

  11. JEAN-MARC BOURGNEUF dit :

    La question est de savoir si des appareils adaptés à la lutte anti drone ne pourrait pas être des appareils appartenant au cursus d’un pilote de chasse . Après tout des « apprentis pilotes » pourraient démontrer par ce biais leurs capacités , et s’ils ne répondent pas à certains standards ou problématiques, pourquoi ne pas les cantonner à ce type de tâches par ailleurs bien utiles !

  12. Romain Koudlanski dit :

    Le Mirage 2000D est une plate-forme qui à largement prouvée sa valeur, il peut aussi servir de banc d’essai ,pour des technologies qui seront utiles à nos forces armées dans le futur .

  13. Bref dit :

    Ils ont installé ChatGPT (Copilot) aux Windows qui équipe ces Mirages 2000 ?

  14. Lothringer dit :

    Je constate qu’un M2K peut servir de banc d’essai pour de l’IA de combat.
    Mais qu’en même temps on nous rabâche , d’articles en articles gravitant autour du SCAF et/ou du NGF , que les futurs avions auront besoin de beaucoup plus d’énergie en raison de l’IA.
    Et qu’en même temps des entreprises (pas forcement françaises, malheureusement) développent des composants électroniques ultra-basse-consommation dédiés spécifiquement à l’IA.
    Cherchez l’intrus.
    Un objet rare est cher. Un cheval bon marché est rare. Donc un cheval bon marché est cher.

    Y aurait pas comme un gros foutage de gueule dans cet environnement ?