Grâce à l’IA, les analystes en guerre acoustique de la Marine ont multiplié leur « production » par 50

En mars 2024, au moment de l’annonce de la création de l’Agence ministérielle de l’intelligence artificielle de Défense [AMIAD], Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait évoqué les essais « bouleversants » d’une « solution d’analyse de l’acoustique sous-marine » encore en développement.
L’un des aspects de la lutte anti-sous-marine est de pouvoir collecter, en toute discrétion, puis d’analyser les sons émis par les systèmes de propulsion des navires. Et cela afin de constituer une base de données qui permettra ensuite de les identifier à coup sûr et même de déterminer leur position et leur vitesse de navigation. L’objectif est de pouvoir élaborer, le cas échéant, une manÅ“uvre tactique pour les prendre en chasse ou pour s’en éloigner.
Au sein de la Marine nationale, cette mission est assurée par les analystes en guerre acoustique [ANAGA, encore appelés « oreilles d’or »] affectés au Centre d’interprétation et de reconnaissance acoustique [CIRA] ou à bord des sous-marins.
Cela étant, collecter la signature acoustique des navires devient une tâche de plus en plus compliquée car le trafic maritime ne cesse d’augmenter tandis que les capteurs sont à la fois plus nombreux et plus performants. Aussi, le volume de données à analyser s’accroît en conséquence. D’où l’idée de recourir à l’intelligence artificielle.
Pour cela, la Marine nationale s’est rapprochée de Safran.AI [ex-Preligens] pour mettre au point la solution évoquée par M. Lecornu. Visiblement, les travaux ont été rapidement menés car, selon l’amiral Nicolas Vaujour, son chef d’état-major [CEMM], le CIRA est la première unité à avoir « basculé complètement dans l’intelligence artificielle ».
« On fait des choses que personne ne fait. On a demandé à une start-up de nous aider et de faire basculer complètement le CIRA dans l’intelligence artificielle. On a gardé les marins [les « oreilles d’or »] et on a multiplié, grosso modo, entre 40 et 50 la production de cette unité par rapport à ce qu’on faisait avant », a expliqué l’amiral Vaujour, lors d’une récente audition à l’Assemblée nationale.
« On n’a pas enlevé le bon vieux marin ‘oreilles d’or’, qui est capable d’analyser des sons bien mieux qu’un algorithme codé en Python, qui ne le fera probablement jamais. En revanche, tout ce qui est simple à faire, l’algorithme va le faire. Cela évite aux marins de s’embêter pendant des heures sur des trucs qui n’ont pas d’intérêt », a poursuivi le CEMM.
Et d’insister : Les ANAGA « sont les seuls à être capables de dire si un sous-marin est en train d’ouvrir un sas ou de démarrer un nouveau [moteur] diesel. Ça, il n’y a que l’homme qui sait le faire aujourd’hui ».
Comme l’avait expliqué la Marine nationale en mai 2024, la solution d’intelligence artificielle mise au point avec Safran.AI, était déjà en mesure, à l’époque, d’identifier le système propulsif d’un bateau et le nombre de pales d’une hélice. En outre, plus le volume des données collectées sera important, plus elle gagnera en efficacité et en fiabilité. Mais cela suppose de disposer d’une puissance de calcul ad hoc et d’augmenter les capacités de stockage de l’information.





Un pas supplémentaire très significatif sera franchi avec l’arrivée, sans doute plus proche qu’envisagée il y a peu de temps, des capteurs et ordinateurs quantiques. C’est un domaine où il est impératif d’investir .
Alice & Bob…
On ne sait même pas si cette technologie est réalisable.
Quand on insiste sur le fait que l’humain reste toujours en place, c’est qu’on est sur la voie de son remplacement.
Comme en industrie quand les premiers robots sont arrivés, ce n’était que pour assister les travailleurs, puis les hommes ont finis par aider les robots et de plus en plus de robots vont aider d’autres robots…
@alors
Exact. A l’heure actuelle, l’IA c’est comme un enfant de 6 ans… qui gagnerait chaque mois l’équivalent cognitif d’une année d’existence humaine. L’humain sera très rapidement rattrapé, puis dépassé dans de très nombreux domaines. Tout est affaire de performance des modèles, et surtout d’entraînement de l’IA (un peu comme la formation pour les humains : il faut un bon prof, et de bons supports d’apprentissage…).
Pour en revenir à la Marine, une IA performante et correctement entraînée, sur des bases de données suffisamment vastes et pertinentes (banque de signatures acoustiques), va reconnaître sans coup férir un son parmi les milliards déjà « entendus » et stockés dans sa mémoire (il s’agit d’ailleurs d’une tâche de comparaison déjà réalisable par de « simples » algorithmes : parler d’IA à ce niveau est sans doute abusif). Mais encore plus fort, et ce sera probablement sa principale valeur ajoutée : l’IA sera également capable de « deviner », par calcul et recoupement des hypothèses les plus probables, l’origine d’un son qu’elle entendrait pour la première fois. N’en déplaise à nos « Oreilles d’or », leurs jours sont peut être comptés… plus précisément, leur métier ne va sans doute pas disparaître, mais il va sensiblement évoluer : ils seront d’abord à court ou moyen terme placés dans un rôle de superviseur/vérificateur des données collectées et pré-analysées par l’IA, puis affectés à un rôle d’instructeur/maître d’école au profit du modèle d’IA, qui devra en permanence être alimenté en données et entraîné pour gagner en performance.
Cette IA de guerre acoustique sera de toute façon indispensable pour le combat sous-marin et la lutte ASM au XXIème siècle. Il faudra en effet se mettre en capacité de pouvoir écouter SIMULTANEMENT en temps réel plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de capteurs (bouées acoustiques, drones UUV, planeurs sous marins, sonars, etc…) répartis sur de gigantesques zones océaniques : une tâche titanesque, hors de portée des capacités humaines.
non il y auras toujours des oreille d’or , l’IA seras lá pour soulager nos marins , elle pourras isoler un bruit particuliers parmi 100 000 autres . nos oreilles entende pas toutes les fréquence de son , l IA le feras
Oui, l océan poubelle de drones, les airs poubelles de drones, l’espace poubelles de satellites et de drones, la terre détruite, polluée et poubelle de drones…Il n’y a qu’à voir à quoi ressemble les territoires dévastés de l’Ukraine occupée.
Pas réjouissant pour nos enfants, ça fait tout de même un peu Terminator cet horizon..
Voilà , c’était le moment « optimisme matinal – fraicheur du matin ».
Voir à quoi ressemblent les territoires.
Le soucis c’est que maintenant, on colle « IA » partout tout le temps dès qu’il s’agit de la moindre évolution d’automatisation de l’information.
Avant on parlait d’algorythme adaptatif; de l’informatique quoi…
Votre description des automatisme pour la classification acoustique est bel bien bonne, mais vous oubliez que pour que l’humain puisse enseigner à l’ordinateur ou le corriger, il faut qu’il soit au moins aussi bon, et plus certainement bien meilleur.
Je ne doute pas de la capacité des (bons) ingénieurs informaticiens à savoir synthétiser le savoir et le savoir faire des acousticiens et des officiers tacticiens, ce qui devrait conduire à des solutions confortables et performantes pour la classification, mais souvenez vous que seul l’humain sait innover, la machine ne fait que reproduire (rapidement) ce qu’on lui a appris à faire.
Petite remarque :
Les tâches décrites en fin d’article comme être capable d’indiquer le type de propulsion, le nombre de pales d’hélice et leur vitesse de rotation, sont des tâches élémentaires dont la maîtrise est absolument nécessaire pour le brevet de détecteur acoustique : C’est la base du job !
@Ji Louis
« seul l’humain sait innover, la machine ne fait que reproduire (rapidement) ce qu’on lui a appris à faire »
C’est à la fois vrai et faux. L’IA générative propose souvent des résultats bluffants, en assemblant, analysant, et restituant des données issues de bases de données gigantesques. Si bien que cela « ressemble » réellement à une création originale…
Cependant, vous avez bien raison sur le fait que la plupart des modèles d’IA reposent sur des données et des règles préexistantes. Les concepts de « transgression » et de « pensées non conventionnelles » sont en principe exclus par les développeurs informatiques. Ce dont l’esprit humain s’affranchit volontiers, ce qui fait (encore) sa force…
On peut donc imaginer qu’il soit possible de « piéger » une IA de plusieurs façons. C’est notamment possible en amont, en s’efforçant de « véroler » (en qualité et/ou en quantité) les données qu’elle va ingurgiter, pour l’amener, le jour venu, à présenter des analyses erronées face à une situation donnée. On joue alors sur le fait que l’adversaire fera une confiance aveugle et absolue à son modèle d’IA…
Exemple appliqué à l’objet de l’article : diffuser volontairement de fausses signatures acoustiques, appartenant à de vrais navires, par différents canaux (« fuite » opportune sur internet de banques de signatures acoustiques, diffusion volontaire de signaux acoustiques par des bruiteurs ou des navires afin qu’ils soient captés et enregistrés par l’ennemi, etc…). Il serait par exemple possible de persuader l’ennemi qu’un inoffensif drone sous-marin est un SNA en plongée (ou l’inverse…) pour l’amener à faire de mauvais choix tactiques.
Mais attention, l’IA pourrait également apprendre à détecter et déjouer la ruse humaine (elle a aussi lu Sun Tzu, connait par cÅ“ur tous les traités de stratégie militaire dans toutes les langues, maîtrise le jeu d’échec… et pire que tout, connaît ses propres points faibles !). Elle pourrait donc aussi apprendre à manier la ruse et la tromperie si son modèle le permet, et si elle a été entraînée pour cela…
Au XXIe siècle.
« Quand on insiste sur le fait que l’humain reste toujours en place, c’est qu’on est sur la voie de son remplacement. » oui et non : on saurait faire décoller et atterrir les avions de ligne automatiquement depuis un moment, mais on conserve les pilote car aucun passager n’accepterait de prendre l’avion sinon. l’homme est là conservé pour la plus-value limitée qu’il apporte à certains aspects (d’où l’exemple du sas), mais qui peut faire la différence en combat. au xviii ème siècle, l’armée française avait des éclaireurs hurons pour renifler les pistes et traquer l’anglois. on fait sans depuis et on n’est pas moins performant la transition peut en l’occurrence durer toute une vie pro d’un de ces spécialistes. jouer les luddites ace au progrès technique n’a aucun sens. en revanche j’estime qu’il faut un conservatoire de ces techniques pour qu’on puisse les réutiliser en cas de mode dégradé ou de besoin particulier. on a pu voir lors des débuts de serval qu’un savoir des anciens « africains » n’avait pas forcément été conservé et qu’il a fallu retrouver pour agir efficacement sur place. je pense que ce conservatoire est encore un angle mort dans les armées.
Les hommes ont fini.
Production +50% = France travail +50%
idiot, c’est juste être plus efficace. D’ailleurs France Travail devrait s’ en inspirer
@wololo
« Si un problème n’a pas de solution (chômage en augmentation), c’est que c’est la réponse à des besoins cachés (faire baisser le « coût du travail ») ».
Quant à la reconnaissance de sons sous-marins, c’est l »équivalent de la comparaison d’empreintes digitales…
Il me sembke que quand le FBI avait reçu sa première machine (SAGEM il me semble) à comparer les empreintes , il avait résolu immédiatement plusieurs « cold cases ».
https://www.usinenouvelle.com/article/morpho-un-francais-infiltre-au-fbi.N258488
https://www.developpez.net/forums/i1794065/club-professionnels-informatique/actualites/logiciel-utilise-fbi-lanalyse-empreintes-digitales-contiendrait-code-fabrique-russie/
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Est-ce qu’à l’époque c’était de l’IA ? Non, simplement de « la reconnaissance de motifs »…
L’avantage de la technologie d’aujourd’hui, c’est qu’avec le « Big Data », on sait déployer les calculs sur plusieurs machines ou puces multi-coeurs, ce qui accélère grandement cette comparaison.
Il y a 50 ans, on appelait les architectures dédiées à la parallélisation des recherches des « machines bases de données ».
Juste une question de marketing, et de jargon de publicitaires à la mode.
Ce sont les algorithmes de parallélisation des boucles (mais appliquées massivement au Big Data) qui permettent d’accélérer cette comparaison. Donc de la « Computer Science », pas de l’intelligence extra-terrestre… 😉
@wololo. France suffit…
On colle IA à toutes les sauces en oubliant de préciser qu’il s’agit la plupart de la simple utilisation de l’informatique dans ce qu’elle sait faire de plus basique.
« qu’il s’agit la plupart  » quand il ne remplit pas les rayons de son lidl, staurme peut vous régaler d’avis très affûtés sur l’intelligence artificielle que les gonzes qui bossent dedans depuis toujours pour 200 k$/mois n’ont, eux, pas envisagés. Le tout dans une langue qui vous rappelle qu’il en est peut-être une lui-même, d’intelligence artificielle.
 » Le tout dans une langue qui vous rappelle qu’il en est peut-être une lui-même, d’intelligence artificielle. », dit le commentateur pressé qui oublie systématiquement de ponctuer ses élucubrations, ce qui donne des pavés passablement incompréhensibles tels que  » on fait sans depuis et on n’est pas moins performant la transition peut en l’occurrence durer toute une vie pro d’un de ces spécialistes. jouer les luddites ace au progrès technique n’a aucun sens. ».
Dis moi comique, t’as pas l’impression qu’il manque quelque chose entre « performant » et « la transition »? Et utiliser un mot tel que luddite histoire d’étaler ta culture à la face du monde ne change rien au fait qu’avec toi c’est toujours faites ce que je dis, pas ce que je fais!
Pour ce qui est de ton  » on saurait faire décoller et atterrir les avions de ligne automatiquement depuis un moment… », tu aurais du écrire « on sait », parce que depuis 2019 grâce à Airbus on sait faire. Sauf que les constructeurs aéronautiques n’ont pas encore jugé pertinent d’installer le système en série sur les avions de lignes. Le Rafale F5 le fera sur le PANG.
Maintenant soutenir que  » l’homme est là conservé pour la plus-value limitée qu’il apporte à certains aspects (d’où l’exemple du sas) » est d’une connerie sans nom. Va raconter ça à un pilote de ligne, je pense que tus seras bien reçu. A moins que tu arrives à expliquer, aéronautiquement parlant, ce que tu veux dire avec ton « sas ». Ce qui, à tes yeux, à l’air d’avoir une importance capitale. Mais bon, vu que tes claviers semblent perdre lettres et signes au fil de tes fulgurances, ce sera peut-être difficile.
Pour conclure sur la Constitution et ta dernière saillie en date, je constate une fois de plus qu’il est inutile d’essayer d’avoir une conversation sérieuse et constructive sur un sujet sérieux avec un prétentieux suffisant tel que toi. Bref, discuter avec toi, c’est comme essayer de jouer aux échecs avec un pigeon. Tu as beau être très fort aux échecs, il arrive, renverse les pièces, chie sur l’échiquier et s’en va avec l’air supérieur comme s’il avait gagné. Tu en es un beau de pigeon mon Czaza!
et vu que tu consacres à ma trop modeste personne 100% de ta prod (c’était 85% quand daniel besson condescendait à te sortir), j’en déduis que pour les columbidae, la saison du rut bat à plein. Rrrrrr… Rrrrrrr…
@Rrrrrr… Rrrrrrr… ben, étant donné que ta suffisance, qui est loin d’être modeste, et Dan Besson la science de Moscou êtes les deux plus grands pourvoyeurs de conneries et d’insultes de cette rubrique, c’est faire Å“uvre de salubrité publique que de vous renvoyer dans vos 22.
Le problème de l’IA c’est que lorsqu’il n’y a pas assez de donnée elle se met à fabuler. Donc il faudra toujours quelqu’un pour analyser les nouveaux sons et expliquer à l’IA ce que c’est.
@Pico
Mais on peut compter sur la police (et sur la gendarmerie) pour se contenter des erreurs du logiciel, du moment qu’elle a un « coupable » à arrêter, et faire +1 sur les enquêtes « résolues »…
Que la justice enchaine ensuite sur des peines exorbitantes, c’est le lot actuel de nos systèmes dit « régaliens ».
https://www.franceinfo.fr/sciences/high-tech/enquete-idemia-la-face-cachee-de-la-societe-qui-fabrique-notre-carte-vitale_6117885.html
On n’ose imaginer ce qu’il adviendra lorsque le cycle « détection-reconnaissance-décision-tir de la torpille » se fera de façon automatique…
Personne ne prétend le contraire.
Il faut d’abord des données et un modèle de données pour faire une IA (on parle d’« entrainer » l’IA).
Après, cela reste des moyennes. Quand on est dans les moyennes, les résultats sont extraordinaires. Quand on n’y est pas, ils sont nuls.
@Pico
C’est tout l’enjeu de l’évolution des modèles d’IA. Nous vivons actuellement un bouleversement technologique, qui dépasse en vitesse et en ampleur toutes les précédentes évolutions technologiques dans l’histoire humaine. Le concept de « révolution », souvent utilisé à tort et à travers, est cette fois parfaitement approprié. Chaque semaine, de nouveaux modèles d’IA sont publiés, et des fonctionnalités autrefois inaccessibles deviennent standard. Des métiers entiers se reconfigurent autour de capacités algorithmiques inédites.
A ce jeu, il y aura (il y a déjà ) des gagnants et des perdants. L’enjeu n’est plus d’essayer de « comprendre » l’IA, mais de la suivre, et surtout de l’intégrer au rythme où elle avance pour en tirer le meilleur parti.
Pour revenir à l’article, il est ridicule d’imaginer que l’IA ne sera pas capable de « comprendre » ce qu’elle entend, et que seule une oreille (et un cerveau) humain serait capable de différencier la signature acoustique d’un sas qui s’ouvre ou du démarrage d’un nouveau moteur diesel. L’IA va non seulement pouvoir reconnaître instantanément et sans faire d’erreur un son qu’elle a déjà « entendu », mais elle sera aussi capable de « deviner », par calcul, modélisation, et recoupement des hypothèses les plus probables, l’origine d’un son qu’elle entendrait pour la première fois.
Oui, mais in fine, la compréhension doit être humaine, puisqu’en bout de chaîne vous avez un utilisateur humain qui désire augmenter son degré de conscience de la situation, ce qui renvoie à un problème de communication.
Or, il y a plusieurs plans dans la communication.
Par exemple, je demande à un agent conversationnel quelle est l’heure du prochain train pour Genève, et il me répond: 13H48. Il n’a ni besoin de comprendre ce qu’est un train, ni besoin de comprendre ce qu’est une ville, ni ce qu’est le temps qui passe pour me communiquer l’information que je lui demande. Il n’a même pas besoin de savoir que je suis très pressé ou, au contraire, que j’ai tout mon temps.
Durant le voyage, je discute avec mon voisin, qui est un horloger suisse, et nous devisons justement du temps qui passe. C’est-à -dire que nous échangeons des idées sur un concept dont nous avons lui et moi une certaine compréhension (ou pas de compréhension du tout, parce qu’on peut aussi communiquer sur son ignorance, après tout).
Pour l’instant, les IA savent communiquer au premier degré (celui qui n’exige pas de comprendre) parce qu’elle savent identifier des données, les traiter et en extraire l’information demandée. La communication au deuxième degré est plus complexe, parce qu’elle implique que le locuteur – l’IA en l’espèce – ait une conscience de soi, pour être pleine et entière.
Cela dit, les conversations humaines étant stéréotypées, cette conscience de soi n’est en réalité pas nécessaire pour seulement donner l’impression à un interlocuteur – l’utilisateur de l’IA – qu’un rapport de communication plus profond s’établit entre cet utilisateur et l’IA. Il suffit en réalité que l’IA sache identifier et reproduire un certain nombre de modes de communication que les humains emploient entre eux et qui ne sont pas d’un nombre infini.
Je veux dire par-là que la nature et le degré de la compréhension que pourrait avoir une IA des données qu’elle traite est certes un sujet passionnant, mais il est assez théorique dans le fond, puisque la seule chose qui nous intéresse en pratique, c’est d’obtenir les informations qui nous manquent et, surtout, qu’on les comprenne. Ne serait-ce que pour s’assurer qu’il n’y ait pas de malentendu.
Ou dit plus simplement: l’enjeu pour l’utilisateur, ce n’est pas la compréhension du monde par l’IA, c’est la compréhension par l’humain de ce que l’IA vous dit sur le monde.
Trappier racontait en commission parlementaire qu’avec la multiplication des capteurs dans l’avion on a été obligé d’y mettre deux humains, mais ça n’a pas suffit. On a donc mis des filtres, pour filtrer les bonnes informations à donner à l’équipage. Avec un écran et des boutons, ça marche. On en est au stade où ça ne suffit plus et il va falloir interfacer une IA entre l’équipage et les capteurs, au sens large, vu le nombre de données qui sont produites par ces capteurs.
Que l’IA ait une compréhension des flux de données qu’elle traite, c’est une chose, mais surtout, il va falloir s’assurer que l’équipage comprenne bien ce qu’elle lui raconte et en retire la conscience situationnelle exigée par les circonstances.
NON L’IA est capable de raisonnement et si elle sait/connaît le bruit du 4 pales et du 6 pales saura vous indiquer que le nouveau bruit est un 5 pales à 95%…
@zaza24
« L’IA est capable de raisonnement »…
Non, le seul « raisonnement » que l’IA sait faire, c’est appliquer le « principe de corrélation », comme dans les statistiques. Et effectivement, à 95%, « on » peut considérer que c’est une bonne approximation (logique tétravalente: vrai-vrai, vrai-faux, faux-faux, faux-vrai, avec une vérification indépendante du premier « vrai » ou « faux »).
Pour que l’IA « raisonne », il faudrait qu’elle applique le « principe de causalité », avec « principe du tiers-exclu » (A et non-A ne peuvent être vrais en même temps).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_du_tiers_exclu
Ce serait alors la preuve que la programmation du système de reconnaissance de motifs est en Prolog (PROgrammation en LOGique, langage inventé et développé en France), et que l’IA s’appelle « Système Expert », et qu’elle suit des règles logiques (mathématiques).
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On peut s’en approcher en traçant les « décisions » prises par les algorithmes, et c’est ce qu’a fait THALES en rachetant la société américaine Psybernetix et les capacités « d’explication » des algorithmes.
https://www.zonebourse.com/cours/action/THALES-4715/actualite/Thales-s-offre-la-pepite-americaine-Psibernetix-28717992/
https://www.thalesgroup.com/fr/recherche-et-innovation/pour-une-ia-de-confiance
https://www.usinenouvelle.com/article/thales-parie-gros-sur-l-ia-de-confiance.N2212407
Vous connaissez un navire avec une ou des hélices à 6 pales ? Moi pas.
Que ce soit sur des navires de guerre, de commerce ou de pêche, les architectes navals évitent cette solution.
Mais je suis preneur si vous avez un lien vers exemple réel à me montrer.
Monsieur est servi:
https://www.techboat.com/Boutique/coteH_HSPxB.asp
https://francehelices.net/produit/helice-de-surface-6-pales-fh-6-ssp/
Au passage, qu’est-ce qu’une hélice de surface?
Réponse:
https://www.touslesbateaux.fr/helices-de-surface-luca-radice
https://twindisc.com/fr/produit/helices-a-percage-de-surface/
On dit aussi surface-drive. Les hélices à six pales sont plutôt surface-drive, d’après ce que je comprends. Mais en tout cas, ça existe. C’est adapté au bateaux rapides, catégorie navigation de plaisance, avec une motorisation puissante.
Ce qui est intéressant: ce type d’hélice tire profit de la cavitation, c’est-à -dire qu’elle brasse l’air qu’elle capture en surface et qu’elle propulse en arrière en l’accélérant. Autrement dit, si j’ai bien compris le concept, l’air est utilisé comme un fluide propulseur, contrairement à une hélice immergée qui n’utilise que l’eau comme fluide propulseur.
Disons que ce serait une explication.
Mais il peut y en avoir une autre: en brassant dans l’eau l’air qu’elle capture, l’hélice fluidifierait l’eau, ce qui lui permettrait de tourner plus vite sans décrocher. Vous savez que toute hélice voit son rendement s’effondrer au-delà d’une certaine vitesse de rotation. L’idée serait alors de noyer les pales dans un nuage de bulles d’air, ce qui retarderait le moment où le rendement s’effondre. Donc, elle pourrait tourner plus rapidement en conservant un bon rendement, ce qui permettrait d’utiliser toute la puissance de la motorisation.
Côté discrétion acoustique, j’ignore ce que ça donne. J’imagine que cela ne doit pas être très silencieux, puisqu’il y a cavitation volontairement recherchée. Mais, il pourrait s’agir d’une « bonne » cavitation au sens où cela ne serait pas la cavitation qui provoque les méchantes ondes de choc qui font du bruit et qui arrache la matière, mais celle qui la retarde, parce qu’elle diminue le frottement des pales dans l’eau.
Pour une vidéo montrant l’engin, ici à 5 pales, histoire de se donner une idée: https://www.youtube.com/watch?v=tLLTFBQSdew
C’est pour faire de la vitesse, quoi.
Cela s’appelle aussi une hélice supercavitante du fait qu’une fois immergée, elle provoque le nuage de bulle qui l’entoure du fait de sa grande vitesse de rotation (le but n’est pas de l’utiliser partiellement immergée) . C’est utilisé uniquement pour les navires légers et rapides (et bruyants), ou pour des moteurs hors-bords, pas sur les navires professionnels.
De plus, ce n’est pas le BRUIT généré par l’hélice qui indique son nombre de pales, ce sont les HARMONIQUES de la FREQUENCE de rotation de l’hélice qui nous l’indiquent, celle correspondant au nombre de pales étant systématiquement plus forte.
L’analyse du bruit généré par les navires et les sous-marins était employé jusqu’à la fin des années 1980 (CODAR) mais a été abandonné dans les années 1990 parce que les sous-marins sont devenus beaucoup moins bruyants (les soviétiques avaient disparus), puis les navires de surface militaires, puis l’évolution des bouées de détection acoustique (intégration du signal d’orientation magnétique) et du traitement du signal (informatisation) ont rendu ce calcul obsolète.
« De plus, ce n’est pas le BRUIT généré par l’hélice qui indique son nombre de pales, ce sont les HARMONIQUES de la FREQUENCE de rotation de l’hélice qui nous l’indiquent, celle correspondant au nombre de pales étant systématiquement plus forte. » aussi bien la bpf que les autres informations du genre sont pourtant obtenues par l’analyse du bruit généré directement ou indirectement (excitation…) par l’hélice, non? Bien sûr il y a aussi des bruits non négligeables qui ne sont pas du tout générés par l’hélice (même indirectement), mais pour le nombre de pales c’est bien du bruit et c’est bien l’hélice qui en est la cause. De la même façon je n’ai pas l’impression que l’analyse du bruit ait disparue, en est témoin le nombre d’articles de recherche publiés ces dernières années, beaucoup par des chinois d’ailleurs.
Non ce n’est pas le bruit qui est analysé, ce sont les fréquences pures. La différence de traitement est que pour le bruit, on traite l’enveloppe du bruit, la bande d’énergie (pardon pour le jargon) alors que pour les fréquences, on analyse les pics d’énergie et leur distribution en fréquence.
Toute machine tournante, moteur ou hélice, émet des sons dont la fréquence de base est celle de la pièce tournant le plus lentement. De par son architecture, la pièce tournante réagit comme un instrument de musique dont on reconnait la sonorité aux harmoniques qu’il produit, c’est à dire la quantité et l’intensité des fréquences multiples (2 * f0, 3 * f0, … n * f0) de la fréquence de base f0 : Un piano et un violon jouant la même note n’ont pas la même sonorité parce qu’ils ne développent pas les mêmes harmoniques, c’est à ça qu’on reconnait à l’oreille un instrument de musique comme une machine tournante (je ne fais pas du Audiard) ou qu’on différencie deux voix humaines.
Pour la détection du nombre de pales d’une hélice, l’harmonique la plus forte (c’est à dire la fréquence multiple de la fréquence de rotation de l’hélice) correspond aux nombre de pales.
L’analyse du bruit d’un navire servait à détecter sa route et sa vitesse à grande distance. Désormais, tous les navires et bateaux militaires sont assez discrets pour que ce ne soit plus judicieux d’employer cette technique, il y en a d’autres (analyse des fréquences bruitées, étude des effets doppler, connaissance de l’architecture des cibles, couplage de données d’autres capteurs, etc) qui sont plus efficaces.
Pour faire une analogie, la différence entre le LOFAR (analyse des fréquences) et le CODAR (analyse du bruit) pourrait s’apparenter(à gros traits) à la différence de traitement des fréquences radio en FM (modulation de fréquence autour de la fréquence porteuse) et en AM (modulation d’amplitude de la fréquence porteuse).
Pour être encore plus clair sur mes explications :
– Une fréquence est une mesure temporelle inverse d’un phénomène périodique.
– Un bruit est un phénomène apériodique (aléatoire) qui peut avoir une distribution énergétique régulière (bruit blanc), ou pas. (bandes de bruit, bruits colorés).
bruit rose : https://www.youtube.com/watch?v=mRuuKqFrnQM
bruits colorés : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruits_color%C3%A9s
sonie des sons complexes, filtres, bandes de bruits : https://leblogaudiologie.com/wp-content/uploads/2019/12/36eeb-mus3321_cours05_sonie_complex-1.pdf
@ji_louis je me doutais un peu que vous aviez une définition restrictive du bruit. Mais aussi bien les scientifiques qui publient des articles de recherche que les ingénieurs DCN qui publient des articles de magazines parlent bien de bruit (noise) au sens de « son » dans la plupart des publications que j’ai lu (côté émission plus qu’analyse), et dans ce sens général, les fréquences que vous évoquez font donc partie du bruit.
J’étale ma science et c’est ma joie (ironie).
http://physique.unice.fr/sem6/2012-2013/PagesWeb/PT/Efimov/Chrome/Images/disciple.jpeg
@Pico,
Je ne sais pas si le fait qu’une IA se mette à fabuler est lié à la quantité de données disponibles.
Il s’agit plus probablement à mon avis d’une fonctionnalité des IA qui sont, en ce qui concerne les utilisateurs que nous sommes, d’abord et avant tout des agents conversationnels qui sont programmés pour reproduire les modes de communication des humains.
Or il se trouve que parmi ces modes de communication, il y a l’affabulation. Donc l’IA affabule elle aussi. Mais l’utilisateur peut, en rédigeant son prompt, lui demander de ne pas affabuler et de passer en mode analyse pure. Dans ce mode, quand l’IA n’a pas trouvé les informations que vous lui demandez de rechercher, elle vous le dit et elle arrête de raconter n’importe quoi pour vous faire plaisir.
C’est-à -dire que lorsque vous causez avec une IA, il faut faire attention au vocabulaire que vous employez parce que c’est ça qui va orienter la réponse.
Oui et Non: on peut orienter la réponse. Mais si vous voulez dire qu’avec un bon prompt l’IA garantit ne pas raconter n’importe quoi, ce serait faux. Car les IA génératives dont vous parlez sont basées sur des approches statistiques, qui tâchent de prédire une suite probable ou vraisemblable au prompt que vous écrivez. L’affabulation est le résultat de ce mécanisme de prédiction, qui n’a quasiment rien à voir avec l’affabulation humaine. Si vous voulez la garantie que la complétion apparaît dans une source de données alors n’utilisez pas d’IA générative mais un moteur de recherche dont c’est le travail (ceci étant même les moteurs de recherches courant vont en général trier les résultats en fonction d’une mesure de qualité raisonnable mais un peu arbitraire).
Même dans les approches CoT le « raisonnement » simulé par une IA générative est plus une prédiction qu’un raisonnement dont chaque étape serait vérifiée formellement.
« Et d’insister : Les ANAGA « sont les seuls à être capables de dire si un sous-marin est en train d’ouvrir un sas ou de démarrer un nouveau [moteur] diesel. Ça, il n’y a que l’homme qui sait le faire aujourd’hui ». »
Ça ne durera pas.
« Un pas supplémentaire très significatif sera franchi avec l’arrivée, sans doute plus proche qu’envisagée il y a peu de temps, des capteurs et ordinateurs quantiques. C’est un domaine où il est impératif d’investir . »
« Comme en industrie quand les premiers robots sont arrivés, ce n’était que pour assister les travailleurs, puis les hommes ont finis par aider les robots et de plus en plus de robots vont aider d’autres robots… »
« L’humain sera très rapidement rattrapé, puis dépassé dans de très nombreux domaines. »
« Nous vivons actuellement un bouleversement technologique, qui dépasse en vitesse et en ampleur toutes les précédentes évolutions technologiques dans l’histoire humaine. »
« Et d’insister : Les ANAGA « sont les seuls à être capables de dire si un sous-marin est en train d’ouvrir un sas ou de démarrer un nouveau [moteur] diesel. Ça, il n’y a que l’homme qui sait le faire aujourd’hui ». »
Ça ne durera pas.
Et alors quand est-ce que les sous-marins fonctionneront à l’eau ?