Sans expérience, un soldat américain a contrôlé un hélicoptère Black Hawk OPV depuis le sol

L’idée consistant à transformer un hélicoptère de manÅ“uvre en drone fait l’objet de plusieurs projets lancés il y a maintenant une quinzaine d’années.

Ainsi, associé à Lockheed Martin, Kaman développa le K-Max UAS, un drone hélicoptère capable de transporter 2,7 tonnes de matériels [soit plus que sa propre masse] sur une distance de 400 km et en volant à 15 500 pieds d’altitude. Trois appareils furent livrés à l’US Marine Corps [USMC], qui en perdit un en Afghanistan, en 2013.

À la même période, Airbus Helicopters [ex-Eurocopter] fit voler un hélicoptère EC-145 transformé en drone grâce à l’intégration d’un système de commandes de vol automatique [AFCS] de type dual duplex et d’une baie avionique OPV [Optionally Piloted Vehicle] de type « plug in » et placée sous les sièges des pilotes. Financé sur fonds propres, ce projet, appelé AFlight, avait démarré en 2011. Depuis, l’industriel a adapté cette technologie au VSR-700, sur lequel repose le programme SDAM [Système de drones aériens pour la Marine].

Mais sans doute que l’américain Sikorsky [filiale de Lockheed Martin] est le plus en pointe dans ce domaine. En 2014, il a dévoilé un hélicoptère UH-60 Black Hawk pouvant être piloté à distance, dans le cadre de son projet OPBH [Optionally Piloted Black Hawk]. Il s’agissait alors de faire de cet appareil un drone selon la nature de ses missions. Et cela, grâce à la technologie MATRIX, dont le développement a été financé par la DARPA, l’agence du Pentagone dédiée à l’innovation.

Depuis, Sikorsky a énormément progressé dans la « dronisation » du Black Hawk… au point que, lors de l’exercice Northern Strike 25-2, organisé avec la DARPA et la Joint Personnel Recovery Agency, un sergent-chef de la Garde nationale américaine, novice en matière de pilotage, a pu prendre le contrôle d’un tel appareil pour lui faire effectuer trois missions logistiques relativement compliquées.

« Un sergent-chef de la Garde nationale de l’armée américaine, formé en moins d’une heure, est devenu le premier soldat à planifier, commander et exécuter de manière autonome des missions avec un Black Hawk dronisé [ou Black Hawk OPV] à l’aide d’une tablette », a en effet annoncé Sikorsky, le 30 octobre.

Ainsi, ce sous-officier a « dirigé une charge utile vers un point situé à 130 km de distance et commandé plusieurs largages de précision. C’est la première fois que l’OPV Black Hawk est entièrement contrôlé par un soldat et non par un pilote d’essai ou un ingénieur », a poursuivi l’industriel.

En outre, durant cet exercice, une simulation d’évacuation sanitaire a été réalisée avec un Black Hawk OPV contrôlé par un « soldat non entraîné », ce qui a aussi été une première.

« Le système de vol autonome MATRIX peut transformer la manière dont les forces armées mènent leurs missions », a commenté Rich Benton, le directeur général de Sikorsky.

Un « Black Hawk OPV peut réduire la charge de travail du pilote dans un environnement difficile ou mener à bien une mission de ravitaillement sans équipage à bord. Dans des situations logistiques complexes, un Black Hawk opérant comme un drone de grande taille offre aux commandants une plus grande résilience et une flexibilité accrue pour acheminer les ressources là où elles sont nécessaires », a-t-il ajouté.

Outre le Black Hawk OPV, le S-70 U-Hawk utilise également la technologie MATRIX. Dévoilé par Sikorsky lors de la conférence de l’Association de l’US Army [AUSA], ce mois-ci, cet appareil, développé en moins d’un an, est en réalité un hélicoptère UH-60L sans cockpit, ce qui permet d’augmenter l’espace cargo de 25 % et donc de transporter des équipements de taille plus imposante. Outre les missions logistiques, il pourrait également servir de plateforme de lancement pour des drones de reconnaissance et/ou des munitions rôdeuses.

Photo : Sikorsky

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22 contributions

  1. Bastan dit :

    Reste à remplacer le militaire par l’IA.

    • blavan dit :

      le dicton des bars d’escadrille se confirme Les américains ont fait piloter un singe, ils n’ont pas pu en faire un mécanicien.

    • FouPouDav dit :

      Le VR-700 d’Airbus sera un chasseur de sous-marins (bouées acoustiques, grenades marine, radar magnétique).
      Pas de roquettes guidées laser, de missile antinavire léger (ANL), Sea Venom outre-Manche voire canons diverses)
      La différence avec le Camcopter S-100 n’est pas énorme quant aux missions de renseignements.

  2. Yannus dit :

    C’est dingue. Maintenant n’importe qui peut faire voler n’importe quoi.

    • Firebird dit :

      Génération jeux vidéos. Avec une bonne interface, ce genre de mission n’est pas très compliquée. Et elle ne sera pas compliquée non plus pour l’IA…

    • tschok dit :

      Non, la maniement d’une arme reste malgré tout plus compliqué qu’un bulletin de vote.
      Avec un bulletin de vote, n’importe qui peut voter pour n’importe quoi. Ce régime s’appelle la démocratie.

      Ici, il s’agit de manier une arme, ce qui est différent.

      En matière de manipulation d’une arme, en principe, vous avez l’intention de tuer quelqu’un.

      S’agissant de la démocratie, euh…, vos intentions réelles sont, disons, plus dispersées.

    • PK dit :

      Quand on sait combien est difficile de piloter un hélico, l’exploit est remarquable…

      Moi, à la place des pilotes, je commencerais à avoir des sueurs froides.

  3. jean luc dit :

    celas ne règle pas le problême avec les drones

  4. Bravo Charlie dit :

    Encore un coup de l’intelligence artificielle ! Il n’y a plus que les civils à massacrer. Un peu comme en Ukraine et au Soudan …

  5. TerreetMer dit :

    Ouaip’s reste à connaître le nom du pilote de Macron ?

  6. Kamelot dit :

    « Voler » est une chose, être opérationnel en est une autre.
    Programmer un vol « linéaire » sur une tablette avec une interface simple et intuitive est à la portée du premier gamer. Dans la réalité des opérations la chose sera moins aisée.

  7. aleksandar dit :

    Plus la cible est grosse, plus sa destruction est facile.

    • Air dit :

      Alors allez détruire une FDA ! Je vous garanti que ce sera bien plus difficile que de détruire un pick-up.

    • alors dit :

      Comme le Moskva?
      C’est aussi con car la plupart des avions russes sont généralement bien plus gros que ceux de l’Otan…

  8. Robmac dit :

    « sans expérience » ??? Cela m’étonnerais que l’on confie un Black Hawk à quelqu’un sans expérience !

    Par exemple passer du mode ‘déplacement’ au mode ‘stationnaire’ avant atterrissage est très compliqué.

  9. Le Suren dit :

    Si l’ennemi arrive à pirater le réseau informatique adverse, il se fera livrer la marchandise directement à la maison ! Du producteur au consommateur ! Blague à part, à la fin du siècle, il n’y aura plus d’humain sur le champ de bataille, plus que des machines. Mais est-ce qu’il y aura encore un champ de bataille ?

  10. émile dit :

    Comment est-il protéger face au brouillage ?

  11. tehel dit :

    Toutes réserves mises à part, il faut reconnaître que c’est impressionnant…

    L’expérience du pilotage et l’entraînement seront toujours nécessaires pour savoir comment réagir en situation de combat. Par contre, pour les missions purement logistiques, on pourrait bientôt se poser la question.

    • tnato dit :

      les hélicos désormais, vu leur taille, seront cantonnés aux missions log, harmattan aura été le chant du cygne de l’alat

  12. NVG dit :

    Il y avait déjà des helicos drones qui faisaient de la log en Afghanistan, il n’y a rien de nouveau.
    C’est de la com, un helico dronisé ne déposera personne dans une zone contestée avant longtemps.