Le ministère des Armées a confié le développement du nouveau radar de surveillance spatiale AURORE à Thales

Capacité unique en Europe, le radar GRAVES [Grand réseau adapte à la veille spatiale] est utilisé par l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] pour surveiller et suivre les objets évoluant en orbite basse [soit à une altitude comprise entre 200 et 2 000 km] depuis les années 1990.
« C’est le seul système européen capable d’assurer de façon autonome la détection et le catalogage des objets spatiaux en orbite basse. Les données générées permettent de connaître à tout instant la position de l’ensemble des satellites suivis », fait valoir l’Office national d’études et de recherches aérospatiales, qui l’a mis au point.
Le système GRAVES repose sur un centre « émission » situé près de Dijon, un centre de réception, installé sur le plateau d’Albion, et un serveur d’exploitation relevant du Centre opérationnel de surveillance des objets spatiaux [COSMOS], implanté depuis peu sur la base aérienne à vocation spatiale [BAVS] 101 de Toulouse.
En 2016, la Direction générale de l’armement [DGA] confia à l’ONERA ainsi qu’à la société Degreane Horizon le soin de réaliser une « opération de maintien de performances » du système GRAVES jusqu’à l’horizon 2025-30. Seulement, cette modernisation s’est faite a minima. Elle « ne permettra pas de détecter les objets militaires dont la taille se réduit sans cette, à l’images des nanosatellites et des CubeSat, ni de suivre un nombre croissant d’objets », avait déploré le général Jean-Daniel Testé, alors commandant interarmées de l’espace.
Quoi qu’il en soit, le succession du système GRAVES est prévue par la Loi de la programmation militaire [LPM] 2024-30, dans le cadre du projet AURORE. Il va nous « permettre de voir certaines choses que nos partenaires européens ne voient pas », avait confié le général Jérôme Bellanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace, lors d’une audition parlementaire, en 2024.
Ce projet vient de franchir une nouvelle étape. En effet, ce 28 octobre, la DGA a annoncé la commande du « radar de surveillance de l’espace en orbite basse AURORE » auprès de Thales, au titre du programme ARES [Action et REsilience Spatiale].
« La commande du radar AURORE marque une étape clé dans le renforcement des capacités de surveillance de l’espace de la France en permettant à l’armée de l’Air & de l’Espace une appréciation souveraine plus précise de la situation spatiale en orbite basse », fait valoir la DGA.
Comme GRAVES, le radar AURORE s’appuiera sur une station d’émission, une station de réception et un centre de calcul. « Grâce à ce radar unique en Europe, le Commandement de l’Espace [CDE] détectera et suivra les objets spatiaux depuis le sol à des altitudes plus élevées qu’auparavant, évoluant jusqu’à 2 000 km au-dessus de la terre », a souligné la DGA.
De son côté, Thales a expliqué que AURORE sera un « radar logiciel en bande ultra haute fréquence [UHF], qui assurera une surveillance permanente grâce à des capacités de poursuite simultanée de nombreux objets spatiaux, à un temps de réactivité très court en orbite basse et à une image haute résolution en temps réel de la situation spatiale ».
Et d’ajouter : « La modularité de son architecture constituera l’épine dorsale d’une feuille de route complète qui permettra d’élargir la gamme avec une nouvelle famille de radars UHF capables de répondre aux besoins de multiples missions critiques permettant de se protéger des nouvelles menaces balistiques et hypersoniques ».
En clair, les briques technologiques d’AURORE serviront à mettre au point des radars UHF qui compléteront la capacité spatiale d’alerte avancée Odin’s Eye, dans le cadre du projet JEWEL [Joint Early Warning for a European Lookout], mené en coopération avec l’Allemagne.
S’agissant de l’alerte avancée, qui vise à détecter les missiles hostiles, « la lettre d’intention signée [le 16 octobre par la France et l’Allemagne, ndlr] vise à disposer de capacités complémentaires […]. Le segment spatial est sous leadership allemand et le segment terrestre est sous leadership français », a expliqué Emmanuel Chiva, le Délégué général pour l’armement, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, la semaine dernière.
Ce segment terrestre repose aussi sur trois capacités complémentaires : des radars UHF de très grande portée, des radars UHF mobiles et le radar trans-horizon NOSTRADAMUS qui, selon M. Chiva, « ne peut pas tout détecter parce qu’il est dépendant des conditions atmosphériques ».
Reste que si le radar AURORE permettra de suivre de petits objets en orbite basse, y compris les débris spatiaux, la question de savoir ce que l’on pourra en faire est posée. « Je sais qu’il y a un certain nombre de sociétés qui ont approché l’Agence de l’innovation de défense sur ce sujet-là  », a confié le Délégué général pour l’armement.
En attendant, précise le ministère des Armées, « AURORE contribuera à la souveraineté spatiale en participant au projet européen EU-SST [European Space Surveillance and Tracking] qui regroupe 15 États membres de l’Union européenne et découle de la composante Surveillance et Sécurité Spatiale du programme Spatial de l’UE ». D’ailleurs, son développement bénéficiera de crédits de l’UE.
Photo : Thales





ce radar va détecter les OVNIs et autres PANs …
Les détections OVNI par Radar sont archivées soit au GEIPAN soit aux archives de la Gendarmerie.Nationale.
Après il y a, ou eu, ce qui est ou qui fut divulgué ou pas,en ce domaine beaucoup d’événements classifiés.
Effectivement !
La France est l’un des pays les plus avancés en matière de détection radar des PAN.
Pour ce faire elle dispose d’un programme officiel (GEIPAN) et de radars de pointe (GRAVES, NOSTRADAMUS, GM400), avec une intégration croissante de l’IA et de la fusion multi-capteurs.
En 2026, le déploiement du réseau ARES sur 5 bases aériennes se fera avec des capteurs PAN dédiés.
L’un des derniers incidents connus est celui de PARIS (MELUN) le 14 janvier 2025, classe “D“ > Phénomène Aérospatial Non Identifié – Non expliqué. Les données radar ont été partiellement DÉCLASSIFIÉES + Rapport interne public DÉCLASSIFIÉ.
Sans entrer dans les détails, plusieurs témoins identifiés [promeneurs + pilote d’avion civil + 25 signalements “GEIPAN Alert“ (incluant Roissy et Paris-Est)], signalent par temps clair un phénomène étrange > GEIPAN Alert > 21h52 > Signalement initial avec une photo floue et une description : « Objet noir en forme de triangle, immobile au-dessus des arbres, sans bruit. Soudain, il accélère verticalement et disparaît. »
Analyse GEIPAN > avec expertise DGA/Armée de l’Air > Confirmation du phénomène
Pas d’impact au sol ou traces physiques immédiates (recherche Gendarmerie : négative).
Corrélation Radar > 3 Radars impliqués : 1) M3R (Maître d’œuvre Radar de Recherche) de la BA de Villacoublay + Détection d’un écho faible (RCS ~0,01 m²) à 300 m d’altitude, signature non conventionnelle (mouvement erratique) + 2) Spexer 2000 Mk 3 : Système anti-drones déployé près de Melun (test opérationnel DGA). Classification automatique : « Objet inconnu » (non-drone, non-oiseau ; spectre Doppler anormal indiquant vitesse hypersonique brève) + 3) Corrélation avec NOSTRADAMUS (OTH) : Écho distant confirmé à 21:48, mais perdu après accélération (portée limitée pour cibles rapides).
Autre capteur saisi > Vidéo du pilote civil.
Intervention CNES pour modélisation 3D (logiciel CNES) : Trajectoire reconstruite à 95% de fiabilité.
Analyse multi-capteurs (AAE) : Fusion radar/EO (électro-optique) via projet ARES
Conclusions :
Pas de drones connus (vérification Eurocontrol).
Pas de météore ou satellite (trajectoire non orbitale).
Pas d’illusion optique (témoignages multiples, indépendants).
Phénomène Inexpliqué. Probabilité extraterrestre non évaluée (GEIPAN neutre) ; recommandation : Surveillance accrue en Île-de-France.
Recommandations : Déploiement Spexer 2000 supplémentaire autour de Paris (juin 2025) + Partage données avec AARO (US) via accord bilatéral + Alerte prioritaire pour Armée de l’Air.
Attention, je rapporte ces données, mais il convient de ne pas les surinterprétées ! C’est un “PAN“ (phénomène aérospatial non identifié), c’est tout.
~150-200 signalements/an au GEIPAN dont seulement 3,5 % inexpliqués = phénomène atmosphérique ou extra-atmosphérique dont la nature reste inexpliquée.
D’où l’intérêt, y compris scientifique, de renforcer et d’améliorer notre couverture radar, dont AURORE.
euh vous êtes sûr de vos sources? J’en suis preneur. Aucun trace de ce cas en Janvier 2025 (et même de classe D sur 2025 et 2024) sur le site officiel cnes-geipan.
Et je relève 2 ou 3 incohérences:
– A quel moment la DGA a fait l’acquisition du système Spexer d’Hendsolt? Depuis quand la DGA fait ses essais C-UAS sur Melun?
– Le M3R de villacoubay? J’espère qu’ils ont autre chose depuis le temps… notamment un GM403… et de mémoire le M3R était un prototype plutôt concentré sur la partie système que la partie radar, le radar héritié du programme M3R est le GS1000
– Détection à 300 m d’altitude… j’ai un doute, la couverture des primaires est relativement mauvais en dessous de 600m (normal, ce sont des radars d’alerte contre les menaces air) mais pourquoi pas
– Incluant Roissy et Paris Est… c’est à dire Roissy pour CDG? Vu 1) la distance CDG/Melun et 2) CDG n’a pas de primaire… je ne comprend pas la phrase… vous voulez dire des rapports pilotes?
– « pas de drones connus: vérification eurocontrol » que vient faire eurocontrol là -dedans????? cela n’a aucun sens
Et alors entre nous la probabilité que les mili lâchent des infos liés à la perfo des radars d’alertes… comment dire…
Bref il y a suffisamment de cas sur le site du Geipan pour sélectionner un exemple illustrant mieux votre propos.
Le radar héritier du programme.
La couverture est relativement mauvaise.
Correctif > il convient de ne pas les surinterpréter.
Merci.
Ce radar AURORE va surtout améliorer considérablement nos capacités de surveillance, y compris de très petits objets (débris spatiaux, et surtout nano-satellites adverses). C’est un démonstrateur, qui vise à mettre au point les futurs radars UHF du projet Odin’s Eye
Ce radar AURORE sera logiquement implanté en France métropolitaine. On peut toutefois s’interroger sur la localisation des futurs radars UHF qui vont lui succéder : il serait évidemment souhaitable d’implanter ces radars non seulement en France métropolitaine (mais l’Allemagne voudra sans doute logiquement avoir également « son » radar), mais également dans nos territoires ultramarins (Guyane, Réunion, Polynésie… ?), afin de bénéficier d’une couverture radar et d’une capacité de suivi en temps réel, et pas seulement intermittente.
@HMX
 » il serait évidemment souhaitable d’implanter ces radars non seulement en France métropolitaine (mais l’Allemagne voudra sans doute logiquement avoir également « son » radar), mais également dans nos territoires ultramarins (Guyane, Réunion, Polynésie… ?) »
… Le dispositif sera complexe, avec différents types de radars et capteurs.
Pour le Transhorizon, pas de problème s’il est en France plutôt qu’en Allemagne.
Mais, considérant qu’une zone hostile puisse être à l’Est de l’Europe (Russie pour ne pas la nommer), il est hautement souhaitable que certains radars, dont certains dérivés de ce AURORE, … ceux en charge du suivi des tirs missiles, dès que l’alerte de tir serait donnée depuis les satelittes, ont tout intérêt à se trouver au plus proche de la zone de tir, soit en Europe de l’Est !!!
Donc l’Allemagne aura forcément son ou ses radars sur son sol (plutôt du côté de la Pologne), et ils y seront dans ce contexte plus utiles et performants qu’à Orléans ou ailleurs en métropole.
.
N’oubliez pas les fameux radars US en Pologne et Roumanie … qui devaient protéger l’Europe de tirs ballistiques depuis … l’Iran, et qui naturellement ont faché les Russes …
.
Pour le suivi des satellites (et objets en orbite), là effectivement, les multiples territoires ultra-marins français seront à nouveau très utiles (car ils servent déjà pas mal, pour nos armées, mais aussi pour des programmes européens, comme Galileo, demain IRIS², voire des programmes scientifiques mondiaux).
Par exemple, à Kerguelen, on suit déjà certains satellites
https://www.telespazio.fr/fr/news-and-stories-detail/-/detail/kerguelen-episode-2-en
et toujours à Kerguelen, il y a déjà un réseau de radars Haute Fréquence (pour le programme scientifique mondial Super DARN)
https://institut-polaire.fr/fr/programmes_soutenus/superdarn-kerguelen/
Il semble y avoir là -bas d’autres systèmes encore, mais cela n’est vraisemblablement pas trop suivi par les médias grand public.
.
Donc oui, les territoires ultra-marins français sur l’ensemble du globe vont à nouveau être utiles pour les projets européens Jewel et surtout EU-SST.
.
Après il y a un autre dispositif important et complémentaire à GRAVES (ou son successeur) qui n’a pas été évoqué dans cet article, ce sont les téléscopes pour imagerie directe des satellites suspects suivis.
GRAVES (ou son successeur) les détecte et les cible, puis parfois (souvent) il faudrait une identification visuelle pour aller plus loin dans l’enquête (et demain dans la traque).
C’est là que les télésecopes entrent en jeu.
Aujourd’hui, ce sont les Allemands qui ont chez eux le télescope le plus adapté pour cela en Europe.
Et demain, il est question de passer à une génération plus évoluée encore, en faisant jouer la fameuse « Optique adaptative » (qui permet de passer outre les turbulences atmosphériques).
Ce dispositif sera aussi nécessaire pour la future guerre des étoiles … enfin la guerre des « étoiles » en orbite basse 🙂
Que certains radars (…) soient.
Fâché.
Va falloir la jouer discrète.
Il serait temps !
La bande UHF, dite C, centrée autour de 45 cm de longueur d’onde, et allant de 30 à 75 cm (voire 90 cm), est celle qui est utilisée par les grandes dalles américaines SSPARS (5 sites Californie, Alaska, Massasuchetts, Groënland, UK ) remplaçant les anciens PAVE PAWS et regroupés en système BMEWS. Capacité à discriminer 10 cm de résolution (1/4 de longueur d’onde). En utilisant effectivement la modularité, c’est à dire la capacité à utiliser les panneaux de déphaseurs / phaseurs à n’importe quelle orientation spatiale, d’augmenter la puissance d’émission ou de traitement, la France pourrait effectivement amener rapidement grâce à AURORE une composante de détection de vecteurs hypersoniques et balistiques à ODIN’s EYE….
C’est une capacité essentielle quand on prétend aussi maintenir un outil de dissuasion nucléaire et conventionnel un tant soit peu crédible. Savoir identifier et classifier une menace sur 360° avec suffisamment de portée …
Par contre peut-être ne fera t’on pas l’économie d’un segment « satellite » complémentaire permettant une redondance de cette détection. Sans compter la surveillance associée aux territoires ultra-marins …
Ne fera-t-on pas.
Peut-être sera-t-il une composante d’un système Mamba en lui permettant d’élargir son spectre de détection et de suivi des missiles balistiques pour permettre leurs interceptions
Le projet franco-allemand JEWEL est porteur de succès dans la mesure où les rôles sont bien définis : à l’Allemagne le segment spatial, à la France le segment terrestre, les deux étant interdépendance.
Quant au projet EU-SST à 15 membres, ce qui sous-tend l’apparition de la funeste loi du « juste retour « , on peut craindre le pire quant au délai de définition, à la répartition des tâches, à la responsabilité vis-à -vis des utilisateurs et, évidemment, au coût. Le bon sens serait sans doute de continuer sur la seule base franco-allemande.
« Le projet franco-allemand JEWEL est porteur de succès dans la mesure où les rôles sont bien définis : »
Il fut une époque avec un projet de satellites d’observation. La partie allemande héritait de l’observation radar, où elle était bonne. La partie française héritait de la partie optique , où elle était bonne.
Et à l’arrivée, les Allemands ont développé…une compétence optique.
@Lothringer
Vous avez raison. On pourrait alors également développer un segment spatial. Mais tout a un coût.
Mais votre remarque est peut-être de dire qu’on ne peut pas faire confiance à l’Allemagne.
Mon propos était plus un jugement sur les modalités de coopération (rôles bien définis) que sur le pays partenaire
Quelqu’un a une idée de la capacité de couverture d’un radar comme celui-ci ? 60 ° ?
Si ce n’est pas précisé, c’est probablement que vous n’avez pas à le savoir.
Ce qui est GRAVES, c’est que votre pays possède ce dispositif sans aucun partage, il est souhaitable que Bruxelles et l’OTAN mettent le hola à cette anomalie.
Je peux répondre à quelques questions posées (Sans aucun mérite car j’ai son arborescence sous les yeux…).
En résumé, ce radar est -comme pour le radar du système GRAVES- un radar bistatique, cad qu’il a une station d’émission et une station de réception (Le tout étant relié à un centre de coordination et d‘interprétation (pour les calculs). Il va opérer en bande UHF (ultra haute fréquence = longueur d’onde métrique = entre 300 et 3000 MHz.), caractéristique qui va lui permettre tant de diffuser des ondes électromagnétiques sur de longues distances que de recevoir des signaux provenant de longues distances, et ce quelques soient les conditions atmosphériques. Sa portée de détection est précisée jusqu’à 2 000 km d’altitude, cad qu’il sera le seul radar en Europe à couvrir toutes les orbites à basse altitude (dites LEO, pour Low Earth Orbit) ainsi que les orbites très basses (dites VLEO, pour Very Low Earth Orbit = inférieures à 450 km d’altitude).
La puissance de sa portée (GRAVES est limité à 1 000 km) et ses qualités nouvelles (traitement des signaux, calculateur,…) lui permettront de détecter des objets de quelques centimètres [Pour info les radars américains détectent à partir de 10cm], tels les petits et minis débris spatiaux (Et ainsi anticiper la menace “collision/perturbation“ pour nos satellites), et bien sûr tous les satellites et nanosatellites (isolé ou en constellation). La puissance de calcul associée lui permettra de définir instantanément les trajectoires avec une précision accrue, y compris -grâce à une résolution Doppler élevée- pour les “objets“ manœuvrants [En d’autres termes il sera capable de surveiller en temps réel la trajectoire des satellites d’observation “espions“, satellites “butineurs“ ou satellites d’écoute étrangers]. Conçu et fabriqué sur le site Thales de Limours, il fournira en temps réel une image haute résolution de la situation spatiale.
Implanté en France (sites émission/réception non finalisés), son angle de couverture, tant en azimut (horizontal)[estimé > 120°] que d’élévation (vertical), lui permettra une surveillance hémisphérique large, sans « cône de silence », couvrant ainsi tout l’espace au-dessus de l’Europe occidentale [Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni]. Par ailleurs, sa modularité architecturale permettra l’ajout de briques technologiques pour dynamiser ses capacités et élargir sa gamme au profit de futures opérations spatiales ; enfin, de futures extensions sont prévues pour accroitre sa couverture à nos territoires ultramarins (Guyane, Réunion, Polynésie,…) ou autres…
Hormis sa participation au projet européen EU-SST (European Space Surveillance and Tracking), la France participant au Space Surveillance Network (SSN) américain (accord bilatéral de réciprocité), AURORE -bien que 100% souverain- devrait partager ses données (sans fusion en temps réel) avec l’US Space Force pour une corrélation mutuelle des orbites, intégrant ainsi le réseau des radars US, comme ceux de la Space Fence de l’atoll de Kwajalein (ÃŽles Marshall) ou la station radar de Thule au Groenland (Ballistic Missile Early Warning System), pour une détection mondiale des menaces spatiales et alertes missiles (balistiques ou hypersoniques).
Son coût n’est pas précisé (classifié ou non détaillé), mais son développement est rattaché au chapitre “souveraineté spatiale“ de la LPM, soit environ 5 milliards € alloués au spatial militaire sur 2024-2030, un financement 100% français sans aide européenne.
Et ce quelles que soient les conditions atmosphériques. Pas « et ce quelques soient les conditions ».