L’armée de l’Air & de l’Espace veut se doter de missiles aérobalistiques

Évoquant le sujet de la frappe dans la profondeur, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 22 octobre, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, a rappelé que celle-ci était « parfaitement incarnée par la mission permanente de la composante nucléaire aéroportée », assurée par les Forces aériennes stratégiques [FAS], qu’il a commandées avant d’occuper ses actuelles fonctions.

Cette mission « permanente » évoluera à l’horizon 2035, avec les ruptures technologiques reposant sur le Rafale porté au standard F5 qui, associé à un drone de combat [UCAV], emportera le missile hypervéloce ASN4G [Air-Sol Nucléaire de 4e génération]. Cependant, la frappe dans la profondeur ne se résume évidemment pas au seul raid nucléaire, « pour lequel nous savons percer fort et loin, mais de façon ponctuelle », a dit le CEMAAE.

Aussi, a-t-il continué, il « nous faut plus que ça en termes de capacités conventionnelles pour épauler efficacement notre dissuasion ». En clair, il s’agit pour l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] d’avoir les moyens pour « entrer en premier et opérer dans la durée » afin d’imposer sa supériorité aérienne pour éviter aux forces françaises d’être confrontées à un « scénario de type Ukraine ». Cela suppose un effort supplémentaire sur les munitions existantes [missiles SCALP, Meteor, MICA, Aster]… Mais pas seulement.

« Il faut aller plus loin et être capable de contrer les dispositifs de déni d’accès », a avancé le général Bellanger. Or, avec le retrait du missile antiradar AS37 Martel, à la fin des années 1990, l’AAE a perdu cette capacité. D’où sa volonté de la récupérer rapidement, avec notamment le missile RJ-10 [encore appelé STRATUS RS], en cours de développement chez MBDA.

Le projet de loi de finances 2026 [PLF 26] doit permettre d’accélérer les études en vue de l’acquisition de ce missile « antiradiations » [pour reprendre l’expression du CEMAEE. Seulement, ce dernier ne devrait pas être opérationnel avant 2035…

Mais le STRATUS RS n’est pas la seule munition envisagée par l’AAE pour ses futures capacités dites SEAD [Suppression of Enemy Air Defences / Neutralisation des défenses aériennes ennemies]. Visiblement, les opérations menées par les forces aériennes israéliennes en Iran l’ont inspirée, notamment celle effectuée en octobre 2024.

Pour rappel, en réponse à l’attaque aérienne lancée par Téhéran contre l’État hébreu quelques semaines plus tôt, les forces israéliennes lancèrent l’opération « Jours de repentance ». Mobilisant une centaine d’aéronefs [chasseurs-bombardiers, avions ravitailleurs, drones, etc.], elle consista à frapper des objectifs en Syrie et en Iran. L’une des frappes neutralisa notamment des systèmes de défense aérienne S-300PMU-2 censées assurer la protection de sites stratégiques iraniens. Pour cela, des missiles aérobalistiques [IS2 Rocks et possiblement Golden Horizon et Air Lora, selon le Centre d’études stratégiques aérospatiales de l’AAE], furent utilisés.

Pour le général Bellanger, l’opération israélienne est un « cas d’école ». Aussi, outre le STRATUS RS, l’AAE songe à se doter aussi de missiles aérobalistiques, « comme ceux qui ont paralysé la défense sol-air iranienne et permis des frappes décisives dans la profondeur ».

Ces missiles aérobalitiques israéliens ont ainsi contribué à « créer un boulevard en neutralisant toutes les défenses sol-air depuis la Syrie jusqu’en Iran » et à faire comprendre aux Iraniens que « finalement, ils étaient nus », a insisté le CEMAAE. Ce « boulevard » a ensuite permis à Tsahal, en juin dernier, de « neutraliser l’ensemble des objectifs » qu’elle s’était donné en Iran. Pour lui, c’est la démonstration de tout ce que la puissance aérospatiale peut offrir.

« C’est là où nous avons une réelle difficulté parce qu’il nous manque des missiles antiradiations, type RJ10, et des missiles aérobalistiques », a reconnu le général Bellanger.

« Ces missiles aérobalistiques sont beaucoup plus difficiles à détecter » tout en étant « plus rapides ». En outre, a-t-il expliqué, ils ont « des capacités de manÅ“uvre en courte finale », ce qui leur permet de « déjouer un éventuel tir de l’adversaire pour l’intercepter ».

« Ces deux missiles nous manquent cruellement. En attendant, on peut faire de la SEAD au travers de l’A2SM, dont la portée serait augmentée [plus de 100 km]. On peut le faire également avec des missiles de croisière de type SCALP EG. Mais ce n’est pas suffisant », a insisté le CEMAAE.

Dans les années 1960, le ministère des Armées avait lancé un projet de missile aérobalistique : le Matra 600. D’une longueur de 9 mètres pour un diamètre de 1,05 mètres et une masse de 8 400 kg, cet engin devait être guidé par une centrale inertielle et un calculateur numérique. Grâce à un turboréacteur, sa portée maximale annoncée était d’environ 2 000 km selon l’altitude de largage. Seulement, pour le mettre en Å“uvre, il fallait également développer un bombardier aux dimensions imposantes. D’où l’intérêt porté au Bréguet Br.1180. Finalement, ces deux programmes furent annulés en 1963, car jugés trop coûteux.

Quoi qu’il en soit, outre le STRATUS RS et le missile aérobalistique, le général Bellanger a également soutenu qu’il fallait compléter cette capacité SEAD par des armements à bas coût pour saturer les défenses sol-air adverses ainsi qu’avec des moyens de guerre électromagnétique pour faire du « brouillage offensif ».

« La SEAD est un impératif parce que c’est le dénominateur commun des défis de l’avant et parce qu’elle constitue une réelle lacune », a affirmé le général Bellanger.

Enfin, un autre point d’attention qu’il a cité concerne le « ciblage ».

« Nous devons nous améliorer sur le ciblage. On sait faire des dossiers de ciblage : ça nous prend du temps mais on sait le faire et on l’a déjà démontré. Maintenant, on doit utiliser l’intelligence artificielle pour faire du ciblage beaucoup plus rapidement » afin de raccourcir la boucle de décision, a expliqué le CEMAAE.

L’enjeu, a-t-il poursuivi, est de permettre au pouvoir politique de décider plus rapidement. « Si on lui donne cette possibilité, c’est lui qui va gagner par rapport à ses adversaires », a-t-il conclu.

Photo : Missile aérobalistique Rocks – Rafael

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44 contributions

  1. R2D2 dit :

    c’est fou tout ce qu’il nous manque ^^’

    • lecoq dit :

      ben la doctrine, il n’y aura plus jamais de guerre, a entrainé l’abandon pur et simple de programmes entier, au lieu de continuer le travail de recherche quitte a s’équiper de manière homéopathique de systèmes dont nous n’aurions plus jamais besoin, pour limiter les coûts …
      maintenant faut tout faire dans le désordre, recherche, developpement équipement et pas en dose homéopathique … ca coûte un pognon de dingue comme dirais l’autre …
      alors que ca n’aurait du être qu’un ramp-up …

      ca me rappelle tous ces cons qui disaient que la dette n’était pas un probleme …

      re-bref !!!

      • LaMeuse dit :

        Soyons plus précis: les CEMAA et les CEMM, le SGDSN, et les politiques qui ont restructuré (Sarkozy, Fillon, etc…) n’envisageaient pas de guerre contre les russes, et surtout pas seuls, chaque allié (surtout s’il est US) apportant son complément .

        L’Ukraine a démontré que tout le monde comptait sur l’autre (sauf les US) et que l’on ne peut compter sur personne (pas plus que les autres ne peuvent compter sur nous).

        Donc, on reprend le sujet à à la base mission, capacités, équipements, entraînement.

      • Relisez-vous SVP dit :

        De programmes entierS.
        Quitte À s’équiper.
        Comme diraiT l’autre.
        Un problÈme.

    • PK dit :

      Mais non, dans 4 ans, on sera prêt pour la guerre…

      On fait la liste aujourd’hui, et hop, magie, demain, le Père Noël nous livre les cadeaux.

      Là, Poutine, il ne la ramènera pas…

      • adnstep dit :

        Ben on peut faire comme les autres et acheter sur étagère aux américains, coréens, israéliens, voire aux Indiens.

        Et puis comme on n’a pas de sous, il n’y a qu’à vendre les bijoux de la Couronne.

        • PK dit :

          « Et puis comme on n’a pas de sous, il n’y a qu’à vendre les bijoux de la Couronne. »

          Voilà, on a trouvé le coupable… C’est l’armée qui a fait le hold-up. Bravo Sherlock : l’affaire est résolue !

        • GotoRaptor dit :

          Attendez, On vient de nous informer que les bijoux ont été volé.

          • PK dit :

            Comment diable est-ce possible ? ZeBigBoss a nommé une spécialiste es-diversité à la tête de la sécurité du Louvres… Il est physiquement impossible de baiser un tel phénomène (comprenne qui pourra).

          • Belphégor dit :

            @PK
            Le Louvre, du Louvre.

  2. ONERESQUE dit :

    Cette analyse des besoins d’avantages de frappe longue-portée SEAD qui restent déterminants face à un réseau de défense très maillé relève d’une série d’excellentes déductions sur les pratiques opérationnelles récentes en CHI !

    1> Effectivement les missiles israéliens ROCKS, AIR LORA et BLUE SPARROW se sont révélés autant de capacités aéro-balistiques clés capables de tracer des couloirs de destruction dans les réseaux sol-air S-300 iraniens. Apparemment, certaines capacités de manÅ“uvres terminales ont été implémentées pour améliorer les chances de survie face aux systèmes sol-air locaux de la zone d’impact. Ils ne sont donc pas que purement balistiques.

    2> Pour les besoins français, le développement d’une variante « rustique » de l’ASN4G peut être une solution. En effet, il paraît évident que développer à partir de zéro, puisqu’il n’y a pas de plate-forme de 4 à 6 t dans la gamme vecteur aérotransportable à propulsion poudre, un simili-Kinzhal coûterait assez cher, en tout cas plusieurs milliards. Là encore, peut-être faire appel à des compétences externes de start-up du new space qui auront des éléments d’étages supérieurs de mini-lanceurs déjà « sur étagères »

    En tout cas, les axes de réflexion généraux des EM se révèlent remarquablement pertinents, ce qui est le signe d’un influence incisive sur les esprits des très nombreuses leçons tirées des conflits CHI ou des interventions lourdes récentes….

    • Ulysse dit :

      En résumé le général explique qu’il manque à l’AAA une arme essentielle dans un conflit moderne. quid des capacités d’anticipation de nos décideurs. comme dans beaucoup d’autres domaines,il faut une guerre pour soulever le voile devant leurs yeux. La fameuse guerre de retard est toujours d’actualité…

      • Twouan dit :

        On en a pas besoin.

        Il nous manque beaucoup de scalp et de mdcn (ou de fman), c’est tout.
        La on va se lancer dans un projet de plus pour gagner quoi? -3 milliards de developpement.

      • adnstep dit :

        les dividendes de la paix…

      • Sempre en Davant dit :

        Vous savez, devant le manque de joints de casque, qui empêchait de bien tendre les filets de camouflages sur les casques, nos soldats avaient parfois une silhouette difficilement reconnaissable.

        Mon initiative : faire remonter vigoureusement et respectueusement une demande de P4 neufs supplémentaires, par la voie hiérarchique n’a rien donné.

      • mich dit :

        Bien sur qu’il faut une guerre pour ouvrir les yeux et ce n’est pas le cas d’ Israël qui le contredira vu qu’ils le sont depuis bientôt 80 ans .

    • Lado dit :

      C’est quoi le « CHI »
      Pour émuler Fabrice…nous aurons donc, si tout se passe bien ,dans la décennie qui vient ce qu’avaient les Israeliens en 2024..!
      Heureusement « nous ne leur vendons rien », »ils n’exposent plus au Bourget »..

    • farragut dit :

      Je croyais que nous avions déjà des projets de lanceurs aéroportées tires depuis un Rafale…
      Est ce si difficile de mettre une charge explosive conventionnelle plutôt qu’un mini-satellite dans l’ogive du lanceur prévu?
      Sans remonter jusqu’au « Super-Concorde » équipé comme un SR-71 avec son drone D21, cela semble à la portée d’un crash-programme en tirant parti des travaux de DA Espace… 😉

    • HMX dit :

      @ONERESQUE
      Comme vous l’indiquez, la solution la plus rapide et « simple » consiste à dériver une version conventionnelle du futur ASN4G. On obtiendrait ainsi un engin hypersonique (mach 7-8) à statoréacteur, d’une portée de 1000-1500km, pouvant être emporté sur Rafale, avec une capacité à manÅ“uvrer en phase terminale permettant de déjouer les défenses aériennes, incluant potentiellement des dispositifs d’aide à la pénétration (leurres embarqués).

      A noter qu’il serait également possible de concevoir une version à lancement naval (voire terrestre) de ce missile, en l’équipant d’un booster largable qui permettrait dans ce cas de viser une portée d’au moins 2000 à 3000km.

      Dans tous les cas, le principal obstacle à vaincre n’est pas technique : il est psychologique et doctrinaire. La France semble en effet réserver les missiles et planeurs hypersoniques (VMAX, ASN4G) à l’usage exclusif de la dissuasion nucléaire, aucun programme conventionnel hypersonique n’ayant jusqu’à présent été évoqué. Alors que tous les autres pays qui développent des programmes de missiles hypersonique conçoivent à la fois des engins emportant soit des têtes nucléaires, soit des charges conventionnelles, parfois de façon duale sur la base du même missile (Russie notamment). Chez nous, nous avons encore des pudeurs de gazelle à ce sujet… content de voir que les choses pourraient évoluer !

  3. Robmac dit :

    Je veux, tu veux, il veut, vous voulez, ils veulent …
    Nous n’avons pas de fric, nous sommes surendettés !

    • UE dit :

      @Robmac. Z’avez qu’à acheter aux Israèliens !! Cela vous coûtera moins cher que de développer une arme, dont personne ou presque ne voudra en dehors de la France…

  4. A l’AAE comme ailleurs à cette époque de l’année, c’est l’heure de la lettre à ?
    Eh non !!!??? ……….
    Oui c’est mieux !!!! A [ Saint Nicolas ].

  5. Yvon dit :

    Fin 2023 Laurent Collet-Billon, ancien DGA, faisant explicitement référence à la LPM, disait: « il faut tout changer « , bien conscient que changer de paradigme chez les militaires est aussi délicat que chez les civils d’autant quand des intérêts industriels et financiers sont en jeu.
    Nous y sommes. Le général Bellanger, pour la seule armée de l’air appelle à la nécessité impérieuse de voir son armée équipée des équipements afférents à la fonction SEAD ainsi que de missiles aerobalistiques. En conséquence de quoi se posent les questions du financement et de la réalisation industrielle
    Pour ce qui est du financement et, compte tenu de la situation de nos finances publiques, il est vain d’espérer des augmentations budgétaires à l’infini. Mais, et Laurent Collet-Billon y faisait allusion, les mutations geostrategiques en cours imposent de revoir les stratégies et les matériels qui y sont attachés. Comment ne pas s’interroger sur la non pertinence d’un porte-avions à mi-temps, d’un Eurodrone bâti sur le postulat d’une utilisation dans une atmosphère sereine, d’un MGCS à même de gagner un remake de la bataille de Koursk qui n’aura jamais lieu ? Et la liste n’est pas exhaustive.
    Quant à l’étude et la réalisation des nouveaux matériels évoqués par le général Bellanger et de tout autre consécutifs à la définition de nouvelles stratégies, elle impose afin d’efficacité de tenir compte des leçons du passé:
    1- pas de programme européen à la sauce bruxelloise avec saupoudrage des crédits entre un minimum d’états qui attendent une tâche à la mesure de leur propre financement. Cela rappelle douloureusement la loi du juste retour qui a fait et fait toujours tant de mal à l’ESA.
    – pas question non plus de coopération sans maître d’œuvre désigné incontestable. Les difficultés et les surcouts de l’Eurofighter sont là pour témoigner de ce qu’il ne faut pas faire. A l’opposé, une coopération type Neuron a prouvé son efficacité avec des coûts et délais maîtrisés.
    – enfin, pour autant qu’une coopération se révèle pertinente, elle n’impose aucun partenaire et doit se définir au cas par cas. La réalisation du SAMP-T en est un bel exemple.

    • NRJ dit :

      @Yvon
      « Comment ne pas s’interroger sur la non pertinence d’un porte-avions à mi-temps » Quelles sont vos interrogations au sujet d’un porte-avion, et plus globalement d’un groupe aéronaval ?
      « d’un MGCS à même de gagner un remake de la bataille de Koursk qui n’aura jamais lieu ? » Qu’est-ce qui vous mène à penser qu’on veut d’un MGCS pour refaire la bataille de Koursk ?

      « A l’opposé, une coopération type Neuron a prouvé son efficacité avec des coûts et délais maîtrisés. » Comme souvent, on mentionne le Neuron comme un exemple alors que c’est un exemple ne représentant rien du tout. Il s’agit d’un simple démonstrateur qui n’avait pas d’enjeu industriel, stratégique et financier pour les pays qui ont fait partie du projet. Il n’y a aucune leçon à tirer d’un projet comme ça quand on veut mener des coopérations.
      Personne ne dit que les coopérations sont une sinécure. C’est un modèle rendu simplement nécessaire par l’inflation des coûts dans le domaine militaire, inflation que l’on observe depuis 70 ans dans toutes les parties du monde.
      Avoir une répartition industrielle claire est en effet une nécessité, mais on doit bien accepter qu’il n’y a jamais de garantie de succès même avec un leader fort. La preuve est le F-35 où Lockheed-Martin a une part primordiale dans le développement. Ca n’empêche pas le programme d’être un fiasco, bien que les sources des problèmes ne soient pas à trouver du côté de la coopération.
      De même un programme en solo n’a pas de garantie de succès, on l’a vu avec notre char Leclerc, qui fut un fiasco d’un niveau pas si éloigné du F-35.

      « enfin, pour autant qu’une coopération se révèle pertinente, elle n’impose aucun partenaire et doit se définir au cas par cas. La réalisation du SAMP-T en est un bel exemple. » On parle bien du programme où le matériel principal, c’est-à-dire le radar, est différent d’un pays à l’autre ? C’est ça votre modèle de coopération ?

  6. NRJ dit :

    Je pense que c’est un gâchis d’argent en l’état actuel des choses. Un missile balistique est une arme complexe et coûteuse, et la probabilité d’intercepter une cible aussi précise qu’un radar est forcément hasardeux, surtout qu’un système AA bouge régulièrement et sera toujours plus mobile.
    La critique de l’efficacité se pose de façon similaire en fait pour un missile antiradar. Mais un missile antiradar a l’avantage d’être bien moins cher qu’un missile balistique.

    La situation sur les missiles balistiques n’est pas pour autant figée. Si la propulsion hybride permet de réduire de moitié le coût des lancements comme l’indique la société Hyprspace, alors il y aura peut-être un intérêt à ces missiles balistiques. Et cet intérêt est non pas de tenter de taper des systèmes AA comme le veut les généraux de l’AAE, mais pour taper des cibles fixes, voire tout au plus des bateaux.
    Mais bon, nos généraux défendent le principe de balancer des missiles à 1 million pour taper des drones à 10 000 euros. Espérons qu’ils n’attendront pas une guerre pour trouver des solutions intelligences et… moins coûteuses. Car oui, la guerre est une question d’argent.

    • wagdoox dit :

      Un missile balistique est un missile a moteur fusee par definition moins cher qu’un missile de croisiere pour une meme charge et une meme portee.
      Si la cible visee est la meme a savoir un radar AA, il faut toujours un systeme de navigation, de pilotage, de ciblage.
      Sur le prix, seul le type de propulsion va changer.
      Le probleme c’est le volume d’un missile fusee, ca pose pas trop de probleme sur un missile air air car la charge militaire est faible. Mais s’il faut prendre une charge type MdCN ou meme exocet… avec une motorisation fusee et sous rafale.
      Le poids du missile risque de monter en fleche. L’oxygene etant dans le missile et pas preleve dans l’atmosphere.
      Jusqu’ou le rafale ira-t-il ? 2 tonnes me parait etre le max structurel, loin de +8t du matra 600.

      Par contre, oui on depense trop dans la SEAD, on a rien aujourd’hui et l’AAE veut couvrir l’integralite des champs du possible. Deux munitions, une low par saturation et une high le FMAN, en rajoutant de la guerre electro de puissance devrait parfaitement faire l’affaire.

  7. Sharpei dit :

    on compare avec les armes israéliennes, mais est ce des armes de conception israéliennes ou américaines ? Si c’est bien Israël, sur quel fond financier le font-ils ? J’ai tjrs été étonné de cette capacité financière à s’équiper d’arme US de dernière génération. Si quelqu’un a une explication ?

    • NORAD dit :

      @Sharpei. « on compare avec les armes israéliennes, mais est ce des armes de conception israéliennes ou américaines ? Si c’est bien Israël, sur quel fond financier le font-ils ? J’ai tjrs été étonné de cette capacité financière à s’équiper d’arme US de dernière génération. Si quelqu’un a une explication ? » Ce sont des armes de conception israélienne. Pour ce qui est des finances, l’Etat israélien a un budget de plus de 25 milliards de dollars.. Ajoutez y l’aide annuelle standard d’environ 4 milliards de la part des US. De plus les industriels israéliens (privés) mettent beaucoup de leurs fonds propres dans le développement.. Et surtout les armes israéliennes se vendent extrêmement bien.. près de 15 milliards de dollars en 2024… Malgré le boycott de certains en Europe, sans même parler de ceux qui empêchent les industriels israéliens d’être présents sur certains salons.. cette dernière mesure s’avérant en fait contre-productive… Car cela leur fait une énorme publicité… Je n’ai pas entendu certains gouvernements européens s’émouvoir du fait que les Iraniens aient exposé sans aucun problème dans le dernier salon de l’armement en Serbie… Candidate à l’UE…

    • NORAD dit :

      Budget militaire, il va sans dire..

    • mich dit :

      Pays en guerre depuis le siècle dernier , donc budget ,recherche et société organisés en conséquence plus soutien US important (financier et aussi capacité de production) dont une partie pour des projets duals .

  8. ji_louis dit :

    Remarque subsidiaire, le Kinzhal russe, qui correspond à la définition d’un missile aéro-balistique à longue portée, est réserve au chasseur-bombardier MIG-31 à cause de sa masse et son encombrement :
    – Sa taille empêche l’emport en soute des avions russes actuels,
    – Son poids empêche l’emport sous voilure des chasseur (ce serait possible pour les bombardiers TU-95 et TU-160, mais compliqué),
    – Son diamètre est supérieur à l’espace sous carlingue des autres chasseurs, seul le MIG-31 a un train d’atterrissage assez long/haut pour emporter ce missile.

    Dans le cas de la France, aucun avion actuel ne pourrait emporter un tel missile, sauf l’A-400 ! Il faudrait donc aussi inventer le porteur du missile, ou un lanceur en soute pour l’A-400 et/ou pour le futur A-321 patmar.

    • NORAD dit :

      @ji_Louis. « Il faudrait donc aussi inventer le porteur du missile, ou un lanceur en soute pour l’A-400 ». Pour un missile « oversize », c’est effectivement la solution. Les US ont dernièrement effectué un test de SM-6 contre une cible hypersonique MRBM. Cette dernière a été larguée par un C-17..https://interestingengineering.com/military/us-hypersonic-missile-defense-test. https://defence-industry.eu/missile-defense-agency-and-u-s-navy-successfully-test-aegis-system-against-hypersonic-threat-video/

    • P4 dit :

      L’ Onera avait un projet de drone baptisé « Eole » pour servir de porteur aérien pour le lancement de mini fusée et j’avais suggéré sur un forum de défense bien connu d’en dériver un drone militaire multi-usage avec notamment la possibilité de tirer des missiles balistiques à tetes multiples, c’était il y a plus de dix ans.

    • HMX dit :

      @Ji_louis
      Un A400M ou le futur A321 XLR pourrait en effet servir de porteur, si nous devions développer un missile aussi gros que le Khinzal (longueur >7mètres, environ 1 mètre de diamètre, masse 4 tonnes). Mais il ne s’agit clairement pas de la voie à suivre pour ce qui nous concerne.

      Comme indiqué plus haut, la France travaille déjà sur un missile hypersonique manÅ“uvrant aéroporté à longue portée : il s’agit de l’ASN4G, successeur de l’ASMP-A. Il se trouve que ce missile sera conçu pour être emporté par le Rafale. Le prix à payer sera une portée moindre : officiellement > 1000km, probablement plus proche de 1 500km selon le profil de vol. Ce missile hypersonique sera conçu pour être manÅ“uvrant, permettant d’assurer sa survivabilité et une haute probabilité de coup au but, même face à des défenses antiaériennes évoluées.

      Il suffirait « simplement » de décliner une version conventionnelle à partir de l’ASN4G, ce qui est très largement à notre portée. Le surcoût serait marginal en termes de développement. C’est la voie du bon sens.

      On pourrait également envisager de décliner une version navale ou terrestre sur la base de cet ASN4G « conventionnel », auquel il faudrait alors adjoindre un booster. On obtiendrait alors une arme d’une portée potentielle de +/- 3 000km capable de pénétrer et détruire les systèmes A2/AD adverses.

  9. PITA dit :

    un missile de 6 tonnes .. ou de 4 tonnes ou même de 2 tonnes … soyons raisonnable .. mais .. ? à partir de quoi on le lance ?
    On a pas de bombardier lourd en Europe ; c’est balo surtout qu’on a une entreprise qui je crois livre 800 avions par an (et pas des petits planeurs..) ; ce n’est pas la capacité qui manque, c’est la volonté ; quand on pense qu’en 1945 les britanniques larguaient des bombes de 10 tonnes depuis des Lancaster ; qu’en 1980 les britanniques avaient + de 100 bombardiers (des vrais.. des gros .. Vulcan Victor etc …) ; on s’est vraiment désarmés c’est dingue

  10. Rogger dit :

    bonjour, bon ils est claire qu’ils nous manque beaucoup de munitions spécifiques pour un engagement de haut technologique…
    maintenant ils est peut-être possible de trouver a moindre coûts certains vecteur compatibles dans les fabricants européens..
    Dans tous le cas le développement de vecteur conventionnelle a longue portée me semblent important et toutes a fait dans nos moins technologiques immédiate…( nous avons le guidage ‘ ils nous fzut un vecteur compatibles zvec les capacité de charge ventrale des Rafale).

  11. Raoul dit :

    le missile aerobalistique souhaité par le CEMAAE est la version aéroportée du MBT d’ArianeGroup (cf. article Challenges), synergie entre les Forces !

  12. Frédéric dit :

    Il y a quelques jours, j’ai vu qu’un programme de  »Missile Balistique Terrestre » d’une portée de 2000 km pour un cout d’un milliard d’euros était lancé :

    https://www.challenges.fr/entreprise/defense/la-france-degaine-un-milliard-deuros-pour-le-futur-missile-balistique-mbt_628157

  13. Vins dit :

    N’étant pas aviateur, j’ose une question bête: comment envisager un raid nucléaire en terrain hostile, type puissance équivalente ou supérieure, sans moyen de destruction ou brouillage des radars ou défenses aérienne adverses?
    Avec une portée de 500 km ( officiel), nos pilotes vont devoir sacrément s’approcher pour tirer!
    Colle Maverick, entre les montagnes et en prenant 10g en montée? Et s’il n’y a pas de montagnes, ou une surveillance satellite?

  14. JILI dit :

    Ils ont raison car cette arme sera excellente pour détruire des défenses ennemies, comme Israël l’a fait des S300 iraniens, et d’autres cibles importantes car il sera très difficile de l’intercepter. Bien sûr, ’il est hors de question de l’acheter à l’étranger car cela constituera une dette et une dépendance à un autre pays, alors qu’en concevoir une, nous apportera de la technologie, des emplois, de l’industrialisation, et des bénéfices amenés par des ventes à l’export.