Le patrouilleur outre-mer Auguste Techer a été admis au service actif

Lancé à Saint-Malo par Socarenam, en décembre 2023, puis transféré à Boulogne-sur-Mer pour y recevoir son armement, l’Auguste Techer, troisième patrouilleur outre-mer [POM] de la classe Félix Éboué, est arrivé à Port des Galets, à la Réunion, le 25 août dernier, après avoir appareillé de la base navale de Brest quelques semaines plus tôt. Et cela à l’issue de plusieurs mois d’essais en mer au large de la Bretagne.
Son transit vers La Réunion, marqué par son premier franchissement de la ligne équatoriale et par une escale en Afrique du Sud, aura permis « d’éprouver sa tenue à la mer dans des conditions météorologiques rudes », avait alors souligné le ministère des Armées.
Pour autant, la vérification de ses caractéristiques militaires [VCM] n’était pas encore totalement finalisée au moment de rejoindre Port des Galets. C’est désormais chose faite… car, selon un communiqué diffusé ce 20 octobre par le ministère des Armées, le patrouilleur Auguste Techer a officiellement été admis au service actif par l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale.
« Dans le cadre du renouvellement capacitaire des forces françaises ultramarines, l’Auguste Techer vient renforcer les capacités navales des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien. Il aura pour missions principales la surveillance des espaces maritimes français, la lutte contre les trafics illicites, la protection de la pêche ainsi que l’appui aux opérations de secours en mer et aux interventions humanitaires », a rappelé le ministère des Armées.
L’admission au service actif de l’Auguste Techer permet surtout à la Marine nationale de disposer à nouveau, avec le Malin, de deux patrouilleurs dans la zone sud de l’océan Indien. Ce qui n’était plus le cas depuis le retrait des P400 « La Boudeuse » et « La Rieuse » en 2011.
Outre le POM Auguste Techer et le Malin [qui sera remplacé par le POM Félix Éboué en 2026], la Marine nationale met en œuvre les frégates de surveillance Nivôse et Floréal ainsi que le bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer [BSAOM] Champlain pour intervenir dans une zone économique exclusive s’étalant sur plus de 2,8 millions de km².
#LaRéunion | Le 3ᵉ POM de la classe Félix Éboué, l’Auguste Techer admis au service actif ! ⚓
🔹 Missions : surveillance, lutte contre les trafics, secours en mer.
🔹 Innovation : mini drone (SMDM) + rayon d’action doublé. pic.twitter.com/Cb9hev887P— Marine nationale (@MarineNationale) October 20, 2025
Pour rappel, avec un déplacement de 1 300 tonnes pour une longueur de près de 80 mètres, une largeur de 12 mètres et un tirant d’eau inférieur à 3,5 mètres, un patrouilleur outre-mer est équipé du système de gestion de combat Lyncea, d’un radar de surveillance Kelvin Hugues Mk11 SharpEye en bande X et d’une capacité de communication par satellite. Armé par une trentaine de marins, il est doté d’un canon téléopéré de 20 mm et de quatre mitrailleuses [soit deux de plus que le Malin, ndlr]. Il peut accueillir un drone aérien de type VTOL et trois embarcations [deux rapides et une autre dite de « servitude »]. Son rayon d’action est deux fois supérieur à celui des P400.
À noter que, selon le Plan annuel de performances [PAP] du programme 146 « Équipement des forces » mis en annexe du projet de loi de finances 2026, les deux premiers POM livrés à la Marine nationale, à savoir l’Auguste Bénébig et le Teriieroo a Teriierooiterai, feront prochainement l’objet d’un « retrofit » pour « pour appliquer les évolutions mises en place sur les POM 3 à 6 ».
Photo : Marine nationale





En cette année 2025, il faut savoir que malgré les changements de gouvernement opérés ces derniers mois, la LPM couvrant la période jusqu’en 2030 est globalement respectée, avec une “marche“ globale de 3,3 milliards d’euros par rapport à l’année précédente.
SOCARENAM, constructeur naval basé à Boulogne-sur-Mer, est le constructeur du POM Auguste Techer. Ce chantier naval fait partie de ces entreprises “moyennes“ de la BITD dont l’expertise est reconnue pour la conception et la réalisation de navires à haute valeur ajoutée en acier et en aluminium jusqu’à 100 mètres, avec un palmarès affichant depuis 1961 plus de 350 navires construits (privés et publics confondus) par un effectif actuel, de 250 ingénieurs, techniciens spécialisés et ouvriers qualifiés.
Un tableau de chasse impressionnant pour une PME !
Ainsi, SOCARENAM est aussi le constructeur du POM Auguste Bénébig qui -le 25 juin, au large de la Nouvelle-Calédonie- a réalisé une saisie record de cocaïne (2,5t) dans un bateau à moteur provenant du Pérou. Le chantier a également lancé en avril 2025 l’Augustin Fresnel, un navire baliseur océanique de 54 m, construit pour l’Armement des Phares et Balises (APB), qui aura pour mission d’assurer la maintenance de plus de 340 phares, balises et aides à la navigation entre le Morbihan et les Pyrénées-Atlantiques. En cours d’essais à la mer, le Rozel, premier Patrouilleur Côtier de Nouvelle Génération (PCNG), marque le début d’une nouvelle série conçue pour répondre aux besoins opérationnels de la Gendarmerie Maritime (Basé à Cherbourg, il contribuera activement à la surveillance et à la sécurité de nos côtes). Mais c’est aussi le POM n°4, le JEAN TRANAPE, qui a rejoint le chantier de Boulogne-sur-Mer pour sa phase d’armement afin de renforcer notre présence maritime en Nouvelle-Calédonie (où il retrouvera son sister-ship, l’Auguste Bénébig) et protéger les eaux de cette région stratégique [Arrivée à Nouméa prévue au premier semestre 2026]. Enfin, SOCARENAM vient de remporter la commande d’un Patrouilleur à Empreinte Environnementale Réduite (PEER) par la DGAMPA (Affaires maritimes), un nouveau navire de 54m armé par un double équipage qui sera affecté à la surveillance maritime ; équipé de deux systèmes de déploiement et de récupération d’embarcations semi-rigides rapides, il effectuera des contrôles en mer de navires de tous tonnages [Il sera basé à La Rochelle et exploité sur la façade Atlantique et notamment dans le golfe de Gascogne ; livraison prévue au second semestre 2027].
Ainsi que l’ont évoqué les ministres Éric Lombard (Économie & Finances) et Sébastien Lecornu (Armées) lors de la réunion du 20 mars 2025 à Bercy concernant le « Financement de la BITD », au moment où l’Europe veut se réarmer face à la menace russe, ces PME “expriment de fortes attentes, quant au soutien de l’écosystème nécessaire à la production, banques, assurances et fonds d’investissement qui sont invités à reconsidérer des critères trop prudents, qui surinterprètent les lois sur le commerce des armes“… En d’autres termes moins élégants, au-delà des mots, s’il est nécessaire d’optimiser les processus industriels, il faut dynamiser un véritable plan national de soutien (Infrastructures, formation, R&D, financement) à cette filière en plein développement [Actuellement la LPM 2024-2030 est dotée d’environ 413 milliards €, et le plein soutien à la BITD nécessitera de trouver une trentaine de milliards d’euros supplémentaires chaque année…].
@Roland DESPARTE.
La LPM indique une trajectoire d’investissement et en aucun cas une engagement de financement, lequel relève du budget annuel.
Étant donné les turpitudes parlementaires et les gouvernements éphémères, on peut craindre que les budgets militaires à venir ne soient pas au niveau attendu. Une belle marque d’irresponsabilité, s’il en fallait une.
Bonjour Yvon,
Oui, mais pour 2025 le budget est acté.
Précisions [si nécessaire]…
La dernière LPM est un « projet politique et militaire » sur 6 ans (de 413,3 milliards d’euros) présenté en 2023 à la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale et au Sénat. Cette “trajectoire financière“ (vos justes propos), après adoption par les Assemblées, est budgétisée ; ainsi, en fonction des besoins exprimés, ladite LPM est répartie par tranches dans des budgets annuels, ce qui a abouti à son inclusion dans un Projet (annuel) de Loi de Finances [PLF]. En 2024, les dépenses de défense ont représenté 59 milliards d’euros [soit 2% du PIB]. Pour l’année 2025 a été initialement “inscrit“ un budget de 47,2 milliards d’euros [Il s’agit donc bien d’un budget, cad par définition : “un Acte par lequel sont prévues et autorisées des dépenses annuelles“ (et bien entendu des recettes).
Le PLF 2025 propose une enveloppe de 50,5 milliards d’euros de crédits budgétaires pour les Armées, soit une hausse de 3,3 milliards par rapport à la Loi de finances initiale de 2024 (La “marche“ dont je parle).
Ce PLF est soumis pour avis au Conseil d’État et au Haut conseil des finances publiques (HCFP) avant son adoption en Conseil des ministres. Ce PLF 2025 a ensuite été déposé à l’Assemblée nationale et au Sénat par le Gouvernement ; ces Assemblées ayant validé par compromis le budget de ce PLF début février 2025 (avec un mois et demi de retard en raison des turbulences gouvernementales et des incertitudes politiques…), ce PLF s’appelant désormais “Loi de finances pour 2025“ [Ont voté contre : LFI + GDR ; se sont abstenus : PS ; ont voté pour : Horizons + LR + RN + Renaissance + LIOT + MoDem].
Le 14 février 2025, la Loi de finances 2025 a été officiellement promulguée au Journal officiel.
À partir du vendredi 24 octobre 2025, à 15 heures, l’Assemblée nationale examinera, en séance publique, la première partie du PLF pour 2026, dans lequel le gouvernement propose d’augmenter les dépenses de mission « Défense » de +6,7 Md€ par rapport à la loi de finances 2025, soit une accélération de +3,5 Md€ par rapport aux évolutions déjà prévues par la loi de programmation militaire 2024-2030.
Reste donc à savoir si le PLF 2026 sera adopté en temps et en heure par les Assemblées, et surtout dans quelles conditions ! [La non ratification engendrera un blocage des « investissements de Défense », et une crise politique majeure, à défaut de Loi spéciale].
Roland, sans vouloir vous vexer, recourez-vous à l’IA pour vous aider à rédiger vos textes ?
Oh là là diront certains…..
Mais pour se rendre à la Réunion « Ce fier vaisseau n’a pas emprunté l’oeuvre majeure de Ferdinand …….( de Lesseps) ». D’autres diront que « c’est parce que les caisses sont vides ». Que « trouver un premier ministre, c’est plus dur que de trouver une aiguille dans une botte de foin, et qu’ils [ ces monstres ], ont détourné un ministre de la défense qui lui faisait bien le travail » . Ou encore et pour d’autres et au hasard [ l’Echouan ] que « c’est encore un signe du recul de la France »…. « Qu’elle est à présent incapable d’acquérir les gros canons ad hoc qui eux rendraient ce patrouilleur apte a affronter [ Lézoutils ] en mer Rouge ».
Ma conclusion perso : A présent et pour la mission en océan Indien ne pas oublier de remplacer les frégates de surveillance, car cela ne peut plus attendre bien longtemps. Régionalement, adjoindre à terme une patrouille aérienne longue distance qui se ferait avec des drones, serait probablement une très bonne décision.
VBD