L’Infanterie française doit renforcer sa préparation au combat de nuit et renouer avec l’art de la ruse

Les retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine ont mis en avant la nécessité pour les forces terrestres de se réapproprier des savoir-faire qui avaient été jusqu’ici perdus de vue, comme, par exemple, le combat et la survie en tranchées.

D’ailleurs, dans le dernier numéro de la revue Fantassins, publiée par l’École de l’Infanterie, le colonel Antoine Naulet, chef de corps du 126e Régiment d’Infanterie [RI], insiste pour que ces compétences oubliées fassent l’objet de préparations opérationnelles spécifiques.

« Le retour brutal d’affrontements symétriques, la densité des feux, la numérisation des espaces de combat et la mise en Å“uvre massive des drones redéfinissent les schémas d’action hérités des engagements contre-insurrectionnels. Dans ce contexte, la finalité de l’instruction n’est pas simplement de former à exécuter des procédures. Elle consiste à préparer des soldats capables de survivre et de s’adapter aux conditions changeantes du champ de bataille. Surtout, elle doit permettre de durer dans un environnement marqué par la létalité accrue, la transparence du champ de bataille et la saturation technologique », fait d’abord valoir l’officier.

Évidemment, le colonel Naulet ne manque pas de citer le combat de tranchées, qui « semblait appartenir au passé » mais que « l’absence d’avancée majeure sur le front ukrainien a remis au goût du jour ». Et cela nécessite une préparation spécifique, tant les « contraintes physiques et psychologiques sont élevées », avance-t-il. Aussi, selon lui, « l’instruction doit être centrée sur la résilience physique, la maîtrise des espaces confinés, le tir rapproché et l’organisation du feu collectif ».

Mais le combat de tranchées n’est pas le seul savoir-faire sur lequel l’infanterie française doit mettre l’accent : le combat de nuit est tout aussi important.

« Trop souvent considéré comme un domaine annexe, le combat de nuit retrouve une pertinence majeure. La nuit était historiquement un multiplicateur d’avantage, mais l’omniprésence des moyens optroniques et thermiques impose de maîtriser la manœuvre nocturne pour éviter l’observation probable », rappelle le chef de corps du 126e RI.

Or, poursuit-il, les « forces ukrainiennes ont montré que la nuit est à la fois une protection contre la menace des drones et une opportunité d’action ». Seulement, cela exige une préparation spécifique pour « progresser en silence et mettre en œuvre les moyens optroniques », explique le colonel Naulet, qui estime par conséquent nécessaire de « réintroduire l’entraînement nocturne intensif, avec un réalisme poussé » afin de « restaurer cet avantage décisif ».

Autre savoir-faire qu’il faut cultiver : la « déception tactique ». Pour le colonel Naulet, avec la numérisation du champ de bataille et l’omniprésence des drones, le camouflage n’est plus suffisant. Cependant, poursuit-il, il « passe par des leurres thermiques, de fausses positions et des mouvements de diversion ».

Sur ce point, les Ukrainiens ont rappelé l’efficacité de procédés simples, mais ingénieux. Ces savoir-faire, bien connus, mais délaissés, doivent redevenir des priorités de formation. La formation doit réapprendre à penser en termes de ruse et de créativité et non plus seulement en termes de puissance de feu », conclut le colonel Naulet.

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82 contributions

  1. mich dit :

    Un peu surpris quand même que l’on doive « réapprendre  » autant de principes , de même la guère en Ukraine c’est une chose mais reflète elle complétement les combats de demain vu les manques nombreux sur le terrain .De plus se pose particulièrement pour l’armée de terre le fait d’avoir en « masse » des humains sur le terrain tant d’un point de vue technologique que sociétal . J’attends avec impatience l’ analyse bien sur non orienté de @Raymond75.

    • mich dit :

      encore désolé pour le correcteur auto mais depuis le portable c’est encore plus galère !

      • Quand il n'y en a plus, il y en a encore dit :

        On a vu bien pire :

        Reflète-t-elle.
        Bien sûr.

        • Correcteur orthographique dit :

          Je ne vais plus guère en Ukraine, depuis que la guerre y sévit !
          P.S. Pour moi la guerre en Ukraine est une guerre asymétrique « post- impériale », un cas particulier comme bien souvent, hélas…

          • Quand il n'y en a plus, il y en a encore dit :

            Honte à moi. Cette « ‘guère’ en Ukraine » était pourtant fort voyante.

    • dolgan dit :

      Jamais vu un chef casser du sucre sur son prédecesseur?

      Prétendre que l armée FR a négligé le combat nocturne, c est vraiment pas sérieux.

      • mich dit :

        C’est un peu ce que je pensais étant quand même au fait de certaines choses ,mais bon je ne suis pas dans un régiment de l’ armée de terre non plus donc je ne peux pas faire de jugement précis .

      • Sempre en Davant dit :

        Combien de régiments d’infanterie ont un atténuateur de flamme et de son + une optique de tir nocturne + une JVN par soldat ?

        Cette nécessité c’est faite jour en Irak en 2004 ou 2005.

        • Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? dit :

           
          Cette nécessité S’est faite jour.

  2. JILI dit :

    Incroyable que dans l’éducation militaire actuelle, le combat de nuit et d’autres ne soient plus ou si mal enseignés. Surprenant que la considération d’une journée entière qui comprend le jour et la nuit n’amènent pas une éducation militaire conséquente. De même et comme dans un ancien passé je l’ai vécu, tous les types de terrain dont la montagne et la ville, doivent être enseignés et y entraîner des stages afin que nos soldats y soient operationnels, efficaces, et surtout puissent y défendre efficacement leur propre vie. A la lecture de ces manquements en formation, on comprend aisément que des bureaucrates et technocrates ont fini par prendre la place de véritables militaires pour décider de ce qu’ils ne connaissent pas, et c’est vraiment dramatique pour notre armée comme cela l’est dans notre industrie, nos finances, notre sécurité et ailleurs.

    • Tartempion dit :

      Le combat de nuit, les manÅ“uvres sur le terrain dans la boue et le froid ont été depuis longtemps abandonnés pour endiguer les taux d’attrition , éviter l’usure du matériel au profit de simulateurs et bataille en salle de cours chauffée ou climatisée.On se souvient des manÅ“uvres aquillon ou tramontane lors desquelles, des régiments entiers étaient projetés à 200 km de leur zone de confort pour soumettre cadres et MDR à des contrôles opérationnels….
      De tels mouvements aujourd’hui auraient pour conséquences des arrêts maladies, des ruptures de contrat, des absences irrégulières etc….

    • J'y lis bien des choses dit :

      Vous ne seriez pas un tantinet obsédé, vous ?

  3. KEL-TO dit :

    retour vers le stage  » pièges à c..s » , mécanisés informatisés dronisés les derniers 100m seront toujours l’Å“uvre du fantassin.

  4. Prof de physique (et un peu rôliste) dit :

    (Pour les initiés)
    Le colonel Antoine Naulet veut utiliser la ruse.
    Alors Crôm rira de lui et il ne l’acceptera pas dans son Valhala !

    Mais ce n’est pas grave. On raconte que la nourriture y est exécrable.

  5. Leboeuf dit :

    parait que dans l’armee il y a de l’entrisme, etrange de de dire qu’il faut renouer avec l’art de la ruse.

    cest pour leur donner encore un peu plus les moyens de nous nuire demain ?

    • MAS 36 dit :

      Plutôt que « d’entrisme » à votre propos je parlerai de tentative d’infiltration , en espérant que ces réajustements vous nuisent un maximum.

    • Why not dit :

      Hier, il disaient suivez le boeuf. Aujourd’hui, hélas, on en voit les résultats…

      • Meuh dit :

        Ne mettez pas toutes les vaches dans le même pré.
        Et puis moi, je préfère suivre le taureau, vu qu’il manque des attributs essentiels au bÅ“uf.

      • Hile, il, île, îles, Ill, Ille, ils, -yle dit :

        Ils disaient.

    • Diacritique dit :

      L’armée.
      Étrange.

  6. weingarten dit :

    A cet effet je leur conseille l’exellent  » manuel d’infanterie à l’usage des sous-officiers et « ,caporaux » édition Lavauzelle Paris -Limoges 124 bld st germain Paris dans sa 497 édition de 1924 en particulier la page 440 sur le combat à la baïonnette ,(il manque grave déficit celui avec une pelle à gâteau ) Absolument complet ce manuel en avance de 3 guerres nous évitera la perte de la quatrième

    • Clavier dit :

      Comme nous perdrons celle d’Ukraine , il va falloir réécrire pas mal de chapitres….!

      • Bangkapi dit :

         » nous perdrons « . Qui les russes ? Les otaniens qui n’y ont encore pas mis les pieds !

        • Joël Cambre dit :

          Les Otaniens y ont mis des centaines de milliards en argent et armement, sans oublier le soutien en renseignement, car ils font la guerre par procuration avec le sang des Ukrainiens. Quel courage… 😉

      • Hironoda dit :

        C’est en effet la réflexion que je m’étais faite : on nous rebat les oreilles avec les savoir-faire ukrainiens, leurs innovations techniques et tactiques quand … ils perdent la guerre sur le terrain. Il serait peut-être bon de s’intéresser aussi à ce que font les russes.
        Quant à la guerre telle qu’elle se déroule là-bas, tranchées, manque d’hygiène et de confort, stress permanent dû aux drones, fort taux de létalité et de blessures graves avec un Service de Santé des Armées sous dimensionné, il n’est pas certain que nos soldats occidentaux (officiers, sous-officiers, militaires du rang) puissent tenir très longtemps. Sentiment que je partage avec des personnes autorisées.

        • mich dit :

          Vous pensez que nous aurions combattu avec les même moyens que les Ukrainiens ? si c’est votre sentiment .

        • Fouyouyouye dit :

          « Sentiment que je partage avec des personnes autorisées. »
          Mais c’est qu’il connaît du beau monde, le monsieur !

      • Khops dit :

        Première fois que je vois un pro russe avoué qu’ils perdent la guerre. C’est bien vous avancer camarade Clavier

        • Avance, Hercule ! dit :

          « C’est bien vous avancer » (c’est vous mettre très en avant) ou « C’est bien, vous avancez » (bravo, vous progressez) ?

        • Nous avons les moyens de vous faire parler. dit :

          Que je vois un pro-russe avouer.

      • Qui borde dit :

        Nous ne sommes pas en guerre en Ukraine. Les seuls perdants de cette guerre seront la Russie ou l’Ukraine.

        • PK dit :

          « Nous ne sommes pas en guerre en Ukraine. »

          Vous devriez en parler avec nos chefs politiques qui ont un tout autre discours… surtout le Big Boss(e !) qui voit des guerres partout…

          • Goose dit :

            Ouais, mais le Big Boss(e !) et autres politiques, ils sont dans leur rôle, font ce qu’ils veulent et disent ce qu’ils souhaitent.
            Mais dans les faits ? Est-ce que vous vous sentez en guerre avec la Russie (ou avec l’Ukraine pour vous…), hormis en parole ?
            Votre vie n’a pas changé, vous mangez à votre faim, vous allez de temps en temps au cinéma ou faire du « shopping » main dans la main avec madame, vous allez peut-être changer de bagnole demain et surtout, ni vous, ni votre enfant ne vous trouvez dans le Donbass !
            Au contraire des Russes et des Ukrainiens.
            Donc non, nous ne sommes pas en guerre…
            Il vous faudrait apprendre le sens des mots.

  7. Momo27 dit :

    Je dirais renforcer sa préparation au combat de tous les jours et partout! quand je vois tous les inaptes ou apte avec restriction dans mon bataillon ça fout la trouille! le comble c’est que dans un régiment d’infanterie on ne marche plus à pied, par contre à l’ordinaire on mange toujours bien Ave…

    • rainbowknight dit :

      « prépartaion au combat de tous les jours et partout  » toi t’es pas marié sinon le combat tu n’en demanderais pas et crois moi.. plus la marmaille ça fait perdre bien des batailles . Vite fuyons, la lâcheté ça a du bon.
      Plus sérieusement c’est un constat qui s’adresse à qui ? La « masse » peut être, parce que ce que semble ignorer le rédacteur c’est que tous ne se sentent pas concernés par sa découverte…. Voilà ranimé le débat entre FS et la plus large composante de nos armées….

  8. Sempre en Davant dit :

    Il est presque malhonnête de réagir sur quelques éléments éparts, pourtant : en avant nous autres !

    Il n’y a pas de combat de tranchée sans tranchée : donc le fantassin doit d’abord apprendre à les construire. (Allez voir les marbriers près du Régiment, ou à Paris, qu’ils vous expliquent ce qu’il y a comme complications à creuser une fosse à coté d’une ancienne chapelle. Ne soyons pas trop exigeant : quand vous le ferez par une nuit sans lune l’entrainement pourra commencer.)

    Il n’y a pas besoin de tranchée tant que la mobilité est possible : donc d’abord comment ne pas perdre sa mobilité? L’infanterie doit perdre sa dépendance à ses blindés cela à des implications physiques et logistique : faut marcher, boire, manger etc.

    Il n’y a pas, d’abord, de tir à courte distance dans une tranchée bien tenue, sauf si l’on investit celle de l’ennemi, car c’est à l’abri, mais par les feux que l’on tient celui ci à distance.
    Il faut au préalable avoir une portée et une précision supérieure à celle de ceux d’en face. Que ce soit par le tir avec l’armement de petit calibre pour les tirs directs, par les tirs indirects des mortiers de 60, 81 et 120, ou par les tirs au delà (portée) ou hors (dissimulation, relief, tunnel…) de la vue directe avec les drones.

    Il n’y a pas d’exclusivité de l’INF dans les moyens de visions nocturne. il lui en faut comme il lui faut des « suppressors » donc en français des atténuateurs de bruit et de flamme. Mais ce besoin est aussi celui du tringlot ou de l’artilleur… comme des sapeurs.
    La question de l’emploi des « vues » via des drones « périscopes » ou des drones de recos va bien occuper tout le monde : bon courage.

    Et forcément les ripatonantes nocturnes sans aucun moyens modernes une priorité. Les plus de 30 ans carottes -myrtilles… Les plus de 50 (j’en suis !) une canne blanche camo ?

    Quant-aux combats dans les tranchés, des drones qui roulent, qui rampent, qui flottent et qui « font le ménage » il y en aura des deux cotés.

    Et s’il faut vivre dans ces conditions, le péril fécal, le ravito, toussa… Genevoix et les oignons sous la cendre !

    Deux liens https://information.tv5monde.com/economie/un-cours-de-pilotage-de-drones-une-premiere-dans-un-lycee-polonais-2794413
    https://www.opex360.com/2024/10/12/innovation-de-defense-une-cape-dinvisibilite-a-recu-le-prix-de-laudace/

    • FUSCO dit :

      @Sempre, j’aime bien ce que vous avez écrit. Un retour à certains fondamentaux en somme. Comme le disait un ancien commandant de l’ENSOA  » Les élèves doivent apprendre ce que c’est que d’avoir froid, d’avoir mal ». Gageons qu’il y a un fossé entre les joueurs de COD aux doigts graissés par les chips, ou leurs alter ego dronistes et la réalité du combat d’infanterie éternel, à plus forte raison de nuit. mais il ne faut pas cependant se priver de ce que la technologie nous offre, en se rappelant tout de même que dans mode dégradé il y a dégradé.

      • Sempre en Davant dit :

        La formation à l’ENSOA devrait durer un an pour que les élèves « profitent » de la mauvaise saison.

        Il est probablement nécessaire de faire plusieurs promotions par an et certains auront donc un entraînement préalable plus ou moins long mais il faut s’adapter.

        Ca leur donnera le temps d’apprendre à porter une tenue de ville avec veste, cravate etc.

        Les britanniques ont raison d’entretenir cette tradition de « club ».

        C’est au point qu’ils sont en « civil » pour reconnaître les défilés comme pour le couronnement.

        Un apprentissage à vie de la tenue.

    • VinceToto dit :

      « Les plus de 30 ans carottes -myrtilles… Les plus de 50 (j’en suis !) une canne blanche camo ? »
      Vous avez déjà vu des troupes la vingtaine d’années d’origine citadine moderne de nuit en foret même par nuit claire et pleine lune? Déjà qu’ils n’utilisent pas le mode nuit sur leurs smartphones, tablettes car c’est trop sombre pour eux. En plus les gens ont les yeux explosés à causes des phares led de nuit.

      • Diacritique dit :

        Ne pas confondre « forêt » (avec un accent circonflexe) et « foret » (sans accent).

        Une forêt : une grande zone couverte d’arbres.
        Un foret : ce qu’ont met au bout d’une perceuse.

    • Cantatrice dit :

      S’il vous plaît. Quant aux. Sans trait d’union.
      Quant aux combats dans les tranchés, des drones qui roulent, qui rampent, qui flottent et qui « font le ménage », il y en aura des deux côtés.

    • Il paraîtrait que le verbe ripatonner s’écrive avec deux n et donc qu’une ripatonnante aussi, même dissimulée dans l’obscurité nocturne.

    • ÃŽles Éparses dit :

      Un élément épars, quelques éléments épars.
      Une maison éparse, des maisons éparses.

    • Entrecôte dit :

      Il y a bien plus que deux cotés. Rien que dans le CAC40 il y en a déjà quarante (comme son nom l’indique), mais plus de 800 entreprises sont cotées sur la place de Paris.

      D’un autre côté, les histoires de côtés c’est plutôt une question de géométrie.

    • dolgan dit :

      Sur la mobilité, marcher, c est perdre sa vitesse et donc sa mobilité. On arrive donc vite a une situation de tranchées.

    • Relisez-vous SVP dit :

      Quelques éléments épaRs
      Ne soyons pas trop exigeantS.
      Cela A.
      Des implications physiques et logistiqueS.
      Les moyens de visioN nocturne.
      Des drones de recO.
      Les « ripatonNantes » nocturnes.
      Sans aucun moyeN modernE.
      Des deux cÔtés.
      TouT Ça.

    • Sempre en Davant dit :

      Oui j’ai écrit trop vite et sans me relire… Désolé : je vais encore faire trop vite.

      Comme je le pressentais, l’article de Fantassin est plus complexe et il met davantage l’accent sur l’instruction comme clé de l’adaptation. N’ayant pas lu tout les articles je suppose qu’un autre présente les moyens de tirer les enseignements et de s’adapter, qu’un autre encore envisage les rotations entre le front, l’arrière, la perm et l’entrainement : si ça se trouve il y en a qui ont lu le LtCol Goya… Ou au moins une version Annabac « faites breveter votre intelligence » 😉
      C’est un choix éditorial qui nuit un peu à la cohérence de chaque article.
      Qu’importe, que chaque compagnie de chaque régiment essaie au mieux, et que par la confrontation des idées, le nouveau règlement soit meilleur même s’il doit être renouvelé bientôt.

      Fusco,

      Oui-da !
      Une des choses que je n’ai pas faite, c’est faire sautiller mes bonshommes avant chaque déplacement, pour vérifier qu’ils étaient silencieux, compléter les gourdes etc.
      Il y avait tellement d’autres choses que même les « sous off sacrifiables » qu’on envoyait faire l’instruction ne savait pas vraiment…
      Mes recrues étaient presque toutes dans un tel état physique et si peu instruites qu’il fallait s’en tenir à l’essentiel de l’apprentissage immédiat. Après les cinq- six semaines de FIC ils connaissaient leurs armes par cÅ“ur même s’ils n’avaient pas tirer en rafales illimités et ils savaient (sauf quelques incorporés « action sociale ») la manipuler sans danger pour eux ou autrui, nettoyer et garnir un chargeur… et ils avaient du journal sec pour mettre dans leur brodequin le soir des marches, avant d’appliquer le cirage et de lustrer le lendemain.
      Le reste pouvait attendre la poursuite de leur instruction après affectation au régiment.
      Certaines choses doivent être apprises d’emblée et bien apprises.
      La bovinante est indispensable, taper dans toutes ses limites est indispensable, apprendre à rester juste sous ses limites aussi… Rien n’est plus dangereux qu’un « cadre » qui parle de « dépassement de soi » sans songer « là on est mort ». Rien de plus difficile que de lire la fatigue des recrues. Et de juger de sa propre lucidité.

      J’ai eu la grande chance d’apprendre l’équitation avec des Demi-Dieux de Saumur ayant eu aussi de beaux états de service de sous offs opérationnels. L’usage de l’étrier pour monter à cheval était banni. Descendre de cheval se faisait en claquant les éperons au dessus de la croupe. Et tout cela devenait possible par dix pompes, dix triceps, dix abdos dix squats à l’instant du réveil, puis pieds sur le lit puis 20 puis 100… Et bien sur l’inspection des chevaux et cavaliers, présentés au montoir c’est-à-dire aligné au milieux du manège pour que l’inspection permette d’autoriser à monter à cheval ou imposer le renvoi aux écuries. , après les tours de détentes, cheval tenu à la main quand chacun entrait au manège…
      Nous avions bien peu d’accident… Si je n’ai cassé personne c’est grâce à cet enseignement.

      VinceToto

      Le sucre est une catastrophe pour la vue. Pas de céréales, de pitch de biscuits, pas de fruits, pas de jus de fruit au réveil… Rien de sucré avant 10h et jamais de soda à table. La cataracte va faire des ravages… le diabète aussi.
      Pareil : le haut parleur remplace l’usage décent du téléphone : tous sourds!
      Reste qu’il est vexant d’envisager de sortir la frontale pour rentrer de la pêche quand il y a de la lune. Pour qui se souvient que c’est juste qu’il est difficile de lire une montre à la tombée de la nuit et que les vacances de la Toussaint sont une excellente occasion d’aller voir ce qui ce passe de l’autre coté de l’île « pas vu pas pris » et que l’eau n’est jamais froide quand ça mord.

      Blague à part : la compétence « avec moyen technique » doit être une surcouche sur l’entrainement « naturel ». Il faut toujours repartir de la base. Les fantassins que j’ai le plus vu à l’entrainement étaient du 3éme RIMA ou du 1é RI. Troupes professionnelles, leur entrainement était lent. Volontaires ils ne subissaient pas le « sport disciplinaire » des mauvais sujets et de leurs camarades de hasard. Certains apprennent lentement mais n’oublient jamais… Et, après, ils s’appelaient mon Adjudant… les bougres.

      Les Petits Pédestres,

      https://www.ripaton.fr/ ayant cherché et trouvé…

      Dolgan,

      On ne marche pas là ou on peut rouler, on marche là ou quand on ne peut pas, on s’enterre pour ne pas reculer et on repart quand les copains ont relancé le mouvement.

      Le problème c’est le trimbalons. Car il faut des moyens et que la place est rare sous blindage et dessus. Dans quelques postes assiégés d’Indochine les mortiers avaient été essayés pour passer des messages, des médicaments ou du perlot d’un poste l’autre. L’infanterie doit réapprendre a vivre sur le terrain en tout temps et tout lieux.
      Certains types de drones pourront compléter la logistique ou la suppléer. Reste les questions de discrétion etc.
      Et les savoirs faire façon bâtiments et travaux publiques, les bras et les mains rudes pour la pioche et la pelle :https://parmontsetparforts.fr/construction-tranchees-fortification-passagere/

      Cela n’a rien a voir avec les missions depuis les FOB, d’une FOB l’autre etc.

      Bref, vous avez vu la photos du jolis groupe tout vert et tout « groupir ». Ce n’est pas qu’il faille oublier l’aptitude à être un SWAT TEAM pêchu de l’espace. Mais il faut se souvenir du risque éclat et être capable de marcher de nuit avec 10m entre chaque homme.
      Nous enlevions le casque la nuit. Nos pieds, nos oreilles et nos yeux entraînés nous évitaient beaucoup de chutes après apprentissage. Seuls les contrôles PAM (personnels, armement, munitions) répétés à chaque halte nous permettait d’aller chercher le copain qui s’est endormi sitôt posté… PAM pas RAS ? Souvent.

      • VinceToto dit :

        Sucre? Cela dépend des personnes. Soda? Ah non, mais les bonnes pâtisseries au beurre et les bons fruits c’est bon pour la vue et la santé en plus de défendre notre civilisation. Viennoiseries et chocolat noir pour les diabétiques.

      • Agora dit :

        Les travaux sont comme les bancs, ils sont publics (surtout ceux des places publiques).

      • Relisez-vous SVP dit :

        « Désolé : je vais encore faire trop vite. »
        Visiblement (et c’est bien dommage) :

        L’article de FantassinS.
        TouS les articles.
        Une des choses que je n’ai pas faiteS. / Une chosE que je n’ai pas faite.
        Les « sous-off sacrifiables » (…) ne savaiENt pas.
        S’ils n’avaient pas tirÉ en rafales illimitéEs.
        Dans leurS brodequinS.
        Et bien sÛr.
        Présentés au montoir c’est-à-dire alignéS au milieU.
        Bien peu d’accidentS.
        Les fantassins que j’ai le plus vuS.
        Du 3E RIMA ou du 1ER RI.
        Réapprendre À vivre.
        Les savoiR-faire.
        Bâtiments et travaux publiCs.
        Rien À voir.
        La photO du jolI groupe.

  9. Robmac dit :

    Je croyais que les OPEX africaines avaient fait de l’armée française une armée hyper opérationnelle !

  10. Jean dit :

    Il est vrai que faire des manœuvres de divisions/brigades interopérables avec les alliés pose une question majeure :
    -Les règles des wargames et de l’érosion statistiques des troupes sont elles en adéquation avec le prochain conflit de haute intensité?
    Probablement plus, l’attrition réelle sur les TO a considérablement changé, les kilomètres parcourus, les taux de pertes…la liste est longue, sont à revoir dans les règles/modèles d’entraînement des états majors.
    L’infanterie devient plus polyvalente, plus technique, plus équipés en vecteurs variés…du FA au drones FPV.
    Nous devons nous adapter pour coller à la réalité du moment et être capables de s’adapter à la suivante.

  11. lxm dit :

    Il est minuit, la sentinelle fait sa ronde, quand tout à coup un craquement de branche.
    – « qui va là ? »
    réponse:
    – « miaou.. »

    L’art de la ruse.

  12. VinceToto dit :

    Si ils n’arrivent pas à passer à travers un plan Hibou après avoir bu une bouteille de Vodka: recalés.
    (humour)

  13. Olivier C dit :

    C’est surtout avec l’art du « il faut cesser d’être gentil avec nos ennemis » qu’il faut renouer… et pas seulement au niveau des militaires

  14. Vins dit :

    Bref on nous explique comment faire ce que font les ukrainiens… ça c est de l’innovation!
    Sinon, y a pas des stratèges là haut?
    Comment éviter une guerre de tranchées.
    Comment maîtriser le ciel.
    Dont on regardé BFM et on refait pareil.
    C’est peut être bfm le game changer…

  15. rainbowknight dit :

    Nuit – Ruse, ne serait-il pas « hors sol » notre stratège ? L’exemple qui met sur les dents toutes les polices de France montre bien qu’il n’est pas utile d’agir de nuit ni même de feindre d’ être intelligent…
    Quatre pinpins motivés, il est vrai que l’appât du gain est un vrai moteur de motivation, suffisent à interroger toutes les certitudes de nos penseurs et ridiculiser notre Grandeur…..

    • Nimbus - parfois cumulo dit :

      Le plus gros problème est qu’îls étaient cinq en face, mais a priori pas vraiment des fans de close combat… des syndiqués pas très vaillants. On ne connaît pas non plus les limites de leurs obligations.

      • Hile, il, île, îles, Ill, Ille, ils, -yle dit :

        Je, tu, il, nous, vous, ils.

        Ils étaient.

  16. Moussa caca boudin dit :

    des leurres thermiques, de fausses positions et des mouvements de diversion
    y’a combien de taulards ets d oqtf dans les teritoua de chez en fwans?

  17. Alfred dit :

    Effectivement, le combat de nuit etait encore enseigné dans les années 70 . Il portait essentiellement sur la portie mobile (infiltration, repli) et peu sur la partie statique (trou individuel). Les moyens se limitaient pour l’essentiel aux bonnettes de detection IR et aux manchons de tir à pastilles fluorescentes. L’essentiel reposait sur l’humain (écoute des bruits, repérage des formes et des mouvements avec l’iris de l’oeil, pas déroulé et treillis ajusté pour limiter les bruits pendant les deplacements). Il y avait bien des Rasura, mais seulement entendu parler. Les amplificateurs de lumière , en etaient encore au stade de l’experimentation. Par contre la formation apprenait à ne pas se charger inutilement et à profiter des répits pour se reposer, marche y compris. Pour la nourriture, c’etait ration et1,5 litre d’eau/jour en planque (pastilles de desinfection et antesite pour celle trouvée en chemin) et nettoyage derriere soi (feux et clopes interdits évidemment). Les drones et l’optronique n’empêchaient pas encore de respirer.

  18. zorgawa dit :

    La ruse, c’est pourtant simple : il suffit de ne respecter aucune règle.

    • Alfred dit :

      La ruse, comme le reste, ne s’improvise pas. D’abord être renseigné ou à minima observer le dispositif de l’adversaire (position. moyens et effectifs). En deduire ses possibilités de riposte (regroupement et delai d’intervention au profit d’un point attaqué). Et partant de là, arrêter un plan pas trop alambiqué qui allie la surprise à la rapidite d’execution. (La diversion necessitant, quant à elle, des moyens et une organisation plus lourde, ainsi qu’un timing précis en liaison avec l’attaque). La règle à ne jamais oublier concerne l’itineraire de repli (soit après destruction de l’objectif, soit en cas d’os (à moins de devoir s’emparer et tenir, ou d’être suicidaire). Les plus audacieux peuvent parier sur le conformisme de l’adversaire, mais il faut des nerfs d’acier et que le terrain s’y prête.

    • PK dit :

      Mais celui qui respecte la règle de ne rien respecter, surtout pas les règles, il est prévisible, car il suit une seule règle, non ?

    • Duralex dit :

      Au contraire, cela est encadré juridiquement.
      Ne confondez pas la ruse de guerre et la perfidie. La première est autorisée par la convention de Genève, la seconde est interdite et constitue un crime de guerre :
      « La pratique de la ruse de guerre est jugée comme parfaitement licite par la convention de Genève de 1949 à condition :
      – qu’elle n’enfreigne aucune règle du protocole ;
      – qu’elle ne comporte pas de perfidie ;
      – qu’elle ne soit pas mentionnée parmi les « ruses interdites ». »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruse_de_guerre#Ruses_de_guerre_interdites_et_perfidies

  19. piem dit :

    « … doit renouer avec l’art de la ruse »
    Excellente idée.
    Qui à part Bonaparte.
    Le Général Bigeard ?
    Poutine plutôt, non ?
    l’Intelligence Artificielle ?
    Il n’existe pas d’art de la ruse, mais seulement des systèmes D quand la mort est à vos trousses.
    Les Ukrainiens le font tous les jours

  20. Athos dit :

    Enfin..du bon sens..mais il y a des années que cette réflexion?, devrait être effective..Mais nous connaissons le laxisme de certains responsables..preuves des vol du Louvre..mais ds qqs jours, le responsable de la déliquescence de notre Patrie continuera..ils leurs faut qu’un SNA soit kidnappé..ou bien qu’une base de ( Rafales ) ou l’Ile Longue soient vandalisés par un commando en robe longue…
    Il nous faut un chef un vrai chef .,?!

    • ĀĒĪŌŪ dit :

      Donc, si l’infanterie néglige depuis longtemps la formation au combat de nuit, célafotamacron ?
      Sur mon balcon, une de mes plantes a été bouffée par des limaces, célafotamacron aussi ?

    • Relisez-vous SVP dit :

      Des volS.
      IL leuR faut.
      Qu’une base de RafalE ou l’Ile Longue soient vandaliséEs.