Des missiles Hellfire ont été tirés pour la première fois par un drone MQ-9 Reaper de l’armée de l’Air & de l’Espace

Quand les premiers drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] MQ-9A Reaper furent livrés à l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], la question de leur permettre de mettre en œuvre des munitions air-sol n’avait pas encore été tranchée, notamment pour des raisons éthiques et morales.
« Demandons-nous cependant ceci : quelle différence existe-t-il entre un missile tiré depuis un avion de chasse et un missile tiré depuis un drone ? », avait demandé Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, en 2016. La réponse était dans la question : aucune, à la condition que les règles d’engagement soient clairement définies.
En outre, alors que les forces françaises combattaient les groupes jihadistes au Sahel, un drone MALE armé était susceptible de leur offrir un avantage opérationnel évident, en réduisant considérablement les délais entre la détection d’une cible et une frappe. Ce fut d’ailleurs l’un des arguments avancés par Florence Parly, alors récemment nommée à la tête du ministère des Armées en septembre 2017, pour justifier la décision d’armer les MQ-9A Reaper de la 33e Escadre de Surveillance, de Reconnaissance et d’Attaque [ESRA].
La première frappe d’un Reaper au standard Block 1 fut effectuée en décembre 2019 par l’escadron de drones 1/33 « Belfort », lors d’une opération de la force Barkhane dans la forêt de Ouagadou, près de Mopti [Mali]. L’appareil avait ainsi largué deux bombes GBU-12 de 250 kg sur une position jihadiste.
Depuis, les MQ-9A Reaper de la 33e ESRA ont été progressivement portés au standard Block 5, ce qui a permis d’élargir la gamme de munitions qu’ils peuvent emporter. Ainsi, ils sont désormais en mesure d’utiliser des bombes GBU-49 et des missiles air-sol AGM-114 Hellfire de facture américaine.
Jusqu’à présent, la 33e ESRA n’avait pas eu l’occasion de tirer des Hellfire avec ses MQ-9A Reaper. C’est désormais chose faite.
« Cette semaine, quatre missile Hellfire ont été tirés pour la première fois par nos équipages ‘Reaper' » dans le cadre d’une « campagne d’expérimentation conduite par le Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] et la 33e ESRA », a en effet annoncé le général Jérôme Ballanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], via le réseau social LinkedIn.
Pour rappel, l’AGM-114R Hellfire II est un missile à guidage laser semi-actif, doté d’une charge IBFS [Integrated Blast Frag Sleeve] censée limiter les dommages collatéraux. Sa portée est comprise entre 8 et 11 km. Enfin, d’une masse de 49 kg, il peut voler à la vitesse supersonique de Mach 1,3.
« En dotant nos MQ-9 Reaper de missiles Hellfire, nous élargissons la palette des munitions tirées par notre drone MALE. Cette nouvelle configuration permet d’agir rapidement sur le terrain, de la détection d’une menace à sa neutralisation, tout en limitant considérablement les risques de dommages collatéraux », a fait valoir le général Bellanger.
Et d’ajouter : « Dans un contexte opérationnel où les facteurs temps et précision sont plus que jamais centraux, cette nouvelle capacité illustre notre volonté de toujours conserver l’avantage dans la boucle décisionnelle ».
Cela étant, il est peu probable que des Reaper soient utilisés dans un engagement de haute intensité, et donc dans un environnement non permissif. Aussi est-il question de les utiliser pour des missions de surveillance maritime, comme cela a été le cas dans le cadre de l’opération navale européenne Irini, en Méditerranée centrale, voire de les déployer ponctuellement en outre-mer.





Les Reaper seraient aussi basés actuellement sur la base H5 en Jordanie aux côtés des Rafale.
La capacité de tir Hellfire pourrait être utile là-bas un jour.
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Et pour la vocation de surveillance maritime, des Reaper basés à Solenzara, ça a du sens.
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On aurait presque envie :
– d’ajouter le missile ANL à cet arsenal (autrement plus destructeur qu’un Hellfire … ou qu’un MMP ou autres roquettes guidées laser)
– baser ces mêmes Reaper aux Antilles, Guyane, Polynésie, Nvelle Calédonie, Réunion
…
ou alors faire exactement de même, mais avec l’Aarok !
Est-ce que l’on veut faire comme Trump, et tirer sur les go-fast des narcotraficants avec des Hellfire?
Sinon, lorsqu’ils seront équipés de lasers portables pour aveugler les drones, qu’avons nous en stock? 🙂
Les narcotrafiquants.
L’AArok et le MQ-9 ne joue pas dans la même division, le prix s’en ressent d’ailleurs. Après oui les deux pourraient être utiles pour redonner un peu de masse et d’allonges dans nos territoires ultra-marins où l’écart mission/moyens en devient ridicule.
Par contre du Reaper en Med, je ne vois pas trop l’intérêt, les moyens ne manque pas à l’échelle européenne et on ne fait pas circuler comme on veut des aéronefs en config guerre.
Dans tous les cas, vu le prix des bestioles, il était temps que l’on puisse se réserver le droit de les exploiter à leur pleine capacité. Donc en soit cette annonce est une bonne nouvelle.
@Olivier. « L’AArok et le MQ-9 ne joue pas dans la même division, le prix s’en ressent d’ailleurs. » Le prix, on le connaîtra lorsque des commandes seront passées. Et en fonction des capacités que les militaires voudront, ou pas, l’Aarok sera meilleur marché que le MQ-9 ou presque pas…
L’AArok et le MQ-9 ne jouent pas.
Les moyens ne manquent pas.
Soit c’est une bonne nouvelle, soit ça ne l’est pas, mais c’est une nouvelle en soi (sans t).
Il est grand temps, voire presque obsolète.
Nous avons des pudeurs de donzelles par rapport à d’autres pays. Certes les conditions de d’engagement doivent répondre à des règles que les IA pourront parfaitement respecter, voire mieux que les hommes.
Quant aux MALE, ils devront évoluer pour rester discrets dans un espace aérien détectable et dangereux. Là, point d’hélice et d’emports sous les ailes. Cela aura son coût…
Les Reaper + Hellfire sont particulièrement bien adaptés aux zones de combat denuées de couverture aérienne. Un bel outil pour détruire des pick-ups au Sahel.
La France a quitté le Sahel et les conflits potentiels se situent en Europe dans un environnement anti-aerien particulièrement dense.
Un des Retex du conflit en Ukraine est l’impératif d’une adaptation très rapide aux évolutions techniques et opérationnelles sur le champ de bataille. On ne peut que déplorer que nous sommes en retard d’ene guerre.
Que cela ne soit pas adapté à une typologie de conflit, c’est certain (et encore, la situation en Ukraine est celle que l’on connait du fait du foirage total des russes à obtenir la maitrise du ciel au début de la guerre). Il suffit de comparer à l’attaque israélienne sur l’Iran pour voir ce que donne une AA entrainé et équipée (malgré l’expertise que l’on doit reconnaitre aux iraniens en matière de drones, missiles et défense anti-aérienne… ils se sont fait pliés).
Par contre prendre pour hypothèse que du fait du retour probable aux conflits de haute intensité, il n’est plus nécessaire de conserver des capacités de guerre asymétrique me semble être une erreur. L’un ne remplace pas l’autre, ils vont coexister (comme cela a toujours été le cas). Donc ce type de drones reste utile. Pour les conflits de haute intensité, il faudra effectivement du MTO en quantité et des drones type Neuron, mais encore une fois je ne vois pas l’intérêt de les oppposer.
Ils se sont fait plier.
Une AA entrainée.
On ne peut que déplorer que nous soyons.
tient lá on rouspète pas ,quand l’armée française acheter un drone américain á plusieurs de dollars . oú est passer votre souveraineté nationale .
La souveraineté est une décision politique (donc citoyenne), et non une décision de l’armée. Donc si l’armée a besoin d’une capacité x, que ladite capacité n’est pas disponible de manière souveraine, il faut faut bien l’acquérir ailleurs. En plus cela permet à l’armée de progresser sur l’emploi des drones MALE en attendant un hypothétique drone MALE “souverain” (qui bénéficieront du retex de l’emploi du MQ-9).
TienS, lÀ on NE rouspète pas.
L’armée française achÈtE.
À plusieurs MILLIONS de dollars.
OÙ est passÉE votre souveraineté.
Super! Les amricains le font depuis combien de temps déjà? Bon ne soyons pas trop négatif. Déja que réaliser que nous soyons obligés de tirer un missile qui n’est même pas européen (je n’imagine même pas qu’il puisse être français…) depuis un drône qui ne l’est pas plus…
Un drone.
Ne soyons pas trop négatifs.
À moins que vous n’employiez le pluriel de modestie (ou celui de majesté), auquel cas l’accord de l’adjectif au singulier serait correct.
il serait temps !!!
J’aimerais bien savoir ce que signifie l’acronyme « WPNS » que l’on voit sur l’épaule du sous-officier de l’AAE dans la vidéo.
WPNS signifie Weapons (armes) est identifie un armurier.
Ah, merci. C’est donc une abréviation et non un acronyme ! Considéré ainsi, c’était assez évident…
Cet usage de l’anglais est-il une standardisation de l’OTAN ou une coquetterie de nos armuriers ?
Hein quoi , ce drone à plusieurs dizaines de millions, en service depuis plus d’une décennie voire plus ,vanté comme l’un des meilleurs drones de combat , tire un hellfire seulement maintenant ? ? Et dire qu’il y a des pays qui achètent cette daube 🙂 🙂
Un p’tit TB-2, a lui , tiré des milliers de bombes guidés au moins aussi efficaces que le Hellfire , détruit des centaines de blindés , chars , systèmes de défense aérienne etc , tout ça pour un dixième du prix du MQ-9 , certains arrivent encore à le décrédibiliser, la bonne blague . 🙂 🙂
Il n’aura guère fallu de temps pour que le TB-2 disparaisse du ciel ukrainien….. TB-2 has been.
Ses qualités auront été démontrées ailleurs quand les maigres forces arméniennes ne pouvaient lutter contre les « envahisseurs ». Lesquels « envahisseurs » auront employé des munitions dont l’usage est strictement encadré quand il y a respect des conventions internationales….