L’armée de Terre a notifié un « marché de soutien hybride » pour ses Véhicules de combat d’infanterie

En décembre 2013, la Structure Intégrée du Maintien en condition opérationnelle des Matériels Terrestres [SIMMT] confia un « marché de soutien en service » [MSS] à KNDS France [ex-Nexter Systems] afin d’assurer le Maintien en condition opérationnelle [MCO] des Véhicules blindés de combat d’infanterie [VBCI] de l’armée de Terre à partir du 1er août 2014, pour une durée de dix ans.

Ce marché « a été négocié en partenariat étroit entre l’équipe de programme et de maintenance et les spécialistes de la Direction générale de l’armement [DGA] » et tenant compte des « enseignements des retours d’expérience acquis en métropole et sur les théâtres d’opérations afghan, libanais et malien, ainsi que des éléments ‘coûts tangibles’ collectés » depuis 2008, avait expliqué la SIMMT, à l’époque.

Dans le détail, ce contrat engageait KNDS France et son principal partenaire, à savoir Arquus [ex-Renault Trucks Defense] à une obligation de résultats. La SIMMT avait ainsi avancé que l’organisation en « marché à bons de commande pluriannuels » allait permettre « l’achat d’heures et de kilomètres à tout moment, utilisables sur une durée de 5 ans » et donc de s’adapter aux contraintes budgétaires tout en « garantissant une couverture du besoin opérationnel et un paiement des potentiels au plus juste de la consommation « .

Seulement, les MSS ne sont désormais plus de mise… et ils vont laisser la place à des « marchés de soutien hybride » [MSH], comme cela avait été annoncé par le sénateur Dominique de Legge, dans un rapport sur le MCO des équipements militaires publié en octobre 2024.

« L’armée de terre a […] décidé de recentrer les contrats verticalisés du MCO sur le cÅ“ur de compétences des industriels privés [prestations spécifiques] et d’augmenter le périmètre des marchés transverses. L’idée sous-jacente est de réduire les coûts sur la fourniture de pièces communes à de nombreux équipements [qui font l’objet de contrats transverses auprès de fabricants, après mise en concurrence] tout en permettant la constitution de stocks, en vue d’un éventuel engagement majeur », avait développé le parlementaire.

Plus précisément, avait-il continué, la SIMMT « continuera de confier la fourniture des pièces spécifiques aux matériels maintenus aux industriels titulaires des contrats verticalisés mais les contraindra à venir s’alimenter dans les stocks communs pour ce qui concerne les pièces non spécifiques, à l’image par exemple des pneus, piles, ou batteries, mais également pour ce qui concerne le stockage logistique par exemple. »

La SIMMT aurait dû attribuer un premier « marché de soutien hybride » pour les 627 VBCI de l’infanterie mécanisée au début de cette année. Or, cela n’a pas pu se faire comme prévu… et il a fallu attendre le Forum Entreprises Défense [FED], qui s’est tenu la semaine dernière, pour que le contrat annoncé soit notifié.

« À l’occasion du FED 2025, la SIMMT a franchi un jalon important dans la mise en Å“uvre de son Ambition MCO-T 2030 : la signature du premier MSH dédié au VBCI, en présence du [général Pierre Schill], le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], a-t-elle en effet annoncé, ce 14 octobre. « Fruit d’un travail collectif intense, ce marché illustre l’adaptation des stratégies de soutien, nécessaire à la préparation d’un engagement durci », a-t-elle souligné.

Ce marché a été confié à KNDS France et à Arquus.

Concrètement, et comme l’avait expliqué le sénateur de Legge, le marché de soutien hybride dédié aux VBCI « préfigure » la mise en place d’un « nouveau modèle de soutien dont l’objectif est de rendre les contrats aptes à répondre aux engagements futurs d’un point de vue opérationnel », avec l’approvisionnement « quantitatif et qualitatif » des régiments, la constitution de stocks et la capacité à réparer les matériels majeurs. Et le tout à des coûts maîtrisés [comprendre : à enveloppe constante].

Selon la SIMMT, la finalité est de « donner à nos soldats les moyens pour s’entraîner et être prêts le jour venu » et « tenir les premiers mois en cas de choc ».

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30 contributions

  1. XM dit :

    Les russes sont en effet piégés dans le saillant au nord de Pokrovsk. Enfin c’est ce qu’on m’a dit.
    https://x.com/grillarderic/status/1978085349529149943?s=46

    • dolgan dit :

      Vos sources sont exactes.

      Vous auriez pu sournoisement ajouter que Podkrovsk et Kupiansk « capturées » début aout sont toujours fermement tenues par les Ukrainiens.

      Les russes vont passer un second hiver terrible dans la boue au sud de Podkrovsk sous le feu permanent des drones Ukrainiens sans ravitaillement par véhicule .

    • aleksandar dit :

      Les doctrine soviétique a toujours été de pousser le Génie au cul de l’infanterie pour valoriser le terrain.
      La contre attaque ukrainienne est arrivée 4 ou 5 jours trop tard.
      Les russes ont mené un combat de retard sur la base de lignes de défense préparées à l’avance jusqu’à épuisement de l’attaquant.
      Puis sur une ligne de defense ferme pour protéger un corridor logistique.
      Ce n’est pas original, c’est simplement TTA mais cela fonctionne.

      • dolgan dit :

        parfaitement imaginaire.

      • alors dit :

        Je ne comprends toujours pas cette attitude qui cherche à faire comme si les russes s’en sortent bien dans cette guerre ou ils sont incapables de produire des effets significatifs.
        Cette guerre est un bourbier, Pokrovsk ça fait déjà plus d’un an qu’on dit que les russes l’auront prise « sous peu », aujourd’hui tout le monde sait que ça ne risque pas d’arriver avant au moins l’été prochain, si ça arrive.
        Pokrovsk est une ville très secondaire qui plus est, mais que les admirateurs de Poutine cherchent à en faire presque le point qui une fois pris amènera l’effondrement de l’Ukraine, l’espoir fait vivre comme on dit.
        On essaye de donner une impression d’actions majeures et stratégiques d’un niveau de corps d’armée à des actions du niveau d’une section.

        • Petit Gibus dit :

          « faire comme si les russes s’en sortent bien »

          Après comme si, c’est l’imparfait de l’indicatif (ou le plus-que-parfait) qui conviennent.

          Faire comme si les Russes s’en sortaient bien.

        • Mal de mer dit :

          Bonne réponse.

        • aleksandar dit :

          Ils avancent donc ils s’en sortent bien.
          Les effets significatifs c’est dans les films d’ Hollywood pas sur un champ de bataille surtout dans ce conflit.
          Prokrosk n’était pas un ville secondaire mais un carrefour logistique UKR rail/route important et maintenant désactivé depuis 1 an.
          Cette ville aujourd’hui n’a plus qu’une importance mineure d’un point de vue militaire, inutile donc de se presser.
          Concernant la chute de Prokosk, bien malin qui pourrait faire un pronostic, même si les russes sont déjà aux portes de Mirnograd.
          De toute façon l’axe principal d’attaque des russes semble plutôt être du coté de l’axe Pokrovs’ke – Hukyapoje, deux autres carrefours logistiques importants
          Les actions au niveau section font les actions au niveau compagnie qui font les actions au niveau bataillon etc….

      • Pirlouis dit :

        Qui épuise qui ?
        Les remontées du terrain montrent que nos glorieux russes se carapatent le plus souvent une main devant, une main derrière.
        Il se dit d’ailleurs que quand cela tourne mal pour les russes, il y a plus de morts du fait des tchétchènes à l’arrière que du fait des Ukrainiens.
        Il n’y a pas à contester que Putin aime son peuple.

        • PK dit :

          « Qui épuise qui ? »

          Ben, suffit de voir qui avance et qui recule… Mais faut regarder avec un prisme sur plusieurs semaines/mois, parce qu’à l’échelle horaire, cela permet de dire que parfois, l’Ukraine regagne un bout de terrain qu’ils avaient perdu quelques heures plus tôt.

        • aleksandar dit :

          Vos  » remontées de terrain  » ne pèsent rien en face d’une carte du conflit.

      • Ô nanie, ô nanie, nanie blue, ô nanie blue dit :

        Ah qu’ils sont forts, ces Russes ! Aaaah qu’ils sont habiles ! Aaaaaaah qu’ils sont puissants ! Oh oui, oh oui, encore, aah, aaaaah, aaaaaaaaaaaaah !

    • Goose dit :

      Et le manque de combattants russes -et d’argent pour payer les primes- devient criant : la Russie vient de voter une loi autorisant la mobilisation des réservistes, sans déclaration officielle de mobilisation ou déclaration de guerre.
      Le but est évident…
      Mais puisque radio Moscou nous dit que le plan d’invasion et de soumission de l’Ukraine se déroule sans accrocs…
      Sinon, à Prokrovsk comme ailleurs, on voit que les Russes n’arrivent pas à valoriser le peu de terrain conquis. Les troupes avancent de quelques kilomètres mais subissent les contre-attaques ukrainiennes avant que le Génie russe ait pu créer des lignes de défense solides. Les troupes de Moscou à l’avant se sont donc faites piéger en plusieurs endroits, sans qu’elles puissent se regrouper sur des positions défensives établies, ou qu’un soutien puisse arriver de l’arrière, les Ukrainiens font barrage…
      Les solutions pour les quelques centaines de combattants russes pris au piège ne sont désormais pas nombreuses…
      Et Prokrovsk, plus d’un an après la première annonce russe de sa prise, tient toujours !

      • Faire et défaire, c'est toujours travailler dit :

        Quand il est suivi d’un verbe à l’infinitif, le participe passé du verbe « faire » (c’est-à-dire « fait ») est invariable.

        Les troupes de Moscou à l’avant se sont donc fait piéger.

      • aleksandar dit :

        Inutile de répondre sur la manœuvre interarmes russe, vous êtes probablement un spécialiste intergalactique dans ce domaine.

        Soledar tient toujours
        Bahkmout tient toujours
        Chasiv Yar tient toujours
        Avdivka tient toujours
        Kurakhove tient toujours
        Vulhedar tient toujours
        Velika Novosilka tient toujours
        Prokrovst tient toujours
        Etc…..

    • choucroute dit :

      Quel est le rapport avec l’article ?

  2. TIIT dit :

    « marché soutien hybride «  »contrats verticalisés  » tout ceci pour nous dire que ce sont les industriels qui feront le soutien . Je pense qu’il faut arrêter ces distributions de contrat entre camardes

  3. aleksandar dit :

    J’ai de sérieux doutes sur l’efficacité d’un tel système dans le cas d’un CHI.
    Qui vivra verra !

  4. VinceToto dit :

    C’est de l’IA générative très créative qui écrit leurs discours où ils s’expriment comme cela?

    • tschok dit :

      Non, suffit de les mettre dans la même pièce et ils se mettent à jargonner, c’est fascinant. Là, il s’agissait d’un forum: la pièce était grande et ils étaient nombreux. Plus ils sont nombreux et dans une grande pièce, plus ils jargonnent.

      La formule mathématique est la suivante: volume de la pièce X nombre de participants = qj, ou quantité de jargon, qj étant elle-même une expression de « Fruit d’un travail collectif intense », qui représente le nouveau type de marché dont il est question.

      Rien d’inhabituel.

    • MAS 36 dit :

      Vous avez raison, nous naviguons aujourd’hui entre la Novlangue, la langue de Bois, la langue de p;;e, la langue fourchue….

  5. Rogger dit :

    bonjour ils y a 20 ans ils a ete décidé d’extérioriser le soutien a des pzrtenaire privé…le but etait de faire des économies et une reduction de personnel de soutien…
    20 ans apres ils me semblent important de voir si effectivement nous avons atteint nos objectifs et si effectivement les economie economie o s etait atteint sans une forte réduction opérationnel…

    • Relisez-vous SVP dit :

      IL y a.
      IL a ÉtÉ décidé.
      À des pArtenaireS privéS.
      Le but Était.
      Une rÉduction.
      20 ans aprÈs.
      IL me semblE.
      Les ÉconomieS ONT ÉtÉ atteintES.
      Réduction opérationnelLE.

    • Alfred dit :

      Rassurez vous. C’est toujours alléchant au début. Puis vient le temps des bilans et du nouveau type de contrat plus performant que le precedent. C’est un peu comme la lessive qui blanchit tout et la machine à laver qui lave sans eau ni électricité.