L’Algérie a l’intention de porter ses dépenses militaires au niveau record de 21,5 milliards d’euros

Publié en 2022, un rapport parlementaire français avait expliqué que la modernisation des forces armées algériennes s’était traduite par la « constitution de capacités offensives hauturières, notamment avec les forces navales concentrées à Mers El Kébir », de « capacités de frappes dans la profondeur, y compris en Europe, avec six sous-marins Kilo dotés de missiles SS-N-30 de type Kalibr, et des avions de chasse Su-30MKA et Mig-25PDA », de « capacités de tirs quasi balistiques, avec le SS-26 Iskander » et de « capacités de déni d’accès et d’interdiction de zone en Méditerranée occidentale » reposant sur des systèmes de défense anti-aérienne S-300 et S-400 ainsi que sur de moyens de guerre électronique ».

À l’époque, le ministère algérien de la Défense était doté d’un budget d’environ 9,8 milliards d’euros [soit 6,5 % du PIB], ce qui faisait de l’Algérie le pays africain le plus dépensier pour ses forces armées, loin devant le Nigéria [5,9 milliards], le Maroc [5,4 milliards] et l’Égypte [4,3 milliards].

Depuis, Alger a considérablement augmenté son effort en matière de défense, avec un budget militaire multiplié quasiment par deux en 2023.

« Il s’agit du niveau de dépenses le plus élevé jamais enregistré par l’Algérie et cela s’explique en grande partie par une forte augmentation des recettes issues des exportations de gaz vers les pays d’Europe à mesure que ces derniers se sont éloignés des approvisionnements russes », avait expliqué l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm [SIPRI], dans une note publiée en avril 2024.

Cette hausse substantielle du budget militaire algérien [+76 % selon l’évaluation du SIPRI] pouvait s’expliquer par les tensions récurrentes avec le Maroc au sujet du Sahara occidental, associées à la modernisation rapide des capacités militaires du royaume chérifien, avec l’acquisition d’hélicoptères d’attaque AH-64E Apache, de F-16 Viper, de CAESAr, de drones et de moyens de frappes dans la profondeur.

La révision constitutionnelle de novembre 2020 pour autoriser l’armée algérienne à intervenir au-delà de ses frontières pour participer à des opérations de maintien de la paix, pouvait être une autre explication.

Quoi qu’il en soit, ces derniers mois, les forces algériennes ont a priori reçu leurs premiers avions de combat Su-35 Flanker E et s’apprêteraient à prendre possession de bombardiers tactiques Su-34 Fullback. Récemment, des documents russes ayant fait l’objet d’une fuite ont confirmé qu’Alger avait commandé des chasseurs-bombardiers Su-57E Felon auprès de Moscou. Par ailleurs, en décembre dernier, il a été dit que l’Algérie produirait des corvettes de type 056A sous licence chinoise.

Cela étant, Alger entend poursuivre son effort. Dévoilé la semaine passée, le projet de loi de finances pour l’exercice 2026 prévoit en effet une nouvelle hausse des dépenses militaires, celles-ci devant s’établir à plus de 21,5 milliards d’euros, alors que le budget national général sera porté à 116,5 milliards d’euros.

La presse algérienne justifie cette augmentation des dépenses militaires par la dégradation de la situation sécuritaire dans le voisinage du pays. Outre les tensions avec le Maroc, Alger garde un Å“il sur l’instabilité au Sahel. Qui plus est, ses relations avec certains pays de la région, comme le Mali, se sont dégradées… Et cela, en dépit de leurs bonnes relations avec la Russie et la Chine.

« Les frontières avec les pays du sud du Sahara constituent, en effet, une menace importante pour sa sécurité depuis au moins dix ans, pour plusieurs raisons selon les experts : l’instabilité de certains de ces pays, la prolifération des groupes extrémistes, le commerce d’armes et de drogues ainsi que l’activité notable des réseaux de migration clandestine », a ainsi résumé le Matin d’Algérie.

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