L’armée de Terre évalue l’intérêt opérationnel d’une embarcation fluviale du génie transformée en porte-drones

Après la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère [DBLE], avec ses « ruches » installées sur des véhicules blindés multirôles [VBMR] Griffon, et le 1er Régiment d’Infanterie de Marine [RIMa] avec son escadron de drones de chasse, c’est au tour du 1er Régiment Étranger de Génie [REG] d’évaluer ce que pourrait lui apporter la mise en Å“uvre d’un essaim de drones aériens depuis une embarcation fluviale sur le plan opérationnel.

En effet, via le réseau social LinkedIn, la Section technique de l’armée de Terre [STAT] a fait état d’une « expérimentation inédite » qui, réalisée par son Groupement mobilité et agencement de l’espace terrestre [MOB AGESTER] en partenariat avec le 1er REG et avec le concours des entreprises Scalian et Thales LAS, a consisté à déployer un essaim de vingt-cinq drones depuis une embarcation fluviale du génie pour effectuer des missions de surveillance, de reconnaissance et d’appui. Le tout dans un « environnement fluvial contraint ».

Dans le détail, cet essaim de drones était constitué de modèles ANAFI USA et ANAFI AI, fournis par Parrot. Deux d’entre eux étaient équipés de largueurs de fumigènes pour marquer les zones d’intérêt découvertes par les appareils envoyés en reconnaissance.

« Le logiciel utilisé, EZ_Chains, permet d’intégrer tout drone à l’autopilote compatible », a précisé la STAT.

D’une masse de 2,4 tonnes pour une longueur de 9,10 mètres et équipée de deux moteurs Yamaha de 150 chevaux indépendants l’un de l’autre [ce qui facilite les manÅ“uvres dans les cours d’eau étroits], l’embarcation fluviale du génie a ainsi été transformée en porte-drones grâce à l’installation de « plateformes de décollage spécifiques », d’antennes Wifi/4G intégrées à un mât, d’un système de communication via une bulle Wifi et une bulle 4G privée, et de batteries Ecoflow raccordées à son circuit électrique.

L’une des difficultés est de stabiliser l’EFG quand il s’agit de faire décoller les drones, télépilotés par un seul opérateur.

La STAT n’a pas précisé si cette expérimentation avait été concluante. Sans doute l’a-t-elle été puisqu’elle a parlé d’une « avancée technologique qui illustre la recherche constante d’innovations pour renforcer la manÅ“uvre interarmes et l’agilité opérationnelle ». En outre, il est également question de tester ce dispositif à partir d’un VBMR Léger Serval.

Pour rappel, le 1er REG est le régiment de génie d’assaut de la 6e Brigade légère blindée [BLB]. Il est chargé d’assurer des missions d’appui à la mobilité, de contre-mobilité et d’aide au déploiement d’urgence.

Photo : Antoine Siffrai – STAT

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32 contributions

  1. speedbird101A dit :

    Au secours ils sont tous entrain de devenir carrément fous avec la drone mania !!

  2. dolgan dit :

    « L’une des difficultés est de stabiliser l’EFG quand il s’agit de faire décoller les drones, par télépilotés par un seul opérateur. »

    Faut juste partager les solutions entre copains. Les boites avec guides pour lancer des essaims de drones sont déja bien avancées dans l armée de terre.

    • HMX dit :

      @dolgan
      Les boîtes avec guide existent en effet, notamment pour protéger le drone des effets du vent lors de la phase de décollage. Mais curieusement, l’article n’évoque pas la principale difficulté : le problème n’est pas tant le décollage, mais bien l’atterrissage sur une plateforme de petite taille en mouvement !

      On peut bien sûr résoudre ce problème avec des moyens technologiques plus ou moins complexes (détection optique/laser de la plateforme, communication RFID entre le drone et la plateforme pour gérer et anticiper les mouvements, ou encore plateforme stabilisée…). Mais le problème doit pouvoir être contourné très simplement, en amenant le drone à survoler l’embarcation à environ 2 mètres de hauteur, avec une captation manuelle du drone par l’opérateur ou un membre de l’équipage. Coût zéro…

      • dolgan dit :

        La récupération de ces micro drones se fait effectivement en général a la main ou simplement il se pose lui même.

        Sinon, des pieges horizontaux en tissu ou verticaux en filet peuvent êtres utilisés.

        Et pour des drones un peu plus gros un systeme qui attrape le drone et le plaque au pont comme pour les hélicos.

        Il y a aussi des drones qui se posent sur l eau.

      • Khops dit :

        RFID? Ce n’est pas adapté. Éventuellement QRCode ou équivalent pour du positionnement visuel.
        Généralement vous n’avez pas envie d’approcher vos mains de 4 ventilateurs qui tournent à fond donc ça ressemble à une fausse bonne idée.

        • HMX dit :

          @Khops
          A l’évidence, un quadcopter en vol s’attrape à la main par le dessous. Raison pour laquelle j’évoquais une récupération via un vol à une hauteur de 2 mètres au-dessus de l’embarcation (le drone évoluant alors à une vitesse proche ou égale à celle du bateau), pour permettre à l’opérateur de se saisir du drone par en dessous. Sinon effectivement, ça peut faire très mal…

    • Sempre en Davant dit :

      Le 1é REG se contenterait de bébés drones touts minis pour aller chasser de fantassin au détail ?

      Ça serait une surprise! Sur ce rafiot là ils utiliseront le drone qui soulève le plus lourd et lui accrocheront des charges de démolition sur mesure ou pas pour vous renvoyer le pont Strasbourg / Kehl à Verkhoïansk avec tout le Pacte de Varsovie dessus.

      Ou pour mettre à l’eau des robots sous marins avec ou sans charges.

      • DAVE dit :

        Le Pacte de Varsovie ? Vos références sont plutôt datées 🙂

        • Sempre en Davant dit :

          Certes.

          Mais c’est également une petite taquinerie à nos camarades contributeurs qui sont alignés dans la ligne du parti Otan€uropéen.

          Et les démonstrations à base de drones des ukrainiens sur le territoire du reste de l’ex-URSS ne me réjouissent en rien.

          Ces démonstrations à l’encontre d’une puissance dotée peuvent fournir le modèle d’emploi contre une autre puissance dotée affaibli : la France.

          Les Ukrainiens qui se battent depuis l’invasion ont toute mon admiration.
          Tout les magouilleurs qui ont voulu ce conflit et qui se repaissent de l’Ukraine en attendant d’être Gazprom à la place de Gazprom…

        • Lionel Terray dit :

          Remarque très bête.
          Notre adversaire principal est resté bloqué à cette époque

  3. Myshl Mabelle dit :

    Que de temps perdu, que d’imagination tardive…
    Nous aurions du, nous devions nous inquiéter jusqu’à copier et parer, il y a bien plus de 10 ans, le principe du Klub-K, le container porte missiles Kalibr. Nous n’avons pas bougé, nous n’avons rien pensé…
    Des armes embarquées dans des containers, des missiles, des drones, ou des explosifs, juste là où le bateau, le train ou le camion l’aura approché de la cible.
    L’armée de terre s’en irait droner depuis des péniches?
    C’est une bonne idée.
    Mais l’ingénierie militaire russe nous a très probablement peuplé les ports, les entrepôts, les bateaux en mer de cadeaux-surprises style Klub-K en containers qui si besoin nous bombarderont depuis chez-nous. Depuis l’intérieur.
    La « Cinquième colonne » est là, d’hommes et d’armes, elle imprègne l’Europe, elle verrouille la France.
    Comme toujours nous sommes en retard.
    Nous savons programmer, réagir…
    Mais nous ne savons rien anticiper.

    • Pierrot dit :

      En attendant, c’est l’Ukraine qui a mis en exécution sa « Toile d’araignée » sur un concept similaire en mai dernier…

    • dolgan dit :

      Tiens la 5eme colonne s active.

      Vous êtes ridicule a tenter de nous faire peur avec votre grande russie et ses armes miracle.

    • Mes devoirs, mon général dit :

      Nous aurions dû.

    • MLTAB dit :

      Encore un grincheux!

    • Henri Truchon dit :

      C’est quoi le rapport entre un missile Kalibr fait pour taper des civils et l’article ?
      On vous parle de drones pour l’arme du génie. Apparemment, vous n’en êtes pas un

  4. Jre91 dit :

    Avancée technologique !
    Deux bien grands mots pou ’une tablette et quelques gadgets 4g et wifi.
    Je ne prends sans doute pas la mesure de la chose, mais à ce rythme les choses ne vont pas aller très vite.

    • Lionel Terray dit :

      C’est plutôt toi qui ne pige pas vite et est très dépassé par les militaires.
      Respect aux légionnaires qui innovent et testent

  5. Sempre en Davant dit :

    Drone ou pas drone il faudrait aussi penser aux inondations, aux ruptures de barrages, aux cours d’eau à faible profondeur.
    Dans ce contexte il y a toutes sortes de fûtreaux.
    Ce qui importe c’est que l’avant plat et relevé soit maintenu car il est bien plus important de pouvoir débarquer un peu haut sur la berge et passer au dessus d’un remous que d’avoir l’air d’un plaisancier lors de la mise à l’eau.

    La bourde c’est bon pour les bras et les jambes comme pour la coordination de l’équipage.

    Il y a aussi plusieurs sortes de moteurs adaptés depuis des moteurs de tondeuses et autres engin de motoculture.
    https://www.explorebeavertail.com/product-category/mud-motors/long-tail-motors/
    https://www.gator-tail.com/motors/

    Pour le reste le REC a ses archives d’Indochine. Il n’y a pas que la Guyane.

    Legio Gadoueya Vaincra! https://www.youtube.com/watch?v=5F4EZ3XHKsc&list=RD5F4EZ3XHKsc&start_radio=1 Petula Clark – La Gadoue (1966)

    • Charlie Amazonino BeZZon dit :

      Cit :[ Pour le reste le REC a ses archives d’Indochine. Il n’y a pas que la Guyane]

      C’est utilisé depuis trois ou quatre ans pour aider par exemple à la navigation dans les  » igarapés  » en Amazonie afin de déterminer un chenal libre plus rapidement .
      Il faudrait voir si ce n’est pas utilisé déjà pour la navigation dans les bayous , les Everglades à partir d’un hydroglisseur ? Ce serait utile par exemple aussi en Mooseheadie ou en Finlande ????
      Imaginez Charlie Wallnut de  » l » African Queen  » dans la scène du lac Tanganyika avec un drone …

      https://www.youtube.com/watch?v=-rxCNR1gMGw

      • Sempre en Davant dit :

        https://theatrum-belli.com/les-actions-amphibies-du-1er-rec-dans-les-rizieres-dindochine/
        Les matériels pour zones soumises aux marée ont permis des actions qui sans cela seraient restés impossibles.

        Les hydroglisseurs ont beaucoup fait rêver et peu tenu. Pas de direction, pas de frein et une capacité à mettre a terre ou a sortir de l’eau limité. Sans oublier une consommation gargantuesque.

        Les Airboats ont aussi grand soif. Mais ils sont capable de choses très étonnante et la Cajun Navy a illustré la polivalence de ces embarcations à chaque catastrophe depuis Katrina.
        Pour un usage tactique : beaucoup de bruits, un secteur arrière bouché par l’hélice et un gros réservoir. Peut être qu’avec un diesel moderne et une courroie de transmission un compromis est possible.
        https://www.youtube.com/watch?v=04XxcJ220PU

  6. CAFOUGNIETTE 59 dit :

    Ils sont mignons !
    Un pédalo, un plateau boulonné dessus et enfin un petit drone …..Et il faut que le tout fonctionne pour faire la guerre.
    Achement complexe comme question à résoudre.
    Au fond vous dites ?….
    Ah oui ! il faut bien occuper « eul fantassin »……
    Soit.

  7. Alfred dit :

    Pour quelles missions, avec quels gains escomptés. Parce que l’intérêt du combat fluvial en France comme en Europe semble assez limité, étant donné qu’il n’offre qu’un seul et même cheminement pour l’approche et le repli, contrairement au combat terrestre. Mis a part la reconnaissance de sites isolés depourvus d’accès terrestres (peu nombreux), le franchissement d’assaut pour etablir une tête de pont, la protection d’ouvrages particuliers ou de points de franchissement, on ne voit pas trop. Quant aux coups de main dans la profondeur, ca releve de l’anecdote, voire du fantasme, dans les conditions actuelles. A moins qu’il soit envisagé de reconquérir des territoires hors d’Europe?

    • Charlie Amazonino BeZZon dit :

      @Alfred
      Il y a actuellement une véritable guerre fluviale sur le Dniep… OUCH ! Dnipro !
      Les seuls États à disposer de flottilles fluviales dignes de ce nom se trouvent en Amérique du Sud , le Pérou et le Brésil en particulier sur l’Amazone .
      L’usage de drones aériens à partir d’une vedette rapide ou même d’un  » monitor fluvial  » pour la reconnaissance des berges dans ce type d’environnement est effectivement une valeur ajoutée .
      Les principales forces hostiles ce sont des groupes de trafiquants qui avec l’aide des populations locales savent  » tenir  » ces berges .

      https://www.zona-militar.com/2024/05/14/la-marina-de-guerra-del-peru-en-la-amazonia-los-planes-de-renovacion-y-modernizacion-de-su-flota-fluvial/

      Ce type de synergie serait aussi efficace en Afrique .

      Les drones sont aussi de plus en plus utilisés pour les surveillances portuaires , à partir de sites sur la terre mais aussi certainement à partir de patrouilles en vedettes . Je pense ici au port de Santos .
      Après c’est très probablement un quadcopter récupéré manuellement mais la vedette immobilisée .. ;O)

    • HMX dit :

      @Alfred
      La plupart des villes dans le monde sont traversées par au moins un cours d’eau (fleuve ou rivière), d’où l’intérêt de disposer de capacités fluviales. Sans parler de zones plus reculées en Afrique, Asie ou Amérique du Sud, où les fleuves et rivières constituent les principales voies d’accès et de communication, faute d’accès terrestre. C’est par exemple le cas pour la Guyane où de nombreux villages et secteurs ne peuvent être desservis que par embarcation.

      Par ailleurs, comme vous l’évoquez, ces capacités fluviales sont également essentielles pour permettre le franchissement d’une coupure humide, lorsque les ponts sont détruits ou inexistants. Pour mémoire, en Europe, il existe en moyenne une coupure humide tous les 10 à 20km, et une coupure majeure >50 mètres tous les 100km (chiffres donnés de mémoire, mais vous voyez l’idée !). D’où l’intérêt immense de disposer de moyens fluviaux adaptés.

  8. olivier dit :

    J’ai beau relire l’article (et consulté d’autres sources, toutes cohérentes de ce site), j’ai un peu de mal à suivre:
    – Pourquoi un essaim de 25 drones sur une telle embarcation, où les rangent-ils?
    – En considérant un temps très optimiste d’un décollage toutes les minutes (manipulation du drones, allumage, accrochage GNSS, accrochage wifi et 4G, etc.) et deux plateformes, on atteint vite un seuil de 13 minutes pour lancer l’essaim sachant que les ANAFI ont 32 minutes de batterie (donc on va considérer 25 minutes de vol réel)…
    – de plus le vol automatique doit être programmé, bon courage pour en programmer 25 en quelques minutes

    Autant je trouve très bien de tester une approche drone pour les embarcations fluviales afin d’augmenter la « portée » (survol des berges, surveillance périphériques, voir poursuite, etc.) avec 3 ou 4 drones prêt à décoller, encore mieux d’utiliser les solutions Parrot et Scalian… mais pourquoi un essaim de 25 drones sur une telle embarcation???

    J’aurais aimé plus d’information sur l’atterrissage vu la taille de la plateforme (à la main? Guidage par balise? QR code? ) et la résitance au brouillage des bulles wifi et 4G. Après je comprends que ces éléments n’ont pas forcément à être exposé au grand public.

    • dolgan dit :

      – Un essaim permet de couvrir une grande surface en tres peu de temps. La taille de l essaim dépend plus de la surface a traiter.
      – Le stockage n est pas montré, mais il se fait en général simplement dans des boites.
      – Les drones de l essaim sont bien sur préparés avant la mission. Tu dois pouvoir les lancer en moins de 5 minutes.
      – Le principe de l essaim c est que les drones s organisent entre eux. Tu ne les programme pas 1 par 1. Tu leurs dis allez la et faites cela. Ils se débrouillent.

      Pour le brouillage, ils peuvent sans doute utiliser du « wifi » courte portée. peu détectable et sur des fréquences pas/peu brouillées (car justement les ondes portent pas loin)

    • HMX dit :

      @olivier
      L’article manque en effet de détail, surtout que la photo d’illustration ne montre qu’un seul drone sur une petite plateforme. On peut imaginer que les 25 drones étaient dans une « ruche » (un simple container dont la partie supérieure s’ouvre pour permettre le décollage des drones, superposés soigneusement les uns au dessus des autres à l’intérieur. Le décollage se fait très rapidement, les drones décollant par vagues en quelques secondes.

      S’agissant de l’atterrissage, comme évoqué plus haut, il est probable qu’il ait été réalisé « à la main », les drones se présentant successivement à hauteur de l’opérateur, qui les attrape par en-dessous. il est possible de prévoir un atterrissage automatisé sur une plateforme ou directement dans la ruche, mais avec des moyens plus sophistiqués donc coûteux.