Avec le projet Vanquish, la Royal Navy veut mettre en œuvre un drone de combat sur un porte-avions

En septembre, à l’occasion d’un discours prononcé lors de l’édition 2025 du salon de l’armement DSEI, le chef d’état-major de la Royal Navy [ou « First Sea Lord »], le général Gwyn Jenkins, a dit vouloir déployer des drones navals « autant que possible » et des navires avec équipage « seulement si c’est nécessaire ». Et d’insister : « Il ne s’agit pas d’une aspiration pour un avenir lointain. C’est une nécessité immédiate ».

Cela vaut aussi pour les opérations aéronavales, les groupes aériens embarqués à bord des deux porte-avions britanniques, à savoir les HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales, devant être « mixtes », c’est-à-dire composés d’aéronefs avec équipage et de drones de combat collaboratifs [CCA]. Sur ce point, le général Jenkins a souhaité qu’une démonstration puisse se faire le plus tôt possible.

Une telle approche était déjà dans les cartons de la Royal Navy, celle-ci ayant dévoilé le projet « Vixen » en 2021, dans le cadre de son plan « Future Maritime Aviation Force ». Ce dernier visait à développer un drone à voilure fixe pouvant être lancé par des catapultes électromagnétiques et récupéré grâce à des brins d’arrêt… Des dispositifs dont ses deux porte-avions sont démunis pour le moment.

D’où le nouveau projet que le ministère britannique de la Défense [MoD] vient de lancer, via une demande d’informations [RFI] adressée aux industriels. Appelé Vanquish, il vise à développer une « plateforme collaborative autonome » [ACP – Autonomous Collaborative Platform] à voilure fixe et à décollage et atterrissage courts [STOL – Short Take-Off and Landing].

Selon cette RFI, la Royal Navy souhaite un drone à réaction capable de voler à une vitesse subsonique élevée et pouvant être mis en Å“uvre sans catapultes ni brins d’arrêt. Et cela pour effectuer des missions ISR [renseignement, surveillance, renseignement], de frappe, voire de ravitaillement en vol, en complément des chasseurs-bombardiers F-35B. En outre, il devra être « consommable », donc relativement peu coûteux.

« Le projet VANQUISH vise à réaliser une démonstration technique en mer d’une plateforme collaborative autonome à décollage et atterrissage courts. La date cible nominale est fin 2026, avec des options de livraison dans un délai de 18 mois à compter de cette date », précise la RFI.

De la réussite de cette démonstration technique dépendront les choix que la Royal Navy aura à faire sur une éventuelle acquisition de drones de combat collaboratifs à partir des années 2030. « Afin d’éviter toute ambiguïté, cet avis n’informe pas le marché d’un appel d’offres imminent. Tous les coûts liés à la réalisation de cette réponse sont à la charge des soumissionnaires », précise le MoD.

Photo : Drone Gambit de General Atomics [illustration]

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

21 contributions

  1. Nike dit :

    :….celle-ci ayant dévoilé le projet « Vixen » en 2021, dans le cadre de son plan « Future Maritime Aviation Force ». Ce dernier visait à développer un drone à voilure fixe pouvant être lancés par des catapultes électromagnétiques et récupérés grâce à des brins d’arrêt…  »
    J’imagine la conversation des amiraux Anglais un soir dans un pub après quelques pintes :
    – George, on va développer un drone pour des porte avions qu’on n’a pas et qu’on n’aura jamais !
    Génial Robert ! avec un peu de chance ces connards de politiques ne se rendront compte de rien ! Je te parie 10 £ qu’ils acceptent de le financer…

    • Momo dit :

      Dans un Club c’est très possible mais certainement pas dans un pub.
      Le Royaume bouge encore.

    • JeanS dit :

      je suis taquin
      vixen? quel bonnet (pour les connaisseurs??)

      Vanquish?
      by Aston martin??

  2. Fralipolipi dit :

    Quand on connaitra le poids (à vide et max) et la vitesse minimale de décrochage de ce drone STOL, on pourra en parler un peu plus.
    .
    Mais bon, le manque de brins d’arrêt risque d’être déjà leur 1er très gros problème, s’ils veulent faire autre chose qu’un drone sauterelle bien léger (et donc bien inutile pour des opérations à bonne distance).
    Ou alors faudrait qu’ils trouvent un système hypersustentateur novateur pour récupérer un max de portée à l’appontage … (pas forcément compatible avec du « pas cher et consommable »).

    • Fralipolipi dit :

      Lire Portance et non Portée… (fin d’après-midi compliquée, dsl)

    • Lex dit :

      On pourrait envisager un décollage avec des fusées RATO largables après obtention d’une vitesse minimale de sustentation.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/JATO

      Et un appontage avec des petites fusées, avec un système de guidage similaire à celui qui ramène le premier étage des fusées SpaceX sur le pas de tir.
      https://www.youtube.com/watch?v=6-fXumbFiSY

      Seules les fusées de retour impacteraient la charge utile.

      • tehel dit :

        Est-ce que des fusées de retour impacteraient plus la charge utile qu’une crosse d’appontage, avec le renforcement nécessaire de la structure pour supporter le choc du câble ?

    • Alternative dit :

      De l’hypersustentation pas cher, c’est plutôt simple. De gros ailerons en contreplaqué peuvent faire l’affaire, si c’est vraiment le problème. Normalement ça va avec un gros moteur, pour obtenir une portance suffisante à basse vitesse, et emporter le carburant au décollage. On espère que les appontages se feront à vide plutôt qu’avec les réservoirs trop pleins et trop lourds, sinon le surnom de l’engin sera « cocktail molotov ». Par contre, ça ressemble autant à la vue d’artiste qu’ils proposent qu’une bicyclette ressemble à la Reine d’Angleterre… qu’on ne dise pas que je l’ai traitée de petite reine.

      • Fralipolipi dit :

        @Alternative
        Excellent 🙂
        En effet, la vue d’artiste de l’article ne semble pas du tout répondre à ce crière de portance maximale pour vitesse d’appontage très basse.
        On aura beau tourner le problème dans tous les sens, le manque de catapulte et de brins d’arrêt sera cruel pour le UK.
        S’ils veulent faire du drone bien lourd, seul à même d’accompagner un F35 sur une mission, ils sont bien dans la panade !
        J’attends qd même de voir quelle solution « par dépit » ils vont finir par proposer …

    • tschok dit :

      Là, ils parlent d’un STOL à voilure fixe, donc:
      – Au décollage, il vous faut soit un moteur qui pousse vite et fort et, avec le tremplin, le drone prend son envol face au vent relatif, soit une aile qui prend de la portance dès les basses vitesses, soit un mix des deux (ce qu’on fait en général, parce que tout miser sur exclusivement l’une de ces deux options est trop pénalisant)
      – A l’appontage, il vous faut soit une aile à forte portance aux basses vitesses pour que le drone se pose sur le pont comme une plume et ralentisse tranquillement, soit un train d’atterrissage qui encaisse l’effort d’un toucher dur associé à un système qui freine le drone = inverseur de poussée, aérofreins, freins de roue. Donc un truc assez lourd. Ou un mix des deux.

      Maintenant, le juge de paix, c’est la masse. On parle de quoi? D’un petit bidule tout mignon, ou d’un ACP de plusieurs tonnes? Et ça, on ne sait pas.

      Le seul truc qu’on sait avec les PA de classe QE, c’est que le drone est leur porte de sortie, parce que sans drone, ces PA sont des trucs bizarres et incohérents dont l’utilité opérationnelle n’est pas évidente. Quand ils ont été conçus, les gens pensaient que le F35 marcherait bien dessus et qu’il ne resterait à régler que le problème de l’alerte radar avancée (via radar aéroporté sur hélico). Or, le F35, c’est plus difficile que prévu, et alerte radar déportée sur hélico ( AW101 Merlin HM2 équipés du système radar Crownsnest) c’est – comment dirais-je? – un habile bricolage qui ne permet néanmoins pas de cocher toutes les cases dont on a besoin quand on fait de l’alerte radar précoce.

  3. Patrico dit :

    Il y a plus de 5 ans que je présente dans les « pages » l urgence! de ces futurs pour nos Armées, dont ici notre Navy , soit des essaims swarms de Drones navals « anges gardiens », « fulmar cracheurs » , intégrés au PAN et en même temps en compléments nécessaires à son SN accompagnateur. Mais cela est aussi valable pour nos Navires de combats. Mais pour cela il faut vraiment se pencher sur les développements de Drones qui tiennent aux « ambiances » vents & vagues des milieux de hautes mers!!! pas des autogires mais des genres… fulmar….
    Merci Thank you merci a vous et à Tous

    • Momo dit :

      Merci à toi de cette vision prophétique absolument unique et originale.
      Il est possible que ton téléphone sonne d’ici demain soir. Et si en plus tu es pote avec Salvini ça peut la faire si tu as un casque et un fusil.

      • Patrico dit :

        MDR ! en plus dans ma dernière ligne je pensais à l accord du futur groupe géant des Drones, Léonardo/Baykar !
        tchao !

    • Shareholder dit :

      Des « essaims swarms » : pléonasme bilingue.

    • Cn74 dit :

      Perdu, j’avais présenté tout cela en 1996 ! Mais le lobby aéro…

  4. Kamelot dit :

    L’utilisation d’un vecteur aérien sur un navire impose certaines contraintes et qualités dans son dimensionnement ainsi que sa technique pour avoir une efficacité réelle.
    Vouloir accompagner, voire remplacer dans certaines missions, des appareils de 22 tonnes exigera des choix complexes face aux emports et rayons d’action souhaités. La future merveille dépendra de la nature de sa motorisation et l’usage ou pas d’un tremplin (?).

    Toutefois, employer des « petits » drones sur différentes catégories de navires semble plus aisé, en principe. À moins d’être des engins consommables du type OWE, le retour sur le pont d’un navire et l’aide MCO dans la durée engendrent, toutefois, « quelques » sujétions.

  5. MagiX dit :

    les 2 porte avions anglais n ont pas de catapultes juste un tremplin. avec des harrier cueillant, des F35 blagounette…
    et la marine anglaise en sous effectif… car un porte avion implique frégate etc d’escorte que la royale Navy n a plus, autant les reconvertir en porte drone pas hôptimal (car y aurait tellement mieux à faire en terme navire porte drone soit en plateforme sous marine faible profondeur pour éviter lui mm des drone, soit en surface de décollage plus courte, moins d homme bien sûr et grossir une capacité lance missile voir canon électromagnétique en « obus » ou « sabot » de déploiement d une nuée de petit drone)

    bref on essaie de donner une raison de surcis aux 2porte avion de la royale

  6. MagiX dit :

    des drone y en a de toute sorte, faut arrêter de croire que car c est la marine un navire porte drone ne porte qu un drone qui a une tronche de missile avec des aile.

    tu peut embarqué des drone marin de surveillance côtière type patrouille avec camera, des drone sonar , des drone de secours en mer, bah oui l armée n est pas là juste tuer des méchants pas beau, un drone volant peut être un transport pour déposer ensuite un drone terrestre, et entre les drone à aile et les drone à rotor fixe… un truc incroyable que peut prendre le meilleur des drone en s appuyant sur les concept de l autogyre hein.
    enfin de par nature un drone est déjà pas mal furtif de part ça taille, son vol basse altitude, et moindre signature thermique qu un chasseur, bref creusé un peu coté concept autogyre et mm le comportement d un hélicoptère, et vous verrez que coté drone y a encore des choses à faire avec minima une base de double rotor avec des pale on va dire d un diamètre 2x moindre qu un hélico, 1 a droite, 1 a gauche
    en terme signature sonore et autonomie… un drone n a pas besoin d être ultra rapide, ses supériorité est le nb, et sa discrétion, sa maintenance (dimension et moindre piece) pas de pilote embarqué donc charge utile enorme