L’US Air Force envisage d’utiliser des avions d’affaires pour des missions de ravitaillement en vol

Pour le Pentagone, les avions de détection et de commandement aéroportés conçus à partir de cellules civiles, comme le E-7A Wedgetail de Boeing, n’ont plus d’avenir en raison de leur trop grande vulnérabilité dans un conflit de haute intensité. Et cela d’autant plus que la portée des missiles air-air et sol-air ne cesse de s’accroître.
D’où son idée de faire reposer cette capacité sur des moyens spatiaux, comme l’AMTI [Air Moving Target Indicator] ainsi que sur des appareils de type E-2D Hawkeye, ces derniers étant adaptés, de par leur aptitude à être mis en œuvre depuis des pistes courtes et sommaires, au concept ACE [Agile Combat Employment], qui vise à accroître la flexibilité des unités de l’US Air Force dans des environnements contestés.
Cela étant, les avions ravitailleurs, comme le KC-135 ou le KC-46A, pourraient être tout aussi vulnérables. Qui plus est, la perte de l’un d’eux serait susceptible de remettre en cause un raid aérien, faute de pouvoir ravitailler des chasseurs bombardiers en vol.
Cette question fait partie des réflexions menées par l’Air Mobility Command [AMC] dans le cadre du programme NGAS [Next Generation Air Refueling System].
En 2019, l’US Air Force avait envisagé de développer des drones ravitailleurs opérant « de manière autonome au sein d’une flotte logistique vaste pouvant soutenir l’attrition dans des conflits ». Puis, à la faveur du NGAS, l’idée d’un avion ravitailleur furtif a refait surface, alors qu’elle avait été écartée quelques années plus tôt.
« L’approche traditionnelle consistant à transformer un avion commercial comme le DC-10 ou le B-767 en ravitailleur ou en avion cargo […] ne répondra plus aux besoins de l’US Air Force » car « des adversaires, comme la Chine, sont capables de détecter, de suivre et d’abattre des avions américains sur des distances de plus en plus longues, de sorte que les ravitailleurs devront être conçus en gardant à l’esprit leur capacité de survie », fit en effet valoir Frank Kendall, alors secrétaire à l’Air Force en 2023.
Un programme d’avion ravitailleur furtif est toujours sur la table. Cependant, le commandant de l’AMC, le général John Lamontagne, a suggéré que des avions d’affaires pourraient également être transformés pour ravitailler d’autres aéronefs en vol. C’est en effet ce qu’il a confié lors d’une table ronde organisée lors de la conférence Air, Space, and Cyber 2025 de l’Air & Space Forces Association [AFA], la semaine passée.
Une telle solution présenterait plusieurs avantages. Pour des performances similaires, voire supérieures en termes de vitesse, un avion d’affaires transformé en ravitailleur serait plus facile et moins onéreux à entretenir qu’un KC-46A. Et il serait également moins coûteux à l’achat. En outre, il pourrait être mis en œuvre depuis des pistes plus courtes, ce qui cadre avec le concept ACE.
Comme le souligne The War Zone, un avion d’affaires « ravitailleur » emporterait moins de carburant mais cela pourrait être compensé par « la possibilité de décoller de pistes proches de la zone des opérations ». Enfin, comme les missions n’exigent pas forcément le recours à de « gros » avions ravitailleurs, cette solution donnerait plus de flexibilité et permettrait d’économiser le potentiel des KC-46A.
Cela étant, l’idée de convertir un avion d’affaires en ravitailleur n’est pas nouvelle : Israel Aerospace Industries [IAI] l’avait proposée en 2010, sous le nom de SSTT [pour Small and Smart Tactical Tanker], sur la base d’un Gulfstream G550.
Photo : US Air Force





Une solution « couteuse », un chasseur/bombardier sur deux remplaçant sont armement par une quantité équivalente de carburant. Moins de vulnérabilité, pas de lieu et horaire de ravitaillent à respecter, pas d’hippodromes, ravitaillement en ligne . Mais cela ne peut se faire que pour certaines missions spécifiques à haute valeur stratégique. Et faut penser au retour. Dans les années 60 il me semble un Livre Blanc britannique annonçait la fin des avions bombardier pilotés. Encore d’actualité?.
Mon, ton, son.
Ils sont, elles sont.
Baisse le son.
Son armement.
Cela va sûrement donner des idées à Dassault avec son expérience sur le Rafale M… Toutefois, la disparition des gros porteurs polyvalents n’est pas encore effective.
La vulnérabilité des Awacs et autres ravitailleurs est due à l’apparition, en particulier en Chine, de missiles air-air à très longue portée (>400 km).
Le missile Meteor, qui arme entre autres le Rafale, était jusqu’à ces derniers temps présenté comme étant un game changer. Il est probablement déjà dépassé, au moins en matière de portée. N’est il pas temps d’accélérer la mise au point d’un Meteor-2 . Une des difficultés est que ce missile de Mbda est le fruit d’une coopération multinationale, ce qui ne facilite pas les prises de décision (la participation de la France au programme Meteor est faible (17 %).
Bonjour @Yvon,
Contributions au programme Meteor : Royaume-Uni (34,6 %), Allemagne (21 %), France (12,4 %), Italie (12 %), Espagne (10 %), Suède (10 %).
Juillet 2025. 37e Sommet franco-britannique. Annonce du développement conjoint de la prochaine génération de missiles air-air pour les futurs avions de chasse du Royaume-Uni et de la France, et l’augmentation des capacités actuelles du missile METEOR ; lancement d’une étude conjointe (franco-britannique) pour le développement de son successeur (Sans préciser le financement).
Actuellement il est toujours considéré comme appartenant à la famille des ‘Game changer’, mais il a de sérieux concurrents (Américains, russes, chinois,indiens,…)
@ Roland DESPARTE
Merci de ces précisions
Si un bizzjet peut faire le job pour le ravitaillement en vol, eu égard à la considération des nouvelles menaces potentielles et du concept ACE,
alors un bizzjet devrait être tout aussi ad-hoc dans ce même contexte, … pour les missions Awacs … et là on pense naturellement au Saab GlobalEye.
.
Sinon, pour le ravito en vol en mode discret, il y a aussi la version « land based » du drone MQ-25 Stingray, plus gros et qui embarquerait 40% de carbu de plus que la version « embarquée » … cela semble être une très bonne option, et c sans doute aussi bien plus discret au radar qu’un bizzjet.
https://theaviationgeekclub.com/boeing-unveils-mq-25-land-based-variant-for-usaf-needs/
@Fralipolipi. « alors un bizzjet devrait être tout aussi ad-hoc dans ce même contexte, … pour les missions Awacs … et là on pense naturellement au Saab GlobalEye. » Oui ,ou aux versions Awacs équipé de radar ELTA en Israel, à Singapour, en Italie, ou dernièrement en Corée du Sud où l’appareil de SAAB a perdu face au Global 6500 proposé par L3 avec le radar d’ELTA.. https://www.twz.com/air/south-korea-has-chosen-its-next-airborne-early-warning-radar-jet
Je ne connaissais pas, merci.
A ce rythme là, les hommes d’affaires vont delaisser l’avion pour le train, et les artisans remplaceront leurs fourgonettes par des triporteurs pour eviter les méprise
…il faut toujours éviter les méprises
Fourgonnettes ne s’écrit pas comme trottinettes.
À ce rythme-là.
DÉlaisser.
FourgonNettes.
Pour Éviter.
Les mépriseS.
Intéressant, en appoint de nos A330 MRTT .
Dassault pourrait se pencher sur la question, de même que nos armées.
@Goose. hors sujet, mais les commentaires sont fermés…Les chiffres que je donne pour Boeing vont du 1er janvier 2025 au 1er septembre 2025 et tiennent comptent des annulations et viennent de Boeing.. 725 commandes fermes et 57 appareils livrés au mois d’août, la source est Boeing. Boeing n’a pas encore publié de chiffres pour les livraisons de septembre 2025… Maintenant, je n’ai pas dit que Boeing s’est complètement relevé de ses années sombres, ni que ce sera facile de revenir au niveau d’Airbus… Par contre, une bonne nouvelle tout de même: Boeing a enfin entrepris de développer un successeur au 737..elle vient de l’annoncer..
Oui, j’ai vu ça ce matin pour l’annonce du successeur au 737. C’est une bonne chose, bien que Boeing n’ait pas de calendrier établi, au contraire d’Airbus qui a annoncé la relève de son modèle à succès, pour 2035-2040.
Tenir compte.
Les chiffres tiennent compte.
J’ai vraiment du mal à comprendre le raisonnement sur lequel un avion soi disant plus flexible mais qui devra se rapprocher de la zone de conflit sera moins vulnérable aux nouveaux moyens de détections et de frappes , dans les années 80 le HARRIER était vu comme un moyen plus flexible pour les frappes aériennes mais qui n’a jamais eu les capacités d’un avion de combat classique .C’est surtout la notion de supériorité aérienne qu’il faut revoir surtout avec des challengers comme la Chine , qui a dit que le SCAF était trop lourd alors que le rafale avait déjà répondu au fait que le M2000 était trop juste pour intervenir au dessus du rideau de fer . La guerre à l’image de notre environnement va se transformer ,il va falloir suivre le tempo ,mais la dessus je sais que les hommes ont des ressources , @Raymond75 ne va pas apprécié !
Le programme de ravitailleurs de boeing est un échec. Ils cherchent une porte de sortie.
Il ne va pas apprécier.
Mouais bof…….Avec leur logique zarrbi , les States vont alors devoir mettre des « executive jets » refités en pompe à essence volante de partout dans le peu d’ iles qu’il y a au milieu de l’Atlantique Nord en zone tropicale ,à savoir les Açores et les Canaries ….sans oublier Funchal …bref ,les seuls porte avions « naturels » dont les Chinois se plairont à détruire les pistes ,et ce bien évidemment, en cas de conflit de haute intensité ….par contre dans le Pacifique ce serait plus judicieux…ce ne sont pas les iles qui manquent à condition toutefois qu’elles ne soient pas chinoisées avant .. …
le CEM de la marine yankee viré hier par hegseth. (aux stazunis, la marine dispose d’un ministre en titre, supervisé par celui de la défense – ou plutôt de la Gueeeeeeerre pour reprendre le nouveau vocable en usage qui sera à n’en pas douter imité dans les années à venir par les cipayes zéro-péons)
bof comme concept et cher.
croire que les satellites peuvent c’est étrange, un satellite en orbite basse est par définition très vulnérable.
Si je comprends bien :
– on met des avions beaucoup plus petits pour ravitailler des gouffres à kérosène tels que le F-35 et le F-15. Donc il en faudra 10 pour remplacer un 1 KC-46. C’est vrai que c’est beaucoup plus discret et beaucoup moins cher…
– on met des avions beaucoup plus petits pour réduire la vulnérabilité face aux missiles chinois mais, dans le même temps, on rapproche leurs bases (concept ACE) rendant ces dernières plus vulnérables aux missiles et drones chinois.
C’est complétement c.. non ?
Il vaudrait mieux développer une aile volante XXL (du genre B-2 ou B-21) dronisée à long rayon d’action et longue endurance.
@Tomcat. Personne n’a dit que des plus petits ravitailleurs sont la seule piste suivie par l’US Air Force. « Il vaudrait mieux développer une aile volante XXL (du genre B-2 ou B-21) dronisée à long rayon d’action et longue endurance. ». Parce que vous croyez inventer quelque chose là?…
https://www.twz.com/air/skunk-works-latest-stealthy-tanker-concept-revealed
Il faut sans doute aussi voir cela sous le prisme des pb de Boeing avec ses stations service volantes… Tout vaut mieux aux US que revenir vers le MRTT?
Des jets d’affaire il vaudrait pour certains usages mieux les armer pour profiter de leur autonomie (pour déployer puis/ou patrouiller) sans besoin de ravito… voir leur capacité à se fondre dans le trafic aérien.
Plutôt que le verbe « voir » (qui n’a pas ce sens), c’est l’adverbe « voire » qui convient pour dire « et même ».
Pour profiter de leur autonomie (…), voire leur capacité à se fondre dans le trafic aérien.
@lym. « Il faut sans doute aussi voir cela sous le prisme des pb de Boeing avec ses stations service volantes… Tout vaut mieux aux US que revenir vers le MRTT? ». Quel rapport entre les problèmes du KC-46 et le programme NGAS ?? Le fait est que le KC-46 qui devait être commandé à 179 exemplaires dans le cadre du programme KC-X vient de monter à 188 exemplaires. La suite du KC-X, c’était le programme KC-Y où le MRTT concourrait avec LM associé à Airbus face au KC-46. Mais voilà, le programme KC-Y a été abandonné et fait place au programme NGAS. Et donc l’Air Force va probablement acquérir 75 KC-46 supplémentaires pour faire le lien avec le(s) NGAS. Le MRTT reste toutefois en lice pour cette commande, mais comme LM s’en est retiré, les chances d’Airbus sont minimales…
Hier, le MRTT concourait.
Peut-être que le MRTT concourrait.
Combien de ces avions dérivés de jets d’affaires seront nécessaire pour égaler en capacité 1 KC-46 ? Les ravitailleurs actuels (MRTT et KC-46 par exemple) n’opèrent pas suffisamment en retrait de chasseurs dotés potentiellement de missiles air-air à très longue portée ? Le risque est certainement plus élevé pour des Awacs mais des ravitailleurs devraient pouvoir rester plus éloignés des menaces air-air, sauf en cas de forte contestation de la supériorité aérienne. L’USAF anticipe t’elle cette possibilité (notamment vis a vis de la Chine) ?
Anticipe-t-elle.
Bien qu’un correcteur orthographique mal programmé puisse vous amener à penser le contraire, le « t » euphonique se place entre deux traits d’union (et n’est pas suivi d’une apostrophe).
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/22513/la-prononciation/prononciation-de-certaines-lettres/emploi-du-t-euphonique
L’idée est vraiment saugrenue. Comme d’habitude, les américains trouvent toujours les meilleures solutions… après avoir essayer tout le reste (c’est pas neuf c’est du Churchill).
Après avoir essayé.